A>EM
ANEM
les éléments solides du sang, moins la fibrine, sont diminués de proportion, tandis que dans l’autre, c’est-à-dire dans la chlorose, la diminution porte exclusivement sur le chiffre des globules du sang (Becquerel).
L’anémie qui a engendré l’anasarque est presque toujours mortelle.
L’anémie constitutionnelle simple des sujets adultes guérit promptement et facilement, tandis que l’anémie constitutionnelle des sujets avancés en âge guérit très-difficilement.
L’anémie qui succède aux hémorrhagies actives guérit très-facilement, tandis que l’anémie des maladies organiques viscérales ne guérit jamais.
Thérapeutique. — Quelle que soitla cause de l’anémie et qu’elle dépende d’une hémorrhagie accidentelle ou d’un épuisement par de longues maladies, elle doit être traitée par un régime excitant, substantiel, composé de viandes rôties et de vin de Bordeaux, par les voyages et le séjour à la campagne, par les frictions sèches sur le corps, par les bains stimulants de sel gris, par les bains de mer, de rivière, et par l’hydrothérapie.
Dans l’anémie il faut prescrire les infusions de houblon, de gentiane, de chicorée, le sirop d’écorce d’oranges, le vin d’aunée, de gentiane, de quinquina, etc.
Préparations ferrugineuses. — Limaille de fer, sous-carbonate de fer, citrate et lactate de fer, eau ferrée, eau de boule de Nancy ; eau de Spa, de Bussang ; fer réduit par l’hydrogène, sirop de pjTophosphate de fer, une cuillerée avant chaque repas, etc.
Préparations de manganèse. — Oxyde, 50 centigrammes à 1 gramme.
Préparations arsenicales. — Arséniate de soude, 5 centigrammes pour 300 grammes de sirop de sucre. Une à trois cmllerées à bouche le matin à jeun.
Transfusion. — Dans les cas d’anémie subite par blessure artérielle ou veineuse, par une hémori’hagie d’accouchement, etc., si la mort est imminente, il faut pratiquer la transfusion avec 300 grammes de sang humain fourni par une personne de bonne volonté. Le sang est reçu dans une seringue chauffée au bain marie et immédiatement porté dans l’une des veines de l’avant-bras du mourant.
L’anémie qui résulte d une hémorrhagie habituelle trop souvent répétée, telle que des bémorrhoïdes, un polype utérin, doit être combattue à la fois par les préparations pharmaceutiques et par l’ablation du poh'pe ou des tumeurs hémorrhoïdales. Y. Chlorose.
Pain au lactate de fer.
On ajoute 25 centigrammes de lactate de fer dans la pâte d’un petit pain. C’est une préparation expérimentée depuis un certain nombre d’années dans les hôpitaux (Boissière).
Élixir fortifoM.
Extrait de cascarille ....... 15 grammes.
— de gentiane . 15 id.
Délayez dans :
Eau de menthe poivrée . 1000 grammes.
Ajoutez :
Teinture de mars astringente. . 60 grammes.
Filtrez.
Ou en donne quelques cuillerées par jour, une le matin à jeun, une avant le déjeuner, et une avant le dîner (Selle) [3-
Eau gazeuse ferrée.
Sulfate de fer pur . 2 grammes.
Acide tartrique . 6 id.
Sucre. . . 12 id.
Pulvérisez, mêlez et divisez en douze paquets dans du papier blanc.
Bicarbonate de soude ..... 8 grammes.
Sucre . 12 id.
Mêlez, divisez en aouze paquets dans du papier bleu. On fait dissoudre séparément chacun de ces paquets dans un demi-verre d’eau. On mêle et l’on avale au moment de l’effervescence (Colorabat) [+]• Pastilles de lactate de fer.
Lactate de protoxyde de fer. . 25 grammes.
Essence de menthe . 1 id.
Sucre Raguenet . 500 ' id.
Eau distillée de menthe. .... q. s.
F. S. a. des pastilles à la goutte de 50 centigrammes. On les prescrit à la dose de six à douze dans les vingt-quatre heures, contre la chlorose et les accidents qui en dépendent. Elles noircissent les dents [3
Poudre contre V anémie.
