ŒIL
Œil (Corps étrangers de l’). Après une plaie de la cornée ou de la sclérotique par un instrument piquant, tranchant ou contondant, il peut rester dans l’œil un fragment de corps étranger, du verre, des parcelles de fer, des pointes d’instruments, des éclats de capsules et des balles ou du petit plomb qui se logent dans l’iris, le cristallin et le corps vitré.
On reconnaît les corps étrangers de l’iris par simple inspection ou par l’éclairage latéral. Les corps étrangers du cristallin et du corps vitré se reconnaissent à l’aide de l’ophthalmoscope. Dans cette dernière situation, le corps étranger est appréciable au début, à cause de sa mobilité dans le corps vitré ; plus tard il se recouvre d’exsudats et est plus difficile à reconnaître.
Les inflammations de la membrane sur laquelle s’est arrêté le corps étranger, le phlegmon et l’atrophie de l’œil sont la conséquence de la présence d’un corps étranger en arrière du cristallin.
L’iritis est la suite de la pénétration d’un corps étranger dans la chambre antérieure et dans le tissu propre de l’iris.
La cataracte traumatique est inévitable en cas de corps étranger du cristallin.
Thérapeutique. — On peut tenter d’extraire les corps étrangers du cristallin avec le cristallin luimême. On a même tenté d’extraire les corps éü’angers mobiles dans le corps vitré (Desmarres).
Quoique cette opération ait été suivie de phlegmon de l’œil, elle est néanmoins autorisée parce que les corps étrangers de l’œil amènent le phlegmon et l’atrophie de cet organe en même temps que des douleurs intolérables. Quand l’opération ne ferait que prévenir ces douleurs, ce serait déjà quelque chose.
Pour enlever les corps étrangers situés profondément, on se servira de l’ophthalmoscope pour diriger l’opération, et l’on ponctionnera à travers la sclérotique -, on extraira le corps avec une pince à griffes, comme celle que l’on emploie pour la pupille artificielle.
Les corps étrangers de l’iris et de la chambre antérieure doivent toujours être extraits.
Pour extraire un corps étranger de la chambre antérieure de l’œil :
Ou fait une ponction comme pour la cataracte, soit avec le couteau à cataracte ordinaire, soit avec le couteau lancéolaire.
On introduit une pince à griffes, une curette ou un crochet, ou encore une serreteÙe avec laquel on saisit le corps étranger.
On panse comme après l’opération de la cataracte.
Œil (Phlegmon de l’) ou Ophthalmite (V. ces mots). Le phlegmon de l’œil est un épiphénomène de lésions inflammatoires diverses du globe oculaire, soit de l’iris, soit de la choroïde; on le rencontre aussi quelquefois à la suite d’iiné plaie de l’œil, compliquée d’un corps étranger.
Iü05 CESOr
V. ConNÉE (Plaies de la), Tridochoroïdjïe et StxÉBOTiQUE Plaies de la)].
Looque, dans le cours d uue inflammation de l'œil, ou après une opéraliou pratiquée sur Tœil, ou après une plaie, la vue s eleiut, la lumière cause des douleurs atroces et qu’il existe des douleurs très-vives, il y a phlegmon de l’œil au début; — lorsqu’il y a de la fièvre, du délire, des battements dans l’œil, et plus tard un chémosis inflainmatoii e autour de la cornée, avec gonflement de la paupière supérieure, il y a (lu pus dans l’œil. La pupille est alors dilatée et occupée par un liquide purulent. L’œil devient dur, puis la cornée perd sa transparence et se perfore, en procurant un soulagement au malade.
Fig. 401. — Phlegmon suppuré de l’œil, avec œdème de la paupière. (Oesmarres.)
Le phlegmon de l’œil se termine trèsrarement par résolution, et, dans ce cas encore, la vue <st perdue ou au moins notablement affaiblie car l’atrophie de l’œil est presque inévitable. V. IRIDÜCHOROÏDITE.
Thérapeutique. — Les corps étrangers qui seraient dans l’œil et causeraient l’inflammation seront extraits s’ils sont aperçus. Les signes rationnels des corps étrangers ne sont pas suffisants pour autoriser une opération. Y. Corps ltrangers.
