PI. AI
b. On obtient la réunion immédiate parles agglutinatife, l’emplàtre de diachylon, taillé en bandelettes, ou le taffetas d’Angleterre, ou les bandes de toile enduites de collodion élastique. On se sert de bandes étroites qui rapprochent les bords de la plaie ; pour que les bandelettes rapprochent suffisamment les parties, on les collera sur la peau aussi loin que possible de façon à disséminer la compression et à éviter la tendance à l’écartement. La réunion par première intention avec des bandelettes doit être secondée par la compression avec un bandage roulé approprié à la région .
On réunit quelquefois les plaies étendues à la fois par suture et par les bandelettes de diachylon. On place une bandelette de diachylon entre les points de suture plus écartés que dans les cas où l’on réunit entièrement par une suture (Manec).
On doit, en général, recouvrir les plaies réunies avec un linge troué, enduit de.cérat, et des compresses froides et même un cataplasme.
c. Ou réunit par première iniention à l’aide do sutures (V. ce mot). Pour toutes les plaies ,du tégument, la meilleure suture est la suture entortillée (fig, 447).
A l’aide d’ime pince à pansement et à arrêt, dont les mors sont creusés d’une gouttière, des épingles sont passées à une distance variable, entre 1 centimètre et 1 centimètre et demi, suivant les i*égions. Un fil embrasse la tête et la pointe de l’épingle, on fait des huit de chiffre doubles autour de l’épingle avec les deux chefs du fil, puis on passe plusieurs fois les deux chefs du fil, après les avoir croisés sur la plaie, d’une épingle sur l’épingle suivante, où l’on fait des huit de chiffre, comme sur la première épingle, et ainsi de suite. Les pointes des épingles sont coupées, on passe ime bande de diachylon en double sous les 1 tètes et pointes des épingles.
j On s'est servi de fils élastiques de caoutchouc pour
remplacer les fils de liu ; mais les fils élastiques ont le désavantage de couper les tissus.
Au lieu de réunir les lèvres de la plaie avec des fils, on a essayé de serrer les épingles passées dans les tissus avec de petites plaques de diachylon, percées d’une fonte. On passe la fente du diachylon dans la pointe de l’épingle et l’on enfonce l’épingle jusqu’à ce que la tête soit au ras de la peau : on engage celle-ci dans la fente et l’on retire un peu l’épingle, de façon que la plaque emplastique se trouve placée à cheval sur la plaie et que la tête et la pointe de l’aiguille soient séparées de la peau par le diachylon.
On emploie quelquefois la à points passés .
Fig. 448. — Suture à points passés.
Cette suture est bonne pour réunir des lambeaux dont les divers points ne sont pas sur un môme plan, comme les lambeaux des plaies de l’oreille et les lambeaux d’une opération autoplastique (fig. 448).
On a aussi mis en usage la suture à anse de Ledran. Cette suture diffère de la suture à points passés en ce que les anses, au lieu d’être nouées d’un côté de la plaie sont réunies en faisceau et tordues ensemble.
Fig. 449. — Suture en surjet.
La suture en surjet ou de Pelletier est peu usitée et ne vaut ni la suture à anse, ni la suture entortillée (fig. 449).
La suture en bourse (V. Fistule urinaire), la suture en faux fil (fig. 450), sont peu employées. La
Fig. 430. — Suture en faux SI.
suture en faux fil est faite comme la suture en surjet, avec cette différence que le fil passe dans les lèvres de la plaie un nombre de fois double de celui de la suture en surjet pour un même nombre de points de suture.
La suture de Gely [V. Intestins (Plaies des)] est
une suture spéciale qui se rapproche de la suture à surjet.
On a quelquefois fait une suturé en passant dans la peau des épingles parallèlement aux lèvres des plaies et en réunissant les épingles par des anses de fil ; de cette sorte, les fils ne passent pas dans la plaie (Legros d’Aubusson).
