V. Bouche
Plaies par armes à feu du thorax. LcS
plaies par armes à feu du thorax non pénétrantes ne diffèrent pas des plaies par armes à feu des autres régions.
Outre les complications primitives et consécutives des plaies de poitrine, les plaies pénétrantes du thorax peuvent être compliquées de
fracture de côte et de séjom* de balles dans les plèvres.
Quelquefois, exceptionnellement, les balles et les corps étrangers ou les esquilles qui ont pénétré dans le poumon sortent d’euxmêmes par la plaie ou sont quelquefois rendus par l’expectoration (RéveiUé-Parise) , évacuées avec le pus d’un abcès formé autour d’eux. Des balles p.ottantes dans les plèvres ont été observées sans qu’il y eût d’accident (Diemerbroeck et Bidloo),
%*Les balles logées dans les poumons peuvent ne produire aucun accident. Les corps étrangers du médiastin causent des inflammations violentes du tissu cellulaire, du médiastin et du péricarde.
Thérapeutique. — Les plaies simples non pénétrantes du thorax par armes à feu seront traitées comme les plaies par armes à feu V. ce mot. •
Après une plaie pénétrante du thorax, on extraira toutes les esquilles qui existeraient (Henneii). On fera son possible pour extraire la balle (Larrey) ; on débridera au besoin. Si la balle est logée entre deux côtes, on fera une contre-ouverture. Si la balle qu’on I n’a pu extraire est tombée dans la poitrine et détermine ultérieurement des fistules intarissables, on explorera le thorax avec une sonde de femme et l’on extraira la balle par une contre - ouverture (Larrey).
Si l’on trouve la balle sur un point éloigné de la blessure, en contact avec la paroi thoracique, on fera une contre-ouverture, à la fois pour donner issue au pus et pour chercherla balle ; — il y a cependant des cas où la temporisation a suffi, la balle s’est enkystée et la suppuration a cessé.
Les balles logées dans le poumon ne doivent pas être cherchées (Huuter, Percy), si elles pénètrent un peu profondément; ce serait une imprudence que d’aller à leur recherche.
Les balles et les corps étrangers des médiastins seront traités comme les autres corps étrangers de la poitrine. Lorsqu’une balle est logée dans le sternum et quand aucun signe de plaie pénétrante de poitrine n’existe, et lorsqu’on sent le corps étranger, on ira le chercher, en agrandissant au besoin la plaie du sternum à l’aide d’une couronne de trépan.
Plaies empoisonnées. Lcs plâies cmpoîsonnées sont rares dans nos pays ; elles s’observent dans les pays sauvages où les guerriers se servent de flèches chargées de poison.
Le poison manifeste son action par des accidents locaux, telles que la rougeur, l’œdème et des accidents généraux, tels que les phéno mènes de l’empoisonnement par la strychnine ou le curare, ou l’upas lieuté, par exemple.
Thérapeutique. — Toute la thérapeutique consiste à laver la plaie, à la sucer, ou mieux à y appliquer une ventouse. lier le membre au-dessus de la plaie (BouiUaud) estuue excellente pratique.
La cautérisation avec le fer rouge, le beurre d’antimoine, l’alcool pur, l’anmioniaque, l’urine même.
qHoique ce moyen répugne^ serviront souvent à neutraliser le poison.
Contre les accidents généraux on appliquera les contre-poisons appropriés : la respiration artificielle^ s’il y a empoisonnement par le curare ; l’opium et le curare, s’il y a empoisonnement par la strychnine; — les vésicatoires avec le marteau de Mayor sont une ressource contre le coma des empoisonnements mal définis.- - Les grands bains, les bains de vapeur, l’urtication, les frictions sèches, seront mis en usage. V. Empoisoxveiiext.
Plaies envenîmées.
T. Morsure de vipère. — Les accidents locaux de la morsure de vipère sont une plaie rouge, œdémateuse, qui prend une teinte ecchymotique et laisse suinter une sérosité roussâtre.
Dans la morsure de vipère, les accidents généraux ne se montrent qu’une heure ou deux après la blessure, et ils sont caractérisés par de l’angoisse, de la difficulté à respirer, la faiblesse, des syncopes, des nausées et des vomissements, des déjections abondantes, la suppression des urines, l’ictère quelquefois. Le délire, le coma et la mort sont assez rares.
*,5,* Le venin de la vipère tue à la manière des virus et des matières septiques introduites dans l'économie. Le sang des malades est diffluent, couleur de rouille, les globules sont altérés et déformés (Fontana, Cl. Bernard, Rufz).
Thérapeutique. — Au moment de la morsure, s’il reste dans la plaie les crochets de la vipère, on les extraira et l’on prescrira le traîfement suivant :
On liera au-dessus de la partie blessée (Celse), on placera des ventouses sur la plaie (Celse) ; on y versera ensuite de l’ammoniaque liquide.