Au début, ou saignera coup sur coup, on fera des frictions sur les tempes avec un mélange d’onguent mercuriel et d’extrait de belladone à parties égales ; — des compresses d eau glacée seront tenues sur l’œil, puis on leur substituera les compresses d’eau cbaude, et l’on administrera , trois ou quatre fois par jour, 1 décigramme de calomel avec 3 centigrammes d’opium, et l'on fera la paracentèse de la cornée (Wardrop) et meme l'iridectomie.
Lewsque le phlegmoa de l'œil est confinné, on
ŒSOP
! débridera largement la cornée; une lancette ù grain I d’orge est l’instrument le plus commode à employer ! dans cette opéraliou, car elle cause moins de douleurs ; qu’au bistouri épais; — si le cristallin s’engage dans la plaie, o:-i l’extraira avec une érigne. On fera des injections fréquentes d’eau tiède entre les paupières.
' Lorsque l’œil est perdu, au lieu d’une simple iii- ; cision sur la cornée, ou pratiquera l’excision de cette ; membrane et l’on placera un œil artificiel dès le douzième jour après l’incisiou. Ceci est fait afin d’éviter les douleurs dues à la compression des restes de la cornée par l’œil artificiel.
ŒILLET. Plante de la famille des caryophyllées, dont les pétales servent à faire un sirop pectoral H.
ŒîiOPHAOE (BRULURES DE l’). Les brûlures de l’œsophage sont le résultat de tentatives de suicide par l’ingurgitation d’acides coii-i centrés.
La gangrène de la muqueuse, son expulsion par les vomissements, les perforations dé l’œsophage, la dysphagie, sont la conséquence de la brûlure dè 1 œsophage.
Un rélrécissement de l’œsophage, une oblitération même, se développent quelquefois après la brûlure de l’œsophage.
Thérapeutique. — S’il y a une réaction inflammatoire vive, on appliquera des sangsues sur le cou ; on fera boire les malades peu et souvent, de la tisane de guimauve ou de gomme et de la glace. On passera une sonde œsophagienne fine, si l’on peut, et on la laissera à demeure, dès que les eschares auront été éliminées. Malgré les dangers de l’opération, on traitera le rétrécissement consécutif par la dilatation. Si l’œsophage était oblitéré , il serait proposable de créer une fistule gastrique par laquelle on nourrirait les malades. V. CEsophage (Rétrécissements de x’).
Œsophage (CANCER DE L’). Lé CailCCr dc l’œsophage, très-rare, s’observe ordinairement à une époque assez avancée de la vie, plus souvent chez l’homme que chez la femme, sous l’influence de l’hérédité et de l’abus des alcooliques ou d’un accident dc brûlure œsophagienne.
Le début du cancer de l’œsophage ne peut jamais êlre précisé, et ce n’est qu’après une période assez avancée de sou développement que se produisent la gêne de la déglutition, la douleur en un point fixe du conduit, la dysphagie des aliments solides, puis des li- «juides, entin le vomissement et les fiémorrhagus.
Quand le cancer de l’œsophage existe à la partie supérieure, on peut quelquefois sentir la tumeur en arrière de la trachée, à la partie inférieure du cou ; mais s’il est au-dessous, toute rech» rche de ce genre est inutile et il faut faire le cathétérisme de l’œsophage, pour connaître le siège de l’obstacle et la nature du mai, car les yeux de la sonde ramènent une matière saniev.se qui couvre la tumeur et dans
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laquelle l’exameu microscopique découvre les éléments du cancer.
A une époque avancée du cancer de l’œsophage, les aliments ne ^touvant traverser l’obtacle dilatent ce conduit au-dessus du point malade, puis sont rejetés après le repas ; alore arrivent le déijérissement, la maigreur, la faiblesse la loMgurur, le marasme, la fièvre lente, et la décoloration du visage qui prend la teirite jaune paille caractéristitjue.
Le cancer de l’œsophage peut gagner l’aorte et la perforer en occasionnant la mort subite par hém »rrhagie ou atteindre les nerfs laryngés inférieurs, et produire l’aphonie.
La mort est la terminaison obligée du cancer de l’esioniac, au bout de quelques mois ou de quelques années.