Pour les plaies profondes, on se sert de la suture enchevillée ou empennée (fig. 451).
Fig. 451. — SiUiu’e enohevillée nu empennée.
Des anses de fil passent dans la plaie et sont attachés de chaque côté sur des bouts de sonde ou des chevilles de bois. Cette suture peut être laissée longtemps en place.
Depuis l’antiquité, on se sert de fil de plomb pour certaines sutures. On a employé des fils d’or on Amérique et en Italie. En Italie, des fils d’argent ont été mis en usage, et leur emploi a été généralisé depuis plusieurs années (Backer Brown, Maiâon Sims, Letenneur, Ollier, Giraldès).
La suture avec des fils d’or ou d’argent, et ceux-ci sont surtout employés, àiio suture métallique.
La suture métallique n’est autre chose qu’une suture à points passés.
On passe les fils métalliques, soit avec une aiguille creuse ou tubulaire, à travers laquelle on fait passer le fil ; quand l’aiguille a traversé les deux lèvres de la plaie qu’on veut réunir, on saisit le fil. qui a passé par la pointe de l’aiguille, on retire l’aiguille et une anse de fil est alors passée ] on passe les autres anses de fil de la même façon,
A défaut d’avoir une aiguille tubulaire, on passe les fils de la manière suivante.
Une aiguille est enfilée d’un fil de soie double formant une anse, on engage le fil métallique dans cette anse où le fil métallique est plié en deux, formant avec l’anse de fil comme la jonction de deux anneaux d’une chaîne ; on passe l’aiguille : le fil de soie, puis le fil métallique suivent.
Pour les sutures où le chirurgien est à son aise, on peut simplement enfiler dans l’aiguille à suture le fil métallique et le passer comme un fil ordinaire.
Pour arrêter les fils métalliques, on en rapproche les chefs avec une petite fourche , puis nn tord les deux chefs réunis avec une pince à mors recourbés.
Lorsqu’il est difficile de tordre les fils, on les arrête en les pressant dans un anneau de plomb (Galli de Lucques) engagé dans les deux chefs du fil métallique réunis, l’anneau de plomb est serré à l’aide d’une forte pince à mors plats ; ou bien on passe les deux chefs du fil dans des boutons ou des petits cônes de buis arrondis, sur lesquels on tord les fils métalliques (Duboué).
Sutures animales. — On a fait des sutures avec des substances animales susceptibles d’être absorbées.
dit-on. Ainsi on a fait des sutures avec des cordes à boyau (Chirurgiens du moyen âge).
On a remplacé les sutures métalliques par les sutures avec les crins de chevaL comme le faisaient les chirurgiens de l’antiquité (Paget, Simon de Berlin. Th. Smith). Cette suture a été recommandée pour les plaies des paupières.
Suture sèche. — Ou donne le nom de suture sèche aux moyens de réunion des plaies avec les agglutiuatifs, parce que dans ce système de réunion, on ne fait pas de plaie nouvelle ; mais il convient de réserver le nom de suture sèche à la réunion à l’aide de serres-fines.
La réunion immédiate par suture sèche est obtenue par les serres-fines simples (fig. 452) de Vidal, de Cassis. On les emploie pour toutes les plaies où la peau est fine et mobile : les paupières, le prépuce.
Fig. 452. — SeiTe-fine de Vidal de Cassis, c’est une pince à pression continue spéciale.
Les serres-fines peuvent être employées avec les épingles placées comme pour la suture entortillée, et munies de plaques de liège sur lesquelles pressent les serres-fines. Ces deux sutures constituent le procédé de suture sèciic.
Lorsqu’on traite une plaie par la réunion par première intention, avec une suture entortillée ou autre, on recouvre la plaie réunie de compresses froides. On tient la partie dans une immobilité absolue.
