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l’état normal. Dans l’hypertrophie totale de la prostate cet organe remonte dans le petit bassin. Hors l’état de congestion prostatique, l’hypertrophie prostatique totale n’enlraîne pas la rétention d’urine (Vidal, de Cassis).
Les hypertrophies partielles de la prostate sont aussi le privilège de la vieillesse; elles sont constituées par une tumeur régulière, plus dure que l’hypertrophie totale de la prostate. Lorsque l’hypertrophie occupe un seul lobe, et
Fig. 471. — Hypertrophie du lobe moyen de la prostate. — A. Tumeur. (Phillips.)
lorsqu’il y a un corps fibreux de la prostate, la rétention d’urine est souvent habituelle.
Fig. 472. — Hj-pertrophie du lobe moyen, fausse route à travers ce lobe. (Phillips.)
L’hypertrophie du lobe moyen ou de la valvule prostatique n’est pas toujours accom-
pagnée d’une ^nde tuméfaction de Porgane, et dans ces conditions le cathétérisme seul permet
Fig. 473. — Valvule prostatique. — B. Verumontanum. — A. Valvule.— CC . Hypertrophie latérale delà prostate. La prostate D, D' est augmentée de volume. (Phjillips.)
de préciser qu’il y a hypertrophie du lobe moyen.
Toutes les hypertrophies partielles de la prostate s’accompagnent de douleurs vagues et de rétentions plus ou moins permanentes d’urine avec de la difficulté à aller à la selle et ténesme, le bol fécal peut présenter quelquefois un sillon (J. L. Petit) qui est assez souvent effacé pendant le passage de l’excrément à travers le sphincter anal (Bichat).
Les hypertrophies partielles de la prostate causent la rétention d’urine, tandis qu’au contraire les hypertrophies générales causent quelquefois l’incontinence. Cette proposition est paradoxale et n’a rien d’absolu.
On reconnaît les hypertrophies prostatiques par les signes qui viennent d’être énumérés, mais le cathétérisme donne les meilleurs renseignements. Dans les hypertrophies totales on trouve, en introduisant un cathéter, un obstacle en arrière du pubis, le bec de la sonde arc-boute contre la prostate, lorsqu’on fait pénétrer la sonde en abaissant fortement son pavillon, on est obligé d’introduire assez longtemps l’instrument avant de donner issue à l’urine. Avec une sonde graduée on peut calculer l’étendue de la prostate. Voici comment : le doigt introduit dans le rectum sent la sonde arrêtée par la prostate, la longueur de la portion de la sonde encore hors de l’urèthre, comparée à la longueur de la même portion de la sonde au moment où l’on est arrivée dans la vessie, et où il sort de l’urine, indique la longueur de la prostate (Vidal, de Cassis).
Toutes les fois que la prostate irrégulièrement tuméfiée n’est pas très -volumineuse, quand l’urine n’est point troublée, quand la
sonde est déviée plusieurs instants avant que l’urine coule, il y a hypertrophie d’un lobe latéral probable, à l’exclusion de toute autre affection.
On reconnaît l’hypertrophie du lobe moyen et la valvule à la facilité de l’introduction de la sonde, comparée à la rétention absolue d’urine ou à une déviation de la sonde juste au moment où l’urine s’échappe, à la difficulté pour faire tourner la sonde sur son axe après son introduction dans la vessie.
Pour préciser le degré d’hypertrophie des lobes prostatiques, l’existence de la valvule, on se sert d’une sonde à petite courbure, que l’on retourne dans la vessie, et à la courbure de laquelle on fait décrire un mouvement de rotation complet; l’impossibilité de passer librement indique l’existence de la valvule.
Les sondes à empreintes sont complètement insuffisantes pour le diagnostic des hypertrophies de la prostate.
