CHRONIQUES, TESTICULE TUBERCULEUX
Pour favoriser la résolution de l’inflammation, dès que les douleurs et le gonflement auront cessé, dès que les rides du scrotuna auront reparu, on fera des lotions avec la teinture d’iode, on fera porter au malade un suspensoir serré par-dessus un linge enduit de pommade à l’iodure de plomb au dixième ; les malades prendront des bains et ne se livreront pas au coit avant vingt jours et plus. Si la blennorrhagie n’est pas guérie, cette indication est encore plus impérieuse.
Pour éviter le retour des orchites uréthrales, c’està-dire consécutives à quelque irritation de l’urèthre et du col de la vessie, on traitera ces maladies ; et toutes les fois que l’on aura exercé une manœuvre sur l’urèthre, on donnera de grands bains prolongés ou des bains de siège aux opérés.
ORCHITE CHROBIIQIIE. Comme toute.s les affections inflammatoires chroniques, l'orchite chronique succède à l’orchite aiguë ou se déve^ loppe lentement sous cette forme.
Les orchites chroniques sont des terminaisons de l’orchite aiguë ou une transformation lente des éléments cellulaires du testicule, en vertu d’un état subinflammatoire ou de la production d’un exsudât d’une matière plastique jaune (Hamilton).
L’orchite chronique donne lieu quelque-^ fois à des abcès du testicule. Cette première variété d’orchite chronique est un intermédiaire entre l’orchite aiguë et l’orchite chronique. Elle est caractérisée par des poussées inflammatoires successives et des abcès avec élimination de la substance testiculaire (J. L. Petit) compliqués ou non de fongus bénins du testicule, c’est-à-dire de végétations, de bourgeons charnus sur l’ouverture de l’abcès ou des abcès chroniques (A. Cooper, Nélaton, Denonvilliers).
k l’orchite chronique doivent être rattachées :
1“ Les orchites et épididymites terminées par induration, c’est-à dire par une organisation des exsudats plastiques de l’inflammation aiguë et lente, où les éléments fibro-plastiques sont abondants et passent à l’état fibreux ; 2“ les hy-
ORGH
pertrophies, fréquentes chez les habitants des Antilles, rares chez les Européens ; 3“ l’albuginite chronique, c’est-à-dire l’épaississement et la transformation fibreuse de cette membrane, disposition déjà trouvée à l’état rudimentaire sur les testicules atteints assez longtemps avant par une orchite aiguë (A. Cooper) ; 4“ les tumeure pérididymaires, c’est-à-dire l’hypertrophie fibreuse du tissu cellulaire et de la tunique vaginale autour de l’épididyme (Poisson).
Les signes des orchites chroniques suppurées ou abcès chroniques sont : tumeur du corps du testicule, quelquefois de l’épididyme, tumeur mobile dans le scrotum ; dans plusieurs cas, persistance des signes inflammatoires ; fluctuation rare. La ponction exploratrice ne donne de résultat certain que si l’on tombe sur l’abcès. Le développement est rapide chez quelques malades, plus lent chez d’autres ; il y a peu de douleurs dans la majorité des cas. ]1 y a eu des blennorrhagies et des orchites antérieures ; l’épanchement séreux dans la tunique vaginale est rare.
On a cité un cas d’abcès du testicule et d’orchite chronique dans une fièvre typhoïde (de Castelneau).
Les signes des orchites chroniques ou engorgements subinflammatoires sont: une tumeur régulière peu volumineuse, quelquefois irrégulière, indolente, ayant pris naissance après des excès vénériens, après une irritation de l’urèthre, après un coït avant la guérison d’une orchite aiguë. Une orchite antérieure et une hydrocèle concomitante peu abondante confirment le diagnostic.
%* Les signes des orchites chroniques avec épaississement de la tunique albuginée et les | tumeurs fibreuses pérididymaires sont : une tumeur siégeant autour de l’épididyme, très-dure quand le corps du testicule participe à la tuméfaction ; l’hydrocèle une fois a été vue dans les observations de Poisson, et elle est assez fréquente dans les albuginiles (Ricord). La tumeur est indolente, se développe insensiblement, quelquefois par poussée inflammatoire. Il y a eu des blennorrhagies antérieures ou une orchite ou une épididymite.
Dans les orchites chroniques, l’écoulement de sperme sanguinolent n’a pas été constaté souvent par les observateurs.
*** L’efficacité du traitement par le mercure et l iodure de potassium, de l’avis de A. Cooper, Velpeau et Curling, est la règle dans l’orcliite subinflammatoire, et il est constant que ce traitement a hâté la résolution de beaucoup d’orchitfô, même aiguës, tardant à disparaître. L’essai de ce médicament servira donc beaucoup au diagnostic.
