V. Rétention d’urine
Dans l’ascite et dans l’hydropisie enkystée des ovaires, la percussion permet de savoir au moyen de la résonnance où sont les intestins, et au moyen de la matité où est le liquide à évacuer par la paracentèse. V. Ascite, Ovaires (Kystes des).
Dans la dyspepsie la percussion des fosses iliaques et du côlon fait reconnaître une obstruction stercorale et fournit aussi l’indication d’un purgatif. Y. Obstruction, Tumeur stercorale.
Dans les tumeurs hydatiques du foie dépassant les fausses côtes, la matité indique qu’il y a contact avec la paroi du ventre sans interposition d’une anse intestinale et qu’on peut sans danger faire la ponction du kyste.
Dans la pleurésie gauche la matité déplacée du cœur indic^ue la torsion de cet organe ou son refoulement dans le côté droit de la poitrine et sert d’indication à la tlioracocentèse.
Chez une femme qui n’a point ses règles, dont l’hypogastre est rempli par une tumeur et qui se croit enceinte, la résonnance indique une physométrie, et la nécessité de faire le cathétérisme utérin pour évacuer les gaz.
PÉeiCABDiTE. Quaudl’iuflammatiou s’empare de la membrane séreuse externe du cœur, elle produit la péricardite.
La péricardite , assez ordinaire chez .
l’homme, fôt beaucoup moins fréquente chez la femme.
La péricardite, quelquefois engendrée
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par des caases dites traumatiques, est plus ordinairement la conséquence, soit de l’impression du froid sur le corps échauffé, soit du rhumatisme articulaire aigu (Bouillaud).
Ijà péricardite s’observe habituellement dans le cours du rhumatisme articulaire aigu, de la pleurésie et de la pleuro-pneumonie.
On rencontre exceptionnellement la péricardite à l’état épidémique.
Il y a une péricardite aiguë et une péricardite chronique.
Vous reconnaîtrez anatomiqnement la péricardite aiguë à l’hydropisie fibrineuse plus ou moins abondante du péricarde, aux fausses membranes qui le recouvrent partiellement ou en totalité, à l’aspect de langue de chat râpeux ou filandreux de cette exsudation plastique, et plus tard, dans l’état chronique, aux adhérences de la séreuse et à la transformation cartilagineuse ou calcaire du péricarde.
V La péricardite aiguë comparée chez différents malades montre souvent au ' médecin l’exemple curieux de lésions anatomiques semblables, avec des phénomènes dynamiques entièrement opposés. Tel épanchement fibrineux inflammatoire déterminera ici douleur, palpitations, anxiété, suffocation même, qui passera ailleurs ignoré faute de réaction, et constituera la péricardite latente.
La péricardite aiguë, essentiellemeiit protéiforme, offre au médecin tous les degrés possibles de réaction fébrile, de douleur locale, de palpitation, d’angoisse précordiale, depuis la modification la plus légère jusqu’à la manifestation la plus prononcée, et alors seulement la plus significative.
La péricardite aiguë est la plus belle occasion de triomphe que puisse offrir la méthode médicale d’examen par l’exploration physique. Eu effet, vous ne reconnaîtrez cette affection que par la présence d’une matité précordiale plus ou moins étendue, de la voussure des parois cardiaques, du bruit de frôlement, de frottement de cuir neuf ou de craquement cadencé, selon le rliythme des mouvements du cœur, et enfin par le fait de l’affaiblissement, de l’éloignement et de la disparition des bruits valvulaires, si l’épanchement a refoulé le cœur assez | loin des parois thoraciques.
On guérit toujours très-bien de la péricardite aiguë, partielle.
La péricardite aiguë, généralisée, sans complications, guérit assez ordinairement ; mais la péricardite aiguë, accompagnée d’angoisse, de suffocation, de pâleur et de bouffissure du visage est presque toujours mortelle.
Ou voit souvent, après la guérison de la péricardite, la dépression des parois cardiaques succéder à la voussure précordiale constatée dans le courant de la maladie.
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Thérapeutique. — Dans la péricardite la diète et le repos au lit, les tisanes nitrées pu saturées d’acétate de potasse édulcorées avec le sirop des cinq racines, seront très-utiles aux malades. îs’liésitez pas à saiguer lai-ge ment et fréquemment au début les malades atteints de péricardite ; il faut que la lancette alterne avec la ventouse scarifiée sur le cœur, pour arrêter la phlcgmasie de son enveloppe.