Carbonate de fer . 2 grammes.
Extrait sec de quinquina .... 13 décigrammes.
Poudre de cannelle . 5 id.
Mêlez. D’abord en trois fois, puis en deux, enfin en une dans la journée, avant l’un des repas (Fouquier) [+j.
Pilules de citrate de fer.
Protoeitrate de fer . 5 grammes.
Miel . 1 id.
Pondre de guimauve . q. s.
F. s. a. 100 pilules. Une à dix par jour FH. Pastilles au citrate de fer.
Citrate de fer. . .
Acide citrique . .
Essence de citron.
Sucre Raguen'et .
Eau .
aa 10 grammes.
20 gouttes.
. , 200 grammes.
F. s. a. des pastilles à la goutte de 5 décigrammes. Dose : cinq à six pastilles et plus.
C’est une préparation ferrugineuse très-efficace, mais qui noircit les dents.
Dragées de fer réduit.
Fer. réduit . 2 kilogrammes.
Sucre blanc . 18 id.
Pour 40 000 dragées, que l’on préparera à la manière des anis, en ayant le soin de placer le fer sous la couche de sucre enveloppante.
Chacune contient 5 centigrammes de fer.
Ces dragées forment un bonbon agréable oflraut l’avantage d’une longue conservation.
La dose est la même que pour les pastilles de chocolat (Bouchardat, Miquelard et Quevenne) I+J-
Dragées de Gélis et Conté.
Lactate de fer ... . . 100 grammes.
Mucilage et poudre de guimauve. q. s.
F. s. a. 2000 pilules que vous recouvrirez d’une couche de sucre aromatisé, comme on le fait pour les anis de Flavigny m-
Sù'op de citrate de fer et de magnésie,
citrate de fer et de maguésie . . dO grammes.
Dissolvez dans :
Eau de fleur d’oranger . 28 grammes.
Sirop simple . ; 200 id.
Mêlez. Ce sirop forme l’une des préparations ferrugineuses les plus agréables (Bouchardat).
On peut encore prescrire les eaux minérales ferrugineuses de Passy, de Spà, de Bussang, à’Orezza, de Vichy (source Lardy), une bouteille par jour, au repas avec le vin, ou bues à la source.
OU PüLSATiLLE. Plante de la famille des renonculaeées, dont la fleur ne s’ouvre que par le vent, et qui doit être employée à l’état frais.
Thérapeutique, — U anémone des bois employée en topique contre le rhumatisme et contre la goutte □, contre la teigne qu’elle guérit en deux jours [3, contre l’amaurose et contre les dartres, et V anémone hépatique dont l’eau distillée enlève les taches de rousseur et semble utile dans les maladies du foier~~1.
A]VÉ.iiO]%'i]^E. Substance cristallisable, toxique, soluble à chaud dans l’alcool et dans l’eau, extraite par Schwartz de l’anémone.
AXESTHÉSIE. Qui perd la faculté de sentir le contact des objets ou la douleur qu’ils produisent a de Vanesthésie'; mais la perte du sentiment de la douleur est plutôt V analgésie, '
La faculté de percevoir les objets du dehors est le sens extérieur de la vie, comme les sensations éprouvées au dedans de nous par la nutrition en sont le sens interne.
Les viscères ont leur sensibilité, et par conséquent leur insensibilité, d’où l’anesthésie inierne qu’on observe dans l’estomac chez quelques chh)rotiques, dans les poumons et dans le cerveau chez quelques autres personnes.
L’anesthésie est un symptôme d’empoisonnement, lorsqu’elle résulte de l’asphyxie produite par le chloroforme, par le plomb, par les inhalations d’acide carbonique, et des autres vapeurs non respirables.
V Quelques maladies de la peau produisent l’anesthésie en altérant la substance des nerfs, ce qu’on voit dans l’éléphanliasis.
De toutes les perturbations nerveuses qui accompagnent la convalescence, la chlorose et l’hystérie, la plus commune de toutes, on pourrait presque dire la plus constante, c’est l’anesthésie.