Y. , pour le diagnostic différentiel. Testicule (Cancer, Kystes et Tubercules du).
Thérapeutique. — L’épididymite et les orchites chroniques doivent être traitées par les pommades résolutives ; la compression du scrotum avec les bandelettes de sparadrap de Vigo. La compression difficile à bien maintenir sera renouvelée tous les jours, les tumeurs fibreuses pérididymaires ne réclament aucun traitement ; les hypertrophies du testicule des habitants des Antilles peuvent guérir par le changement de pays.
Les orchites chroniques avec épaississement de la tunique vaginale, les engorgements encore un peu douloureux, réclament le traitement par les topiques et l’iodure de potassium à l’intérieur, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme par jour ou la tisane :
Infusion de saponaire . 1 kilogramme.
lodure de potassium . 2 grammes.
Sirop simple . 60 id.
(Ricord.)
Ou :
Salsepareille iodurée.
lodure de potassium . 4 grammes.
Tisane de salsepareille . dOOO id.
Sirop d’écoree d’orange .... 100 id.
Par verres, dans les vingt -quatre heures.
(Magendie.)
Le mercure même sera donné, si l’on trouve dans les antécédents des malades quelques accidents syphilitiques ; mais en même temps on fera la compression du testicule et l’on appliquera les pommades résolutives.
Les orchites chroniques avec abcès seront traitées par la compression; puis par l’incision des abcès, en même temps qu’on administrera à l’intérieur l’iodure de potassium, 50 centigrammes à 1 gramme, et le sirop d’iodure de fer, 30 grammes par jour.
S’il y a des tubercules du testicule, on se comportera comme pour les lésions tuberculeuses d’emblée et les fongus bénins du testicule [V. Testicule (Tumeurs du)]. — Les poussées inflammatoires seront traitées comme l’orchite aiguë, l’épididymite, l’orchite ou la vaginalite. — Lorsqu’il y a une hydrocèle, on fera la ponction et l’injection iodée; celle-ci n’est pas sans action sur l’engorgement du testicule (Velpeau).
Voici les formules résolutives pour les engorgements inflammatoires chroniques du testicule :
Emplâtre de poix de Bourgogne, q. s.
Émétique . . 2 grammes.
Pour un emplâtre destiné à recouvrir toute la partie malade □. (Codex.)
Emplâtre de ciguë et d’iodure de plomb.
Mêlez, et étendez sur un morceau de peau de grandeur convenable [T] (Ricord.)
Ou :
Extrait gommeux d’opium ... I gramme.
(Ricord.) [+]•
Teinture d’iode pure, en lotions avec un pinceau [++]•
Huile de Croton tiglium, en frictions sur la partie engorgée Q.
F rictiüus arec la pommade :
Émétique . 4 " id.
(Autenrieth.)
Orchite chronique des syphilitiques.
On appelle testicule syphilitique des engorgements chroniques dn testicule, chez des individus atteints autrefois de chancres.
Les engorgements du testicule rapportés à la syphilis sont des orchites chroniques où il y a organisation fibreuse de produits fibro-plastiques avec dépôt de cytoblastions, développées chez des individus antérieurement atteints ou non de chancres et affectés souvent d’orchites ou de blennorrhagies avant ou après les chancres. Ces lésions cèdent au traitement antisyphilitique, l’iodure de potassium ou le mercure.
Dans les signes de l’orchite chronique des syphilitiques, rien n’est spécial ou du moins ne diffère des orchites chroniques de la deuxième ] et de la troisième espèce. L’efficacité du traitement dès le début de la maladie existe pour les engorgements chroniques du testicule simples ou liés à une constitution scrofuleuse ; elle n’indique autre chose que de continuer le traitement. Une hydrocèle concomitante apparaît dans l’orchite subaiguë, comme dans toutes les tumeurs du testicule. La présence d’un engorgement double du testicule existe dans les orchites métastatiques, dans les vaginalitcs varioleuses, dans quelques orchites bleimorrhagiques; le testicule tuberculeux est souvent double; l’orchite chronique double, pas plus que l’hydrocèle double, ne sont exceptionnelles, on le sait. Qu’y a-t-il donc en faveur du testicule syphilitique? la production d’un engorgement du testicule restant après l’ablation intempestive du testicule du côté opposé, et cédant au traitement mercuriel. Mais on sait que l’ablation d’un organe pair entraîne souvent l’augmentation de son congénère.