La vératnne employée seule peut arrêter la péricardite au début, et elle se donne do la manièae suivante :
Vératrinc .
Opium . 1 5 cenUgrammes.
Mêlez, pour dix pilules. — Deux à cinq par jour, et un lavement émollient.
Quand la péricardite est déjà ancienne et que l’épanebement persiste, de larges vésicatoires volants à la région péricardique seront très-utiles.
La digitale en poudre, 5 à 50 centigrammes par jour, en sirop, 30 grammes, et \ik digitaline, un à trois granules, sont souvent employées contre la péricardite, mais leur emploi ne répond pas toujours à ce qu’on attend de leur usage.
Dans la péricardite chronique, il faut laisser en permanence des cautères à la région du cœur, ou appliquer de la teinture d’iode et prescrire un régime modérément nutritif.
PÉR1\^ÉE (LÉSIONS du). OutPG Ics tumeurs et les inflammations dont la région du périnée est le siège, on y trouve, chez les femmes, une lésion traumatique spéciale, la déchirure.
Déchirure du périnée. — Les ruptures du périnée sont des accidents de certains accouchements qui sont dus à ce que l’étroitesse de la vulve ne permet pas le passage d’une tête de fœtus volumineuse, ou h ce que le périnée n’a pas été soutenu, ou à ce que le chirurgien h’a pas débridé à propos une des grandes lèvres.
Un premier accouchement un peu avancé et la petitesse de la taille de la mère (Puzos) sont des causes prédisposantes, les efforts d’expulsion trop violents de la part de la mère, le volume énorme de la tête du fœtus sont les causes déterminantes les plus certaines de la rupture du périnée.
Trois cas peuvent se présenter :
du bien le périnée est déchiré superficiellement, le sphincter anal étant conservé;
Ou bien le sphincter est déchiré, mais sans ouverture du rectum ;
Ou bien la cloison recto-vaginale est déchirée. Dans ce cas le périnée peut présenter nne simple fente ou bien deux déchirures latélales se réunissant h la fente cpii divise en deux la cloison recto -vaginale.
A.U moment où une rupture du périnée se produit on doit s’assurer de sou étendue. C’est par le toucher rectal que l’on constate la persistance du sphincter, on sent le bourrelet formé par le muscle.
Les déchirures du périnée et les déchi-
1116 l‘EUt
rares de la cloison recto-vaginale saignent très-
peu.
Les suites d’une déchirure du périnée sont une communication du vagin et du rectum, une chute de l’utérus et une infirmité dégoûtante, le passage continuel des matières fécales par le vagin. — Des déchirures de la cloison vésico-rectale étendues ont guéri spontanément (Denman, Fraisnel^ Duparcque).
Thérapeutique. — On prévient la rupture du périnée en soutenant fortement le périnée pendant le passage de la tête en débridant sur la partie postérieure d’une des grandes lèvres si le périnée est trop tendu et surtout dans les cas où^ cette condition existant, il faut appliquer le forceps.
a. Si la peau du périnée seule est rompue, on ne fera pas d’opération^ le rapprochement des grandes lèvres par la position rapprochée des jambes serrées l’une contre l’autre (Puzos, Huguier) est suffisante. On pourra appliquer une grosse serre- fine, mais ce moyen de réunion ne tient guère.
b. Lorsque le sphincter est rompu, le même traitement est bon; si le rectum est seul conservé, on peut encore appliquer ce moyen : mais de peur d’une rupture consécutive, il est meilleur de faire deux ou trois points de suture intéressant l’épaisseur du périnée, et de rapprocher les bords de la plaie avec des bandes de diachylon passant dans le pli fessier et venant se croiser sur le pubis et allant se coller sur les épines iliaques antéro-supérieures (Nélaton).
c. Lorsque la cloison recto-vaginale aura été déchirée, on pratiquera la périnéorrhaphie.
Quoique l’on connaisse deux cas de morts à la suite d’opérations faites pendant la période postpuerpérale, il est préférable d’opérer peu de temps après l’accouchement (Danyau, Maisonneuve, Nélaton), dix . à douze jours après.
Lorsqu’on est obligé de n’opérer que plus tard, on attendra que les règles soient passées et l’on opérera quelques jours après. S’il y a ime leucorrhée abondante ou de la diarhée, on les atténuera; on guérira d’ahord ou l’on améliorera l’état de l’utérus et du rectum par les traitements appropriés.
