‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 55 sur 731 · VII. Angine laryngée ædématense. V · texte numérisé non relu

VII. Angine laryngée ædématense. V

CBEdème de la glotte.

VIII. Angine de poitrine. Quand une personne est prise subitement d’une douleur vive sous le sternum ou sous le mamelon, avec irradiation au cou et dans le bras gauche, avec angoisse et suffocation, on peut dire qu’elle a une angine de poitrine, ce qu’on appelle encore sternalgie, cardialgie ou névralgie du cœur.

L’angine de poitrine est dix fois plus fréquente chez l’homme que chez la femme.

L’angine de poitrine revient par accès plus ou moins éloignés, durant une ou plusieurs heures, à des époques irrégulières, et plus de la moitié des malades succombent au milieu d’un de ces accès.

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%*L’h\-perlrophie du cœur etl’ossificatiou des artères coronaires ont été considérées comme les causes de l’angine de poitrine, mais c'est par erreur, car dans beaucoup de cas il n’y a pas de lésion cardiaque, et celte maladie doit être considérée coimne une simple névrose.

La mort des personnes atteintes d’angine de poitrine a toujours lieu en quelques minutes au milieu de l’accès.

Thérapeutique. — Au moment d’un accès d’angine de poitrine, quand la congestion tégumentaire s’ajoute au spasme, il faut faire une saignée du bras, appliquer des ventouses scarifiées au dos et des ventouses sèches ou des sinapismes aux membres inférieurs.

L’accès d’angine de poitrine doit être combattu par des frictions sèches générales et par des frictions aromatiques, par des inhalations d’eau de Cologne, d’éther, de chloroforme, d’acide acétique et d’ammoniaque et de valériane, par de l’eau de lauriercerise, 2 à 3 grammes ; par du musc, t à 3 grammes ; par de la liqueur d’Hoffmann, 2 à 4 grammes ; par du valérianate de zinc ou d’ammoniaque, 1 à 2 grammes; enfin par de l’aconitine, 1 à 2 milligrammes.

Dans l’intervalle des accès d’angine de poitrine et pour en éviter le retour, il faut prescrire la diète végétale ou lactée, la privation de tabac à fumer, les bains de mer et les voyages, les préparations ferrugineuses ou arsenicales, les plaques d’aimant sur la poitrine, et enfin, l’usage continu de la poudre de digitale, 5 centigrammes par jour.

L’émétique à dose vomitive au moment d’un accès d’angine de poitrine soulage beaucoup les malades.

Le sulfate de quinine administré dans l’intervalle des accès peut guérir l’angine de poitrine.

Lorsque, dans une angine de poitrine, il y a soupçon de syphilis constitutionnelle, il faut faire pendant plusieurs mois usage de l’iodure de potassium, 1 à 3 grammes par jour.

AKGiOLELfCiTE. L’inflammation aiguë ou chronique des vaisseaux lymphatiques s’appelle angiolencite, et elle est toujours produite par quelque lésion traumatique ou spontanée, inflammatoire ou spécifique, superficielle ou profonde des tissus dans lesquels rampent ces petits vaisseaux. Avec elle il se produit toujours une inflammation des ganglions lymphatiques, c’està-dire une adénite aiguë ou chronique due au transport de l’inflammation des parties molles communiquant au ganglion par le canal des vaisseaux lymphatiques.

L’angioleucite aiguë des membres, souvent traumatique, produit toujours, avec la fièvre : douleurs et gonflement du membre, traînées rouges et dures sur le trajet des lymphatiques enflammés ; tuméfaction des ganglions correspondants à la racine des membres, et quelquefois suppuration de l’intérieur de ces vaisseaux et de ces glandes, de façon à produire de petits abcès limités ou un phlegmon superficiel, l’infection purulente, avec les abcès métastatiques intérieurs, et la mort comme dans la phlébite (Velpeau).

*** L’angioleucite aiguë intérieure ne s’ob-

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serve guère que dans l’état puerpéral, et dans l’état typhoïde ; elle est provoquée par la plaie récente de l’utérus ou par l’ulcération des intestins.

L’augioleucite chronique est rare et succède à des lésions chroniques inflammatoires, cancéreuses ou tuberculeuses, placées à l’extérieur ou à l’intérieur du corps.

