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Thérapeutique de la pleurésie aiguë. — Quoique rangée dans les maladies aiguës, la pleurésie offre rarement beaucoup de fièvre et de réaction inflammatoire. Elle est insidieuse et se montre très-souvent à rétat chronique.

La pleurésie aiguë doit être combattue par les.^aignées générales et par les sangsues ou les ventouses scarifiées s’il existe un point pleurétique. Une ou deux saignées, une ou deux saignées locales par les sangsues ou par des ventouses scarifiées, voilà ce qui réussit le plus ordinairement.

Avec la saignée, il faut prescrire la diète, le repos au lit, les tisanes émollientes, les potions béchiques calmantes, destinées à modérer la toux et à provoquer le sommeil.

,Au bout de quelques jours, quand l’épancbement est formé et que le pouls est peu fréquent, il est bon de mettre un large vésicatoire volant sur le devant de la poitrine, puis, trois jours après, un second, un peu en dehors, du côté affecté, puis tous les jours un nouveau vésicatoire pendant la durée de la pleurésie, jusqu’à concurrence de six ou sept. On revient nécessairement à mettre un de ces emplâtres à une place déjà antérieurement vésiquée, mais peu importe ; quand un vésicatoire est sec, on peut immédiatement en placer un autre au même endroit.

A l’intérieur, je fais prendre quelquefois des diurétiques, le nitrate ou acétate de potasse, la teinture de Scille, de digitale ou de colchique. Cette dernière, à vingt ou trente gouttes, agit egalement comme léger purgatif,

Laennec donnait le tartre stibié, comme dans la pneumonie, dans une potion, et à la dose de 20 ou 25 centigrammes.

Alcoolature de bryone. — ^ 1 à 2 grammes pour 115 grammes d’eau sucrée. A prendre par cuillerées, tous les jours, — après avoir donné un vomitif, si les malades ont de l’embarras gastrique. (Despiney.)

Infusion d’arnica. — 4 grammes par litre d’eau, tous les jours.

D’autres médecins donnent le calomel uni à l’opium, à la dose de 20 ou 30 centigrammes par jour pour 5 centigrammes d’extrait tbébaïque.

Thérapeutique de la pleurésie latente. — Quand la pleurésie est latente, insidieuse, et n’offre pas beaucoup de réaction fébrile, il faut supprimer ou modérer la déperdition du sang et agir surtout par les vomitifs, les purgatifs, les diurétiques et les vésicants cutanés.

Au bout de quinze ou vingt jours de diète, alors que l’épanchement est encore considérable, les malades tourmentent beaucoup pour manger. Ces demandes constituent souvent un embarras très-grand pour le médecin, qui est indécis de ce qu’il doit faire et qui n’ose donner des aliments à un sujet malade et qui a de la fièvre. — Il faut résister autant que possible, mais cependant à cette époque de la maladie ou peut, si l’appétit est vif, céder et donner des aliments. Il n’y a pas une seule maladie aiguë dans laquelle on puisse, comme dans la pleurésie, donner à manger aux malades sans trop d’inconvénients pour les malades. — J’ai vu quantité de malades, tourmentés par la faim, sortir de nos hôpitaux, avec des épanchements plenrétiques encore considérables, aller manger chez eux et cependant guérir de leur maladie. Beaucoup sont morts sans doute aussi à la suite de ces imprudences; mais enfin, ce que je vou-

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lais établir est parfaitement exact, et d’ailleurs assez commun, c’est qu’on peut nourrir, mais avec précaution, les sujets arrivés à une certaine période de la pleurésie.

Traitement de la pleurésie chronique. — Dans la pleurésie chronique, qui succède à la pleurésie aiguë, ou qui débute ainsi d’emblée, ou qui est le résultat de produits morbides développés dans le poumon, les saignées sont rarèment indiquées. — S’il existe un point pleurétique, il faut le combattre par des ventouses scarifiées ou par des sangsues. Si les malades sout trop faibles, il faut, au contraire, mettre une petite mouche ammoniacale ou un petit vésicatoire volant, et panser avec 2 à 5 centigrammes de sulfate de morphine. La douleur cesse quelquefois à l’instant.

En outre, il faut donner aux malades des tisanes émollientes et pectorales, des potions adoucissantes et narcotiques.

Les vésicatoires volants, les petits moxas, les sétons, les frictions avec la pommade stibiée, l’huile de croton tiglium, trouvent ici une heureuse application.