Si le cathétérisme est indispensable pour juger les hypertrophies partielles ; il n’est pas nécessaire pour les hypertrophies totales, cellesci arrivant à un grand volume et se montrant très-saillantes dans le rectum, sont reconnues par le toucher rectal, même quelquefois par le toucher rectal uni au palper abdominal (Nélaton), lorsque l’hypertrophie prostatique est considérable.
Les hypertrophies de la prostate causent des cystites du col, le catarrhe vésical, les lésions consécutives des reins, des calculs vésicaux (E. Home), mais il est possible que l’hypertrophie prostatique soit aussi la suite de calculs vésicaux. V. ce mot.
Une hypertrophie totale de la prostate ne peut être confondue avec un cancer ou des tubercules , car sa dureté et son indolence s’y opposent. La situation de la tumeur ne permet pas de songer à une tumeur du petit bassin. Les calculs développés dans le centre de la prostate simulent l’hypertrophie totale^ mais dans ce cas la tumeur n’est pas toujours régulière, il y a des points mous à côté d’un point très-dur. Si le calcul a envahi toute la prostate, celle-ci a une dureté pierreuse, et en même temps on sent avec la sonde, du côté dt l’urèthre, le choc du calcul
Les hypertrophies des lobes latéraux ne peuvent être confondues qu’avec des calculs de la prostate, mais dans ceux-ci il y a parfois des hémorrhagies par l’urèthre, quelques calculs ont été rendus et des douleurs assez vives existent au périnée.
On ne confondra pas les hypertrophies du lobe moyen et la valvule avec un calcul en-
Ichatonné au niveau du col vésical, si l’on se sert de la sonde de Mercier. S’il s’agit d’un calcul, on ne déplacera pas la sonde aussi facile-
ment que dans le cas de valvule ; on sentira un choc sourd, et le plus souvent le choc sec de la pierre sous la sonde. L’état des urines peu altérées, la rareté des hémorrhagies, l’absence de sels cristallisés et de petits graviers dans les urines, doivent faire penser qu’il y a une valvule prostatique ou une hypertrophie du lohe moyeu et non un calcul. V. Grayelle et Cae- CüLS VÉSICAUX.
Les tumeurs de la prostate chez les vieillards doivent toujours faire songer à une hypertrophie.
Thérapeutique. — La plupart du temps, les hypertrophies de la prostate ne sont accessibles qu’à un traitement chirurgical palliatif. Les hypertrophies totales sont toujours dans ce cas. L’hypertrophie du lobe moyen, au contraire, a été l’objet de beaucoup de tentatives qui , toutes , n’ont pas été heureuses. Le traitement médical et surtout hygiénique est une des ressources les plus précieuses.
Le traitement médical des hypertrophies de la prostate consiste dans les préparations mercurielles à l’intérieur (J. L. Petit).— On donnera des pilules de protoiodure de 25 milligrammes ; on emploiera les suppositoires d’emplâtre de Vigo (V, AnéNiTE) (Vidal, de Cassis); on donnera l’iodure de potassium, à la dose de 1 gramme par jour. — Les sangsues au périnée sont quelquefois utiles.
On donnera des purgatifs (E. Home); huile de ricin, 30 grammes; et de temps à autre des lavements de séné.
Les malades prendront deux bains par semaine, ne boiront que peu de vin, ne mangeront pas de substances épicées, éviteront les excitations présides femmes ; ils ne laisseront pas l’urine s’accumuler dans la vessie; ils urineront souvent, toutes les quatre heures et debout.
On enverra les malades aux eaux minérales indiquées à l’article Cystite chronique.
Contre l’hypertrophie prostatique, on a conseillé ' les eaux minérales (H. Thompson) et les bains de mer.
L’électricité localisée sur le périnée (Tripier) a été vantée contre les hypertrophies prostatiques.
Le traitement palliatif des hypertrophies de la prostate est le traitement des accidents : la rétention d’urine et la cystite.