L’angioleucite intérieure dififîcile à reconnaître, mais possible à prévoir, en raison des circonstances où l’on se trouve, produit, avec la fièvre, des frissons intermittents, une prostration et une adynamie très-marquées, du délire et irrévocablement la mort.

L’angioleucite et l’adénite peuvent exister simultanément, ou au contraire indépendamment l’une de l’autre.

L’angioleucite aiguë, non compliquée d’adénite, est plutôt suivie d’infection purulente ét de la mort que l’angioleucite et l’adénite simultanées.

L’adénite aiguë, sans inflammation appréciable des vaisseaux lymphatiques correspondants, n’est jamais suivie d’infection purulente.

L’adénite aiguë est souvent une barrière qui empêche le pus des lymphatiques d’arriver dans le sang, et sauve alors les malades d’une mort certaine.

L’angioleucite et l’adénite chronique, n’ayant pas de chance de produire l’infection purulente, sont et demeurent des maladies locales, indépendamment de la cause qui peut -leur avoir donné naissance.

L’angioleucite et surtout l’adénite chronique se développent presque toujours sous l’influence de la diathèse scrofuleuse, syphilitique ou cancéreuse, à laquelle s’ajoute momentanément la plus faible excitation locale.

L’adénite cervicale des enfants résulte presque toujours de leur disposition lymphatique ou scrofuleuse, aidée d’une angine tonsillaire ou pharyngée, d’une stomatite simple ou aphtheuse, du travail de la dentition, de l’impétigo des lèvres, des yeux, des oreilles ou du cuir chevelu.

L’adénite médiastine postérieure résulte de l’irritation des bronches nécessairement compliquée du tempérament lymphatique ou scrofuleux des sujets.

L’adénite mésentérique chronique, autrefois connue sous le nom de carreau, est le résultat nécessaire de l’alliance entre la scrofule et l’entérite à quelque degré que ce soit.

L’adénite inguinale aiguë ou chronique, résultat ordinaire d’une blessure ou d’une ulcération des membres inférieurs, des fesses ou des parties génitales, est tantôt inflammatoire, tantôt syphilitique, tantôt scrofulense, sans qu’il soit toujours possible de distinguer sa véritable nature.

L’adénite cervicale postérieure des adultes est presque toujours le symptôme d’une syphilis

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constitutionnelle et résulte des lésions sj'philitiques du cuir chevelu.

%* L’adénite cemcale antérieure des adultes, inflammation scrofuleuse ou s\q)hilitique, résulte des inflamniations spéciales ou spécifiques, toujours faciles à reconnaître, de la muqueuse buccale ou pharyngée.

Thérapeutique. — Des cataplasmes doivent être mis sur la plaie qui produit l’angiolcucite en même temps qu’on la plonge dans l’eau d’un bain pour en diminuer l’inflammation.

Si la|fièvre d’une angioleucite est très-vive, il faut faire une saignée du bras ou appliquer des sangsues sur le trajet des Emphatiques malades et des ganglions auxquels ils se rendent (Blandhi).

Des lotions émollientes, des applications de graisse pure ou d’onguent mercuriel affaibli par moitié, de baume tranquille, d’huile d’amandes douces opiacée, de collodion riciné, etc., sont très-utiles pouramoindrir'la douleur des angioleucites.

Dès qu’un abcès se forme sur le trajet des lymphatiques enflammés, il faut, s’il est fluctuant, l’ouvrir avec le bistouri pour éviter qu’il ne s’agrandisse au delà de ses premières limites.

Les malades atteints d’angioleucite doivent rester au lit, avec une demi-diète de bouillon, de potages, d’eau vineuse, et s’ils offrent des symptômes d’adynamie, on doit leur faire prendre du sirop ou de l’extrait de quinquina en suffisante quantité.

AKGiOTÉa’iQUE ( Fièvbe ). Nom jadis | donné par Pinel à la fièvre inflammatoire, forme assez commune de la fièvre typhoïde. V. Fièvre typhoïde.

AIVGL’STIJRE. Deux écoi'ces différentes portant ce nom sont employées en médecine.

Thérapeutique. — Vangusture vraie, de la famille des rutacées, très-amère et aromatique, s’administre comme tonique et fébrifuge en poudre, à la dose de 2 à 3 gi-ammes par jour, en trois foisQ. L’angusture fausse, de la famille des apocynées, contient beaucoup de brucine et de strychnine, et ne saurait être avalée sans produire un empoisonnement.