Vingt-quatre heures après une suture entortillée, on enlève les épingles, les fils collés à la plaie sont un moyen d’union suffisant ; ou les enlève lorsqu’ils tombent. Le pansement à l’eau fraîche est continué pendant six jours. Dans le cas où la peau seule se serait réunie et où il y aurait des points de la plaie qui suppureraient, on pressera sm* ces points pour faciliter l’écoulement du pus, et l’on maintiendrait les lambeaux par des bandelettes de diachylon. Si les lambeaux menacent de se désimir, on peut laisser les épingles en place de deux à trois jours ; mais il faut alors changer les fils tous les jours. P. Dubois.)
Les sutures métalliques à anses seront laissées en place de trois à dix jours, plus s’il est nécessaire ; elles ne coupent pas les üssus autant que les fils de lin. Les sutures à anses faites avec des fils de lin seront enlevées du deuxième an quatrième jour. On pansera du reste comme après la suture avec les épingles. V. BEC-nE-ujEVtE, .AnoruisTiE.
Les sutures empennées ou enchevillées, employées pour la réunion de plaies profondes [V. Abdomex (Plaies DE l’)], peuvent être laissées longtemps eu place.
Les serres-fines, appliquées sur une plaie avec ou sans l’intermédiaire de plaques de diachylon ou de rondelles de liège, traversées par des épingles, qui sont placées dans la plaie comme pour la suture entortillée, seront enlevées au bout de vingt-quatre heures. V. Phimosis.
Toutes les fois qu’on fait une suture, on doit observer les règles suivantes :
Laver avec soin la plaie à l’eau avant de réunir ; enlever tous les caillots.
Affronter les^ bords de la solution de continuité exactement.
Lorsque la plaie est au voisinage d’une commissure que la plaie a intéressée les points de suture seront placés d’abord à la commissure.
Favoriser la réunion de la plaie par la position des parties.
Lorsque la suture est tiraillée par les téguments, comme cela existe dans les sutures autoplastiques, on est autorisé à faire des incisions dites libératrices, qui relâchent la peau au voisinage du point réuni.
Lorsqu’une réunion par première intention a manqué et lorsque les bords de la plaie bourgeonnent, on est autorisé, s’il n’y a aucun accident inflammatoire qui menace, à appliquer un point de suture enchevillée ou de suture entortillée, ou de suture métallique qu’on laisse plusieurs jours en place ; mais, pour que cette suture soit suivie de réunion, il faut que la suture embrasse une grande épaisseur de tissus. Lorsque la division consécutive de la plaie est petite, une bandelette de diachylon suffit pour la réunion.
ftéunir par une suture des surfaces bourgeonnantes, après qu’une suture a manqué ou après le traitement de plaies contuses par des émollients, constitue la réunion immédiate secondaire.
L’érysipèle et le phlegmon fout manquer la réunion par première intention. Quand ces accidents se présentent, il faut enlever les sutures, laver les plaies et les panser avec un cataplasme ou des compresses d’eau de sureau.
Pansement des plaies irrégulières. — Les plaies irrégulières à bords contus seront lavées, puis pansées avec un linge troué, enduit de cérat et recouvertes de compresses d’eau froide ou de charpie , ou de lint anglais imbibé d’eau froide ; ou mieux avec de la charpie imbibée d’eau et d’eau-devie camplu'ée (Dionis) à parties égales, et recouvertes d’un cataplasme de farine de graine de lin qui sera renouvelée deux ou trois fois dans les vingt quatre heures.
Quoique le pansement par les alcooliques ait été donné comme nouveau, on ne doit pas oublier que Celse employait des médicaments trempés dans du vin (Hippocrate) pour empêcher la pourriture.
Si une articulation est ouverte, s’il y a une fracture comminutive , ou fera l’irrigation continue. Pour cela, un seau sera suspendu au-dessus du lit du malade, un syphon à robinet plongera dans le seau, ime bande sera attachée au syphon et descendra sur la partie blessée, on fera couler l’eau