‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 498 sur 731 · OST · texte numérisé non relu

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ostéites du tissu spongieux sont des lésions du même genre que l’ostéomyélite ; mais l’inflammation existe dans les vacuoles du tissu spongieux comme dans le canal médullaire et naît dans un tissu cellulo-vasculaire. L’ostéite des portions centrales des diaphyses des os longs et du tissu compact est plus rare.

Toutes les inflammations spontanées des os reconnaissent pour cause : soit une diathèse syphilitique, scrofuleuse, rhumatismale ou scorbutique et un accid( nt local tel qu’un refroidissement ; soit un traumatisme, une plaie, une fracture, une contusion, une entorse ou une luxation ; soit un dépôt de matière tuberculeuse ou un kyste des os.

%* L’ostéite qui tend à guérir engendre un état' de l’os qui est désigné sous le nom d’ostéite condensante, en même temps que le périoste sécrète de nouvelles couches osseuses. L’ostéite raréfiante est un autre mode de terminaison.

L’ostéite aiguë, qui se termine par résolution* engendre l’ostéite condensante ; l’ostéite chronique qui se termine par résolution en gendre également l’ostéite condensante, s’il y a un abcès chronique de l’os, une ostéite raréfiante dans tous les autres cas.

Toutes les ostéites aiguës peuvent donner lieu à des abcès plus ou moins limités situés dans l’os ou dans le canal médullaire.

Les ostéites se terminent souvent par nécrose et carie, par destruction de l’os, par lésions articulaires si le mal est au voisinage d’une articulation. V. Ostéomyélite, Périostite, Os (Tubercules des).

I. Ostéite aiguë, — L’ostéite aiguë est caractérisée par un gonflement douloureux de l’os, par de la chaleur et de la douleur des parties qui recouvrent l’os, par de la fièvre et quelques frissons ; plus tard, par les signes d’une périostite et par la perte plus ou moins complète des fonctions de l’os. Après la formation d’un abcès sous-périostique, les caractères de cette lésion masquent l’ostéite.

V ostéite épiphysaire e.s,X. un type d’ostéite aiguë.

Au début de l’ostéite on peut croire qu’il s’agit d’une nécrose et rien ne doit faire éliminer ce diagnostic, parce que l’ostéite se termine par nécrose au même titre que la gangrène de la peau suit la cuti te aiguë.

Si le sujet est scrofuleux on peut soupçonner qu’il s’agit d’une suppuration autour d’un foyer tuberculeux et d’une nécrose.

Un abcès sous-périostique est quelquefois la complication d’une ostéite, seulement dans l’abcès sous-périostique primitif il n’y a pas eu gonflement primitif de l’os. V. Périoste.

'L'ostéite épiphysaire (Kloose, Gosselin), qui

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a quelquefois pour point de départ le cartilage interépiphysaire, se reconnaît à ce qu’elle existe chez les jeunes sujets, à ce qu’elle a souvent pour cause un traumatisme, un refroidissement, à ce que les mouvements de l’articulation sont perdus, et parce qu’il y a une fièvre intense, un œdème des parties où siège l’os.

Il est des cas où l’ostéite a été prise pour une fièvre typhoïde, parce qu’on avait négligé de rechercher le gonflement de l’os. Le plus souvent il y a un gonflement pâteux de la région et des marbrures de la peau (Chassaignac). Plus tard des abcès se forment, l’épiphyse se décolle et il y a une déformation des articulations et chute totale d’un cartilage d’encroûtement. A ce moment l’ostéite épiphysaire prend toutes les tournures d’une arthrite. Un phlegmon diffus, l’infection purulente, sont des complications immédiates, une nécrose, une synovite fongueuse, sont des complications consécutives.

ThérapevÀique. — L’ostéite épiphysaire réclame les incisions profondes allant jusqu’à l’os, même quand il n’y a pas d’abcès sous-périostique formé; les antiphlogistiques : les sangsues en grand nombre sont utiles à défaut d’incision. — Si l’os est dénudé, si les douleurs et les phénomènes généraux sont graves, on appliquera une couronne de trépan sur l’os malade. Si après une ostéite épiphysaire il y a une ostéomyélite, ce que l’on reconnaît à l’œdème de tout un segment du membre, à une fièvre intense, l’amputation est proposable, à moins que l’os ne soit superficiel comme le tibia ; il vaut mieux alors trépaner l’os au point où il y a abcès sous-périostique eu voie d’évolution.