Lorsque la déchirure est déjà ancienne, mais encore recouverte de bourgeons charnus et suppurants, on cautérisera l’angle de la plaie au niveau des restes de la cloison. Dans les cas où la cicatrisation des muqueuses est achevée, on peut tenter cette opéi-ation, surtout si les tissus sont lâches. Si, après une première cautérisation, il se réunit quelques parties, on continuera (J. Cloquet).
Bien que la cautérisation de l’éperon formé par la cloison vésico-vaginale restante, pour empêcher la soudure des muqueuses rectale et vaginale (J. Cloquet) ait été suivie de quelques succès, bien que la simple position des jambes rapprochées et serrées (^Hugier) ait été suivie de guérison, la suture est ce qu'il y a de plus sur pour la rupture du périnée récente. Mais à partir du moment de l’accouchement, en attendant le moment d’opérer, il est toujours bon de tenir les jambes des malades serrées l'une contre l'autre.
Lorsque la rupture du périnée est ancienne, lorsqu’il T a soudure des muqueuses, la périnéorrhaphie par avivement et suture est la meilleure opération.
Périnéorrhaphie. 1* La périnéorrhaphie, dans les
cas de rupture du périnée récente, c'est-à-dire la périnéorrhaphie applicable dans la deuxième quinzaine qui suit l’accouchement, se fait de la manière suivante :
La malade étant placée comme pour l’operation de la taille, sur le bord d’un lit, les cuisses fléchies et dans l’abduction, on fait une suture en surjet, des bords de la muqueuse vaginale, de la peau du périnée et de la muqueuse rectale , deux fils embrassant une grande épaisseur de tissu du périnée sont attachés par le mode de la suture enchevillée (Maisonneuve). Ce procédé est encore probablement le meilleur. La suture avec les aiguilles courbes à demeure, arrêtées avec des demi-sphères (Heurteloup), est insuffisante.
2“ La périnéorrhaphie, dans les cas de cicatrisation de la plaie, se fait de la sorte :
La malade étant placée comme précédemment, le chirurgien avive sur la cicatrice, de façon à produire deux plaies triangulaires, réunies à leur sommet, sur l’éperon formé par les restes de la cloison rectovaginale. On fait : 1° à l’aide de points de suture métalliques la réunion des bords de la muqueuse vaginale ; 2® on réunit avec des points de suture métalliques les bords de la muqueuse rectale ; on fait ensuite la suture des bords de la plaie cutanée avec des fils métalliques (Demarquay). Pour favoriser la réunion de la plaie et prévenir les tiraillements, on fait sur le périnée les incisions semilunaires, libératrices de Dieffcnbach, de chaque côté, à 1 ou 2 centimètres de la suture. V. Aütoplastie.
La suture des hords de la déchirure avivés par trois points de suture avec du fil double noué dans le vagin (Roux), et cette même suture, plus deux incisions libératrices sur le périnée (Dieffenbach), sont des opérations qui échouent souvent.
La périnéo-synthèse (Langenbeck, Verhaegue, d’Ostende), est une opération autoplastique, longue, difficile, et d’une efficacité très-douteuse.
Cette opération consiste à dédoubler avec un scalpel fin et en disséquant avec soin, l’éperon dont le bord est préalablement avivé, à former un lambeau avec la muqueuse vaginale qui couvre l’éperon ; à aviver sur les côtés, dans un espace quadrilatère, les bords de la déchirure du périnée, depuis la peau jusqu’à l’éperon. On fait alors descendre la face rectale de la cloison et on la fixe par deux points de suture aux angles inférieurs des plaies latérales ; on réunit par suture les bords inférieurs de l’espace quadrilatère, de façon à fermer le rectum. La portion antérieure de la cloison de l’éperon, ou lambeau vaginal, est réunie avec les bords antérieurs de l’espace quadrilatère avivé. On fait ensuite la suture pi‘ofonde du périnée et l’iucision périnéale libératrice de Dieffenbach.
Après la périnéorrhaphie, ou panse à l’eau froide, on tient les malades au repos, les jambes rapprochées; on leur donne de l’opium, 10 à 20 centigrammes, pour qu’elles n’aillent pas à la selle, et on leur place le siège sur un matelas d’eau en fer à cheval de Hooper.