V’ L’anesthésie est rarement générale et complète; elle n’occupe habituellement qu’un seul membre ou même une partie circonscrite de la peau des membres.
** üne personne anesthésique sent (pi’on la touche, mais elle ne sent pas qu’on la brûle, parce que chez elle la sensation du chaud, du froid, etc., n’existe plus.
Thérapeutique, — L’auesthésie du croup guérit à l’instaut même par la trachéotomie. Eu faisant cesser l’empoisonnement qui produit certaines anesthésies, ce phénomène ne tarde pas à disparaître.
Les toniques, les ferrugineux et les arsenicaux, les boissons stimulantes, les frictions irritantes, les bains excitants, les fumigations aromatiques, etc., sont les meilleurs remèdes de l’anesthésie chlorotique et hystérique.
Des applications de fer doux, chaînettes, tôle ordinaire, etc., guérissent quelquefois instantanément l’anesthésie essentielle.
Liniment.
Huile d’amandes douces . 100 grammes.
Ammoniaque . 20 id.
Pour frictions, matin et soir FH.
Frictions,
Acide acétique concentré.*. ... 2 grammes.
Miel blanc . 10 . id.
Glycérine anglaise . 10 id.
Une friction par jour PI.
Pilules.
'Strychnine . . 5 centigrammes.
Mucilage . q. s.
Pour 50 pilules. Une pilule matin et soir.
Pilules,
Vératrine . 5 centigrammes.
Extrait d’opium . . 5 id.
Pour 20 pilules, üne matin et soir [3
Anesthésie de la face. Quand la cinquième paire est paralysée sous l’iufluence du rhumatisme, de la syphilis ou d’une lésion cérébrale, il se produit une anesthésie de la face dans le côté correspondant à la lésion du cerveau. Alors la peau est insensible, ainsi que la conjonctive et la muqueuse nasale qui ne perçoit plus les odeurs, et le goût est aboli dans une moitié de la langue. La muqueuse buccale ne sent plus le contact du bol alimentaire, ce qui gêne la mastication, et c’est à ce point, qu’en buvant, le malade croit son verre ébréché, parce que les lèvres dont une commissure est insensible ne sentent plus que la moitié du contact du verre.
Thérapeutique. — Ici convieimeiit particulière^ ment les frictions irritantes, les fumigations aromatiques, les vésicatoires volants au devant de l’oreille, etc. V. plus haut .Vxesthésie.
Anesthésie ehsrurgleale. — Pour épargner aux malades la douleur des manœuvres opératoires , ou des explorations, et laisser au cîtirurgien la liberté d’agir sans être gêné par les mouvements imprudents du patient, on les prive de la sensibiliié locale (V. Anesthésie locale) , ou de la sensibilité générale en les soumettant à l’inhalation d’une solution stupéfiante, telle que l’éther, l’amylène et le chloroforme.
Le chloroforme, corps gazeux dérivé de l’es prit de bois dont il est l’éther, doit être préféré à tous les autres agents anesthésiques, car il
est reconnu qu’il expose à moins de dangers que l’éther et l’amylène dérivés de l’alcool et de l’esprit de pomme de terre.
Le chloroforme agit à la manière de l’alcool.
Il produit d’abord des bourdonnements d’oreilles, de l’embarras de la parole, et une excitation quelquefois convulsive, en même temps que des rêves de nature variable ; puis la sensibilité s’émousse, la respiration s’embarrasse, et le malade tombe dans un état identique avec l’ivresse commune , c’est-à-dire dans une résolution complète avec insensibilité absolue.
L’ivresse et l’anesthésie du chloroforme durent peu; si les malades ont mangé, elles se terminent par un vomissement.
Une céphalalgie et un état saburral durant une journée au plus, sont le résultat de l’action du chloroforme dans les conditions ordinaires de son application, les malades étant à jeun.
Thérapeutique. — On appliquera le chloroforme au moyen d’une éponge, d’un tampon de charpie ou même d’un simple linge plié eu double, sur lesquels on verse environ 5 grammes de chloroforme, puis on renouvelle la dose à mesure qu’elle est évaporée.
Il faut que le malade respire de l’air en même temps que du chloroforme ; les appareils sont en ce sens inférieurs aux procédés d’inhalation par l’époiige et par les compresses.