Lorsque les accidents généraux s’amendent, lorsque l’os se gonfle et occasionne des douleurs vives, lorsqu’il se forme des abcès sous-périostiques qui s’ouvrent à l’extérieur, il y a quelquefois un abcès intra-osseuxetun séquestre invaginé. Faire une ouverture à l’os, appliquer une couronne de trépan (Ravaton, David), est rationnel ; mais on n^est point sûr de tomber sur l’abcès. S’il y a une fistule, et si avec le stylet on pénètre dans l’intérieur de l’os, on agrandira la perforation osseuse et l’on mettra à nu le foyer de l’abcès osseux pour le panser avec de la charpie sèche ou imbibée de teinture d’iode.

L’ostéite aiguë, à marche moins rapide que l’ostéite épiphysaire et sans abcès sous-périostique, sera traitée par les sangsues, puis les vésicatoires et enfin les raies de feu. Lorsqu’il y aura des fistules, on se comportera comme pour les abcès consécutifs à l’ostéite épiphysaire et à l’ostéomyélite, si les injections iodées n’ont pas suffi à guérir la maladie ; le traitement de ces abcès est très-long.

Pour favoriser la guérison de Fostéite, on fera des lotions sur les parties malades avec la teinture d’iode. On enverra les malades aux eaux minérales, carbonatées calcaires (V. Scrofule), recommandées dans la scrofule. On donnera des bains de sel et des bains de mer.

Chez les sujets syphilitiques et scrofuleux, on adm nistrera les traitements généraux appropriés à la diathèse. V. Scrofule, Stphujs.

Lorsque l’ostéite existe au niveau d’un os dénudé,

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ou se bornera à attendre l’exfoliation insensible de l’os, on appliquera des émollients (Ténon, Nélaton). Les topiques excitants sont, dans ces cas, parfaitement inutiles. Si l’on voit sourdre du pus à travers des petites parties fie Fos, on est autorisé à ruginer l’os en ce point pour faciliter la sortie du pus.

S’il y a nécrose consécutive à Fostéite, on traitera comme il est indiqué. V. Nécrose.

II. Ostéite chronique. — Le mêmes lésions • qui caractérisent l’ostéite aiguë existent dans Lostéite chronique, avec celte différence que la marche de l’inflammation s’arrête dans l’ostéite chronique et que la suppuration ne se reproduit pas en abondance et avec rapidité; tous les phénomènes se bornent à une infiltration de l’os, à une congestion passive et une lenteur de la nutrition de l’os.

L’ostéite chronique est la suite d’une ostéite aiguë ou d’une affection tuberculeuse des os. Elle se montre sur les points où une compression énergique a été longtemps appliquée sur un ds. Ainsi se forme la carie des vertèbres, pressées par une tumeur du voismage, mais ce dernier état n’est pas, à proprement parler, une ostéite chronique vraie.

Au point de vue clinique l’ostéite chronique est une inflammation où les parties enflammées cessent de se réparer; elle existe rarement d’emblée, elle suit le ramollissement d’un tubercule des os , d’une gomme syphilitique.

L’ostéite chronique , à une période avancée, se termine par la suppuration, et le mode de suppuration de l’ostéite chronique est la carie. L’ostéite chronique du tissu spongieux est toujours suivie de carie, de sorte que l’on peut dire dans ce cas que la carie est une nécrose successive du tissu spongieux.

%* Les ostéites chroniques périarticulaires s’accompagnent de chute des cartilages dans les points correspondant à l’os malade.

Au début l’ostéite chronique s’annonce par les signes de tubercules des os et d’ostéite aiguë ; plus tard elle se révèle par des abcès par congestions indolents, n’ayant pas comme les abcès de l’ostéite aiguë le caractère d’un phlegmon. Lorsque les abcès sont ouverts ou ont étéouverts, un stylet introduit pénètre dans l’os, brise des lamelles osseuses, le pus évacué contient une plus forte proportion de matière terreuse que le pus phlegmoneux (Darcet).