Il ne faut pas confondre V œsophagisme, spasme subit de l’œsophage produisant la dysphagie. avec le cancer œsophagien qui ne produit la dysphagie qu’au bout d un certain temps de maladie, et avec des phénomènes généraux graves. V. Œsophagisme.
Thérapeutique. — En outre des préparations d’or, d’arsenic, dé conicine, etc., et des remèdes employés contre le cancer en général (V. Can'cer), celui de l’œsophage exige des applications locales de vésicatoires volants, de cautères et de pointes de feu sur les côtés du cou. — Il faut donner de la belladone, 5 à 10 centigrammes par jour pour dilater l’œsophage, faire des frictions de belladone sur le cou et nourrir les malades avec des aliments demi-liquides. — Si la dysphagie devenait trop forte, il faudrait nourrir les malades au moyen de la sonde œsophagienne ou faire l’œsophagotoinie.
CEsopliage (CORPS ÉTRANGERS). V. CORPS ÉTRANGERS.
I. Œsophage (INFLAMMATION DE L’), Œsophagite aiguë. L’œbophage peut être le siège d’uue inflammation aiguë ou chronique, donnant lieu à des modifications plus ou moins grandes de la muqueuse œsophagienne et des tissus sous-jacents.
Les boissons brûlantes, les caustiques acides ou alcalins, avalés par hasard ou dans l’intemion de s’empoisonner, l’abus de l’iode, du mercure et du tartre stibié, sont les causes ordinaires de l’œ-sophagite aiguë.
On observe ordinairement l’œsophagite aiguë chez l’adulte, car chez les enfants il n’y a que des œsophagites pultacées ou pseudo-membraneuses, véritables complications du muguet et de l’angine roaenneuse. V. ces mots.
Üans l’œsophagite aiguë, il y a rougeur générale ou partielle de la muqueuse œsophagienne, épaississement du tissu cellulaire sousmuqueux, ulcération arrondie d’un certain nombre de follicules ou ulcération irrégu ière très-étendue de l’intérieur du conduit, enfin suppuration sous-muqueuse disséminée ou réunie en abcès.
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Des malaises, de la fièvre, de la dysphagie, de la doide ir an bas du pharynx, augmentée par les mouvements du cou ou par l’émission de la parole, et se prolongeant sous le sternum ; de la chaleur sous sternale et inter scapulaire, du hoquet, des spasmes de l’œsophage, des vomissements glaireux ou bilieux, et enfin un amaigrissement rapide, caractérisent l’œsophagite aiguë grave.
Chez quelques individus, l’œsophagite aiguë se révèle uniquement par un peu deg uie dans la déglutition, par de la chaleur sous le sternum, par l’expulsion de quelques lambeaux d’épithélium mêlés à de la salive, et la maladie n’a aucune gravité,
La résolution, c’est:à-dire la diminution graduelle et successive des accidents ; le passage à Vétat chronique ;\di formation d’abcès œsophagiens s’ouvrant à l’intérieur de l’œsophage ou s’ouvrant à l’extérieur dans le tissu cellulaire prévertébral ou dans la plèvre, enfin la morrt par épuisement, sont les terminaisons de l’œsophagite aiguë.
Thérapeutique. — La saignée du bras, les sangsues et les ventouses scarifiées le long de l’épine dorsale ou au creux de l’estomac; — les ventouses sèches sur le dos et à l’épigastre; — les vésicatoires volants sur les . mêmes partie#; — les boissons féculentes mucilagiueuses, lactées, calmantes, etc., sont ce qu’il convient d’opposer à l’œsQphagite aiguë.
Si l’œsophagite aigue est assez grave pour amener l’épuisement par inanition, il faut alimenter les malades au moyen de la sonde œsophagienne en injectant dans l’estomac du lait ou du bouillon épaissi par le tapioca et la pulpe de viande.
Si, dans l’œsophagite aiguë, il y a un tel obstacle à la déglutition qu’on puisse croire à la formation d’un abcès saillant à l’intérieur du conduit, il faut, avec une bougie de cire terminée en olive, sonder l’œsophage, et le passage de l’instrument suffit souvent pour déterminer l’ouverture de l’abcès et la guérison des malades.
IL Œsophagife elironique. Les accideiltS de dysphagie (pii persistent avec des phénomènes d’œsophagite aiguë, la douleur sous-sternale et interscap daire ou des vomissements muqueux et alimentaires, sont les symptômes de l’œsophagite chronique, V, Rétrécissement de l’oesüphace.