Pour sonder un malade atteint d’hypertrophie prostatique générale , on le place dans la position de l’opération de la taille. On se sert d’une sonde métallique à petite courbure (Mercier) et à angle presque droit (Leroy, d’ÉtioUes), ou d’une sonde de gomme élastique avec un mandrin (courbé comme la sonde métallique précédente. Lorsque la sonde est introduite jusque sous le pubis, le doigt de la main droite, introduit dans le rectum, repousse le bec de la sonde en haut, en même temps que la main gauche bascule en bas le pavillon de la sonde. On tâtonne ainsi sans mettre de force et l’on abaisse peu à peu la sonde jusqu’à ce qu’elle soit parallèle à Taxe des cuisses. Quand elle est arrivée en cette position, on pénètre facilement dans la vessie. On laisse cette sonde à demeure pendant vingt-quatre heures ou quarante-huit heures, au plus, après quoi on passe une sonde de caoutchouc de Galante à demeure, et, plus tard, on sonde le malade quatre fois par jour, lorsqu’il commence à uriner seul.
On donne do grands bains prolongés au inaladoj on lui fait suivre un régime. Y., plus haut, le traite^ ment médical.
Une soude à bec court et très-recourbé (Sabatier) peut être utile pour franchir une prostate hypertrophiée, lorsque les sondes à petite courbure droite ont échoué.
Pour sonder un malade atteint d’hypertrophie d’un des lobes latéraux de la prostate, on opère de la même façon que pour l’hypertrophie totale ; seulement, après que la sonde est entrée dans la région prostatique, on manœuvre avec lenteur. Les sondes à grande courbure sont quelquefois utiles là où la sonde à petite courbure a échoué.
On engagera les malades à faire des efforts pour uriner, et, dans ce moment, on passera quelquefois facilement, car, eu voulant uriner, le malade relâche ses muscles et fait cesser de lui-même l’élément spasmodique qui surajoutait un obstacle au cathétérisme.
Pour sonder un malade atteint d’hypertrophie du lobe moyen de la prostate, si Ton ne réussit pas avec la sonde à petite courbure, on se servira de la soude de gomme, armée d’uu mandrin courbé, à peu près comme la sonde de trousse. On introduira la sonde jusqu’à l’obstacle, puis ou retirera un peu la sonde, et alors on fera glisser la sonde sur le mandrin. Le bec de celle-ci se dirigera dans une direction suivant la prolongation imaginaire de la courbure de la sonde et s’engagera en se pliant à la forme de l’orifice vésical (procédé de Ghopart, Hey, Pasquier et D. Després).
Il est toujours possible de pénétrer dans la vessie d’un malade atteint d’hypertrophie de la prostate, le tout est de s’y prendre avec précaution, patience, douceur et tâtonnements ; même quand des fausses routes ont été déjà faites, la chose n’est pas impossible ; cependant, si Ton ne pouvait parvenir à sonder un malade, on devrait évacuer Turine.
Pour cela, oh pourrait faire la ponction de la vessie par la prostate (Dessault), par le périnée (Ledran), par Thypogastre (Riolan, Gareiigeot), par le rectum (Fleurant). V. Rétention d’urine.
On ne peut tenter ni la ponction périnéale, ni la ponction par le rectum. La ponction par Turèthre, avec une sonde à dard, ou en forçant avec une sonde métallique, quand ou est sûr d’être près du col de la vessie, a réussi entre les mains de Desault, dans un cas où la soude était engagée dans une fausse route. Robert a poussé avec force une sonde métallique et a fait une sorte de ponction de la prostate par Turèthre; mais ce procédé n’est pas toujours applicable, quoiqu’on Tait souvent pratiqué involontairement.
La ponction hypogastrique sera préférée. V. Rétention d’urine.