Périnée (TUMEURS DU). Les tumeurs du périnée sont des hernies (V. Hernie périnéale, Cystocèle), des lipomes (V. Grandes lèvres), des abcès urineux, des abcès autour de l’anus, des végétations (V. ces mois) . On trouve encore au périnée des tumeurs éléphantiasiques qui sont dues à l’e-xtensiou d’un élépbantiasis du
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scrotum, des tumeurs érectiles, des caucers près de l’anus et sur la vulve.
Périnéorrhaphic. V. PÉRI>ÉE (DÉCHIRURE
du).
PÉRIODICITÉ. Retour de certains phénomènes pathologiques à des époques fixes et régulières, séparées par des intervalles plus ou moins longs.
La périodicité est quotidienne , tierce , quarte, etc. ; double quotidienne, double tierce, double quarte , quotidienne double , tierce double et quarte double. Elle se montre dans les fièvres intermittentes, marécageuses; dans la fièvre intermittente symptomatique delà phthisie ou de la résorption purulente, dans certaines névralgies et dans quelques névroses, dans les hémorrhagies supplémentaires.
Thérapeutique. — La plupart des maladies périodiques guérissent par le quinquina ou par le sulfate de quinine.
PÉRIODIQUE. Phénomène qui relève delà périodicité. Une maladie périodique est celle qui revient à des époques fixes, régulièrement intermittentes. Telles sont les névralgies périodiques, les flux périodiques, les fièvres périodiques. V. Fièvre intermittente , Fièvre LARVÉE, Névralgie.
Thérapeutique. — Tous les phénomènes périodiques qui se montrent dans le cours d’un état morbide doivent être combattus par le sulfate de quinine administré à la dose de 10 à 30 centigrammes aussitôt la fin de l’accès.
PÉRIOSTE (LÉSIONS ET MALADIES Dü).
Plaies et contusions. — Les plaies et contusions du périoste sont des lésions analogues aux autres plaies et contusions, avec cette seule par- ' ticularité qu’elles donnent lieu à des inflammations violentes chez les enfants et qu’elles se compliquent parfois de nécrose.
Thérapeutique. — Lorsqu’on a affaire à un décollement du périoste après une plaie, il est indiqué de le l’ecoller immédiatement et de recouvrir les parties d’un cataplasme émollient (expériences de Tenon).
lumeurs du périoste. — Outre les périostites chroniques et périostoses, il y a dans le périoste ! des tumeurs qui présentent toutes les variétés de cancer. Le cancer fibro-plastique est peutêtre le plus fréquent; il ressemble au cancer des os et ses symptômes sont les mêmes, seulement le cancer du périoste est extérieur à l’os, revêt de bonne heure les caractères du cancer, il ne donne pas lieu à une fracture spontanée, si ce n’est à la longue et par suite d’un développement considérable (V. Os, Cakcers), le traiment est le même.
On a observé dans le périoste des enchandromes (V. ce mot) et même des tumeurs érectiles, les caractères cliniques de cette dernière lésion sont obscurs, on peut les confondre
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avec un cancer vasculaire, mais la réductibilité de la tumeur doit indiquer une tumeur érectile.
PÉRIOSTITE AIGUË (Crampton, Graves, Maisonneuve, Chassaignac). Quoique Hevin ait dit que les abcès de la moelle des os peuvent causer l’inflammation du périoste, la périostite aiguë est une déconverte de notre siècle.
La périostite aiguë est primitive ou consécutive; tantôt elle est due à une altération du périoste sous l’influence d’un traumatisme et d’un refroidissement, tantôt elle suit l’inflammation d’organes voisins ou l’inflammation de la moelle des os. V. Ostéomyélite.
*,5,* La périostite aiguë naît : 1° autour d’une fracture; 2° après un décollement épiphysaire (Kloose) ou ostéite épiphysaire (Gosselin);
3° elle a pour point de départ un état général, tel que le scorbut.
*** Les types de la périostite aiguë sont les fluxions dentaires, les panaris profonds et les abcès sous-périostiques auxquels on a donné le nom de périostite phlegmoneuse (Schutzemberger), puis les abcès sous-périostiques du cuir chevelu (Crampton) et des os longs. Les abcès sous-périostiques des os longs sont des maladies assez fréquentes chez les enfants.
La périostite est un phlegmon du périoste, avec ou sans abcès sous-périostique.
