FORMULAIRE DE LA PHLÉBITE
Émétique à haute dose (Laennec, Revue médicale^ octobre, 1825) □.
Potion sudorifique.
Racine de bardane. .
Eau. .
Sirop sudorifique. .
Esprit de Mindererus
A prendre par grands verres dans la journée FTI.
(Valleix.)
Julep contro-stimulant.
Émétique . 3 déeigrammos.
Infusion de feuilles d’oranger . . 150 grammes. Sirop de gomme. . . 40 id.
Par cuillerée tous les quarts d’heure I I.
(Laennec.)
Potion stibiée. -
Solution de gomme. ...... 125 grammes.
Tartre stibié . 15 centigrammes. -,
Sirop diacode . 16 grammes.
A prendre par cuillerée à bouche, à deux heures d’intervalle Q. (Rayer.)
Looch contro-stimulant.
Looeb blanc du Codex. ..... 150 grammes.
Kermès minéral. .' . 1 id.
Mêlez. A prendre par cuillerée toutes les deux heures
Phlébite des siuus de la durc>mère (Tonnelé). Caractérisée par la rougeur et l’injection des parois veineuses, par quelques pseudomembranes et même par du pus, la phlébite des sinus de la dure-mère se complique souvent de thrombose et d’embolia
Des lésions cérébrales suivent babitnellemeut la phlébite des sinus de la dure-mère, ainsi on observe la congestion cérébrale et les hémorrhagies cérébrales (Tonnelé), du délire, du coma et de la paralysie partielle ou générale, La phlébite des siuus est presque toujours mortelle, qu’elle suive une fracture du crâne ou un phlegmon du cuir chevelu.
Dans la phlébite des sinus de la duremère, l’ophthalmoscope permet de voir au fond de l’œil la congestion papillaire, la dilatation, la
. . 30 centigrammes
I ââ 30 id.
1128 PHLE
flexuosité des veines de la rétine, les varices et
les ruptures de ces veines oii les hémorrhagies
rétiniennes. V. Cêrébrosgopie et Ophthal-
MOSCOPE.
Thérapeutique. — La phlébite des sinus est généralement au-dessus des ressources de l’art. Les sangsues derrière les oreilles, appliquées une à une, de façon à produire un écoulement continu ; un vésicatoire placé sur la tête préalablement rasée, sont des ressources quïlne faut pas négliger.
Phlébite utérine (Dance). (V. INFECTION Pürülente). La phlébite utérine occupe les veines du col utérin (Béhier), que l’on trouve dur, ou bien elle se développe sur le point où était inséré le placenta (Dance, Tonnelé), et se reconnaît à une mollesse du corps de l’utérus non revenu sur lui-même.
Thérapeutique. — Placer quinze à trente sangsues sur l’hypogastre, appliquer le traitement de la métrite et de l’infection purulente.
Phlébite des variées. Y. VARICES.
PHLÉBOToniE. V. Saignée.
PHLEGmASiE. Y. Inflammation.
PHEEGMOX. L’inflammation dans les organes vasculaires, a toujours pour siège le tissu cellulaire ou tissu conjonctif, ou la couche cellulaire des muqueuse et des séreuses, l’inflammation du tissu cellulaire sous-cutané et interstitiel, porte le nom de phlegmon, comme l’inflammation du tissu cellulaire des glandes porte le nom d’adénite. V. Inflammations.
Le phlegmon envahit une portion limitée du tissu cellulaire ou une portion étendue. Le phlegmon est circonscrit dans le premier cas, il est diffus dans le second; mais ce qui le caractérise dans cette dernière condition, c’est l’extension progressive illimitée plus que l’étendue du mal dès le début.
Quelle que soit la marche d’un phlegmon, il ne donne pas lieu à des cicatrices difformes ; il entraîne souvent l’hypertrophie ou l’atrophie d’une région, il n’y a d’autres changements que ceux dus à la suppuration et à la gangrène du tissu cellulaire, à moins qu’il n’y ait eu un organe détruit pendant la suppuration du phlegmon.