Si la plaie date de quelques heures, on incisera la peau et l’on cautérisera avec de l’ammoniaque liquide ou avec le fer rouge, ou avec l’acide nitrique, ou avec le chlorure d’antimoine. La plaie sera ensuite pansée avec des cataplasmes.
Le malade sera tenu dans un lit très-chaud, on lui donnera de l’infusion de thé ou de tilleul, du vin chaud aromatisé (Celse), du vin vieux. On donnera à l’intérieur :
Eau de Luce.
Ammoniaque à 22° . 70 grammes.
Alcool à 36° . 5 id.
Huile de sucein . 10 centigrammes.
Savon blanc . 5 id.
Baume de la Mecque . 5 id.
Dix à vingt gouttes dans un verre d’eau sucrée.
On nourrira le malade dès qu’il pourra supporter les aliments. Contre l’œdème persistant, on fera des fomentations sèches ou avec de la flanelle imbibée d’huile de camomille camphrée.
« On doit, dit Celse, savoir que la morsure des » animaux venimeux est plus dangereuse lorsqu’ils » sont tourmentés par la faim,et quand cette morsure » a lieu sur une personne à jeun; qu’aussi le temps U où ils sont le plus à redouter est celui où ils cou-
vent, et qu’il est très-à-propos de manger avant de J» se mettre en route, tontes les fois qu’on court i> risque d’être mordu par des animaux venimeux. »
IL Morsures des crotales et serpents venimeux. — Le venin des serpents exotiques est plus violent dans ses effets que celui de la vipère. Passé une heure il n’y a quelquefois plus de remède. Les accidents sont les mêmes que ceux causés par le venin de la vipère, mais ils sont plus intenses.
Thérapeutique. — La ligatui’c au-dessus de la plaie, la succion, les caustiques : le beurre d’antimoine ou le sublimé corrosif seront ensuite appliqués. On administrera le même traitement général que pour la morsure de la vipère.
La plante cedron, le guaco, ont été donnés comme des spécifiques des morsures des serpents et pour prévenir les effets du venin. Les précautions recommandées par Celse sont un excellent préservatif. V. Morsure DE VIPÈRE.
III. Piqûres d’abeilles et frelons. — Les pi qûres d’hyménoptères, abeilles ou frelons produisent de petites plaies qui deviennent œdémateuses, causent des cuissons parfois extrêmement douloureuses. Les accidents généraux dus à ces piqûres , ne viennent guère que de la multiplicité des piqûres, car tout le venin des abeilles se borne à produire un accident local.
Les piqûres d’abéilles sont compliquées de la présence de l’aiguillon, qui reste dans la plaie et elles exposent au phlegmon.
Thérapeutique. — Si une plaie contient encore l’aiguillon, on commencera par enlever la poche à venin qui tient après, afin de ne point verser dans la plaie une nouvelle quantité de venin pendant les manœuvres nécessaires pour cette extraction.
On lavera les plaies et les parties œdématiées, suivant le plus ou moins d’intensité des douleurs, avec un mélange d’ammoniaque liquide concentré et d’eau, à parties égales, ou avec de l’eau froide, ou avec de l’eau vinaigrée.
IV. Piqûre du scorpion. — La piqûre du scorpion, arachnide de nos climats du aiidi, est sans danger, quelques lotions avec l’eau ammoniacale est suffisante. Les piqûres faites à certain moment des grandes chaleurs ont plus de gravité, surtout au point de vue des complications inflammatoires.
Thérapeutique. — On appliquera dans ces cas le traitement qui convient pour les piqûres d’abeille.
Pour les piqûres du- scorpion noir d’Égypte, on appliquera le même traitement que pour les morsures des serpents venimeux.
V. Piqûres de tarentule. — La tarentule qui appartient à la famille des arachnides, comme le scorpion, produit par sa piqûre des accidents locaux, tels que douleur vive, enflure, teinte livide de la partie, et des symptômes généraux, comme l’anxiété précordiale, les douleurs articulaires, l’irrégularité du pouls, l’abattement ou l’excitation, les vertiges, le tremblement et des nausées.
Thérapeutique. — On traitera ces piqûres comme les plaies envenimées. La danse, l’exercice forcé, en
provoquant des sueurs abondantes, ont pu légitimer la perpétuation du traitement par la danse, institué au siècle dernier en Italie. Aujourd’hui le bain de vapeur devrait être préféré à ce traitement empirique.
Plaies produites par morsures. Les morsures d’homme, de chieo, de rat et de chat non malades, sont des plaies contuses, irrégnlières, (pii réclament le même traitement que les plaies du même ordre. V. Plaies par instruments