Les révulsifs intestinaux, et particulièrement les purgatifs fréquemment répétés, doivent être prescrits dans cette circonstance aussi souvent et aussi longtemps que le permettent la constitution, la force et l’état local des malades.

Enfin, dans le cas de pleurésie aiguë ou chronique, lorsque l’épanchement est très-considérable ou immobile, c’est-à-dire d’une lenteur désespérante de résorption, on a songé à évacuer le liquide renfermé dans les plèvres à l’aide d’une opération chirurgicale. Cette opération a pour nom empyème ou thoracocentèse. Elle est d’une pratique facile, et il ne faut pas négliger de la pratiquer quand on en trouve l’indication.

Mise en honneur par Hippocrate, cette opération était peu à peu tombée dans l’oubli. Elle a été réhabilitée dans ces dernières années par MM. Faure, Cruveilhier, Hughes, J. Guérin, Bourgery, Sédillot, et par M. Raybard, qui a perfectionné le manuel opératoire de la manière la plus satisfaisante. C’est le procédé Reybard qu’il faut employer aujourd’hui si l’on veut rendre la thoracocentèse une opération inoffensive par elle-même et utile aux malades. C’est ce procédé qu’ou emploie généralement aujourd’hui.

Dans la pleurésie aiguë, quand l’épanchement est à gauche, très-considérable, donnant une matité absolue en arrière et en avant, et surtout au sommet de la poitrine ; quand le cœur est déplacé à droite, que les malades sont pâles et en apparence anémiques, que la respiration est courte et fréquente, il faut opérer, car ces malades peuvent mourir subitement en se tournant dans le lit.

Dans la pleurésie à droite, on peut différer davantage, parce que le cœur n’est pas déplacé et que la circulation cardiaque reste plus longtemps facile.

Néanmoins, quand l’épanchement est très-considérable et accompagué de matité au sommet, avec respiration courte et fréquente, ce qui est une menace de suffocation, il faut opérer.

Enfin, dans la pleurésie chronique, c’est quand l’épanchement reste stationnaire, et ne semble pas se résorber en quelques mois, qu’il faut recourir à la thoracocentèse.

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Autrefois on ouvrait le thorax sans précaution avec le fer rouge, avec une lancette, avec un bistouri, par une incision de 6 à 8 centimètres. Je ne décrirai pas ces procédés qui doivent être à jamais proscrits de la pratique. La ponction sous-cutanée de la poitrine est le seul procédé qu’il convienne d’employer.

On a un trocart dont la canule est uniforme et sans la gouttière ordinaire, seulement à la place de cette gouttière se trouve fixé un boyau de moutou, c’est-à-dire une baudruche préparée et mouillée. — La tige du trocart étant en place, on a donc l’instrument qui sert à la ponction. Si l’on retire la tige, reste une canule d’où pend un canal souple de haudruche mouillée pouvant laisser couler un liquide, mais pouvant s’aplatir par la pression atmosphérique et boucher l’orifice externe de la canule. C’est là tout ce qu’on voulait. Tout à l’heure je ferai voir eu quoi cette disposition heureuse est indispensable au succès de l’opération.

C’est enti’e la quatrième et la cinquième côte, en les comptant par en bas et au niveau d’une verticale tombée de l’aisselle, qu’il faut faire la ponction.

Alors on remarque cet espace, puis on fait remonter et glisser la peau en la tirant par en haut, à l’aide d’un pli qu’un aide doit maintenir. Sur cette peau ainsi remontée par glissement, à l’endroit indiqué entre la quatrième et la cinquième côte comptées par en bas, on fait une ponction superficielle à l’aide d’une lancette pour admettre la pointe du trocart.

On met le trocart dans cette plaie et Ton presse fortement en rasant le bord supérieur de la neuvième côte, de manière à éviter l’artère intercostale ; une sensation de résistance vaincue annonce qu’on a pénétré dans la plèvre. En retirant la tige du trocart, le liquide renfermé dans la plèvre s’écoule au dehors. A chaque expiration, le flot est plus rapide et il diminue l’inspiration. Ce phénomène est d’autant plus marqué qu’il reste moins de liquide dans la poitrine. Lorsque l’épuisement est presque complet, Tair tend à rentrer dans la canule à chaque inspiration, mais la baudruche mouillée qui sert de soupape ferme son orifice, et pas une bulle d’air ne peut pénétrer dans la cavité pleurale.