Jamais un phlegmon n’atteint un homme absolument sain. 11 y a toujours un état saburral, suite d’écart de régime, un embarras gastrique ou une maladie inflammatoire aiguë ou chronique ailleurs, qui préside à la formation du mal Même dans le cas où le phlegmon existe après une lésion traumatique, on retrouve cet état général, car les individus atteints de plaie qui ne se soignent pas éprouvent des douleurs qui réagis^t sur les fonctions et constituent un état maladif
*** Toutes les lésions traumatiqufâ non soignées peuvent causer un phlegmon. Le refiroi-
PHLE
dlssement et la chaleur vive sont dans le même cas. Toutes les lésions inflammatoires du derme, de parties molles et des os d’une partie, quelle que soit l’origine première de l’inflammation peuvent produire un phlegmon : c’est dire que le phlegmon se produit d’emblée chez un blessé, ou consécutivement à une inflammation de voisinage. V. Adénite.
Le phlegmon se manifeste par de la congestion, de la suppuration et quelquefois de la gangrène de la partie enflammée, et par un état général fébrile, avec frissons et redoublement de la fièvre le soir. La rougeur, l’œdème des téguments, la fluctuation, les eschares de la peau et du tissu cellulaire, révèlent les différentes phases de la manifestation du phlegmon. V. Abcès, Gangrène.
*,j,* On ne peut confondre le phlegmon qu’avec des tumeurs enflammées (V. Adénites, Anévrysmes) des érysipèles, et des cutites. V. ces mots.
Le phlegmon peut se compliquer d’inflammation du tégument, d’érysipèle, d’angioleucite, de phlébite, d’inflammation des séreuses voisines ; il se complique assez souvent d’infections purulentes, soit par l’intermédiaire d’une phlébite , soit par suite de l’état général défectueux qui a favorisé le développement du phlegmon.
Thérapeutique. — Il n’y aucun topique spécifique contre le phlegmon.
En dehors de toute complication, le traitement du phlegmon repose sur deux indications : traiter l’embarras gastrique qui précède ou accompagne le phlegmon (V. Embarras gastrique) ; traiter l’inflammation locale.
Les antiphlogistiques et les émollients, bains locaux, cataplasmes, sont indiqués pendant le premier jour, puis dès qu’il y a tendance à la formation du pus, on ouvrira, soit pour prévenir les décollements de la peau, soit pour frayer une issue au pus.
Les purgatifs et l’incision sont les deux meilleurs moyens thérapeutiques employés contre le phlegmon.
Un chirurgien ne doit jamais donner un coup de bistouri sans songer à purger son malade le lendemain ou mieux le jour même. Le meilleur purgatif à employer est le sulfate de soude. L’émétique en lavage, 10 centigrammes dans un pot d’eau de veau, est peut-être trop énergique ; on ne le donnera que chez les individus robustes.
Tout à fait au début du phlegmon, la compression méthodique, renouvelée deux fois par jour, réussit quelquefois à arrêter un phlegmon .
Phlegmon circonscrit. Une tumeur limitée, douloureuse au toucher, recouverte par une peau rouge, tendue, chaude, halitueuse, de consistance dure, mobile, sur les parties sous-jacentes, donnant lieu à des douleurs spontanées, vives, lancinantes, causant chez les malades la sensation d’élancements correspondant aux battements artériels, tumeur ayant débuté depuis un ou deux jours par une douleur
PHLE
snbite autour d’un point alteüit de traumatisme, ou autour d’un point primitivement enflammé, se présentant chez un individu atteint de maiaise ou de fièvre intense et ayant débuté par des frissons quelquefois peu marqués, est un phlegmon circonscrit superficiel.