Une ou deux minutes d’application du chloroforme -suffisent, en général, pour plonger les malades dans I le sommeil anesthésique. Chez les sujet adonnés à la boisson, les inhalations doivent être prolongées plus longtemps.
En règle générale, il n’est pas bon de se presser et d’employer de grandes quantités de chloroforme à la fois. Si une opération doit durer longtemps, on endormira d’abord le malade aussi complètement que possible ; puis on s’arrêtera ; lorsqu’il paraîtra près de se réveiller, on l’endormira de nouveau, et ainsi de suite.
Si le malade pâlit pendant que l’on lui administre le chloroforme, il faut cesser, car une syncope pourrait se produire (Nélaton) : mettez alors le malade la tête en bas, jètez-lui de l’eau sur la face, et flagellez le corps et le visage..
Si le visage du malade se congestionne, si la respiration devient stertoreuse, arrêtez-vous, soulevez fortement le menton, ou tirez la langue en avant, car celle-ci tombe sm* la glotte et produit une asphyxie mécanique (D. Després).
Si, malgré ces moyens, le cœur cesse de battre, si la respiration est arrêtée, il y a mort apparente, et l’électricité sur le trajet du pneumogastrique ainsi que la galvano-prmcture du cœur sont autorisées. Mais, pendant qu’on emploie un quelconque des moyens indiqués, il faut faire sans interruption la respiration artificielle, les malades ayant la tête dans une position déclive.
Pour prévenir les accidents du chlorofoi’me, il faut d’abord prendre en considération l’état du malade et le laisser à jeun; s'il a été soumis à un traumatisme violent qui l’ait plongé dans la stupeur, s’il est chloro-anémique, et s’il a un bruit de souffle au cœur, soyez sur vos gardes et ne poussez pas ti*op loin les inhalations du cbloroforriie. Dans les luxations où
il est nécessaire d’ai’river à mie résolution complète du système musculaire, progressez avec ménagements, mais il vaudra mieux remettre au lendemain de l’accident la réduction de la luxation.
Lorsque l’on a affaire à des malades qui sont dans de mauvaises conditions, et chez lesquels une syncope peut avoir lieu, on placera les patients sur un ht, la tête un peu élevée, de façon que si la syncope survient, on pourra placer la tête en bas avec succès (Chassaignac).
La plupaid des accidents étant dus à une syncope par faiblesse du sujet ou par intoxication, il faut avoir deux aides intelligents près du malade qu’on veut endormir : l’un pour veiller à la respiration, au pouls et à la coloration du visage ; un autre pour veiller à ce que le chloroforme ne soit donné qu’à de très-petites doses.
Les opérations qui ne sont point très-douloureuses nécessitent seulement un engourdissement général qui ne soit pas l’insensibilité complète. Il est inutile de donner le chloroforme jusqu’à la perte de connaissance complète.
Il est dangereux d’endormir les jeunes enfants, et il est nécessaire, loi’squ’on doit les opérer avec le chloroforme, de les habituer au chloroforme en leur en faisant respirer de petites doses les jours qui précèdent l’opération.
Anesthésie locale. Au lieu d’anéantir la sensibilité générale, on peut seulement endormir la sensibilité du point sur lequel on veut agir. Cela s’obtient à l’aide de différents moyens et notamment par l’influence anesthésique du froid.
Avec un mélange d’une partie de sel et de deux parties de glace, ou fait une excellente préparation réfrigérante. Un marteau de fer trempé dans ce mélange, ou un flacon rempli par cette composition est appliqué sur la partie que l’on opère (J. Ariiott). Mais on se sert plus souvent d’un sachet de grosse tarlatane ou d’une étoffe fine, qu’oii remplit du mélange. Ce sachet, appliqué sur la partie où l’on veut produire l’anesthésie, détermine une coloration blanchâtre de la peau qui est à demi gelée, et une ou deux minutes suffisent à abolir la sensibilité.
L’acide carbonique en douches (Brovvn-Séquard, Aran) et l’éther de pétrole (E. Gorges) ont été employés dans le même but, mais ce sont des anesthésiques locaux peu puissants.
