CONTONDANTS
Si un phlegmon survient, on le traitera par les moyens appropriés. La nécrose, l’ostéite, l’ostéomyélite, seront traitées par les moyens indiqués. V. Phlegmon, Nécrose, Ostéite, Ostéomyélite.
Les corps étrangers, balles ou autres, persistant dans une plaie et entretenant une fistule, seront extraits par une des fistules dilatée préalablement avec l’éponge préparée, ou après des débridements ; on se servira de la pince à pansement à point d'arrêt; elle est suffisante dans la grande majorité des cas. Les esquilles secondaires seront enlevées par les procédés usités pour la nécrose.
On appliquera le traitement des ankylosés (V. ce mot) si les membres sont restés roides après l’immobilisation prolongée consécutive à une fracture. V. Fracture.
On traitera les hémorrhagies consécutives par la ligature de l’artère dans la plaie, si cela est possible, ou par la ligature de l’artère principale du membre (Guthrie, Dupuytren).
Lorsqu’une plaie par arme à feu a pénétré dans une extrémité d’un membre, lorsqu’une articulation est ouverte et quand il y a fracture comminutive, on amputera immédiatement (Joseph Duchesne, 1625, Viseman, Ledran). On n’amputera pas sur la seule indication de l’intensité de la douleur.
Une fracture communiquant avec une articulation, l’ouverture de l’artère et des veines principales d’un membre, la section des nerfs, sont encore une indication pour l’amputation.
Différer l’amputation quand même (Bilgucr) est une mauvaise pratique. Rien n’est plus dangereux que de temporiser lorsque l’amputation semble inévitable (Larrey).
L’amputation des membres peut être faite immédiatement :
a. Dans les cas de plaie avec fractures comminutives d’une extrémité articulaire et communication du foyer avec l’extérieur. Cependant, pour les membres supérieurs, la résection des os après l’extraction du séquestre est proposable. — h. Dans le cas où un membre est emporté par un boulet (Schmuker, Richter) . — c. Dans le cas de frafcture comminutive d’un os par un boulet et de contusion et épanchements multiples, avec amincissement et décollements de la peau. — d. Dans le cas où existent un anévTjsme faux primitif, croissant rapidement, et une ouverture de la veine principale, avec refroidissement des extrémités, qu’il y ait ou non fracture. — e. Dans le cas où un biscalen a traversé un membre, brisé l’os et coupé le nerf et les vaisseaux principaux du membre.
— f. Dans le cas d'une dénudation des os et de dissection des muscles (Larrey).
Les cas d’amputation secondaire sont : a, l’insuccès d’une résection -, — b, une nécrose totale d’un os, une hémorrhagie et des ané\Tysmes faux primitifs, développés du dixième au douzième jour après la blessure (Larrey), les spasmes traumatiques irrémédiables eux-mêmes. V. Plaies (Accidexts des), Ab-
DOMEX, POITBIXE, AkTICULATIOXS.
Plaie par armes à fen de l’abdomen.
Les plaies par armes à feu de l’abdomen présentent les caractères généraux des plaies par armes à feu.
II y a des plaies de l’abdomen non pénétrantes qui se creusent dans les parois du ventre un canal ou une gouttière.
Les plaies obliques compliquées de corps étrangers, ne doivent être sondées qu’avec une sonde de femme. Les plaies par armes à feu pénétrantes ne seront pas sondées.
Il y a issue des intestins et de l’épiploon dans les plaies de l’abdomen par arme à feu comme pour les autres plaies pénétrantes de l’abdomen. Il y a des épanchements immédiats, des hémorrhagies consécutives. Une péritonite, souvent mortelle, est la conséquence de l’ouverture du péritoifte. V. Abdomen (Plaie de l’).
Les plaies par armes à feu de l’abdomen sont ordinairement compliquées de plaie des intestins, de la vessie ou des autres viscères, V. Intestins (Plaies des). Vessie.
Thérapeutique. — Pour les plaies non pénétrantes de l’abdomen, il faut prescrire le même traitement que pour les plaies par armes à feu non compliquées : le repos absolu, quelques sangsues sur la plaie, sont de bons moyens pour prévenir l’inflammation.
Dans les plaies pénétrantes, on ne recherchera pas les corps étrangers à moins qu'on ne les sente. Il faudra réduire l’intestin, on laissera l’épiploon dans la plaie, s’il est sorti, car ce sera un moyen de guérison spontané. On pansera toutes les plaies avec tes cataplasmes souvent renouvelés.
Si la balle est ressortie, si les intestins ne sont point blessés, on réunirn la plaie avec une suture entortillée ou enclievillée, en comprenant le péritoine dans la suture. Si l’intestin est ouvert, on établira un anus contre nature; le repos absolu, la diète aux bouillons, les lavements nutritifs sont expressément indiqués. V. Anus contre nature.
Les plaies de l’abdomen avec plaies de la vessie seront débridées (Larrey) ; mais cette manoeuvre peut augmenter les chances de mort.
Plaie par armes à feu de la bouche.