Il n’y a donc ni signes anatomiques ni signes physiologiques pour le testicule syphilitique, autres que ceux de l’orchite chronique ; il faut dire avec Hunter, Swediaur et de Castelnau que l’antécédent syphilitique et l’efficacité du traite- j ment spécifique ne sont pas suffisants pour fonder une maladie, mais que la syphilis affaiblissant les individus les dispose à contracter plus f acilemen t des lésions inflammatoires chroniques.
Thérapeutique. — Appliquer le traitement des orchites chroniques avec induration du testicule ; administrer néanmoins le traitement des accidents tardifs de la syphilis, puisqu’il réussit dans l’orchite chronique.
Orchite rhnmatismale et arthritique
(Barthez, Bouisson). Las hommes qui, dans leur jeunesse, ont éprouvé, à la suite d’abus des plaisirs vénériens quelque forte affection du tes-
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ticule, sont disposés à avoir dans leur vieillesse les testicules engorgés et douloureux, par l’effet de l’humeur arthritique (Trempel, cité par Barthez). Boyer a dit que certains engorgements du testicule lîouvaient être dus au vice rhumatismal et il en rapporte une observation. Jallot dit aussi avoir traité une orchite rhumatismale.
Les orchites des vieillards, dites rhumatismales, devront faire soupçonner des excès et quelquefois une lésion de la prostate ou une cystite chronique.
Thérapeutique. — hes orchites dites rhumatismales seront traitées comme les engorgements chroniques simples. On traitera la cystite et les lésions de la prostate, s’il y a lieu.
OREILLE (Cancer de l’) . L’oreille moyenne et interne peuvent être le siège de cancers qui sont généralement formés de tissu encéphaloïde ou de tissu fibro-plastique développé dans le rocher.
Le cancer de l’oreille détermine d’abord la surdité, puis les douleurs apparaissent plus tard.
Le cancer développé dans l’oreille proémine souvent dans le crâne, où il se manifeste par des signes variables et nuis quelquefois. Lorsqu’il proémine dans le conduit auditif, ou peut le prendre pour un polype.
Au début, le cancer ne détermine pas d’écoulement par le conduit auditif, il marche avec rapidité et se développe en produisant un gonflement de la région auriculaire. V. Oreille interne.
Thérapeutique. — On diminuera les symptômes de congestion de l’oreille en appliquant quelques sangsues autour du conduit auditif. On.administrera contre les douleurs deux pilules d’opium par jour, ou une potion avec 30 grammes de sirop de morphine ou de codéine.
Oreille (EXPLORATION DE L’) OU Otoscopie. Les diverses parties de l’oreille externe peuvent être explorées par le conduit auditif externe avec le secours des yeux et du spéculum, ce qui constitue Y otoscopie.
On explore l’oreille moyenne avec l’otoscope et par la laryngoscopie, qui indique l’état de la-" trompe d’Eustache.
Les mouvements de déglutition et leur retentissement dans l’oreille donnent de bons signes.
Le passage de l’air dans l’oreille moyenne et la distension de la membrane du tympan ou les râles que l’air produit dans la caisse sont des phénomènes que perçoivent les malades et que l’auscultation peut révéler.
Exploration du conduit auditif. — Après avoir fait des injections à grande eau tiède dans le conduit auditif, on explore le conduit en tirant ce pavillon de l’oreiUe en arrière et en haut, et en projetant dans sa cavité un pinceau de lumière artificielle produit
{Qih OREl
par une bougie munie d’un réflecteur métallique concaTe.
Pour mieux apprécier l’état du conduit, on se sert d’un spéculum : soit le spéculum d’itard, spéculum à deux Talves, articulé à charnière ; soit le spéculum de Gruber (de Vienne), adopté par Toyubee (fig. 406);
i'ig. 406. — Spéculum , auri de Xoyùbee.
le spéculum plein est le plus avantageux, car le conduit auditif n’est pas dilatable. Le spéculum plein doit être introduit pendant que le pavillon de l’oreille est porté en haut et en arrière.
Exploration de V oreille, moyenne, — Pour établir si la membrane du tympan est perforée, alors que l’on ne peut introduire le spéculum, alors qu’il y a un corps étranger, on fait fermer le nez et la bouche du malade et on le fait souffler très-fort ; si la membrane est intacte, les malades entendent un claquement dû à la brusque entrée de l’air dans la cavité du tympan. Si la membrane est perforée, on entend le sifflement de l’air qui s’échappe par l’oreille externe. — Ou bien le chirurgien introduit l’extrémité du tube acoustique ou otoscope (Toynbee) dans l’oreille du malade, et place l’autre extrémité du tube dans sa propre oreille et fait avaler le malade. Un claquement se fait entendre. Dans les deux modes modes d’exploration, l’existence du claquement indique que la membrane du tympan est Conservée.