Le début de la périostite est insidieux, à moins qu’il ne s’agisse d’un abcès sous-périoslique situé sur un os superficiel. Dans ce cas, il y a de la douleur et de l’œdènie des téguments. L’œdème et l’empâtement existent quelquefois avec les abcès sous-périostiques du fémur et de l’humérüs ; ils sont alors quelquefois limités à une portion du membre (Chassaignac) ; les douleurs sont exagérées par les chocs communiqués aux membres. Lorsqu’il y a abcès sous-périostique franc, l’œdème est plus marqué, il y a de la fluctuation, la peau présente quelques marbrures, elle est rosée quelquefois (Giraldès); lorsque l’abcès est ouvert on trouve l’os à nu dans une grande étendue.
Les symptômes généraux de la périostite avec ostéomyélite sont ceux d’un état typhoïde (Y. Ostéomyélite), les abcès sous-périostiques n’occasionnent que de la fièvre, et quelquefois du délire. Chez les enfants les abcès sous-périostiques déterminent souvent un état typhoïde , typhus des os (Chassaignac), qui précède quelquefois les symptômes locaux, a-t-on dit, mais c’est peut-être parce que l’abcès profondément situé n’est pas recherché.
Les abcès sous-périostiques engendrent la nécrose superficielle d’un os ou la nécrose totale, suivant que la périostite est primitive, ou qu’elle est liée à une ostéomyélite. L’infection purulente, l’épuisement, sont assez souvent la suite d’un abcès sous-périostique.
On ne confondra pas un abcès sous-
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périostique avec uii phlegmon circonscrit du tissu cellulaire, car, dans celui-ci, la tension et la rougeur de la peau sont très-marquées dès le début; le phlegmon diffus produit un gonflement et une rougeur qui occupent tout un membre, ce qui n’a pas lieu dans la périostite. — On ne songera pas à des névralgies ni à des rhumatismes. Dans ceux-ci il n’y a pas de gonflement des os, comme dans la périostite et l’ostéite.
Une ostéite est accompagnée de gonflement de l’os et est moins douloureuse que la périostite. Le rhumatisme articulaire aigu simule les abcès sous-périostiques voisins des articulations, mais l’articulation est libre et peu douloureuse dans l’abcès sous-périostique.
L’ostéomyélite coexiste souvent avec la périostite, et comme lorsqu’elle se révèle à l’extérieur c’est par les signes d’un abcès sous-périostique, le diagnostic différentiel ne peut être fait que grâce aux symptômes généraux qui, lorsqu’il s’agit d’une ostéomyélite, existent avant les signes d’une périostite. V. Ostéomyélite.
Thérapeutique. — La périostite aiguë des membres doit être traitée par les antiphlogistiques : vingt à trente sangsues sur le membre ; un grand vésicatoire et une grande incision prématurée pour ainsi dire, et allant jusqu’à l’os, ont été indiqués (Chassaignac). ^
La périostite des os situés immédiatement sous la peau sera traitée par les cataplasmes et l’on surveillera la formation d’un abcès pour ouvrir aussitôt qu’il y a de la fluctuation.
On fera des contre-ouvertures ; si le pus stagne, on passera le tube à drainage. Après l’ouverture de l’abcès, on évacuera le pus ; si l’on ne peut recoller le périoste sur l’os dénudé, on fera des lavages. Si l’os est malade, s’il y a ostéomyélite, on aura à se décider entre la trépanation de l’os et l’amputation (V. Ostéomyélite) et il n’y a pas de temps à perdre.
S’il y a nécrose, on se comportera comme il est indiqué. V. Nécrose.
Le régime tonique, le vin, les fortifiants, le fer, le quinquina, seront employés pendant la période de nécrose. Lorsqu’il y a de l’abattement et des frissons légers, on peut donner le sulfate de quinine à dose préventive, 50 centigrammes, et les boissons délayantes.
Périostite chronique et périostoses. La périostite chronique est constituée par une exsudation dans le périoste et entre le périoste et l’os, d’nn produit variable : 1° du pus après des décollements du périoste, après une nécrose et les ostéites; 2° de la matière tuberculeuse chez les scrofuleux ; 3° delà matière gommeuse chez les syphilitiques; 4° du sang quelquefois chez les individus scorbutiques.
Les périostite chronique, primitive simple, supparative et consécutive aux ostéites ou aux iuQammadons de partie voisine, se révèlent par une tuméfaction de Te, par de douleors et rempâtement de la région sans quïl y
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ait de symptômes généraux. Dans les cas où la périostite naît après des inflammations du tégument ou des inflammations des gaines des tendons, on ne reconnaît qu’il y a eu périostite que par la dénudation des os, lorsqu’on explore les fistules.