Une tumeur profonde, douloureuse, dure, tendue, sans changement de coloration à la peau, causant des douleurs vives et conséquemment la perte des fonctions de la partie où siège l’inflammation, et accompagnée d’un élat général semblable à celui des phlegmons en général, est un phlegmon circonscrit profond.
Tous les phlegmons entraînent un œdème de la région qui est dû à la compression des veines voisines.
L’inflammation phlegmoiieuse des plaies, à raison de la plaie même qui permet l’évacuation des premiers exsudats inflammatoires, ne s’annonce que par la rougeur des bords de la plaie, de la douleur et une fièvre modérée.
Chez les individus débilités ou atteints d’infection, le phlegmon marche pour ainsi dire sans se manifester par des symptômes graves.
La résolution estl’exception dans le phlegmon, l’induration est rare, la suppuration est la règle (V. Abcès). Cette terminaison est indiquée par des frissons erratiques, des douleurs lancinantes et de la fièvre le soir. Localement on reconnaît qu’il y a un abcès à un œdème de la peau, à un affaissement incomplet de la tumeur, enfin à de la fluctuation. S’il y a un phlegmon chronique, c’est le phlegmon terminé par induration. Il reste stationnaire dans cet état plus ou moins longtemps et se termine d’ordinaire à la longue par un ou plusieurs abcès.
Au quatrième jour la marche d’un phlegmon est jugée par un abcès, par l’induration ou la résolution.
*,j,* On ne confondra pas le phlegmon circonscrit superficiel avec un érysipèle et une angioleucite de l’origine des vaisseaux lymphatiques parce qu’il y a dans cette lésion élevure de la peau, sans œdème des téguments, parce que les ganglions où se rendent les lymphatiques sont douloureux; il n’y a pas d’erreur possible si une angioleucite franche existe.
Un phlegmon diffus ne forme pas de tumeurs, une cutite laisse la peau mobile sur les parties profondes , il y a des phlyctènes qui soulèvent l’épiderme, les douleurs sont moins vives ; à une époque plus avancée, au troisième jour, il y a des eschares.
On ne confondra pas un phlegmon circonscrit profond avec une phlébite, parce que dans la phlébite il y a un cordon induré sur le trajet d’une veine.
*** On ne saurait prendre un anévrysme enflammé pour un phlegmon, parce que l’on peut
PHLE 1129
toujours apprendre qu’il existait une tumeur dans la région avant la production des phénomènes inflammatoires.
Un abcès hématique est plus difficile à reconnaître, il faut attendre; — une périostite, une ostéite avec abcès sous-périostique, ne peuvent être distinguées au début d’un phlegmon profond. V. pour le diagnostic InflaM-MATION DES BOURSES SÉREUSES, ARTHRITES, ADÉNITES.
Au voisinage d’une articulation, le phlegmon peut être pris pour une arthrite ; mais une arthrite occupe toute une articulation; un phlegmon circonscrit occupe toujours un point plus limité; puis l’articulation enflammée est infiniment plus douloureuse qu’un phlegmon.
Le phlegmon autour d’une plaie, autour d’un organe enflammé, ne présente pas de difficulté. V. Adénite, Plaies.
Les complications du phlegmon circonscrit sont celle du phlegmon en général.
Thérapeutique. — On prévient le phlegmon en pansant régulièrement les plaies avec de l’eau froide, des cataplasmes et des bandelettes agglutinatives, suivant la nature de la plaie (V. Plaie). Les contusions seront traitées dans le même but par les liquides résolutifs, la compression et le repos absolu (V. Gos- Tcsioxs). Les inflammations du derme, acné, kystes sébacés enflammés, anthrax, eczéma, seront traités avec attention, et l’on éloignera toute sorte d’irritation des surfaces enflammées. On n’ouvrira pas trop tôt les anthrax.
Au début d’un phlegmon, dans les vingt-quatre premières heures, on appliquera vingt à trente sangsues. On appliquera des cataplasmes en permanence. On peut aussi appliquer des cataplasmes arrosés de dix à vingt gouttes de laudanum ou des cataplasmes de feuilles de morelle.