Pour explorer l’oreille moyenne et ses lésions, on fait avaler ou souffler les malades, et l’on écoute avec son oreille appliquée sur l’oreille du malade ; l’existence du râle indique qu’il y a des mucosités dans l’oreille moyenne et que la trompe d’Eustacbe est libre (Ménière, Triquet).
Pour établir si la trompe d’Eustacbe est libre ou fermée, on se sert des mêmes procédés que précédemment ; l’absence de râles est un bon signe. L’absence de claquement de la membrane du tympan, alors qu’il est démontré qu’elle est intacte, indique l’oblitération de la trompe d’Eustache. Mais on emploie aussi deux autres procédés : l’un consiste â faire pénétrer avec un soufflet auriculaire de l’air dans l’oreille moyenne, à l’aide d’une sonde préalablement introduite dans la trompe d’Eustache, et d’écouter d’oreille à oreille ; l’autre consiste à appliquer l’otoscope entre l’oreille du malade et celle de l’explorateur, et à pousser de l’air avec la bouche, au moyen d’un tube engagé dans une sonde placée dans la trompe d’Eustache du malade en observation (Toynbee) . V., pour l'application de la sonde dans la trompe d’Eustache, Oreille MOYE!r>-E (Maladies de l’), Rétrécissement DE LA TROMPE D’EcSTACHE.
Pour savoir s’il y a une inflammation de l'arrièregorge, si une tumeur existe dans l’arrière-cavité des fosses nasales, on attirera avec une pince à bords mousses le voile du palais en avant, et l’on pla-
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cera un miroir à manche préalablement chauffé à l’isthme du gosier; on distinguera une partie de l’orifice de la trompe d’Eustache, et l’on verra si celle-ci laisse écouler des mucosités (V. Rhixoscopie). Chez les malades qui sont peu sensibles, le doigt introduit en arrière du voile du palais peut acquérir des notions sur la tuméfaction de la trompe d’Eustache.
Oreille externe (MALADIES et LÉSIONS DE L’).
I. Inflammation aiguë et chronique dé /V reille. (V. Érysipèle, Eczéma). — Des engelures se produisant aux oreilles, comme celles qui existent aux orteils, et elles exigent le même traitement. V. Engelures.
II. Épanchement du sang, hematœma (Stiff). — Les épanchements de sang arrivent spontané-
: ment ou à la suite d’un coup. Quelquefois ils arrivent chez les individus apoplectiques.
Thérapeutique. — Compresses d’eau blanche, si la collection sanguine menace de s’enflammer; cataplasmes, — incision en cas d’a.bcès.
III. Plaies des pavillons de V oreille. — Les plaies de l’oreille sont produites par des iustruments de toutes sortes ; elles donnent peu d’hémorrhagies et sont souvent suivies d’inflammation. Néanmoins on peut espérer obtenir facilement la réunion, par première intention.
Les plaies de l’oreille arrachée ou mordue dans des rixes ne présentent rien de tout à fait particulier.
La perforation du lobule de l’oreille dans un but de coquetterie est une plaie souvent innocente, mais qui se complique quelquefois d’inflammation.
Thérapeutique. — Soit que la plaie soit régulière, soit qu’elle soit irrégulière, on réunira par suture, après avivement si les bords sont mâchés. Lorsque l’oreille est arrachée et ne tient plus que par la peau à la partie antérieure, on réunira par un ou deux points de suture, à points passés, on comprimera l’oreille contre le crâne avec le bandage de tête, par exemple, ou une simple mentonnière portant sur l’oreille. Après les sutures, le pansement â l’eau froide est indiqué.
A la suite de la perforation du lobule de l’oreille, il arrive qu’il se forme un bourgeon charnu sur la plaie; ou le cautérisera avec le crayon de nitrate d’argent. Si les bondes d’oreille coupent le lobule, on supprimera la boucle d’oreille et on la remplacera par un fil d’argent. Si le lobule de l’oreille est divisé en deux, on avivera les bords de la plaie, on réunira par première intention en laissant un fil d’argent à la place où le lobule a été perforé.
IV. Brûlure du pavillon de l'oreille. — Les brûlures du pavillon de l’oreille non soignées sont souvent suivies d’érysipèle , de destruction de l’oreille par nécrose des cartilages. Abandonnées à elles-mêmes, ces brûlures, lorsqu’elles intéressent le cuir chevelu et la face interne de la portion libre du pavillon de l’oreille, amènent
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dfô adhérences entre ces parties et il y a cicatrice vicieuse.