Traitement curatif des accidents. — Dans le cas d’hypertrophie totale de la prostate, pour rétablir le cours de Turine, on laisse des sondes à demeure, et il n’est pas besoin même de mettre des sondes d’un volume progressif. Si Ton a eu de la peine à introduire une sonde métallique, on la laissera en place ; mais les sondes élastiques doivent être préférées. Weiss, coutelier à Londres, a fait une sonde élastique de métal qu’Everhard Home a pu laisser quinze jours dans la vessie. Les sondes de gomme, introduites avec un mandrin que Ton retire ensuite, s’encroûtent facilement et doivent être changées au moins tous les
deui jours. Les sondes à anneaux articulés de Gharrière sont assez bonnes. Le dilatateur à boule de plomb (Miquel d’Amboise), les dilatateurs articulés de Meyrieui et Tanchou sont compliqués. En général, la sonde à demeure est le seul moyen un peu efficace contre l'hypertrophie totale de la prostate, pour rétablir le cours de l’urine, mais on ne peut faire diminuer sûrement la prostate.
La compression, par un tampon placé dans le rec-, tum (Leroy, d’Étiolles), est inefficace. La pince à trois branches (V. Galccls yésicaux), introduite dans ce col et attirée au dehors, dilate bien le col, mais elle comprime la muqueuse vésicale et détermine des accidents inflammatoires Le dépresseur à coulisse, de Mercier, constitué par une soude à deux courbures et une tige conductrice droite, est passible du même reproche.
Les hypertrophies des lobes latéraux de la prostate ne peuvent être traitées avec avantage que par les sondes à demeure.
Les hypertrophies du lobe moyen et la valvule prostatique et les valvules vésicales ont été traitées par l’incision (Mercier). C’est là une opération exposée à de nombreuses critiques. Par exemple, l’impossibilité de préciser qu’il y a seulement une valvule prostatique, et surtout l’insuffisance d’une incision.
L’incision de la valvule prostatique se fait avec l’inciseur fixe ou l’inciseur mobile, comme pour les valvules du col de la vessie. V. Vessie.
L’iuciseur simple est une sonde à petite courbure, fendue; dans la convexité de sa courbure, il y aune lame que l’on fait saillir au moyen d’une tige mobile.
Pour inciser la valvule prostatique, on introduit la sonde par le procédé ordinaire du cathétérisme , on tourne le bec en arrière et l'on tire la tige, la lame sort; on répète la manœuvre à plusieurs reprises ; on repousse la tige, l’instrument est retourné et on le retire. Des injections d’eau tiède sont faites dans l’urèthre. On place le malade dans un grand bain et on lui applique des cataplasmes sur le ventre.
Les instruments pour couper d’ai’rière en avant (Civiale) ne sont pas bons.
On excise la valvule avec l’emporte-pièce de Mercier.
On inti’oduit l’instrument fermé. Arrivé au col de la vessie, on ouvre l’instrument, on lui fait faire un quart de rotation sur son axe ; on s’assure que la valvule est entre les mors de l’instrument par tâtonnements. Lorsque la valvule est sentie, on fait saillir le dard au moyen d’une tige à coulisse ; la valvule ainsi embrochée est coupée par les bords tranchants des mors B et C (fig. 474).
L’incision a plus d’une fois causé de très-graves
accidents. Jusqu’ici rien ne doit donc être préféré à la dilatation.
La résection de la valvule prostatique expose à des hémorrhagies abondantes que l’on arrête par des injections froides et des compresses glacées sur le ventre.
La cautérisation de la prostate a été tentée ; on la pratique avec le porte-caustique de Lallemand ou de Mercier.
La cautérisation du col de la vessie cause des inflammations violentes.
Plaies de la prostate. — Les plaies de la prostate peuvent être produites par des instruments de toutes sortes ; elles guérissent facilement, et si la plaie n’a pas détruit une partie de l’organe, tout se borne à une hémorrhagie légère, quelquefois à l’écoulement d’un liquide filant qui est le liquide prostatique.
Dans les plaies de la prostate, l’urine coule au moment où la miction s’effectue si le col de la vessie est respecté; elle coule incessament si la vessie a été ouverte.