La partie atteinte d’inflammation sera placée de façon à faciliter le retour du sang veineux vers le centre de la circulation (Gerdy). Les frictions mercurielles (Serres^ d’üzès) peuvent être employées; mais elles ont l’inconvénient de produire quelquefois de la salivation et de déterminer une éruption de vésicules sur le phlegmon. En même temps, on administré au malade un purgatif, l’eau de Sedlitz ou le sulfate de soude, ou 10 centigrammes d’émétique dans une bouteille d’eau de Sedlitz. V. Phlegmon.
On tient le malade à la diète, au bouillon, et on lui donne les tisanes délayantes eu grande quantité ; la limonade ou la gomme sont les meilleures tisanes. Si l’on ne purge pas les malades, la tisane de chicorée sauvage, de houblon ou de petite centaurée, sont très-bonnes à administrer.
Lorsqu’un phlegmon date de quarante-huit heures, les antiphlogistiques ont peu de chance d’arrêter le mal. Des frictions mercurielles ne sont pas d’une efficacité plus certaine. L’incision dite préventive est un moyen qui permet quelquefois de faire avorter le phlegmon et de soulager les malades (Velpeau) ; mais, en même temps, on doit administi-er les tisanes délayantes et purger les malades comme précédemment. Un vésicatoire est le meilleur moyen à employer en attendant la suppuration (Velpeau); l’incision dite préventive n’est pas sans danger, ella peut accroître l’inflammation.
1130 PHIÆ
Quand Icii malades se présentent au troisième et au quatrième jour, après le début du phlegmon ou lorsque, malgré les antiphlogistiques et les cataplasmes, la maladie a marché, un abcès se sera formé, on l’ouvrira. V. Abcès chauds.
Quel que soit un phlegmon circonscrit, il y a un moment où l’on doit inciser ; c’est le moment où se forme un abcès au milieu de tissus indurés.
Si le phlegmon passe à l’état chronique, on appliquera des vésicatoires ou l’on fera des lotions avec la teinture d’iode sur les parties dures. On exercera avec avantage : une compression avec des compresses ou des rondelles d’amadou et un bandage roulé. S’il SC forme des abcès, on les ouvrira comme des abcès chauds.
Le phlegmon autour d’une plaie non réunie par première intention ne réclame d’autre traitement que le cataplasme. Les plaies réunies seront désunies et l’on nettoiera la plaie avec le plus grand soin, soit avec de l’eau tiède, soit avec de l’eau de guimauve.
On traitera les complications du phlegmon. V. Phlébite, Axgioleücite, Érysipèle, Ixfectioïv pürü-
LEXTE.
Phlegmon diffas (Ouiicaii jcuiie, Béclard, Dupuytren). Le phlegmon diffus est une inflammation du tissu cellulaire, qui s’étend sans cesse, ne donne lieu que tardivement à la formation d’abcès et entraîne la gangrène de tout te tissu cellulaire qui a été atteint d’inflammation.
La diffusion du phlegmon est due à un état général infectieux ou gastrique.
Le défaut de plasticité du sang, l’impossibilité de la coagulation du sang dans les petites veines, ou de l’obstruction des capillaires par des globules sanguins, comme cela a lieu autour des points enflammés, est la cause principale de la diffusion de l’inflammation. Les nerfs vaso moteurs sont-ils pour une grande part dans ce phénomène morbide (Cl. Bernard, Marey), c’est ce qu’il est encore difficile de préciser. Mais cliniquement le phlegmon diffus se présente trèssouvent chez des individus déjà malades, ou débilités par des excès ou des fatigues, c’estrà-dire chez des individus épuisés atteints d’embarras gastrique. V. Infection.
*^*Le phlegmon diffus est quelquefois la manifestation d’un empoisonnement local après une plaie virulente. V. ce mot.