%* Lorsque l’ostéite chronique est devenue une carie, la guérison peut se faire par le bourgeonnement de l’os, qui engendre un tissu ostéo-fibreux ; la nécrose totale d’une portion d’os, est un autre mode de guérison.

L’ostéite chronique se reconnaît : à des douleurs moins vives que celles de l’ostéite aiguë — à un gonflement de l’os malade, excepté dans les cas où des tubercules des os sont l’origine de la lésion ; — à des abcès moins douloureux

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et surtout moins prompts à se former que les abcès de l’ostéite aiguë, — à des abcès par congcstiou, — enfin à la possibilité de sentir avec un stylet des lamelles osseuses, fines, se brisant sous les pressions de l’instrument, lorsqu’il y a une fistule qui permet d’arriver jusque sur l’os malade.

Les ostéites chroniques sont quelquefois constituées par des abcès intra-osseux qui peuvent s’ouvrir ou se transformer en kystes. Y. Os (Abcès des).

Thérapeutique. — Il n’y a pas de moyens spécifiques contre l’ostéite chronique et la carie.

Au début de l’ostéite chronique, on appliquera des vésicatoires, des cautères, des moxas ; on cautérisera avec le fer rouge sur les points douloureux.

Lorsqu’il y a cessation des douleurs, on continuera néanmoins à appliquer des révulsifs tous les jours ; on badigeonnera les parties avec de la teinture d’iode.

Les abcès froids seront traités par les moyens appropriés. V. Abcès froids.

Sur les os qu’il est aisé d’atteindre, comme les os des membres, lorsqu’il y a une fistule, quand les os suppurent et sont cariés, on incisera largement, au niveau des fistules, avec une gouge et un maillet, on évidera l’os (Sédillot). Si la cavité de la carie est irrégulière, il est préférable de cautériser les parties cariées avec le fer rouge et mieux avec une rondelle de pâte au chlorure de zinc.

Les caries scrofuleuses guérissent quelquefois après un long traitement par les injections iodées ; mais on ne doit point trop compter sur cette action.

Si les malades sont faibles, si les fistules durent depuis longtemps, et si l’on ne soupçonne pas que les individus puissent résister à la longueur du traitement, on réséquera l’os atteint de carie. L’amputation même est quelquefois indiquée.

On administrera un régime tonique, on prescrira l'hygiène et les eaux recommandées contre la scrofule : Baréges, Bourbonne, Bourbon-l’Archambault, Bagnoles, Balaruc, Saint-Amand, Dax, Guagno, Aix en Savoie, Aix-la-Chapelle, Wiesbaden, Tœplitz, Gurgitello, et enfin les bains de mer.

Si la maladie a une relation avec la syphilis, on prescrira le traitement hygiénique et hydrologique de cette diathèse : Louesche, Baréges, Cauterets, etc. V. Syphilis.

III. Ostéite subaigué. — L’ostéite dans les extrémités atteintes d’arthrite sèche est une ostéite subaiguë, ou mieux une sorte d’ostéite à marche lente, comme celle qui existe dans la formation du cal, terminée par l’état appelé ostéite condensante. Des couches osseuses de nouvelle formation existent dans le cniial médullaire de l’os et sous le périoste,

Les ostéites subaiguës existent autour d’anciennes fractures; elles constituent le premier degré de l’hyperostose, les cals exubérants sont une exagération de l’ostéite réparatrice.

Faut-il voir dans ces lésions une ostéite subaiguë, on simplement une exsudation caupar une irritation de voisinage, et oi^nisation consécutive ? Cette question œt [lendanie

au même titre que la question de l’inflammation adhésive de Hunter.

IV. Carie. — La carie est une conséquence, une phase de l’ostéite chronique; c’est une nécrose moléculaire de l’os. V. Ostéite chronique, Os (Tubercules des).

Ostéites périarticnlaires. Les ostéites périarticulaires sont rarement aiguës et trèssouvent chroniques. Elles existent primitivement ou sont la conséquence d’une synovite fongueuse ou d’une arthrite chronique.