Les fausses routes faites dans la prostate se révèlent par les symptômes des autres fausses routes, et la profondeur à laquelle est engagé l’instrument indique le mal (V. Cathétérisme (Accidents du). En effet, si l’on sonde avec une sonde métallique et si l’on introduit la sonde sans encombre jusqu’au moment où l’on bascule, il est probable qu’il s’agit d’une fausse route de la prostate qui arrête Tinstrument. V. Hypertrophie de la prostate.
La prostatite, la phlébite, la rétention d’urine , compliquent assez rarement les plaies de prostate.
Thérapeutique. — Contre les plaies de la prostate, avec plaie extérieure, on emploiera le traitement des plaies simples. On laissera une sonde à demeure dans la vessie ou Ton fera le cathétérisme répété à chaque besoin (Velpeau); mais la sonde à demeure est ce qu’il y a de meilleur s’il y a une fausse route.
On appliquera dix à quinze sangsues au périnée à la première marque d’inflammation.
Tubercules de la prostate. — Les tubercules se développent d’emblée (Verdier, E. Godard) dans la prostate, ou après la tuberculisation du testicule.
La tuberculisation des organes génitaux urinaires n’est pas toujours accompagnée de tubercules pulmonaires (Velpeau).
%* Les signes de la tuberculisation primitive de la prostate sont ceux d’une prostatite chronique, qu’on peut appeler prostatite tuberculeuse; souvent cependant tous ces signes font défaut et il ii’y a qu’une induration de la prostate, révélée par le toucher rectal; on constate rarement un écoulement (blennorrhagie tuberculeuse, Ricord) ; les hématuries sont rares ; à moins de développement énorme de la prostate, il n’y a pas de rétention d’urine.
Les signes de la tuberculisation consécutive de la prostate sont les signes précédents, plus des tubercules du testicule (V. Testicule), avec des indurations du canal déférent et des indurations prostatiques.
Les tubercules de la prostate ramollis donnent lieu à des abcès chroniques, suivis de fistules et de cavernes, qui ont les caractères des abcès de la prostatite aiguë ou chronique, compliquée de perte de substance de la prostate. Quelquefois les tubercules passent à l’état crétacé. Quelquefois aussi les tubercules restent longtemps stationnaires, comme cela arrive dans les cas de tuberculisations prostatiques consécutives aux tubercules du testicule.
La suppuration des tubercules de la prostate s’annonce par une tuméfaction subite de l’organe, par la rétention d’urine complète ou incomplète, et quelquefois par des orchites à répétition.
Thérapeutique. — On traitera les tubercules du testicule et les tubercules pulmonaires par les moyens généraux (V. Phthisie); les vésicatoires volants au périnée sont parfois utiles. On ouvrira les abcès lorsqu’il s’agit de la prostatite aiguë. On fera des injections détersives dans les cavernes ouvertes à l’intérieur, et l’on fera des contre- ouvertures s’il est nécessaire pour favoriser l’écoulement du pus.
Voyez, pour le traitement général. Phthisie, Tubercules PULMONAIRES et FiSTULES URINAIRES.
Ulcérations de laprostate (Morgagni). — Les ulcérations de la prostate sont dues à des fausses routes , à des ouvertures d’abcès de la prostate dans. l’urèthre; elles sont dues encore au passagedes calculs sortis de la prostate par l’urèthre. Elles résultent quelquefois d’anciennes blennorrhagies. Y. Prostatite aigue et chronique , Uréthrite.
On reconnaît les ulcérations de la prostate aux antécédents inflammatoires ou calcüleux, à la présence de sang formant dans l’urine des petits caillots, à une douleur très-vive pendant l’introduction d’une sonde, mais on ne peut rien affirmer. La spermatorrhée, la prostatorrhée accompagnent quelquefois les ulcérations de la prostate.
Thérapeutique. — On traitera la prostatite chronique, et les calculs de la prostate, par les moyens appropriés. — Les injections d’eau tiède avec quelques gouttes de laudanum d’abord , puis, si elles ne sont pas suffisantes, les injections à l’alun, au sulfate de zinc, au tannin, au nitrate d’argent (V. Uréthrite BLENNORRHAGiQCE CHRONIQUE), Seront mises en usage.