La cause occasionnelle du phlegmon diffus est presque toujours un traumatisme, une inflammation de la peau ; quelquefois l’incision prématurée d’un anthrax, ou une brûlure non soignée.
%* Le phlegmon diffus débute avec le caractère d’un phlegmon circonscrit, ou bien il est précédé de symptômes généraux, tels que nausées, vomissements et fièvre, surtout lorsque les individus étaient déjà malades au moment où le phlegmon débute.
Lorsque le phlegmon diffus existe depuis plus de douze heures, ou trouve les parties uui-
PHLL
formément rouges, un peu jaunâtres, pâteuses, tuméfiées, gardant plus ou moins l’impression du doigt (Dupuytren); à ce moment le phlegmon peut être compliqué de entité, rp’on reconnaît à la formation de vésicules et d’eschares sur la peau, ou 'a un état granuleux du tégument et h une dureté particulière, ne gardant plus l’impression du doigt; il peut être compliqué d’érysipèle, que l’on reconnaît 'a des traînées rouges, à des plaques élevées au-dessus de la peau et manifestes surtout à la limite de la rougeur; d’angioleucite, qui se révèle par des cordons indurés SC rendant à des ganglions ; de phlébiie qui est caractérisée par un œdème considérable du membre et par un cordon dur sur le trajet d’une veine.
Le phlegmon diffus gagne en étendue du deuxième au quatrième jour et ainsi de suite.
Dans le phlegmon diffus, l’état général des malades varie, ou bien il y a un état fébrile trèsmarqué, le pouls est plein, la soif est vive, la langue est sèche, les urines sont rouges et il y a de la constipation ; ou bien s’il y a une infection qui a précédé ou qui suit le développement de l’inflammation, il existe des frissons, des vomissements, quelquefois du délire ou des rêvasseries ; le pouls est petit, déprimé, les malades éprouvent un abattement et une tendance 'a l’assoupissement indicibles.
Abandonné à lui-même le phlegmon diffus cause l’infection purulente et la mort (V. Infection), ou bien il se termine par résolution, ou bien il produit uue cutite et des gangrènes de la peau avec sécrétion de pus sanieux, mal lié, entraînant avec lui des lambeaux de tissu cellulaire mortifiés.
I Si le phlegmon doit se terminer par résolution, on voit d’abord les parties devenir plus molles, puis elles deviennent de nouveau œdémateuses (Vidal, de Cassis); il y a œdème de retour. Plus tard, on Toit se développer quel- (jnefois de petits abcès limités, contenant du pus crémeux.
Le phlegmon diffus n’est pas plus contagieux que l’érysipèle, quoi qu’en ait dit Duncan jeune, et Maclachlan.
On ne saurait confondre le phlegmon diffus qu’avec la cutite, et ce sont les erreurs de diagnostic entre ces deux maladies qui ont propagé la théorie du phlegmon gangréneux et du phlegmoii érysipélateux. Les deux maladies peuvent exister ensemble, se compliquer l’une l’autre, mais on se rappellera quft dans la cutite vraie la peau n’est pas œdémateuse, qu’elle se meut sur les parties profondes, tandis que dans . le phlegmon diffus il y a toujours plus ou moins d’œdème. L’érysipèle, l’angioleucite et la phlébite ont des caractères tranchés, et il n’y a d’erreurs possibles qu’aux mains et aux pieds, mai sou examinera le bras et la jambe : alors en
PHLE
cas d’angioleiicite ou d’érysipèle il y aura des traînées rouges sur le trajet des lymphatiques.
Le phlegmon diffus, après la chute des eschares, peut entraîner l’inflammation des parties profondes, l’ouverture d’une articulation voisine; après la cicatrisation, il entraîne des adhérences profondes, la perte des mouvements d’une couche de muscles, la rétraction des membres, s’il y a eu de grandes pertes de substances des muscles au-dessous des cicatrices.