La périostite chronique des scrofuleux, appelée aussi gomme scrofuleuse (Bazin), est caractérisée par une tuméfaction, de l’œdème, de l’empâtement de la région sans douleur, excepté au moment où il y a une collection formée.
La périostite syphilitique, périostose syphilitique gommeuse (Ricord), s’annonce par des douleurs nocturnes vives, exacerbantes et laissant les malades en repos pendant la veille; ce sont là les douleurs ostéocopes. V. Gommes.
Il est assez ordinaire de voir la périostite chronique se développer autour de points contus ou froissés, même chez les individus atteints de diathèse scrofuleuse et syphilitique.
Toutes les périostoses ou périostites chroniques peuvent suppurer, donner lieu 'a un abcès chronique, avec nécrose superficielle des os. Les périostites consécutives sont accompagnées de lésions qui ont été l’origine de la périostite.
%* La périostite scrofuleuse et la périostite syphilitique peuvent engendrer des exostoses, mais la périostose syphilitique plastique (Ricord) est principalement dans ce cas.
La périostite chronique chez les individus sains est ordinairement unique, tandis que les périostites chroniques des syphilitiques sont très-souvent multiples.
Les périostites chroniques des scrofuleux, quelquefois multiples, se montrent successivement, assez souvent. La périostite scrofuleuse est suivie de carie et de nécroses.
La périostite chronique syphilitique se guérit souvent sans s’abcéder et produit assez fréquemment des exostoses.
On reconnaît une périostite chronique simple à un empâtement limité, présentant peu à peu de la fluctuation et finissant par s’ouvrir spontanément à la manière d’un abcès froid. Les antécédents scrofuleux et syphilitiques permettent d’établir à quelle variété de périostite on a affaire.
La périostite étant généralement limitée, on ne la confondra pas avec les ostéites suivies de nécroses qui causent des gonflements plus étendus des os.
Thérapeutique. — Les périostites cbrouiques simples seront traitées par les vésicatoires, par les frictions avec les pommades résolutives employées pour les adénites (V. ce mot). On administrera le traitement interne des ostéites chroniques. V. ce mot.
Les périostites scrofuleuses seront traitées comme les abcès tuberculeux des os superficiels. On em-
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ploiera localenicut les \êsicalou’es, on ouvrira les abcès avec le caustique, on administrera le traitement général de la scrofule.
Les périostites syphilitiques seront traitées par les mêmes moyens que les gommes et les accidents tertiaires de la syphilis (V. Gomme et Syphilis). On n'ouvrira pas les gommes avant qu'elles se soient ahcédées. Si la gomme se transforme en une exostose, on appliquera le traitement approprié.
Pour éviter la récidive de périostite, on appliquera un bandage roulé et l’on pansera avec le plus grand soin les contusions qui auront porté sur les régions osseuses.
pÉuiPXEi'MoxiE. V. Pneumonie.
PÉRITOXITE. La péritonite ou phlegmasie du péritoine est caractérisée par la rougeur de la séi-euse, due à la présence d’arborisations capillaires, par l’exsudation de fibrine à la surface des anses de l’intestin, par des adhérences entre les différentes parties de ce viscère, enfin par de la sérosité jaunâtre, purulente ou ensanglantée, tenant en suspension une plus ou moins grande quantité de flocons albumino-fibrineux.
11 y a une péritonite aiguë primitive, et une péritonite aiguë secondaire à des maladies de l’intestin ou des organes du ventre ; — une péritonite générale très-grave, — une péritonite partielle sans gravité; enfin il y a une péritonite chronique simple avec exsudation, de nature inflammatoire, et une péritonite tuberculeuse, causée par la tuberculosé abdominale :
1° Péritonite des nouveau-nés. Des enfants peuvent naître avec une péritonite développée dans le sein de la mère, mais cela est rare, et cette phlegmasie apparaît, soit comme manifestatatioiî de la fièvre puerpérale des enfants (V. Fièvre puerpérale), soit comme résultat de la phlébite ombilicale et de l’érysipèle de la base du cordon , soit enfin comme effet d’une invagination intestinale, de l’imperforation de l’anus, des ruptures de la vessie, de l’estomac, de l’intestin et du foie, des hernies, etc.
Le ventre tendu, ballonné, douloui'eux, faisant saillie à la région ombilicale, avec respiration courte j incomplète, subitement empêchée par un signe de douleur, indique la péritonite.