L’ostéite périarticulaire, primitive, est due soit à une altération tuberculeuse ou scrofuleuse des os, soit à une ostéite épiphysaire, qui prend un accroissement rapide, sous l’influence d’un traumatisme, soit enfin à une contusion des os, à une luxation ou à une entorse.

L’ostéite périarticulaire secondaire arrive après une synovite chronique, par suite d’une altération des cartilages.

Les tumeurs blanches sont le résultat de la complication d’une ostéite périarticulaire, par une synovite et réciproquement (Richet).

On reconnaît une ostéite périarticulaire primitive, à une douleur persistante, suivie bientôt du gonflement d’une extrémité articulaire; les douleurs augmentent d’intensité, des abcès se forment, abcès circonvoisins (Genly) en même temps du liquide s’épanche dans les articulations et il y a déformation de l’article, puis apparaissent les signes d’une synovite fongueuse. A travers les fistules qui résultent de l’ouverture des abcès, on sent les os à nu et présentant les caractères de l’ostéite chronique avec carie; le pus qui s’échappe de ces fistules est séreux ordinairement, lorsqu’il y a des tubercules des os il contient des grumeaux blanchâtres.

On reconnaît l’ostéite périarticulaire consécutive à une inflammation des extrémités osseuses, longtemps après l’existence d’une synovite fongueuse, suivie ou non d’abcès ar- ' ticulaires, à la dénudation des surfaces articulaires constatées par un bruit sec dû au frottement l’une contre l’autre des surfaces privées de cartilages ; à la dénudation des os, h la possibilité de faire pénétrer un stylet dans le tissu osseux à travers les fistules consécutives à des abcès.

Rien ne peut être confondu avec une ostéite périarticulaire consécutive à une synovite fongueuse.

%* Au début, les ostéites périarticulaires primitives peuvent être prises : pour des tumeurs à myéloplaxes, chez les jeunes sujets ; pour des cancers des os et des arthrites sèches chez les adultes. Mais dans le premier cas il y a une intégrité cumplète des mouvements de l’articulation, même après la fracture de l’os [V. Myé-

osrE

LOPLA.XES (Tumeurs a)] ; dans le second cas le cancer de l’os arrive à un grand développement avant (p’il n’y ait une altération de l’articulation, les tumeurs sont molles, lobulées, et n'ont de consistance osseuse que par place. Quelquefois il y a dœ battements dans les cancers comme dans les tumeurs à myéloplaxes, il n’y en a jamais dans l’ostéite périarticulaire, puis dans les cancers il n’y a pas de douleurs vives continues comme dans l’ostéite. L’arthrite sèche est une maladie où les douleurs n’ont jamais la continuité des douleurs de l’ostéite, le craquement perçu dans la jointure ; le tempérament rhumatisant des malades est encore un bon caractère distinctif qui indique l’arthrite sèche.

Primitive ou consécutive, l’ostéite périarticuiaire s’arrête rarement ; il y a une double cause de prolongation du mal : la difficulté de la réparation du tissu .spongieux, et le voisinage d’une articulation. La guérison ne peut se faire que par ankylosé si l’altération de l’os est consécutive et peu avancée. Il est rare, d’un autre côté, que les malades résistent à la longue suppuration qui est nécessaire pour que tout l’os malade soit éliminé.

Thérapeutique. — Lorsqu’il y a ostéite périarticulaire primitive, on appliquera les traitements de l’ostéite chronique, par les révulsifs. Une tumeur mixte constituée par une ostéite périarticulaire et une synovite avec fistules réclame, au début, l’immobilité, les injections iodées dans les fistules. On essaye ainsi de hâter la cicatrisation et de produire l’ankylose. Si les malades s’épuisent, s’ils ne présentent pas toutefois des signes évidents de tubercules pulmonaires ou de péritonite tuberculeuse, on réséquera les extrémités des os malades ou l’on fera l’amputation.

Le coude, l’épaule, peuvent être réséqués ; l’amputation du genou, du pied et du poignet, est moins souvent mortelle que les résections des os malades.

Le genou cependant offre la même proportion de morts pour la résection et pour l’amputation (Lefort). La résection de la tête du fémur ne doit être faite que quand il est positif que le mal a débuté par l’extrémité supérieure du fémur et quand les mouvements de l’articulation sont en partie conservés. Pour les tumeurs blanches des articulations métacarpo-phalangiennes, la résection est toujours suffisante.