AXIS ou AXIS VERT. Plante indigène de la famillle des ombellifères, dont le fruit verdâtre exhale une odeur parliculière due à une huile volatile très-active.

Thérapeutique. — L’anis est un stimulant et un carmiuatif, on le donne en natnre à la dose de 1 à 3 grammes dans la dyspepsie flatnlente, ou en infusion à la dose de 30 grammes par litre 13-

AXIS ÉTOILÉ. Fruit d’un arbre de la famille des magnoliacées, qu’on donne également en infusion (à la dose 60 à 100 grammes par litre) dans la dyspepsie flatulente FR.

AXKTLORLÉPHAROX. La soudure du bord libre des paupières, congénitale (Schon) ou accidentelle (après une ulcération, une blépharite, une brûlure, une plaie grave), plus généralement partielle que totale, est un ankyloblépharon.

Thérapeutique. — Pour guérir l’ankyloblépharon, on incise couche par couche la paupière au niveau des bords ciliaires adhérents, une petite ouverture est

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faite, on y engage des ciseaux com’bés à pointe mousse, et on divise le reste des adhérences à peüts coups. On cautérisera avec du nitrate d’argent les bords de la plaie (Carron du Villards), un point de suture à chaque angle de la plaie unira la muqueuse aux bords cutanés des paupières, pour prévenir la cicatrisation irrégulière aux commissures.

AXKYLOGLOSSE OU Adhérences congénitales on acquises de la langue. La langue peut adhérer au plancher buccal, à la voûte palatine même, soit par suite d’un vice de conformation congénital , soit après une inflammation de la bouche. V. Filet.

La difficulté de la succion chez les nouveau-nés , l’embarras de la parole chez les adultes, et les obstacles à la mastication caractérisent l’ankyloglosse. L’examen de la langue, toujours facile, révèle le mode d’adhérence de la langue à la cavité buccale.

Thérapeutique. — Chez un enfant nouveau-né dont la langue semble absente et est collée à la voûte et au voile du palais, on décollera l’organe avec une spatule, si ce moyen ne suffit pas ; le bistouri achèvera le décollement. Si le frein de la langue est trop long, ou s’il fixe la pointe de la langue au plancher buccal et l’empêche de se porter aux lèvres et au palais, on sectionnera le frein ou filet.

Un aide pincera le nez à l’enfant pour lui faire tenir la bouche ouverte, le chii’urgien, armé d’une sonde cannelée intournée, engagera la fente de la plaque de cet instrument dans le pli formé par le frein, et il sectionnera avec des ciseaux courbes, en ayant soin de tenir son instrument dans une direction aussi verticale que possible. Si, dans cette opération, un vaisseau artériel est ouvert, le meilleur moyen hémostatique est de toucher l’orifice de l’artériole avec un stylet rougi à blanc. Le renversement de la langue en arrière est rarement observé (J. L. Petit) et il n’est jamais grave, on ramène la langue en avant avec le doigt,et on la maintient pendant quelque temps.

Les brides cicatricielles qui unissent la langue aux parties molles voisines seront attaquées avec le bistouri, le chirurgien les sectionnera, il les excisera même suivant que la bride sera plus ou moins nettement limitée.

Que l’on opère sur les adultes ou les enfants, la récidive n’est pas à craindre, les mouvements de la langue empêchent les nouvelles adhérences. Mais chez les adultes au moins, on favorisera la cicatrisatrisation avec des gargarismes émollients, avec 20 à 50 grammes de miel rosat.

AXKYLOSE. La soudure des articulations constitue l’ankylose.

Ankylosé vraie. Lorsque les extrémités articulaires privées de leur cartilage se soudent entre elles et qu’autour de la jointure se forment des stalactites osseuses unissant les os, il y a ankylosé.

Les tumeurs blanches , ou ostéites des extrémités articulaires, l’arthrite sèche et l’arllirite des goutteux et rhumatisants, se terminent ordinairement par une ankylosé vraie. Après une luxation, une fracture dans l’articulation, une arthrite simple, elle est beaucoup plus rare.