Thérapeutique. — Contre l’œsopbagite chronique, il faut appliquer des cautères, des moxas, dos pointes superficielles de feu le long du rachis et donner des boissons émollientes, mucilagineuses, féculentes, lactées, en abondance. — S’il y a impossibilité de manger, on devra faire le cathétérisme œsophagien, afin de porter dans l’estomac des potages et de la viande pulpée.
Œsophage fPERFORATION DE L’L Un COrpS étranger dr l’œsoijhagp donnant lieu à l’u'cération de dedans en dehors, un abcè> sous-muqueux ou un anévi'ysme s’ouvrant à l’intérieur du conduit, une ulcération de la trachée ga-
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gnant le canal alimentaire, un cancer œsopha-
qien, etc., sont les causes de la perforation de
i’œsopbage.
Les perforations de l’œsophage sont plus fréquentes à la partie qui avoisine le diaphragme que partout ailleurs.
L’inflammation aiguë, les rétrécissements organiques de l’œsophage sont les causes ordinaires de la perforation de ce conduit et des fistules qui le font communiquer avec le médiastin postérieur, la plèvre ou les poumons.
Lorsqu’après un temps plus ou moins prolongé de dysphagie, la déglutition des boissons occasionne de la toux suffocante, on peut être sûr qu’il existe une perforation de l’œsophage communiquant avec la trachée, les bronches ou le poumon.
Chez un homme qui a longtemps souffert de dysphagie, une douleur violente et subite répandue dans toute la poitrine, accompagnée de tous les signes d’une pleurésie aiguë, indique une communication accidentelle de l’œsophage avec la plèvre.
Le vomissement dé pus ou de sang qui succède à la dysphagie indique ordinairement un abcès ou un anévrysme ouvert dans l’œsophage.
Thérapeutique. — Le traitement des perforations de l’œsophage est tout à fait palliatif, et il n’y a d’autre remède que celui qui consiste à n’introduire les boissons et les aliments dans l’estomac qu'au moyen d’une sonde œsophagienne, afin que des substances étrangères ne pénètrent pas dans la plèvre ou dans le poumon.
11 faut, en outre, que les malades gardent le silence et le repos, en prenant 5 centigrammes d’opium matin et soir.
Œsophage (PLAIES DE L’) [V. COU (PLAIeS du)]. Des plaies de l’œsophage peuvent être produites par un instrument qui a pénétré par la bouche {Journal universel, t. XVII, Vilmer), ainsi un fleuret introduit par la bouche, ainsi un corps étranger de l’œsophage, à bords piquants et tranchants. Ces plaies causent des épanchements de matières alimentaires dans le tissu cellulaire. Elles se compliquent d’inflammations phlegmoneuses.
Les plaies de la portion thoracique de l’œsophage sont impossibles à diagnostiquer.
Thérapeutique. — Le passée d’une sonde œsophagienne en cas de plaie simple, l’extraction des corps étrangers, s’il y a plaie par im de ces corps, les sangsues sur le cou à la première trace d’inflammation, constituent tout le traitement des plaies de l’œsophage de dedans en dehors. V. Coc (Plaies de).
Une plaie de l’œsophage produite par ime baïonnette, et qui avait traversé la poitrine, causant un épanchement abondant dans la poitrine, paraissant être une plaie de l’œsophage, a été traitée par l’absünene:- complète de boissons 'Rigen et Boyer]. Une sonde cesophagîenne très-fine pourrait être placée à demeare pour Éaire boire les malades.
OESOP
, Œsophage (Rétrécissements de l’). Une production spontanée de tissu fibreux, une ulcération de l’œsophage cicatrisée, la cicatrice d’une plaie œsophagienne produite par un corps étranger, la cicatrice d’une brûlure de l’œsophage par les acides, la compression d’une tumeur née dans les parois de l’œsophage, telle qu’un cancer, la compression par une tumeur extérieure à l’œsophage, sont les ^causes habituelles du rétrécissement de l’œsophage.