On retire alors brusquement la canule en laissant glisser la peau qu’on avait remonté par un pli ; on presse doucement sur elle et Ton essuie la blessure, cutanée qu’on ferme avec du taffetas d’Angleterre. Cette petite plaie descendue ne correspond plus alors au trou fait dans la plèvre, et le parallélisme est ainsi détruit de manière à empêcher l’entrée de Tair daus la poitrine.

On peut retirer ainsi tout le liquide en une fois, et la résonnance de la poitrine revient avec la respiration qui se fait entendre de nouveau, mais il vaut mieux ne pas agir ainsi. H est peut-être bon de ne pas vider tout le foyer, et il vaut mieux y revenir deux ou trois jours après. On peut aussi faire trois ou quatre ponctions.

Cette opération, pratiquée comme je viens de la décrire, n’a pas elle-même aucun danger, elle ne détermine pas d’accidents inflammatoires et n’ajoute pas aux dangers de la maladie. Elle est facile à exécuter. 11 ne faut donc pas hésiter pour la faire toutes les fois qu’on en trouvera l’indication dans l’une des circonstances formulées ci-dessus. V. TnoKACocEX- TÈSE.

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FORML'L-ilRE DE LA PLETRÉSIE AIGLE.

Boisson antiphlogistique.

Tisane d’orge . -1000 grammes.

Sirop de vinaigre . 100 id.

Nitrate de potasse. * . 6 id.

Une petite tasse toutes les heures. Dans la pleurésie avec fièvre inflammatoire.

On connaît également cette prescription sous le nom de tisane tempérée de Stoll. Quelques auteurs, qui n’ont jamais vu administrer le nitrate de potasse à haute dose, et qui n’ont pas compris Stoll, ont réduit à 2 grammes la proportion du nitre.

(Bouchardat.)

Mixture nitreuse.

Nitrate de potasse . 5 grammes.

Miel pnr . 20 id.

Faites dissoudre dans :

Eau . 500 grammes.

Par demi-tasses dans la journée, comme boisson tempérante et diurétique.

Emplâtre de poix.

Poix de Bourgogne.

Colophane .

Cire jaune .

Huile de muscade. .

Huile d’olive. . . .

Eau .

. 740 srammes.

. 370 id.

iâ 120 id.

. 30 id.

ââ 5 centilitres.

Liquéfiez ensemble la cire, la poix, la colophane et la résine 3 ajoutez les huiles et l’eau, mêlez le tout, évaporez en consistance convenable.

A mettre dans le dos au début de la pleurésie.

(Ph. Lond.)

Emplâtre '^mercuriel.

Application d’un emplâtre de protoiodure de mercure; une partie pour huit parties d’onguent cilrin.

Cataplasme antipleurétique.

Gingembre en poudre . . .

Poivre long en poudre . . .

Blancs d’œufs .

Mêlez selon l’art.

50 grammes, q. s.

Emplâtre stibié.

Emplâtre de poix de Bourgogne de largeur variable, suivant le lieu d’application. On saupoudre avec 6 décigrammes à 2 grammes d’émétique.

Dérivatif très-utile et très-employé.

Julep contro-stimulant.

Emétique . 3 décigrammes.

Infusion de feuilles d’oranger. . 150 grammes. Sirop de gomme . • . . . 40 id.

Par cuillerée, tous les quarts d’heure. (Rasori.) Julep de bryone.

Julep ou looch dlacodé . 120 gi-ammes.

Alcoolature de bryone . 3 à 4 id.

Une cuillerée toutes les deux heures. (Laennec). Acétate de potasse, de 30 à 60 grammes dans la tisane.

Teinture de scille, 2 à 3 grammes par jour en potion.

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Ernétirque à haute dose eipommade stibiée en frictions.

Calomel à l intérieur, 20 centigrammes par jour ; frictions avec onguent mercuriel.

Musc en poudre, depuis 30 centigrammes 3 en teinture, de dix à vingt gouttes 3 associé à l’opium.

PLEL'RODTXii;. La douleur rhumatismale des parois thoraciques constitue la pleurodynie. V. Nétralgie intercostale.

L’action du froid est la cause ordinaire à la pleurodynie.

Thérapeutique. — Des ventoiLses sèches, un sinapisme, des ventouses scarifiées, des sangsues, de la teinture d’iode, des injections hypodermiques de morphine, des vésicatoires volants, saupoudrés de 2 centigrammes de morphine et un large vésicatoire volant sont les meilleurs moyens de guérir la pleurodynie.

