V. Exostoses
La dureté et l’irrégularité des exostoses, leur indolence, la luxation de l’œil sans troubles de la vision, font diagnostiquer l’exostose intraorbitaire. — L’absence de troubles cérébraux, de troubles de l’olfaction et de l’ouïe, indiquent que l’exostose est limitée à l’orbite. — Lorsque l’exostose est située profondément, il y a plus de difficultés. 4u besoin, pour établir le diagnostic, on ferait une ponction avec une aiguille à acupuncture qui, arrêtée sur la tumeur, donnerait le diagnostic.
Thérapeutique. — Si l’exostose paraît liée à la syphilis, on administrera l’iodure de potassium qui est le traitement aniisyphilitique des accidents tertiaires.
Lorsque, malgré ce traitement, l’exostose reste permanente et tend à augmenter, on est autorisé à en tenter l’extraction, lorsque l’œil est déplacé et quand la vue menace de se perdre. — On extrait ainsi l’exostose : après une incision en croissant ou en T, on dénudera l’os, ce qui est en général facile; avec la gouge et le maillet, portée sur le pédicule, on ébranlera l’exostose (Maisonneuve) , qui sera ensuite arrachée avec un davier. — Si l’exostose siège au fond de l’orbite et si l’œil est perdu, une opération ést inutile, mais si l’exostose augmentait, on extrairait l’œil perdu, puis l’exostose.
IV. Kystes de V orbite. — Les kystes de l’orbite naissent dans l’orbite, dans les paupières et dans les parties voisines de l’orbite. On y a trouvé des kystes multiloculaires (Saint-Yves).
Les kystes nés dans l’orbite sont sans doute dus à des transformations d’abcès strumeux, de gommes, de périostose et même d’inflammation des bourses tendineuses ou d’épanchements sanguins. On les reconnaît aux signes d’un kyste, c’est-à-dire à la forme globuleuse, à la fluctuation, à la lenteur du développement.
\* On trouve dan« l’orbite des kystes stéatomateux, c’est-à-dire des kystes sébacés qui se sont développés du côté de l’orbite ou des kystes congénitaux (Barnes), ou des inclusions fœtales, si la tumeur contient des poils ou une dent. Il y a des kystes hydatiques (Delpech, Lawrence, Garcia Roméal, Tavignot, Goyrand d’Aix). Des collections séreuses et purulentes développées dans le frontal (Riberi, Langenbeck) forment une tumeur qui siège dans la partie supérieure de l’orbite et s’accompagnent de gonflement de l’os frontal.
Lorsqu’une tumeur qui n’a ni les symptômes d’une exostose, ni ceux d’un lipome ou d’une tumeur érectile existe, cm fera une ponction exploratrice. L’examen microscopique du liquide, découvrant des crochets d’écMnocoques, de la matière sébacée ou un autre liquide, indiquera la nature kystique de la tumeur.
Thérapeutique. — Enlever les kystes peu volumineux mobiles par incision de la peau et énucléation de la tumeur par dissection.
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Les kystes mal limités volumineux seront ouverts, vidés, et l’on remplira leur contenu de charpie ou bien on ponctionnera et on laissera une canule à demeure (A. Bérard). Si le kyste est multiloculaire, ou ponctionnera ou l’on incisera, et l’on fera suppurer la tumeur. Dans les kystes hydatiques, on fera des ponctions et des injections iodées.
V. Lipome de V orbite. — L’orbite peut renfermer des liporaestqui sont généralement situés à la partie supérieure; ils ont un développement très-lent et sont constitués par des tumeurs molles et indolentes. L’œil se trouve déjeté du côté opposé à la lésion, et il y a strabisme comme dans tous les cas de déviation de l’œil par une tumeur.
La lenteur du développement d’un lipome est incompatible avec l’idée d’un cancer, qui au contraire marche vite. La perte de la vision prématurée est un signe de cancer rélro-oculaire ou de névrome du nerf optique et non d’un lipome. L’absence de douleurs est le fait d’un lipome et non d’un cancer ou d’une gomme. Un kyste dermoïde est congénital, et cela ne permet pas d’incertitude. Enfin, les kystes simples sont plus rares que les lipomes ; ils sont toujours plus réguliers, plus durs et ils sont fluctuants. Une ponction exploratrice est cependant souvent nécessaire pour établir le diagnostic entre les deux affections.
Thérapeutique. — Les petits lipomes qui n’altèrent pas la vision ne doivent pas être touchés ; les lipomes plus volumineux serontj extraits. Ou fera une incision sur la partie culminante de la tuméfaction; on saisira la tumeur avec une érigne ou une pince à griffes et on la disséquera ; il n’y a pas de difficultés. S’il y avait des prolongements irréguliers, on les saisirait avec une pince à griffes et on les disséquerait en les attirant au dehors.
VI. Névrome du nerf optique. — Il y a des névromes du nerf optique formés aux dépens du tissu cellulaire interfibrillaire du nerf. Ils entraînent la perte de la vision, de l’exophthalmie et des douleurs vives (Velpeau, 186.3).
Entre un cancer de l’orbite et un névrome, il n’y a pas de différence au point de vue des signes anatomiques ; seulement un cancer de l’orbite s’accompagne d’induration au fond de l’orbite ; il a une marche plus rapide et retentit de bonne heure sur la santé générale.
Thérapeutique. — Les névromes entraînant la perte de l’œil et l’exophthalmie et surtout des douleurs vives, seront enlevés avec l’œil.
VIL Périostose de l'orbite {Gommes). — Le périoste est le siège d’une inflammation qui constitue les périostoses gommeuses, soit chez des sujets scrofuleux, soit chez des sujets syphilitiques (Mackensie).
Un engorgement chronique du tissu cellulaire intra-orbitaire, une exophthalmie plus
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ou moias prononcée, des douleurs nocturnes, une iritis, une choroïdite, chez des individus présentant une exophthalmie avec empâtement de la région orbitaire, et qui avaient été atteints autrefois de syphilis, font aisément diagnostiquer une gomme de l’orbite. Dans les cas douteux, l’efficacité du traitement par l’iodure de potassium est la pierre de touche du diagnostic.
ThérapeuHque. — Si la tumeur semble se résoudre sous lïnfluence du traitement par lïodure de potassium, ou continuera, on fera des frictions avec la teinture d’iode autour de l’orbite.
Si la tumeur suppure, on appliquera des cataplasmes et l’on traitera comme les abcès chroniques On fera ensuite des injections iodées.
VIII. Tumeurs de l'orbite provenant des parties voisines. — Les fongus de la dure-mère, les polypes naso-pharyngiens, le cancer des os maxillaires, de l’ethmoïde, pénètrent dans l’orbite aussi bien que dans les fosses nasales. V. FOKGÜS DE LA DURE-MÈRE, NASO-PHARYN- GiENs (Polypes).
On reconnaît une tumeur de l’orbite née hors de cette cavité, lorsque la tumeur est dure et soulevée par des battements, lorsque la vision est perdue avant qu’il n’y ait exophihalmie, lorsqu'il y a des symptômes de compression dans le voisinage et des paralysies, comme cela s’observe lorsqu'il y a fongus de la dure-mère.
Les polypes naso-pharyngiens oblitèrent les narines avant de produire l’exophthalmie. Les tumeurs des maxillaires, cancers ou polypes, causent souvent une tuméfaction de la joue avant de passer dans l’orbite, et le souvenir de ces faits est le principal moyen de diagnostic.
Thérapeutique. — Ces tumeurs seront traitées par les procédés indiqués. V Foxgus de la dure-mère , Sinus (Polypes des), Naso-pharyngiens (Polypes).