Le chloroforme appliqué localement sur des compresses n’agit pas comme anesthésique, par absorption, mais bien comme réfrigérant, par le froid produit au moment de la vaporisation. Il en est de même de l’éther, qui, sous ce rapport, a une action bien plus efficace, et on l’emploie avec un appareil de douche à boule de caoutchouc qui le lance en vapeur sur la partie qu’on veut rendre insensible.
On peut obtenir un degré d’insensibilité locale assez grand à l’aide de la compression des membres ou des nerfs de la région où l’on opère. Malheureusement cette manœuvi-e n’est pas toujours facile et elle a été abandonnée.
L’électricité proposée comme un anesthésique local, n’a pas cette vertu; la douleur légère due à l’électrisation, masque un peu la douleur de l’opération et c’est là tout.
Le bromure de potassium (Piiche, ITuette, Cusco)
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n’est pas un anesthésique, et il n’a d’autre effet que celui d’endormir la sensibilité des organes génitaux urinaires. Il est administré en potion.
Eau distillée . iOO grammes.
Sirop . 30 id.
Bromure de potassium .... 1 à 20 id.
AAiÉ%’R¥SMES. Uiie dilatation d’une portion d’artère, comprenant les deu.K tuniques externes ou une seule tunique, un kyste des parois artérielles ouvert dans l’intérieur du vaisseau, et où pénètre consécutivement le sang (Corvisartet Broca, anévrysme kystogéniqne), sont des anévrysmes artériels spontanés.
Une dilatation de la tunicjue externe de l’artère, peu de temps, ou longtemps après la cicatrisation d’une plaie artérielle ; un épanchement de sang artériel circonscrit par une pseudomembrane, et communiquant avec une artère blessée par un instrument tranchant ou une contusion et déchirure sous- cutanée, sont des anévrysmes artériels traumatiques. La première lésion est un anévrysme traumatique consécutif ; la seconde est un anévrysme traumatique primitif.
La communication d’une veine et d’une artère avec ou sans tumeur intermédiaire ou collatérale, soit après une ulcération spontanée des vaisseaux, soit après une blessure simultanée des deux vaisseaux, constitue un anévrysme artérioso-veineux.
Anévrysmes artériels. Que la lésion des trois tuniques de l’artère forme une espèce de cul-de-sac plus ou moins allongé, ou c|ue les deux tuniques internes étant rompues, l’externe seule soit dilatée, en ampoule, ou bien c[ue la pseudo-membrane qui environne l’épanchement de sang artériel soit intimement unie à l’artère, il y a une poche où du sang s’accumule indéfiniment, et circule avec lenteur sur les parois du sac. C’est un anévrysme. Cette poche s’épaississant en raison de la pression du sang dans sa cavité, finit par se distendre, s’amincit et se rompt à la longue en donnant lieu à une hémorrhagie mortelle.
Le sac anévrysmal communique avec l’artère par une ouverture irrégulière quelquefois double, comme dans l'anévrysme disséquant (Laennec).
Le sang qui se coagule dans les sacs anévrysmaux forme des caillots noirs et des caillots stratifiés fibrineux (J. L. Petit , Hogdson , Bellingham, Broca) remplissant la cavité dans des conditions différentes, et constituant des caillots actifs ou passifs.
Les caillots passifs sont le fait d’une coagulation analogue à celle des épanchements sanguins; ce sont des caillots noirs, mous, susceptibles de se résorber et de provoquer la formation de pus.
Lfô caillots actifs sont des couches de tissu fibrineux; ils ne sont pas produits par une
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coagulation des couches sanguines où il y a le moins de mouvements, c’est-à-dire, des couches qui sont en contact avec les parois du sac. Il faut les considérer comme une exsudation de la tunique celluleuse, des artères, une sorte de produit d’un travail réparateur, une pseudomembrane , avec fixation de fibrine et de globules du sang passant au niveau de la paroi qui sécrète une lymjihe plastique. Les anévrysmes dont les parois ne sont pas constituées par la tunique celluleuse de l’artère, ne renferment pas de caillots stratifiés.