Thérapeutique. — Les brûlures de l’oreille seront traitées comme les autres brûlures, — s’il y a une brûlure du crâne et de l’oreille à la fois, on interposera entre l’oreille et le crâne, avec le plus grand soin, un linge troué enduit de cérat et de charpie ou de la ouate.
Contre les cicatrices vicieuses consécutives, on appliquera le traitement par la section de la bride (V. Brides cicatricielles) . Si des cicatrices vicieuses ferment le conduit auditif, on les détruira par l’inci- ! sion et l’excision.
V. Gangrène du pavillon de l’oreille. — La gangrène du pavillon de l'oreille est due au froid. Boyer l’a vue se montrer par suite de pression prolongée sur l’oreille, un malade étant resté longtemps couché sur le même côté.
Thérapeutique. — La gangrène de l’oreille comporte les mêmes indications que les autres gangrènes.
YI. Kystes sébacés du pavillon de l’oreille.
— Il y a des tannes qui se développent sur le lobule de l’oreille et dans la conque.
On les reconnaît à leur développement qui est analogue à celui d’un boulon d'acm se~ bacea, puis la tumeur s’indure et reste stationnaire.
Les tannes qui siègent dans le voisinage du conduit auditif rendent l’ou'ie dure.
Thérapeutique. — On ponctionnera les tannes avec la pointe d’un bistouri et on les videra par pression.
Si le kyste est volumineux, on l’incisera et l’on cautérisera sa cavité avec le crayon de nitrate d’argent. Les gros kystes seront enlevés avec le bistouri par une incision sur la tumeur et son énucléation.
VII. Kystes simples. — Les kystes simples décri’ s par les auteurs sont des kystes sébacés altérés où la matière sébacée s’est liquéfiée, ce sont encore des kystes qui résultent d’un épanchement de sang.
Thérapeutique. — Ouvrir la tumeur, cautériser sa cavité ou la faire suppurer en y plaçant des bourdonnets de charpie, constitue tout le traitement.
Ylir. Tumeurs du lobule de V oreille. — Les tumeni-s du lobule de l’oreille se développent ' chez les sujets jeunesetsemblentêtre des kélo'ides ("Wilde) ou des tumeurs fibreuses (Demarquay); ces tumeurs sont assez fréq lenies aux Antilles (O. Saint-Yel), aux grandes Indes (Campbell, de Calcutta), chez les naturels du pays. — L’inflammation consécutive au percement des oreilles n’est peut-être pas étrangère à leur production (Demarquay).
Les tumeure fibreuses de l’oreille sont lenies à se développer, elles sont dures, lobulées, on ne les confondra pas avec le lupus (V. Lupus), ni avec les cancroïdes et les squirrhes, qui affectent de préférence le pourtour du conduit auditif, et ne sont pas aussi bien limités que les tumeurs fibreuses. Au reste le traite -
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ment des cancers est le même que celui de ces dernières tumeurs.
Fig. tOf. — Tumeur fibreuse du pavillon de l’oréille (Demarquay).,
Thérapeutique. — On enlèvera les tumeurs de l’oreille avec le bistouri, en emportant avec la tumeur une portion du lobule de l’oreille.
IX. Dépôts de matière goutteuse (Fauconneau-Dufresne, Todd). — Les dépôts de matière goutteuse ou de concrétions d’urate de soude ont été trouvées dans l’oreille, où ils forment dans l’épaisseur de la peau et sur les cartilages des nodosités. Il n’y a pas à y toucher.
I X. Otite externe superficielle. — L’inflammation aiguë du conduit auditif externe est une inflammation de la peau, due quelquefois à un bouton d’acné, à un eczéma, à une accumulation de mucus ou de cérumen, enfin au séjour d’un corps étranger. On reconnaît l’inflammation de l’oreille externe à ce qu’elle débute par du prurit et des démangeaisons, à l’existence de la rougeur du conduit (V. Oreille, Exploration du conduit auditif) et à la cause de l’inflammation persistant encore. Les malades éprouvent des douleurs de tête très-violentes, ont de la fièvre, quelquefois du délire, l’ouïe cependant n’est pas absolument perdue, à moius que le conduit auditif ne soit tout à fait bouché.
Les inflammations du méat auriculaire sont très-sujettes à récidive et les premières inflammations sont toujours les plus douloureuses.
Le catarrhe auriculaire est quelquefois la [ Suite de cet état. L’inflammation de la peau, du
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reste, peut se propager aux os cl donner lieu
à des suppurations longues. V. Otite PHLEGMO-
KEÜSE.