Les vomissements verdâtres, la constipation et le faciès grippé, avec refroidissement, n’existent pas dans la péritonite des nouveau-nés.
La péritonite chronique simple est trèsrare chez le nouveau-né, tandis qu’au contraire la péritonite chronique tuberculeuse est infiniment plus commune.
%* La péritonite des nouveau-nés, due à l’influence puerpérale épidémique, avec ou sans érysipèle du ventre, ni phlegmon de l’ombilic, est toujours mortelle.
La péritonite des nouveau-nés consécutive à une maladie aiguë de l’intestin, des viscères abdominaux ouà un vice de conformation, guérit assez ordinairement.
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Thèrüijcutique. — Une ou deux sangsues peuvent être appliquées autour de l’ombilic d’un nouveau-né atteint de péritonite.
Il faut en outre faire sur le ventre des onctions de pommade mercurielle, recouvertes de cataplasmes, et s’il y a constipation, donner du calomélas, 5 à 10 centigrammes, ou du sirop de chicorée, 30 à 60 grammes.
On a conseillé l’application d’un vésicatoire volant pour arrêter la péritonite des nouveau-nés, mais c’est un moyen dangereux.
Il peut être bon de recourir aux opiacés à petite dose, soit en employant l’huile laudanisée sur le ventre, soit par une potion renfermant 2 ccntigrain. d’extrait qu’on donne par cuillerées toutes les deux heures.
2° Péritonite aiguë de la seconde enfance et de V adulte. Dans la seconde enfance la péritonite se développe sous l’influence des mêmes causes et se montre sous les mêmes formés et avec les mêmes symptômes que chez l’adulte. L’influence du froid sur le ventre, une contusion de l’abdomen, une blessure du péritoine par plaie pénétrante, une rupture de l’intestin, dans la fièvre typhoïde ou le cancer intestinal, un corps étranger de l’intestin, une hernie, une entérite aiguë, une métrite ou métro-péritonite, l’hématocèle rétro-utérine, l’hépatite, etc., sont les causes de la péritonite aiguë, -
Une douleur abdominale subite, très-vive, augmentée par la moindre pression, avec ballonnement de l’intestin, nausées, vomissements verdâtres, constipation, refroidissement de la face et des extrémités, excavation dés yeux, pincement du nez et petitesse du pouls, annoncent une péritonite aiguë généralisée.
Des symptômes de péritonite aiguë avec vomissements jaunâtres de matières stercorales liquides indiquent une hernie étranglée, une invagination ou un obstacle intérieur au cours des matières renfermées dans l’intestin.
Dans la péritonite puerpérale, les symptômes ne sont jamais aussi violents que dans la péritonite aiguë et avec l’inflammation du péritoine, il y a la plaie utérine de l’accouchement, la phlébite ou la lymphangite utérines, et enfin la résorption de matières putrides qui donnent au typhus puerpéral une grande analogie avec la résorption purulente des opérés.
Le visage hippocratique, avec refroidissement du nez et des doigts, les vomissements bilieux et la petitesse du pouls sont caractéristiques de la péritonite aiguë simple.
La péritonite aiguë généralisée est presque toujours suivie de mort, tandis que la guérison est très-fréquente dans la péritonite partielle.
La péritonite partielle est habituellement suivie de l’apparition d’une ascite. V. ce mot.
Dans la péritonite aiguë géuéi*alisée, le hoquet est un signe prochain de la mort.
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Péritonite chronique. — A la suite d’une péritonite aiguë générale ou partielle, d’une inflammation d’un des organes du ventre, il se fait souvent une péritonite chronique.
Dans la péritonite chronique, succédant à une péritonite aiguë, il y a quelquefois du pus enkysté dans le ventre, mais souvent il n’y a que des adhérences intestinales ou des brides entre les différents viscères de la cavité abdominale.
L’épanchement de sérosité dans le péritoine qui forme V ascite (V. ce mot) est la conséquence d’une péritonite chronique sans suppuration, et il en résulte une augmentation plus ou moins considérable du volume du ventre.
Thérapeutique. — L’immobilité, le silence et la diète, avec le repos au lit, sont les premiers moyens à prescrire dans la péritonite aiguë.
Boissons émollientes, acidulés, gazeuses, glacées et fragments de glace à manger fréquemment.