Les statistiques ne prouvent rien d’absolu .sur l’âge auquel s’observent les anévrysmes. Pour avoir une idée de la valeur de l’influence du pays sur les anévrysmes, qu’on se rappelle que l’Irlande passe pour le pays où ces lésions sont le plus fréquentes, et qu’on n’oublie pas que les rixes journalières sont presque l’hygiène des Irlandais.
Les inflammations, les altérations graisseuses séniles, et les ossifications des artères, sont la cause d’ulcérations de la membrane interne des artères et de la dilatation consécutive de la tunique externe.
Il y a des sujets qui, eu vertu d’une disposition particulière du système artériel, ont des anévrysmes multiples (Pelletan, Manec).
Un anévrysme occasionne des lésions secondaires dans la région où il existe, il déplace les organes, oblitère des conduits, il comprime les nerfs, traverse les os, trouble la nutrition dans les parties où se distribue l’artère qu’il occupe, et favorise la gangrène ; il devient quelquefois la cause de phlegmons diffus, qui dénudent l’artère et l’anévrysme, et celui-ci se rompt en donnant lieu à une hémorrhagie de la plus grande gravité, lorsque Tanévrysme siège sur une grosse artère.
On reconnaît difficilement un anévrysme viscéral au début. Il n’y ’a d’abord que des symptômes pathologiques de compression : l’œdème, la douleur, les paralysies, et un affaiblissement du pouls, révélés avec précision par le sphygmographe. Au contraire, pour les anévrysmes des membres, du cou et de la tête, la tumeur est eu général constatée au moment où elle se produit.
Une tumeur molle, fluctuante, tendue à sa partie la plus saillante, présentant des battements avec mouvements d’expansion isochrones à ceux du pouls, avec un bruit de souffle simple, très-rarement double, et quelquefois un frémissement vibratoire (ce caractère existe quand il y a dilatation de l’artère), est un anévrysme artériel
Les antécédents, c’est-à-dire le début de l’anévrysme, la connaissance de l’existence d’une plaie suivie d’hémorrhagie abondante au niveau d’une artère, et de la production presque im-
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médiate d’ime tumeur animée de battements, feront reconnaître que l’anévrysme est traumatique primitif.
La compression de l’artère entre le cœur et l’anévrysme fait cesser les battements dans la tumeur.
Au début, l’anévrysme artériel, sauf celui qui est traumatique et primitif, est réductible en entier, plus tard il ne l’est plus qu’en partie, parce c|ue des caillots actifs ou passifs se sont formés dans sou intérieur.
Ln anévrysme qui cesse de battre,^ parce (pi’il est le siège d’une inflammation, présente les caractères d’un abcès. Prenez bien soin de vous informer de la durée de la maladie et des caractères que la tumeur a présentés antérieurement.
Si à côté des caractères d’un anévrysme que vous avez déjà reconnu, un abcès se forme sous vos yeux, faites une ponction et tenez-vous prêt, en cas d’hémorrhagie, à faire la ligature du vaisseau ; lorsque vous ouvrez un de ces abcès vous ne pouvez rien prévoir à l’avance des complications qui peuvent se produire.
Les anévrysmes ne peuvent être méconnus si l’on applique le sphygmographe sur la tumeur, car on obtient un tracé de pulsations d’une amplitude énorme où la ligne d’ascension est beaucoup plus élevée que celle du pouls de l’artère, ce qui ne s’observe ni pour les tumeurs érectiles ni pour les tumeurs soulevées par des battements artériels, sur le tracé desquelles , du reste, les caractères de la pulsation artérielle sont effacés fMarey).
Fig. 17. — Tracé d’anévrysme du troue bracliio-céphalique. "J
Mais un caractère distinctif essentiel des anévrysmes est l’état du pouls au-dessous de la tumeur, comparé au pouls de l’artère correspondant du côté sain ; du côté malade , le pouls ne présente plus les caractères du pouls normal (Marey).
Fig. 19. — Tracé du pouls provenant d’une artère du côté où existe un anévrysme ; ce tracé est constitué par une ondulation à peine marquée.
Quand un anévrysme artériel s’oblitère.