Thérapeutique. — Si l’otite externe est due à la présence d’un corps étranger^ on fera des lotions avec l’eau de guimauve tiède et l’on enlèvera le corps le plus tôt possible; on fera des injections avec un mélange d’huile et d’étber, s’il y a amas de cérumen.
Si l’otite est liée à xm eczéma du conduit auditif, on se bornera à faire des injections émollientes tièdes quatre fois par jour (V. Otorrhée), et l’on placera dans l’oreille ime boulette de coton trempée dans un mélange :
Huile d’amandes douces . 8 grammes.
Laudanum . dO gouttes.
Si l’inflammation est violente, on appliquera deux ngsues à l’orifice du méat et l’on fera des injections d’eau de guimauve chaude ou avec :
Eau . . ,30 grammes.
Extrait de Saturne . 5 centigrammes.
S’il se forme des abcès, on les ouvrira. — S’il y a des ulcérations, on les touchera avec un peu de laudanum.
Les végétations qui se formeraient sur les ulcérations seront touchées avec le crayon de nitrate d’argent ou seront saupoudrées avec le mélange :
Alun . . 1 gramme.
Sucre . 2 id.
On administrera contre les douleurs une ou deux pilules d’opium de 5 centigrammes chaque.
On traitera les inflammations aiguës et chroniques de l’oreille par les moyens appropriés, les compresses d’eau de sureau, s’il y a érysipèle; les cataplasmes de fécule, s’il y a eczéma.
XI. Otite phlegmoneuse du conduit auditif externe. — L’otite phlegmoneuse est un degré plus avancé de l’otite superficielle. C’est une inflammation de la peau étendue à la membrane du tympan, au tissu cellulaire et au périoste du conduit auditif.
Les brûlures du conduit auditif et l’otite de l’oreille moyenne, la scrofule et toutes les causes de l’otite superficielle engendrent l’otite phlegmoneuse. ]
Les altérations de l’os temporal produisent aussi cette inflammation, et on les a vues causer une perforation du crâne en même temps qu’elles faisaient naître une otite phlegmoneuse.
Outre la chaleur, la rougeur, les démangeaisons, les bourdonnements de l’oreille, l’abolition incomplète de l’ouïe, l’otite phlegmoneuse se révèle par le gonflement do méat, par le développement des parties molles du conduit auditif et parfois par un bourgeonnement de la membrane du tympan qui se recouvre de pustulœ rouges ou de petites ulcérations qui suppurent. Mais d’autres fois il est impossible de voir cette membrane, le conduit auditif est persque oblitéré par une tumeur rouge chaude, douloureuse au toucher. Dans tous les cas les malades ont de la fièvre, des douleurs extrêmement vhres et ne peuvent reposer.
OllEl
Les phlegmons supputés du conduit auditif se reconnaissent par de la fluctuation, et les lésions de la membrane du tympan par une exaltation de l’ouïe, accompagnée de douleurs vives au moindre bruit.
Les accidents de l’otite phlegmoneuse sont la perforation du conduit auditif, l’ouverture de l’abcès à travers le cartilage et ses fusées de pus en arrière de l’oreille (Andral), la propagation de l’inflammation à l’oreille moyenne et au cerveau et rarement des paralysies facialês.
Thérapeutique. — On appliquera au début dix sangsues derrière l’oreille; on administrera un purgatif salin aux malades, l’eau de Sedlitz ou le sulfate de soude à la dose de 40 grammes ; on injectera avec une seringue à jet peu tort, six à huit fois dans les vingt-quatre heures un mélange chaud composé de :
Eau de guimauve . fOO grammes.
Laudanum . 1 id.
Ou simplement de l’eau tiède (Kramer).
Des cataplasmes seront appliqués sur l’oreille. Un bourdonne! de coton contenant un peu de camphre en poudre (Itard) est. moins bon que les injections répétées. S’il se forme un abeès du conduit, on l’ouvrira.
XII. Otite externe chronique, ou otorrhée externe. — L’otite phlegmoneuse laisse après l’atténuation des phénomènes inflammatoires et de la douleur, un état inflammatoire chronique caractérisé par des ulcérations et des bourgeons charnus qui donnent une suppuration abondante ou un écoulement séro-purulent. La muqueuse et la peau sont indurées ou hypertrophiées. L’affaiblissement de l’ouïe, le rétrécissement du conduit auditif, quelquefois l’écoulement séropurulent, les bourdonnements d’oreilles révèlent cet état qui sé complique de recrudescences fréquentes, mais généralement moins fortes que l’inflammation première. — Chez les sujets scrofuleux, l’état chronique existe d’emblée, il est riuelquefois dû à des phlyctènes qui se déve loppent sur la membrane du tympan (Triquet), à des gommes ou des abcès chroniques de la portion osseuse du conduit, à des ulcérations de la membrane du tympan, à des éruptions ezémateuses du conduit auditif et à des ulcérations de ce même conduit.