La saignée du bras plusieurs fois renouvelée, ou bien de fréquentes applications de sangsues, trente ou quarante, doivent être mises en usage au commencement de la péritonite aiguë, et il n’y a pas à songer aux ventouses, qui sont d’un effet très-douloureux.
Fomentations avec une flanelle imbibée de décoctions émollientes de lin , de morelle, de jusquiame, de pavot; — cataplasmes émollients avec laudanum de Sydenham, cinquante à soixante gouttes; —
Applications continuelles de glace sur le ventre.
(Behier).
Opium, 5, 10 ou 20 centigrammes par fraction toutes les deux heures.
Lavements laudanisês, dix à quinze, gouttes, deux à trois fois par jour.
Onctions mercurielles sur le ventre renouvelées trois fois par jour.
Au début, sangsues sur le ventre, suivies après plusieurs heures de frictions d’essence de térébenthine sur le ventre et de la potion suivante :
Essence de térébenthine . 30 grammes.
Jaune d’œuf . n“ 1 .
Sirop simple . 60 grammes.
Une cuillerée à bouche toutes les deux heures (Monneret).
Péntonite puerpérale. Ke pas trop insister sur les émissions sanguines quand on n’est pas au commencement du mal, même médication que dans la péritonite aiguë; — sulfate de quinine, 10 centigrammes toutes les heures.
Péritonite chronique. — Applications de teinture d’iode sur le ventre, tous les quatre jours, — vésicatoires volants, — potnmade dC Autenrieth, — cautères et moxas sur l’abdomen, — frictions sèches aromatiques ou mercurielles, — bains et douches de vapeurs aromatiques, — bains sulfureux, — pommades indurées, — cataplasmes de ciguë et de farine de lin.
Teinture de scille, de digitale, vingt à quarante gouttes par jour, poudre de digitale.
Ttn blanc nitré, — nitrate de potasse, — acétate de potasse, 10 à 30 grammes par litre de tisane, diète factée.
FOBMULAIUE DE LA l'ÉRITOVITE.
Pommade de belladone camphrée.
Extrait suce, dépuré de bel- \
ladone . > ââ 10 centigrammes.
Camphre . )
A.\onge . • 30 id.
Frictions, à la dose de 1 0 grammes ; trois fois par jour. (Gadioux.)
Mercuriaux.
Pommade mercurielle double. 1 gramme à 50 centigr.
Pour frictions sur le ventre.
Potion au carbonate de potasse.
Julep gommeux . 100 grammes.
Sirop diacode. . . 30 id.
Carbonate de potasse . 50 centigrammes.
Par cuillerée toutes les heures. (Récamierl □.
Pommade mercurielle opiacée.
Cérat opiacé . .
Pommade mercurielle double. .
âû 50 ceutigram.
Mêlez. 4 grammes deux ou trois fois par jour, en frictions sur l’abdomen.
Poudre d’ipécacuanha, depuis 15 milligrammes, plusieurs fois par jour {Ancien Journal de médecine, LVIII, 448 et 502 et LIX, 164).
Calomel à l’intérieur, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme.
Applications quotidiennes de collodion rieiné sur le ventre (Robert, Latour).
Essence de térébenthine, 8 grammes en émulsion toutes les heures. Cinq fois seulement (Dauglas, Blandel, Brenau, Atkinson).
Péritonite herniaire. V. HERNIES.
Péritonite puerpérale. V. FlÈVRE PUER¬ PÉRALE.
Péritonite traumatique. V. PÉRITONITE
et Plaie de l’abdomen.
Péritonite tuberculeuse. Des granulations tuberculeuses grises, demi-transparentes et à l’état de crudité se développent souvent dans le péritoine d’une façon primitive ou consécutivement à une entérite tuberculeuse et elles occasionnent une péritonite chronique toujours mortelle.
La péritonite tuberculeuse complique habituellement le carreau ou tuberculose entéromésentérique, et elle est la conséquence de la diathèse tuberculeuse ou de la scrofule V. ce mot.
Les vomissements, le gonflement du ventre, la diarrhée, la fièvre hectique et le marasme sont la conséquence de la péritonite tuberculeuse.
C’est chez les enfants qu’on observe habituellement la péritonite tuberculeuse.
La péritonite tuberculeuse est inévitablement suivie de mort.
PÉRiTTPnLiTE. Phlegmon du tissu cellulaire qui entoure le cæcum formant les abcès iliaques. V. PHLEGMON iliaque.