Dans les svmovites, même compliquées de dénudation des surfaces articulaires, tant qu’il n’y a pas fie gonflement de l’os avec abcès circonvoisin, on doit chercher à obtenir l’immobilisation de l’article pour produire l’ankylose ; les appareils inamovibles, les gouttières, maintiendront le membre.

Les luxations consécutives seront réduites s’il y a des compressions d’organes importants, ce qui se voit dans les tumeurs blanches cervicales.

Le traitement tonique, les médications antiscrofuleuses et antisypbilitiques seront administrées suivant l’état général des malades.

osTÉocoLiiE. Carbonate de chaux que laisse déposer l’eau de certaines fontaines sur Ifô corps submei^és.

OSTÉOMALACIE (Lobstein, .Alorand fils). |

I L’ostéomalacie est une régression cellulo- graisseuse des éléments du tissu osseux, ou mieux une altération des sécrétions physiologiques des vaisseaux des os telle, que les cellules sécrétées restent à l’état de tissu cellulaire ou de tissu conjonctif. On a appelé l’ostéomalacie le rachitisme des adultes (Hunter, Boyer, J. Frank).

Dans l’ostéomalacie, le périoste reste sain, mais se décolle facilement, l’os devient plus friable, les canalicules osseux sont plus apparents, la substance médullaire est plus abondante, offre une coloration grisâtre ou violacée, les os sont gras, renferment quelquefois des kystes, et l’analyse montre qu’ils contiennent moins de phosphate de chaux que les os sains, enfin ils se ramollissent, se tuméfient à leurs extrémités et se courbent suivant le sens des mouvements les plus fréquents.

Tous les os peuvent être atteints d’ostéomalacie, les dents même, a-t-on dit, participent au ramollissement (Isenflamrn, Plenck, Leblanc).

La cause de l’ostéomalacie échappe encore à la science, et quoique la nourriture avec des aliments pauvres en sels calcaires, une mauvaise hygiène, la vie dans un lieu humide et malsain, l’hérédité, aient été invoquées pour en expliquer la production, on ne sait encore rien de précis à cet égard.

L’ostéomalacie se révèle par des douleurs dans tous les os, par une faiblesse croissante et par l’impossibilité de résister à la fatigue ; puis les os se courbent, se fracturent quelquefois, alors les jambes se tordent, le tronc se raccourcit par le fait de l’écrasement des vertèbres, le thorax s’aplatit latéralement, les omoplates se courbent en avant, l’humérus prend là forme d’un S ; les os les plus déformés sont ceux qui portent le plus grand poids ou participent aux plus grands efforts, les fractures des os ajoutent à la déformation primitive de l’os.

La santé générale est altérée, la nutrition languit ; les urines sont chargées de dépôts de phosphate de chaux, qu’on reconnaît par l’analyse chimique et par le microscope (le phosphate de chaux est caractérisé par une poudre amorphe); il y a aussi excrétion d’albumine. Néanmoins il est des malades qui continuent à se bien porter et qui même peuvent avoir des enfants. La femme Supiot a eu un enfant pendant le cours de l’ostéomalacie, dont elle était affectée depuis quatre ans (Morand fils), mais il y a aussi des cas où des congestions pulmonaires et viscérales tuent les malades.

Au début de l’ostéomalacie on peut croire à la syphilis, au rhumatisme, à la myélite, et aujourd’hui, sans doute, on songerait à l'ataxie locomotrice. jMais on reconnaît les douleurs ostéocopes par l’action du traitement antisyphilitique ; le rhumatisme par l’efficacité des [ bains de vapeur, par l’existence de la localisa-

tion du mal au voisinage des articulations ; la myélite, par des douleurs en ceinture, des fourmillements dans les pieds, des contractures ; l’ataxie locomotrice, par un trouble spécial de la marche, qui est l’impossibilité de marcher droit à un but sans hésiter à chaque pas comme si l’on craignait de tomber (Duchenne, de Boulogne).