. Les otites chroniques peuvent se compliquer de la production de polypes, de la production d’ulcérations profondes, de surdité par épaississement de la membrane du tympan et par hypertrophie de la couche épithéliale du conduit (Toynbee). Les otites syphilitiques, scrofuleuses ou pklycténulaires , rhumatismales, les gommes du conduit auditif, ne sont autre chose que des formes d’otite chronique, se ré vélant par un symptôme capital, une otorrhée mucosopuruiente, par des bourdonnements d’oreilles, et
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plus tard par les symptômes des complications qui en résultent
L’esamen de l’oreille avec la lumière artificielle et le spéculum révèle souvent quelle est la lésion produite par l’otorrhée. L’écoulement séreux indique des ulcérations superficielles, des phlyctènes, des vésicules d’eczéma, mais l’écoulement de pus indique des ulcérations plus profondes.
Les otites catarrhales produisent du pus qui, transporté sur l’oreille d’une pei-sonne saine, peut, dit-on, donner une otite (Triquet). Du pus virulent pris dans un foyer putride est dans le même cas.
Lorsqu’une otorrhée existe, on devra toujours rechercher si la membrane du tympan est perforée. V. Oreille (Exploration de l’).
Théraxjeutique. — Les écoulements de l’oreille qui sont liés à une otite du conduit auditif externe seulement, quelles que soient les causes de la lésion, syphilis, scrofule, rhumatisme ou goutte, seront traités localement de la même manière; on fera des fumigations émollientes ou des injections avec :
Tannin . 120 centigrammes.
Eau . 250 grammes.
Ou :
Sulfate d’alumine et de potasse. 15 grammes.
Eau . 100 id.
(Triquet.)
Ou des insufflations avec :
Sous-nitrate de bismuth . 16 grammes.
A souffler matin et soir au moyen d’un tuyau de plume dans l’oreille. (Bouchut.)
On administrera comme traitement général pour les otites :
Calomel . 30 centigrammes.
Sucre pulvérisé . 6 grammes.
Ou pour les enfants :
CalomeL . 10 centigrammes.
• Soufre doré d’antimoine . 20 id.
Sucre pulvérisé . 6 grammes.
Mêlez. En dix paquets, un toutes les heures □.
S’il y avait de la douleur, on donnerait 2 à 10 centigrammes d’opium en pilules, le soir.
Lorsqu’il y a des phlyctènes sur la membrane du tympan et des douleurs, on fera vomir les enfants
Poudi’e dïpéca . . 30 centigrammes.
Sucre pulvérisé . 5 srrammes.
Ou ;
sirop d'ipéca . .• . . 30 grammes.
Sirop de fleur de pêcher . 10 id.
I I (Triquet.)
Les adultes seront purgés avec :
Tartre stibié . 20 centigrammes.
Eau . 125 grammes.
Ou:
Tartre stibié . 10 à 20 centigrammes.
Sulfate de magnésie . 30 à 60 grammes.
t>ans un litre de bouillon aux herbes (+].
Si Viodure de potassium , à la dose de 30 grammes, Viodure de fer, 30 grammes de sirop, dans une tasse de tisane de gentiane, ne sont pas suffisants, on essayera le sirop de Bouchut contre les scrofules :
Atséniate de soude . 5 centigrammes.
Eau distillée . 125 grammes.
Une cuillerée à café par jour dans une tasse de tisane.
Les vésicatoires, et mieux les frictions avec l’huile de Croton tiglium, la pommade stibiée, qu’on applique derrière les oreilles, sont de bons révulsifs, à employer.
Comme traitement on fera des injections chaudes avec une décoction de tête de pavots additionnée de quelques gouttes d’acide acétique ou d’acétate d’ammoniaque, et l’on fera des fumigations.
Contre les récidives , on ‘ continuera pendant un mois les injections émollientes, ou les injections avec :
Ean. . 100 grammes.
Tannin . 50 centigrammes.
Et l’on examinera tous les huit jours la membrane du tympan.
Otorrhée rhuYmtismale. — Contre les otites rhumatismales, c’est-à-dire existant chez des rhumatisants, on donnera six à vingt gouttes de liqueur arsenicale de Pearson, dans un demi-verre d’eau sucrée.
Arséniate de soude cristallisé. . 1 gramme.
Eau distillée . . 550 id.