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L’immobilité d’une articulation et sa déformation ne suffisent pas pour déclarer qu’il y a union des surfaces articulaires par de la substance osseuse. Jl faut chloroformiser le malade et explorer l’étendue des mouvements. Dans l’ankylose fausse, il y a toujours un certain degré de mobilité, il n’y en a pas dans l’ankylose vraie.

On a vu l’ankylose complète se former sans lésion antérieure des articulations, et être le résultat d’une ossification musculaire (Pigné).

Il y a une espèce de prédisposition à l’ankylose (S. Cooper, Larrey, Percy , Velpeau), ü existe même des ankylosés isolées sans apparence de maladies articulaires, ainsi, la soudure de l’astragale avec le calcanéum, et le scaphoïde chez certains sujets.

Thérapeutique. — Une ankylosé vraie résiste à toute les médications topiques et aux bains d’eaux minérales. Les machines à mouvements appropriés à chaque articulation, d’après l’ancien modèle de Fabrice de Hilden, et d’après les nouveaux modèles de Bonnet (de Lyon), seront appliquées, mais sans espoir d’un succès, possible seulement pour les fausses ankylosés. La machine Louvrier, destinée à briser l’ankylose serait seule réellement efficace, si l’on pouvait l’appliquer et si elle rendait le mouvement aux membres opérés, un nombre de fois égal au moins aux accidents d’une gravité effrayante qu’elle a occasionnés.

La résection des os soudés (Rhea Barton) peut permettre de produire une pseudarthrose. Elle peut permettre de faire souder les extrémités réséquées des os, de telle sorte que l’on ait mi membre dans la position la plus commode à ses fonctions, de telle sorte qu’on rend par exemple au genou l’extension (Maisonneuve), au coude la demi-flexion. Ce mode opératoire n’est pas sans danger.

Les appareils prothétiques sont une ressource précieuse pour les ankylosés vraies, pour celles des meihbres inférieurs elles valent mieux que des opérations dont l’efficacité n’est pas encore assez jugée par l’expérience. V. Prothèse des amputxtioxs.

Ankylosé fausse. Il v a une espèce d’immobilité incomplète des jointures, due à des adhérences fibreuses des surfaces articulaires ou à des rétractions de tendons, ou à dœ cicatrices vicieuses.

L’ankylose fausse articulaire est constituée par des brides, des replis fibreux analogues aux ligaments interosseux et elle permet toujours un certain degré de mobilité. Elle arrive à la suite d’une arthrite simple, d’une fracture dans l’articulation ou d’une synovite fongueuse guérie.

Il y a une ankylosé fausse due à la rétraction des tendons, qui permet aussi un peu de mobilité, elle est caractérisée par une tension de l’organe rétracté, faisant saillie sous la peau.

Une cicatrice de brûlure au 3% 4® et 5® degré, ou la cicatrice d’une gangrène par suite de la perte de substance de la peau et de la rétraction du tissu inodulaire ou cicatriciel, restreint beaucoup les mouvements d’une articu-

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lation et, dans ces conditions, la perte des mouvements de l’os est une fausse ankylosé. Avec l’emploi du sommeil anesthésique, on reconnaît sans peine toutes ces variétés, et l’on constate où siège l’obstacle aux mouvements.

Thérapeutique. — Lorsqu’il y a simplement roideur articulaire, on emploiera les douches de vapeur aromatiques, les frictions sèches et le massage, on enverra les malades aux eaux de Saint-Amand, de Bourhonne, de Baréges, de Bagnoles, de Balaruc, d’Aix en Savoie, d’Aix-la-Chapelle, de Wiesbaden, de Tœplitz et de Gurgitello. Les bains dans les boues de Saint-Amand, et celles de Dax sont un peu plus avantageuses que les autres eaux, mais concurremment avec ces bains, il faut prescrire aux malades les mouvements et le massage ; les bains sulfureux artificiels seront employés pour les malades qui ne veulent pas se déplacer.

Les appareils à mouvements gradués, et à leviers et poulies, de Bonnet (de Lyon) et de Malgaigne, ne doivent être employés que pour les grandes articulations. Pour les petites, les mouvements avec la main peuvent suffire. Au genou, au coude, à l’articulation tibio-tarsienne, à l’épaule, ces machines sont d’une application facile, mais il ne faut point brusquer les mouvements, on enseigne au malade le mode d’action de l’appareil, et il exerce lui-même son articulation.