Lorsque les os commencent à se déformer il est impossible de confondre l’ostéomalacie avec autre aucune maladie, si le malade a plus de vingt ans. En effet, le rachitisme est une maladie de l’enfance (V. Rachitisme), et il n’est douloureux qu’au début, tandis que dans l’ostéomalacie la douleur dure autant que le mal ; enfin, dans le rachitisme les os ne se fracturent pas spontanément, le gonflement des extrémités articulaires y est beaucoup plus marqué que dans l’ostéomalacie.

Thérapeutique. — Dès que le diagnostic d’ostéomalacie est posé, ou administrera un régime tonique, une nourriture analeptique avec les farines, qui sont ] les aliments renfermant le plus de phosphate de chaux. Le voisinage de la mer ou l’habitation à la campagne sont indiqués ; les bains sulfureux peu prolongés, de vingt à trente minutes ; les bains froids, les bains, additionnés de phosphate de chaux, 250 grammes, seront donnés.

Dès qu’il y aura déformation des os, on appliquera sur les membres la cuirasse articulée de Morel-Lavallée, ce qui permettra aux malades de ne pas rester toujours au lit (V. Bandages) ou l’on fera coucher les malades dans la position horizontale.

Les tisanes amères , houblon, gentiane quassia amara, etc.; l’huile de foie de morue, le sirop d’iodure de fer, sont d’exceUents toniques que l’on emploiera avec avantage.

On administrera le phosphate de chaux, à la dose de 2 à 8 grammes par jour, dans un verre d’eau sucrée ou en pilules.

On donnera des os calcinés. Cette substance administrée à des animaux, chez lesquels on avait produit l’ostéomalacie avec xme herbe appelée herba ossifraga, a guéri la maladie (Proesch).

Les os calcinés seront administrés, à la dose de 2 à 10 grammes par jour, en poudre, mêlés à d’autres poudres ou dans une potion rendue acide avec deux gouttes d’acide sulfurique, afin de transformer le phosphate de chaux en phosphate acide de chaux soluble et en sulfate de chaux.

Ce traitement vaut mieux que l’acide phosphorique (Chelius) et que la térébenthine, dont l’action n’a pas été vérifiée par des expériences et qui n’a pas même l’avantage d’être guidé par une idée thérapeutique rationnelle.

Ostéomalacie par hypergenèse des myéiopiaxes. Il est une ostéomakcie qui est constituée par une augmentation de la membrane méddlaire ou plutôt du tissu médullaire des os où l’on rencontre une multiplication des myéloplaxes (E. Nélaton, Ch. Robin) ; deux i pièces examinées au microscope démontrent | cette altération Stanski), quoique l’auteur n’ait i

pas établi la nature de l’ostéomalacie pendant la vie. On traitera cette ostéomalacie comme l’ostéomalacie simple.

Ostéomyélite (J. Roux, Chassaigoac, Reynaüd, Morven Smith). L’ostéomyélite est l’ostéite interne des os longs. Elle siège dans le tissu médullaire des os. Désignée autrefois sous le nom d’inflammation de la membrane interne des os, d’abcès des os , elle est décrite aujourd’hui comme une lésion spéciale et n’est, qu’une variété d’ostéite donnant lieu ’a une nécrose aiguë, si l’on peut ainsi dire.

L’ostéomyélite est un phénomène de l’inflammation traumatique des os après les amputations (J. Roux). Elle se produit aussi sous l’influence d’un refroidissement chez les individus mal disposés, atteints de syphilis ancienne, de scrofule ou de rhumatismes, après une fracture ou une luxation, ainsi qu’à la suite d’une contusion profonde d’un membre. Les tumeurs blanches ou ostéites périarticulaires se compliquent parfois d’ostéomyélite.

Lorsqu’on trouve un membre œdématié dans l’étendue d’un segment du membre ou dans une de ses portions, lorsque l’œdème s’arrête brusquement au milieu d’un segment du membre (Chassaignac), lorsque des douleurs extrêmement vives existent et qu’il y a de la fièvre, des frissons, du délire, des convulsions chez les enfants, sans symptômes locaux de phlegmon, il s’agit d’une ostéomyélite au début ; plus tard la maladie- se reconnaît à une fluctuation profonde quand des abcès sous-périostiques se sont formés.