Acupuncture. On entend par ce mot la piqûre méthodique de certaines parties, à l’aide d’aiguilles métalliques, dans le but d’obtenir un effet curatif. Ce moyen est utilement employé dans le traitement d’affections rhumatismales apyrétiques et dans certaines pleurodynies.

Uniment stimulant anglais,

(Baume de vie.)

Savou médicinal râpé . 3) grammes.

Faites dissoudre dans :

Esprit de serpolet . 2000 grammes.

Essence de térébenthine .... 150 " id.

Puis ajoutez :

Ammoniaque liquide . 16 grammes.

En frictions, contre la pleurodynie.

Uniment contre la douleur pleurétique.

Huile d’olive . j

Miel de Narbonne . 1 ââ 50 grammes.

Térébenthine fine . )

Mêlez et agitez chaque fois. 4 grammes en topique.

(Andry.)

Baume soufré térébenthiné.

Huile volatile de térébenthine. . 80 grammes.

Soufre sublimé et lavé . 10 id.

Préparez comme le précédent. Il a les mêmes usages, mais il est plus actif. (Ruland.)

. Opiat térébenthiné.

Gomme arabique en poudre. . . 50 grammes.

Sucre en poudre . . . 20 id.

Mêlez, et ajoutez peu à peu :

Essence de térébenthine . 10 grammes.

Sirop de fleur d’oranger . 40 id.

12 grammes trois fois par jour, dans le traitement des névralgies. (Martinet.)

Pi.EURO-PXEL‘]!IOXIE. V. PNEUMONIE.

PEIQEE. L’agglutination des cheveux par un liquide fétide, suintant du cuir chevelu et formant un feutrage capillaire, résistant, épais et difficile à couper, forme la plique.

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C’est en Pologne et dans le nord qu’on rencontre la plique, pour cette raison appelée plique polonaise.

Des malaises, une courbature douloureuse et de la fièvre accompagnés de pesanteur, de picotements, de chaleur et de douleur au cuir chevelu, bientôt suivis d’une sueur fétide, épaisse, qui agglutine les cheveux, voilà la plique.

Il faut de quelques heures 'a cinq jours pour xjue la plique se développe et ait agglutiné les cheveux.

Le feutrage des cheveux formé par la plique, ressemble à une éponge mouillée, dont on fait sortir par incision des gouttelettes de liquide épais et infect.

La plique se montre quelquefois ailleurs que sur le cuir chevelu, et elle affecte les poils de la barbe, de l’aisselle et du pubis.

Il ne semble pas (|ue les cheveux malades de la plique soient altérés dans leur structure.

Bien que l’on ignore entièrement les causes de la plique polonaise, il ne serait pas injpossible que ce soit une maladie parasitaire du cuir chevelu, produisant une sécrétion sudorale, ayant pour conséquence l’agglutination des longs cheveux qu’on a l’habitude de porter dans le pays.

La plique dure de quelques mois à quelques années, et à tout instant il se fait sur la tête des poussées successives qui augmentent l’épaisseur et la fétidité du feutrage formé par les cheveux agglutinés.

Thérajieutique. — Couper les cheveux et mettre à découvert le cuir chevelu, voilà la première indication à remplir dans le traitement de la plique.

Des lotions alcalines, astringentes, sulfureuses ou mercurielles, et l’application de pommades balsamiques, doivent être opposées à la plique.

PLOMB. Métal dont les composés vénéneux sont très employés en thérapeutique à des doses déterminées par de nombreuses observations. C’est à la préparation des sels de plomb et de l’absorption des particules de ce métal qu’on doit la production des maladies saturnines (colique de plomb, épilepsie et amaurose saturnine, paralysie des extenseurs des doigts ou des orteils, douleurs rhumatoïdes, anesthésie, etc.). Quoi qu’il en soit, l’usage des sels de plomb en thérapeutique est très-habituel.

Vacétate s’emploie à l’intérieur contre les sueurs des phthisiques, contre la phthisie et contre la diarrhée chronique, tandis qu’à l’extérieur on en fait une eau et une pommade astringentes employées contrôles brûlures (Y. Acétate DE plomb).

Viodure de plomb s’emploie en pommade résolutive des engorgements inflammatoires ou scrofuleux dirouiques. On emploie aussi, mais beaucoup moins souvent, le stéarate de plomb»

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plo.mbac;e des dea^ts. V. Maladies

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