A défaut des appareils à mouvement pour le genou ankylosé à l’état de flexion, on aura recours à un appareil à extension continue, constitué par une corde passant sur une poulie et tirée par un poids, la cuisse étant fixée par un lien contre-extenseur. Ce moyen est souvent très-pénible pour les malades qui sont obligés de rester couchés.

Endormir les malades, redresser de force l’articulation et appliquer ensuite un appareil inamovible, puis faire exécuter des mouvements un peu plus tard, n’est pas toujoui*s sans péril.

Si l’ankylose est due à une rétraction tendineuse et musculaire, on pratiquera la ténotomie sous-cutanée (Dieffenbach) (V. ce mot) ; le membre sera immédiatement l’edressé et maintenu dans une gouttière métallique, ou mieux dans un appareil mécanique tà tige rigide et à mouvements gradués, au niveau de l’articulation.

Si l’ankyloseest dueà la rétraction d’une cicatrice, on feraja section des brides, et on redressera immédiatement le membre en ayant recours à une mécanique. Mais comme, avec la section simple des brides, on est exposé à la récidive, une autoplastie est de beaucoup préférable. V. Cicatrices vicieuses.

Ankylosé des mâchoires. L’ articulation temporo - maxillaire peut être le siège d’une ankylosé vraie après une tumeur blanche ou une arthrite. Elle peut être immobilisée, soit par suite de la contracture des muscles élévateurs, le temporal et le masséter, soit par le gonflement de la bouche et de la région massétérine consécutif à une inflammation de l’os maxillaire, soit enfin, après Une cicatrice vicieuse d’un lupus, d’une gangrène de la joue ou d’une stomatite grave.

La connaissance des antécédents des ma^ lades, l’examen avec ou sans l’aide du sommeil anesthésique, suffisent pour reconnaître toutes

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ces lésions. L’ankylose vraie de l’articulation se diagnostique par voie d’exclusion. Il n’y a d’incertitude que quand il existe plusieurs lésions à la fois. Alors, en cherchant à écarter les mâchoires, on se procure un élément de diagnostic ; s’il y a quelques légers mouvements dans les articulations, l’ankyïose est fausse.

\* Quand une articulation temporale est ankylosée, il est impossible de reconnaître, d’une manière positive, si l’autre articulation est saine.

Lorsqu’une articulation est ankylosée, les muscles se rétractent, il y a là une cause d’erreur, mais ils s’atrophient à la longue et alors il n’y a plus d’erreur possible (Stromeyer, Godde, etc.).

Thérapeutique. — Les dilatateurs mécaniques, tels que les coins de bois taillés en bec de flûte (A. Toirac), placés entre les mâchoires, ne produisent aucun changement, lorsqu’ils sont employés seuls.

Contre l’ankylose osseuse vraie, on pourrait scier les condyles de la mâchoire, et par des mouvements répétés, déterminer une fausse articulation (A . Bérard), mais le voisinage de l’artère maxillaire interne qui rampe sur le col du condyle rend cette opération périlleuse. Mieux vaut couper â sa base la branche montante du maxillaire (Dieffenhach), à l’aide de pinces de Liston, après la section du masséter.

Si une seule articulation est ankylosée, on sectionnera le corps du maxillaire inférieur au niveau des petites molaires (Esmarch), et pour obtenir un meilleur résultat, on fera éprouver à l’os une perte de substance de 1 centimètre. Après l’incision des parties molles, l’os sera coupé avec une cisaille de Liston ou avec deux traits de scie à chaîne, ou même avec une petite scie à main, et le périoste sera enlevé avec la portion d’os réséquée. La suture de la lèvre étant faite, un coin de bois sera placé entre les dents du côté de la mâchoire non ankylosée et le malade se gargarisera avec de l’eau fraîche. Des mouvements de cet os seront exécutés quotidiennement , sous peine de voir perdre en un jour tout le bénéfice du traitement.

S’il survient une inflammation, on la traitera par les moyens appropriés pour la périostite et l’ostéite, mais un coin de bois devra rester néanmoins entre les deux mâchoires du côté où l’on veut rétablir le mouvement. Pour éviter la soudure des deux portions du maxillaire on pourra, en opérant , ménager le périoste et le rabattre sim la section de l’os (U. Trélat). Ce procédé. serait plus avantageux que l’apposition d’un tampon de charpie entre les os réséqués.