Thérapeutique. — Le phlegmon difiFus chez un individu d’une constitution assez robuste sera traité par la saignée générale, ou mieux par une éméto-cathartique :
Sulfate de soude.. ........ 40 grammes.
Tartre stiLiié . 10 centigrammes.
dans deux verres d’eau.
Au bout de vingt-quatre heures, on fera des incisions multiples intéressant la peau et le tissu cellulaire et dirigées aux membres dans le sens de leur axe. On placera le malade dans un bain entier, ou le membre dans un bain local, tiède, et on laissera les incisions saigner une heure ou deux, puis on appliquera de larges cataplasmes. Les incisions ainsi faites sont le meilleur antiphlogistique. Les sangsues et les mouchetures, avec le bistouri, sont utiles seulement au début du phlegmon diffus.
Lorsque l’inflammation est peu intense et lorsqu’il n’y a encore qu’une rougeur diffuse on emploiera la compression avec des bandes roulées (Velpeau); le phlegmon diffus des membres se prête bien à ce genre de traitement. Les vésicatoires volants (Duncan) sur le point où a débuté l’inflammation ou sur la limite du mal, ont quelquefois réussi. Quel que soit le traitement employé, les parties doivent être tenues dans une position qui favorise le cours du sang veineux. On traitera du reste l’état général comme dans le cas de phlegmon simple.
Si le phlegmon est accompagné de phénomènes généraux graves, s’il y a une dépression générale, on appliquera le traitement de l’infection purulente. On donnera des boissons acidulés en grande abondance, deux litres de limonade citrique par exemple. On incisera le phlegmon ; mais pour prévenir une recrudescence de l’inflammation, on pansera les plaies avec de la charpie trempée dans un mélange d’eauet d’eau-de-vie camphrée, et l’on environnera la partie de cataplasmes ou de compresses d’eau de sureau.
Lorsque les ouvertures laissent échapper des lambeaux de tissu cellulaire gangrenés et du pus, on fera des lavages comme dans les abcès cbauds. V. ce mot.
Pour éviter plus tard la stagnation du pus, on fera une compression méthodique. V. Goupressiox.
Les cicatrices vicieuses consécutives à la gangrène du tissu cellulaii*e ue peuvent être prévenues ; on les traitera plus tard par les moyens appropriés. V. Cicatrices VnCIECSES.
Lorsque le phlegmon diffus s’étend avec lenteur et quand il n’y a pas de signes d’infection, on peut S8 borner à appliquer des cataplasmes, à administrer à l’intérieur des boissons délayantes et le suKate de quinine, à la dose de 40 à 60 centigrammes. On surveillera chaque jour la partie malade, et l’on ouvrira les abcès à mesure qn’ils se formeront.
PHLE MSI
Phlegmon et ahcés de la fosse ilîaqne.
(Delamotte, Ledran, Dapuytren, Ménière, Dance, Grisolle). Le phlegmon de la fosse iliaque est l’inflammation du tissu cellulaire de la fosse iliaque, situé entre le péritoine et l’aponévrose iliaque ou l’inflammation dans la gaîne des muscles psoas et iliaque. Dans le premier cas le phlegmon est sous-péritomal ; dans le second cas il est sous-aponévrotique. Le phlegmon sous-périnéal est le résultat de l’inflammation des ligaments larges chez les femmes en couches (Delamarre, Ledran, Levret, Puzos) ou de l’inflammation du tissu cellulaire chez les individus habituellement constipés (Dupuytren). Les phlegmons de la fosse iliaque se montrent toujours à droite.
E y a des abcès de la fosse iliaque qui surviennent après les infiltrations d’un phlegmon périnéphrétique urineux, après des plaies par armes à feu, ou après la perforation du cæcum et de l’appendice cæcal, suivie d’un abcès stercoral (Dupuytren), enfin après des hématocèles péri-utérines. V. Hématogèle rétro -