‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 573 sur 731 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

les plaies y sont pansées tous les jours, qu’on n’emploie plus de topiques irritants, on pourra admettre que la pourriture d'hôpital était une des conséquences du pansement rare.

Dans les hôpitaux d’enfants on observe quelquefois de la pourriture d’hôpital, mais à y bien regarder on voit qu’il s’agit souvent de diphthérite, quelquefois d’exsudations fibrineuses, comme celles qui existent sur les vésicatoires d’individus atteints de pneumonie, quelquefois enfin d’ulcérations scrofuleuses et d’ulcérations désignées autrefois sous le nom de scorbutiques.

%*Ghez les vieillards, la pourriture d’hôpital offre presque toujours la forme plastique ; elle résulte d’écarts de régime, d’embarras gastrique; c’est une inflammation de la plaie ou de l’ulcère. |

On a admis une pourriture d’hôpital h forme ulcéreuse, caractérisée par des ulcères des bourgeons charnus ulcérés ayant débuté par une vésicule à bords déchiquetés, se multipliant, donnant issue à une sérosité fétide et fournissant des hémorrhagies ; toute la plaie devient ensuite ulcéreuse et l’ulcère envahit la peau saine autour de la plaie. Il y a des douleurs vives.

La pourriture d’hôpital, manifestée par des dépôts plastiques ou à forme pulpeuse (Dussaussoy, Delpech) est la diphthérite des plaies (Bretonneau), elle est constituée par des dépôts de couenne ou pseudo-membranes au-dessous desquels on trouve les bourgeons charnus ulcérés présentant des solutions de continuité à bords taillés à pic. Il y a souvent des ecchymoses et des hémorrhagies produites par les ulcérations.

La pourriture d’hôpital se complique de phlébite, d’angioleucite, d’érysipèle et d’infection purulente, comme toutes les autres inflammations. Localement la pourriture d’hôpital se complique ordinairement du phlegmon de la partie où siège la plaie.

%* Lamort dans la pourriture d’hôpital arrive après des symptômes généraux qui ne sont autres que ceux de la fièvre hectique ou de l’infection putride chronique V. ce mot^

La iiourriture d’hôpital ne peut être confondue qu’avec les dépôts plastiques qui recouvrent les plaies de certains blessés atteints d’embarras gastrique. Mais il n’y a pas de dommage, les lésions sont du même ordre. Il en est de même du scorbut local (J. Cloquet), ainsi que des plaques couenneuses qui se développent sur les plaies de fistules vésico-vaginales et de plaies de taille. Enfin les ulcères scorbutiques observés dans les campagnes militaires sont encore des lésions qu’on peut et qu’on doit confondre avec la pourriture d’hôpital, car ces déni lésions sont une seule et même chœe.

%* Tout le diagnostic de la pourriture d’hô-

1H)IJU

pital SC résume à préciser quelle, est la nature de l’état général qui engendre une altération inflammatoire de la plaie.

On a vu la pourriture d’hôpital régner épidémiquemeut et avec une gravité horrible ; mais Dupuytreii l’a dit il y a bien longtemps, et cela ne s’est vu que fort loin des hôpitaux de Paris.

Richerand et Boyer ont dit que la pourriture d’hôpital se terminait d’une façon favorable en huit ou quinze jours. Cette marche de la maladie est, de toute évidence, celle d’une inflammation.

Thérapeutique, — Améliorez la santé des individus atteints de scorbut, traitez la diphthérite qui menace de s’établir, purgez les blessés qui ont de l’embarras gastrique, ne pansez pas les plaies contuses récentes avec des digestifs, tels que le styrax et l’onguent de la mère; pansez les plaies tous les jours, n’accumulez pas les blessés en si grande quantité que vous ne puissiez pas les panser tous les jours, et tous n’aurez point de pourriture d’hôpital. V. Scorbut, Diphthé-

Page 1