Si les deux articulations temporo-maxillaires sont ankylosées, une résection double ne produit pas un avantage beaucoup plus grand que l’avulsion de trois ou quatre dents, moyen palliatif suffisant dans toutes les variétés d’ankylose que des opérations multipliées ne peuvent guérir radicalement.

. Le resserrement des mâchoires par contracture musculaire étant dû quelquefois à un trismus idiopathique et à la contusion d’un nerf se dissipera avec la maladie première.

Si la contracture persistait, on am-ait recours à la section des muscles et de leur tendon, ou à l’écartement progressif des mâchoires continué pendant longtemps après l’opération. Si l’on sent au niveau du masséter un cordon dur, si la muqueuse buccale

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est souple, et s'il reste un certain degré de mobilité de la mâchoire, il est évident que le muscle rétracté est la seule cause de l’immobilité de la mâchoire. Il est alors indiqué de faire la section sous-cutanée du masséter (Dieulafoy, W. Fergussou, Schmidt). On le sectionnera par une petite ouverture de la muqueuse buccale ou de la joue. L’hémorrhagie sous-cutanée par les veines, et par les artères nombreuses avoisinant le masséter, est le seul accident à redouter. La dilatation est un procédé moins expéditif et moins sûr que la myotomie.

Si l’ankylose est duc à une périostite et une ostéite de la branche montante du maxillaire supérieur, à la suite de l’évolution vicieuse de la dent de sagesse, ou d’une carie dentaire, il faudra combattre d’abord l’inflammation par des applications de sangsues sur la région massétérine. Un vésicatoire sera ensuite posé ; s’il se forme du pus, on incisera , mais il faut être prévenu que le bistouri, pour découvir l’abcès doit aller jusqu’à l’os.

Il peut arriver que l’inflammation se termine par induration ; alors les tissus fibreux se rétractent, et l’on doit avoir recours à des moyens d’un autre ordre. On coupera les brides fibreuses accessibles à l’instrument (Dieffenhach), on écartera ensuite les mâchoires avec les coins ou les dilatateurs mécaniques, pendant longtemps et même pendant des années s’il le faut. L’ankylose due à des brides cicatricielles des joues et de la commissure ne guérit pas par la section sous-muqueuse des brides; la section de toute l’épaisseur de la joue ne met pas plus à l’abri d’une récidive. Gomme dans les ankylosés fausses, les articulations sont saines, la section avec résection du maxillaire est indiquée (Esmarch Vilms). Ce moyen est rationnel mais il est douteux, les os peuvent se souder malgré leur écartement. 11 est nécessaire d’opérer la section du maxillaire en avant de la hride cicatricielle, c’est elle qui guidera le chirurgien.

S’il était possible, par une opération autoplastique, par la méthode indienne ou italienne, d’interposer un pont de peau saine entre les deux portions de la bride sectionnée, ce serait une meilleuje opération.

Lorsque les cicatrices vicieuses des lèvres maintiennent les mâchoires rapprochées, il y a une sorte de fausse ankylosé. V. Atrésie de la boüche.

JlKOPSIE ou Strabisme en haut. Mot impropre. V. Strabisme.

AIVOBEHIE. L’absence d’appétit avec ou sans fièvre constitue l’anorexie.

Contre l’anorexie fébrile il n’y a d’autre remède que la guérison de la maladie qui engendre la fièvre, mais l’anorexie apyrétique, de la chlorose, de l’anémie, de l’état languissant qui accompagne la scrofule et les cachexies, il faut donner la macération de quinquina ou de quassia amara, plusieurs verres par jour [3? — le vin d’aunée, de gentiane ou de quinquina É; la poudre de colombe, 50 centigrammes par jour l+j; — la poudre de rhubarbe, 30 centigrammes avant chaque repas ; — six à dix grains entiers de poivré noir |3 ; — de la graine de moutarde noire entière (Dioscoride) (3; — le suc de cresson, 100 à 200 grammes |3; — les eaux ferrugineuses gazeuses Œl; — le sirop d’arséniate de soude, 10 centigrammes pour 300 grammes de sirop de sucre; une cuillerée tous les matins à jeun [±]

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