Les rétrécissements cicatriciels et spontanés, ordinairement formés par un anneau fibreux ou pseudo-cartilagineux, et par exception formés par un repli valvulaire (Baillie), peuvent se montrer à toute hauteur de l’œsophage, mais la partie supérieure du conduit est le plus souvent affectée.
Le rétrécissement de l’œsophage est ordinairement unique.
A la longue, la partie supérieure au rétrécissement se dilate; elle peut s’enflammer, se perforer et entraîner une communication avec les bronches, l’aorte ou. les plèvres, ce qui cause toujours la mort.
Les rétrécissements causés par des tumeurs des médiastins, tels que anévrymes, tumeurs cancéreuses, engorgements ganglionnaires, etc. (Maluchart, Haller), sont des déviations et des compressions de l’œsophage, plutôt que des rétrécissements.
Un rétrécissement de l’œsophage est caractérisé par ta 'gêne du troisième temps de la déglutition. Plus tard, les liquides seuls peuvent passer, et il n’est pas rare, plus tard encore, de constater une dilatation sacciforme de l’œsophage au cou pendant la déglutition; puis il y a régurgitation et les aliments sont rendus tels ou à peu près tels qu’ils ont été pris, et peu après leur ingestion. Quand le rétrécissement augmente, la dysphagie devient complète et les aliments liquides eux-mêmes sont arrêtés. — Dans toute la durée d’un rétrécissement de l’œsophage les malades éprouvent des douleurs vives pendant et après la déglutition. La douleur existe au cou, à l’appendice xiphoïde et plus généralement au niveau du rétrécissement *** Les rétrécissements de l’œsophage dus à des tumeurs cancéreuses ou à des anévrysmes, se révèlent par les symptômes de la maladie qui cause le rétrécissement, et par la dysphagie qui n’est jamais très-prononcée au début ; la diathèse cancéreuse, cependant, peut être simulée quelquefois par une sorte d’intoxication causée par l’absorpiion des produits de l’inflammation ulcéreuse de l’œsophage.
Les rétrécissements œsophagiens qui siègent à la base du cou peuvent être reconnus par la palpation, mais le cathétérisme de l’œsophage est le seul moyen de reconnaître un rétrécissement de ce conduit membraneux.
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Pour introduire uue soude dans l’œsophage, il n’y a pas de difficultés. Après avoir fait étendre la tête fortement comme font les bateleurs qui avalent des sabres, on pousse la sonde jusque sur le pharynx, puis on engage les malades à faire un effort comme pour avaler, et la soude passe. (On peut aussi introduire la sonde par les fosses nasales avec grande facilité, mais il vaut mieux l’introduire par la bouche.) — On se sert quelquefois aussi d’une sonde à olive qui est arrêtée au niveau du rétrécissement, mais on la pousse et elle passe ensuite bbrement. Pour la retirer, on se sent encore arrêté, ou force et l’on passe encore (Nélaton). — On mesure la profondeur du rétrécissement avec une sonde semblable ou une sonde à réservoir d’air gradué, introduite jusqu’au rétrécissement; on fait passer outre l’olive, ou on gonfle le réservoir d’air ; on remonte jusqu’à ce qu’on soit arrêté. La distance du rétrécissement à la bouche est indiquée par les chiffres marqués sur la sonde. — Les bougies à empreintes sont infidèles et ne valent pas les moyens précédents.
Les rétrécissements œsophagiens causés par une tumeur qui comprime l’œsophage permettent toujours la libre introduction de la sonde,
%*Les rétrécissements causés par un cancer, au début ne sont pas de véritables rétrécissements, et lorsque la tumeur est ulcérée, la sonde passe encore librement; il est rare qu’elle fasse des fausses routes.
On ne confondra pas un rétrécissement avec l’œsophagisme (V. ce mot), car cette maladie spasmodique, fréquente chez les aliénés et chez les hystériques, débute brusquement et s’oppose tout à coup à l’introduction des aliments, comme ne le fait jamais un rétrécissement de l’œsophage à son début. On ne le confondra pas avec un corps étranger pour la même raison.
Les rétrécissements du cardia sont rares, ils ne produisent pas le rejet immédiat des aliments comme le rétrécissement de l’œsophage; — la paralysie de l’œsophage entraîne le vomissement, mais celui-ci n’est pas constant et des corps' volumineux peuvent être avalés. — Dans le mérycisme, les aliments rejetés ont en partie subi la digestion stomacale. — Au reste, toutes les incertitudes tombent devant le cathétérisme, mais il faut avoir soin de se servir d’une sonde dont l’olive est d’autant plus grosse, relativement, que le rétrécissement est plus récent.