Le purgatif préférable est la scamraonée seule ou associée au jalap, 40 ou 50 centigrammes de chaque (Triquet) ; on donnera les sudorifiques, la tisane de gaïae légèrement additionnée d’esprit de Mindererus.
Les injections locales, les fumigations aromatiques, les fumigations avec l’acétate neutre d’ammoniaque et l’acide sulfureux sont peu avantageuses et n’ont pas une très-grande action.
On emploiera les révulsifs cutanés, comme dans l’otite phlycténulaire et scrofuleuse.
Les écoulements seront traités avec précaution par les injections, à cause de la possibilité de la rupture du tympan. On touchera les parties malades avec un pinceau imbibé de la solution ;
Eau . . 5 id.
m (Hôp. de Paris.)
■ Les sudorifiques seront mis en usage comme dans les cas de douleurs rhumatismales.
Otorrhée syphilitique. — L’otite, chez les syphilitiques, est heureusemeut modifiée par les pilules suivantes :
Calomel . . 30 ceutigrammes.
Opium pulvérisé . 10 id.
Mêlez, et faites selon l’ordonnance trois pilules, à prendre une le matin, une à midi, une le soir (Triquet); on cesse lorsqu’il y a salivation mercurielle.
Les ulcérations longues à cicatriser seront traitées par les fumigations, comme les autres otites, si elles out résisté aux lotions et aux injections avec les topiques indiqués pour les otites externes. On emploiera aussi les lotions :
Eau distillée . 250 grammes.
Sublimé . 5 centigrammes.
(3 (Triquet.)
1038 . OREI
On touchera les ulcérations avec un crayon de sulfate de cuivre ; si l’on ne peut arriver à toucher les parties malades, on instillera dans l’oreille le mélange :
Eau (le rose . 30 grammes.
Pierre divine . 1 id.
Otite des fumeurs. — Chez les individus adonnés à l’abus du tabac, on fera suspendre la fumée du tabac, qu’on a accusé de causer des otites (Triquet) ;
contre la surdité et les bourdonnements d’oreille, on aura recours aux fumigations émollientes additionnées diacide acétique et d’acétate d’ammoniaque.
Otorrhée scrofuleuse. — Contre les gourmes des oreilles, qui sont, soit des inflammations chroniques de la peau et surtout des glandes du eonduit auditif, soit des eezémas chroniques, et qui se révèlent par l’écoulement d’une matière jaune couleur d’or, gluante, irritant la peau et y faisant naître des éruptions eczémateuses, on appliquera de bonne heure le traitement antiscrofuleux.
On ne purgera pas souvent les enfauts, on leur donnera de la tisane de houblon et de gentiane, du sirop d’iodure de fer, de l’huile de foie de morue, de l’iodure de potassium, et enfin le régime et le traitement de la diathèse scrofuleuse V. Scrofule.
Après avoir fait pendant quinze jours des injections avec l’eau d’amidon ; on placera le soir dans l’oreille de l’huile de lis ou de l’huile d’olive mêlée au dixième avec 1 gramme de laudanum. Le matin, on placera dans l’oreille un glycérolé composé :
Glycérme. . 10 grammes.
Calomel ou précipité blanc . 1 id.
On fera dans la journée une injection avec le liquide suivant :
Tannin. . . 1 gramme.
Eau distillée . 150 id.
Quand l’écoulement commencera à se tarir, on supprimera les injections et l’on se servira d’injections d’eau de guimauve tiède.
Les révulsifs cutanés derrière les oreilles sont d’un bon usage. Ainsi les frictions avec la pommade stibiée, l’huile de croton tiglium et le vésicatoire.
Les eaux minérales recommandables sont les eaux de Saint-Sauveur, de Bagnères, d’Aix en Savoie et d’Enghien.
On prescrira le régime tonique ; on n’abusera pas des purgatifs, et l’on enverra les malades sur les bords de la mer.
Otorrhées symptomatiques. — Contre les otorrhées consécutives à une lésion du squelette du conduit auditif, à une carie des cellules mastoïdiennes ouvertes dans le conduit auditif, et à une carie du temporal, on aura recours aux injections iodées, si l’on trouve le point perforé par lequel s’écoule le pus du foyer de la carie. — On fera des lotions iodées sur le pourtour de l’oreille.
Contre les otorrhées entretenues par un polype, il n’y a qu’un remède, la destruction du polype.
Contre les otorrhées en général, Richter a proposé et Smith, depuis, a modifié, en augmentant les doses, un mélange acoustique empirique :
Bamœ da Pérou . 4 grammes.
Fiel de bœnf . 12 ^ i-i-
(Richter.;