A la suite d’une amputation, la saillie d’une grosse fongosité violacée dans le canal médullaire d’un os long et des douleurs pongitives caractérisent l’ostéomyélite des amputés. Lorsque Tos n’est pas à découvert, le gonflement œdémateux considérable du moignon, sans rougeurs de la peau, avec fièvre plus ou moins intense, indiquent une ostéomyélite.

%* La nécrose totale d’un os, les abcès souspériosiiques, les phlegmons profonds, sont la suite de l’ostéomyélite. C’est un fait déjà constaté et décrit autrefois sous le nom de nécrose par altération de la moelle {Académie de chirurgie, Boyer).

L’ostéomyélite se termine parfois par l’ouverture d’abcès du canal médullaire dans une articulation, par une infection purulente. Chez les enfants, elle cause le décollement épiphysaire, l’ostéite épipbysaire, et quelquefois des abcès chroniques des os (Brodie).

Thérapeutique. — Au début de l’ostéomyélite, sans dénudation de l’os, on fera immédiatement des incisions profondes allant jusqu’à l’os (Chassaignac). Si un abcès sous-périostique est déjà formé, il sera ouvert ainsi et l’on trouvera Tos à nu. Si les douleurs sont extrêmement violentes, deux nu trois couronnes

de trépan seront appliquées (Morven Smith). On avait fait autrefois ces applications, croyant qu’il s’agissait d’un abcès des os (Ravatou, J. L. Petit, David) ; mais ce traitement ne peut pas être appliqué sur un os entouré de parties molles, épaisses, sans quelques dangers. On peut ne point tomber sur les foyers purulents.

Dans les cas où il y a des phénomènes généraux graves, phénomènes qui ont été pris pour des fièvi-es typhoïdes, si l’on constate l’œdème de tout un segment d’un membre, la désarticulation du membre est la seule ressource contre la mort prochaine (J. Roux).

Les antiphlogistiques, les vésicatoires, les cautérisations au fer rouge, rien ne peut arrêter la marche de l’inflammation.

Dans les membres amputés, le traitement est plus simple, l’ouverture du canal médullaire permet d’attendre, ou que des abcès sous-périostiques ou un phlegmon du moignon se soient produits, on place des cataplasmes arrosés de laudanum sur le membre ; on ouvre les abcès à mesure qu’ils se forment ; on attend ensuite l’élimination des séquestres.

De larges et profondes incisions sont nécessaires s’il y a une tuméfaction considérable du moignon. Les désarticulations ont été faites à la suite d’une ostéomyélite d’un moignon après une amputation.

On préviendra l’ostéomyélite des amputés en appliquant sur la section de l’os une rondelle de pâte au chlorure de zinc, qui sera laissée un quart d’heure en place. S’il coule un peu de sang par le canal médullaire, le temps nécessaire pour arrêter l’hémorrhagie avec le caustique est suffisant souvent pour prévenir l’inflammation.

©STÉOPliASTlE. L’ostéoplastie est une méthode opératoire qui a pour but de réunir les os les uns aux autres,- après l’ablation des parties altérées ou difformes ; de protéger une surface articulaire ou d’allonger un os par transplantation d’un os voisin ; de conserver le périoste des os que l’on enlève, afin de faciliter la reproduction de l’os ou d’une portion de l’os et de lui conserver sa longueur et sa formej ou au moins de garantir au blessé une moindre déformation des parties que soutient l’os reproduit en partie par le périoste.

Une première classe d’opérations ostéoplasti-

ues comprend la résection d’une portion du cal

ifforme ou de fragments réunis par une pseudartrose (White, Kearny, Rodgers, Flaubert de Rouen), la transplantation de la tubérosité cal- ^ canieune entre les deux malléoles, après la désarticulation tibio-tarsienne (Pirogoff) ; l’abaissement du maxillaire pour ouvrir la cavité pharyngienne et la remise en place de l’os (Huguier).

Une seconde classe comprend les opérations qui ont pour but de conserver le périoste eu enlevant les os, soit en réséquant le périoste (Ollier), soit en creusant les os (Sédillot), enfin la transplantation du périoste sur une région où l’on veut avoir un soutien solide à un lambeau autoplastique (Ollier). V. Nez (Restauration DU).

L’ostéoplastie n’a pas encore été assez em-

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