Thérapeutique. — Les rétrécissements dus à des tumeurs autres que les anévrysmes et situés au cou seront traités par l’extirpation de la tumeuvy si elle est possible, par les médications externes susceptibles de faire résoudre les engorgements ganglioimaires (Haller). Ceux qui sont situés dans le thorax comportent le traitement médical par les préparations d’io-
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dure de potassium et d’iodure de fer. V. Altérants et Scrofule.
Les rétrécissements cancéreux ne comportent que la dilatation temporaire et le traitement général du cancer. V. ce mot.
Les rétrécissements fibreux, au début, seront traités toujours par la dilatation; les rétrécissements à marche lente ne réclament pas d’autre traitement ; ce sont seulement les rétrécissements infranchissables chez les sujets qui ne peuvent supporter la sonde à demeure, qui exigent des manœuvres répétées et persistantes. : . : . .
La dilatation (Mauchart , Monro, Dupuytren, Boyer, Mondière, Gendrin) se fait avec les sondes œsophagiennes introduites par le même procédé que pour le cathétérisme. On introduit la sonde par la bouche et on la laisse en place ; on la remplace vingtquatre ou quarante-huit heures après par une sonde plus grosse. Si les malades ne supportent pas la présence de la sonde laissée dans la bouche, on la fera passer par le nez, et pour cela ou bien on introduira d’arrière en avant dans les fosses nasales avec une sonde de Belloc la sonde déjà passée dans l’œsophage (Boyer), ou bien on passera d’emblée les sondes par le nez. .
Pour arriver au même but que la dilatation sans laisser quelque chose dans le pharynx, on introduit dans les rétrécissements des cylindres d’ivoire à l’aide d’un mandrin introducteur jusque dans le rétrécissement; le cylindre d’ivoire est laissé en place et un fil de soie fort le maintient et permet de le ramener au dehors quand on veut le changer (Sweiter).
Ces deux modes de dilatation sont douloureux.
On peut aussi faire une dilatation temporaire avec une éponge fixée au bout d’une baleine que l’on introduit trois ou quatre fois par jour dans un rétrécissement; puis on se sert progressivement d’éponges plus volumineuses.
La dilatation brusqùe a été tentée; une sonde formée de plusieurs tiges métalliques et d’une tige centrale munie d’une boule d’ivoire, forme un dilatateur que l’on met en action en retirant le mandrin dont la boule écarte les tiges métalliques (Fletcher). Cet instrument est peu applicable; il est construit d’après le même principe que le dilatateur de Beylard. V. Dilatation.
Les accidents de la dilatation sont l’inflammatiori de l’œsophage, des ulcérations de la muqueuse ; on traitera l’œsophagite par la cessation du cathétérisme et les boissons émollientes.
La caulérisation des rétrécissements (E. Home) se fait avec des caustiques solides, après avoir déterminé la hauteur à laquelle se trouve l’obstacle, on porte à son niveau une sonde à extrémité olivaire où se trouve, scellé avec de la cire, ou mieux fondu dans une cuvette d’argent, un morceau de nitrate d’argent (Gendron). On peut combiner la cautérisation avec la dilatation (E. Home, Gh. Bell, Gendron).
Les rétrécissements valvulaires, les rétrécissements’ d’origine inflammatoire peuvent être ainsi traités; mais si la dilatation n’a pas réussi, la cautérisation échouera sans doute.
Les accidents de la cautérisation sont l’œsopha« gite.
Les rétrécissements de l’œsophage récidivent toujours, et il n^est guère possible d’obtenir autre chose qrue des guérisons temporaires.'
(#.SOP
loi Î
L œsophagotomie a été faite au-dessous de l obs- < tacle dans le but de créer un passage aux aliments ! pour les rétrécissements situés au niveau du cou J (StofiFeL Morgagni, Taranget^ Monod). Elle a été faite au-dessus de l’obstacle pour favoriser les tentatives de dilatation (Lavacherie), pour détruire le rétrécissement (Watson); enfin l œsophagotomie interne^ modelée sur le plan de Turéthrotomie interne, a été faite (Maisonneuve'; toutes ces opérations sont graves et n’ont pas procuré de guérison, sauf le cas de Taranget, où la malade a vécu seize mois. On doit donc hésiter à les conseiller. Y. Corps étrangers de l’oesophage.
La gastrotomie, faite autrefois pour retirer des corps volumineux arrêtés dans l’estomac, a été proposée au siècle dernier; elle -a été exécutée deux fois fSédillot).
Une incision ayant été faite à deux travers de doigt de la ligne médiane, à 2 centimètres au-dessous du rebord des fausses côtes, le péritoine ayant été ouvert, l’estomac a été attiré au dehors avec des pinces à mors en anneau plaL Fixé par des points de suture, l’estomac a été ouvert après que des adhérences ont été établies. Dans le premier cas, le chirurgien avait placé une sorte de canule en bouton de chemise; dans le second cas, la plaie avait été laissée béante. Les deux malades sont morts dans les dix jours qui suivirent l’opération. On ne peut encore renoncer d’une manière définitive à la gastrotomie, du moment que des individus ont pu vivre avec des fistules stomacales, et qu’il y a des cas de guérison de plaie de l’estomac. Tout ce que Ton peut dire, c’est que la gastrotomie ne doit être faite qu’à la dernière extrémité.
Œsophage (RUPTURES DE l’). La rupture de l’œsophage ressemble beaucoup, par ses effets, à la perforation de ce conduit, mais elle en diffère par sa cause qui est une déchirure subite, tandis que l’autre est le résultat d’un travail lent d’ulcération des tissus, révélé par une succession de symptômes.
Les ruptures de l’œsophage sont quelquefois dues à un traumatisme, celles qui ont lieu dans le thorax ne pi uvent être soupçonnées que par l’aggravation des douleurs pendant la déglutition et les vomissements de sang. Un seul cas a été vu sur le vivant et n’a pas été diagnostiqué (Chomel .
Lorsqu’une tumeur comprime l’œsopbage, les tuniques de ce conduit s’amincissent, et le contenu de ces tumeurs se vide quelquefois dans l’œsophage rompu après un effort léger. V. Anévrysmes de l’aorte.
Thérapeutique. — Il n’y a rien à faire contre les ruptures de i’a?sophage. Dans la plupart des cas, la mort arrive presque subitement.
Si l'oesophage est complètement déchiré et divisé eu deux parties, il n’y a rien à faire; mais si la déchirure est latérale et partielle, il faut interdire toute boissoa , toute alimentation et toute administration de remèdes sans le secours de la sonde œsophagienne, afin de ne pas faire d’erreur de lieu. — Une fuis la sonde placée, on pourra donner de 1 r.^iuiu. .5 à 20 cenilgramnie^ p.ir jorr. '"j du lau-
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(ianum, 1 à 2 grammes, et injecter quelques boissons acidulés en petite quantité et des aliments demiliquides.
4FAOPUAGE (Spasme de l’). V. OEsopha-
GISME.
ŒSOPH AGISME. Un obstacle subit à la déglutition des aliments solides ou liquides, survenant quelquefois au milieu du repas, indique le spasme de l’œsophage qu’on appelle œsophagisrne.
Le froid sur le cou, l’empoisonnement par la jusquiame ou par les champignons, les affections chroniques de l’iiténis, la grossesse, des vers dans l’oreille, des maladies du cerveau ou de la moelle, l’aliénation mentale et l’hystérie sont les causes fréquentes de rœsojihagisme,
L’œsophagisme peut simuler l’hydrophobie rabique par la douleur et le spasme qu’éprouvent les malades lorsqu’ils veulent boire.
Dans l’œsophagisme, la difficulté de déglutition porte tantôt sur les solides, tantôt sur les liquides et parfois il en résulte une sorte de rumination qui se termine par le rejet des aliments ou par leur passage définitif dans l’estomac.
L’angoisse produite par l’œsophagisme est quelquefois excessive et simule la présence d’un corps étranger du pharynx ou de l’asphyxie.
L’œsophagisme disparaît quelquefois trèsvile. mais il dure quelquefois, plusieurs semaines ou plusieurs années, sans jamais amener d’accident grave.
Thérapeutique. — Contre l’œsophagisme, il faut employer les cataplasmes de ciguë et de jusquiame autour du cou, des frictions avec l’opium ou la belladone, l’opium et l’atropine, par la méthode endermique ; à l’intérieur, le camphre, le sirop de belladone, le sirop de chloroforme, les inhalations d’éther, d’asa fœtida, l’électricité, enfin le cathétérisme simple ou avec une sonde imprégnée d’extrait de belladone.
ŒSOPHAGITE. V. ŒSOPHAGE (INFLAM¬ MATION DE L’).
ŒvopiiAGOTonie V. Corps étrangers
DE L’cæSOPHAGE et OESOPHAGE.
ŒSTRE Insecte parasite de l’ordre des diptères , famille des alhéricères , tribu des œstride>!. — II vit dans les champs et clans les bois, habite aussi l’estomac des animaux , les cavités nasales et le tissu cellulaire sous-cutané. — Il dépose ses œufs sous la peau ou dans les fosses nasales ou sur les alifuents, et une fois dans l’organe, l’insecte se développe en se nourrissant des sucs de l’animal. Sa présence déterpûne quel- «luefois des convulsions et des maladies fort grave;.
ŒlF. Germe des galüoacées destiné à en perjiétoer l’espèce et qui sert à la fois d’aliment et de remède. — On s’en sert pour faire les
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émnlsioDs. — Le jaune d’œuf durci et pressé entre deux plaques njétalliques chaudes sert à préparer une huile d'œuf excellente contre les crevasses des mains, les engelures, les gerçures du mamelon. — Le blanc d’œuf battu dans l’eau, quatre blancs d’œuf par litre fait de Veau albimineusp, utile contre la diarrhée.
OIGXOX. Plante de la famille des alliacées, dont le tubercule alimentaire est employé aprè-; cuisson pour faire des cataplasmes émollients. H renferme une huile volatile sulfureuse, une matif-re végéto-animale de sucre incristallisable, de l’acide phosphorique et du mucilage. — L’oignon cru pilé et mis dans du lait froid se donne comme nourriture exclusive dans les hydropisiesS.
OLiETTE (Pyrénées-Orientales). — Eaux minérales sulfureuses sodiques, de 22 à 78®. Employées en boisson, en douche, en bains contre les rhum tlismes Œl; les engorgements articulaires, suite d’entorse S, les maladies de la peau Q, les afffections des voies digestives □, les maladies des reins et des voies urinai resPl.
OÎ.IBAX OU EXCEXS. Gommc-résine d’Afrique fournie par une térébenthine, le Boswdlia serrata. Il sert h faire des fumigations contre le rhumatismes. Mis en poudre et en pâte au moyen d’un peu de salive, on en fait un emplâtre qu’on place sur de la toile en le renouvelant deux fois par jour contre les affections gangréneuses S.
01.IV1EU. Arbre de la famille des oléacées, dont l’écorce en poudre, à la dose de 20 à 30 grammes, est douée de propriétés fébrifuges et a été administrée dans les fièvres intermittentes.
OMBILIC (Maladirs DE l’). L’ombilic est le siège de hernies ,V Herme ombilicale , de fistules urinnires oiubilicales (S. Fistules urinaire, ombilicale), d'eczmo.V. Eczéma.
L Fistules de V ombilic. — Il y a des inflammations de l’ombilic, des abcès sous-péritonéaux et des abcès, dus à des inflamm tions viscérales, qui se terminent par la formation d’un abcès sous-cutané et la persistance d’une fistule. Ces cas sont rares (Ledran, Marchetti, ^larjoliiii. On a vu les abcès du foie se vider par l’ombilic ( P. Bérard), des abcès tuberculeux des intestins (Velpeau) ont été vus aussi, et se sont transformés en fistules stercorales. Enfin des tumeurs stercorales, des abcès stercoraux, des abcès contenant un ténia (Siebold), ouverts par l’ombilic, ont donné issue à des matières et sont devenus fisiuleux (Prestat, W. King). Le liquide de l’asciœ, après avoir distendu la peau de l’ombilic, s’échappe et donne naissance aussi à une fistule (Brehm, van Ilurn), même la fistule peut devenir permanente (v.an