11 est bon de porter avec ime sonde sur la partie malade les pommades avec 30 grammes d’axonge et 1 gramme d’alun ou de calomel.
Lorsque les ulcérations persistent, on cautérisera avec le porte-caustique de Lallemand. Ce traitement (V'elpeau) doit être complété par les grands bains, le régime et les eaux minérales, recommandés pour la cystite chronique. V. Uréthrite.
Varices de la prostate (Chopart, Laugier). — Les varices de la prostate sont difficiles à reconnaître sur le vivant ; s’il y avait des hémorrhagies uréthrales, sans symptômes autres de lésions des voies urinaires (J. L. Petit), des tumeurs molles, lobulées , senties par le toucher rectal, on pourrait peut-être soupçonner des varices du col ulcérées et des varices prériprostatiques.
*** Peut-être faut-il attribuer à des varices prostatiques la constipation, les pesanteurs au périnée et un état hypochondriaque chez les individus ne présentant aucun signe de lésion de la prostate, et qui ont en même temps des varices des membres ou des hémorrhoïdes.
Thérapeutique. — Si les varices de la prostate sont recoimues, tout le traitement consistera en bains de siège frais et en demi-lavements froids fréquents. — Les malades éviteront les fatigues et les excès , et feront leur possible pour ne pas rester longtemps assis.
PROSTATITE AIGUË. La prostatite aiguë est l’inflammation de la prostate. Une plaie, une blennorrhagie, la cystite du col, un calcul, une cystite chronique, en sont les causes.
Dans la prostatite aiguë, l’inflammation siège sur la muqueuse, et c’est une uréthrite limitée ou une cystite du col, ou bien elle siège dans la prostate même, c’est la prostatite vraie, prostatite glandulaire (Lallemand), ou bien enfin elle occupe la loge prostatique, c’est le phlegmon périprostatique ou la périprostatite.
Sauf la prostatite de la muqueuse, qui a les caractères d’une cystite du col, la prostatite glandulaire et la périprostatite se révèlent par les mêmes symptômes, une douleur gravative au périnée, avec sensation de chaleur, excrétion de l’urine goutte à goutte, ténesme vésical et anal (Boyer). La flexion du tronc (Vidal, de Cassis) est un signe de peu de valeur. La sonde introduite dans l’urèthre est arrêtée au niveau de la prostate, où il y a une douleur vive. Le toucher rectal apprend que la prostate est dure, douloureuse et augmentée de volume.
Les prostatites aiguës causent l’hypertrophie de la prostate et la prostatite chronique, lorsqu’elles ne se terminent pas par une péritonite du petit bassin, et par un abcès chaud de la prostate et du tissu cellulaire périprostatique.
Les abcès chauds de la prostate se forment dans la prostate (J. L. Petit, Velpeau), dans le tissu cellulaire périprostatique (Velpeau), les premiers tendent à se faire jour dans l’urèthre et la vessie (J. L. Petit, E. Home, Béclard), les autres proéminent vers le rectum et vers le périnée, où ils^se montrent avec les caractères d’un abcès chaud du périnée Le redoublement des épreintes, la difficulté d’aller à la selle, la
chaleur, les battements et les élancements au périnée indiquent qu’il s’est formé un abcès de la prostate.
*** Les abcès prostatiques ne sont flnctuants que très-tard, les abcès périprostatiques offrent de la fluctuation par le toucher rectal Les abcfô qui font sailbe dans l’urèthre sont reconnus à la difficulté croissante du cathétérisme.
Les complications propres aux abcès de la prostate sont la destruction de la prostate (Pigeaux), les fusées purulentes dans le petit bassin, si l’abcès est périprostatique, et l’infection purulente.
Des symptômes adynamiques observés chez les vieillards atteints de prostatite coïncidant avec une lésion de la vessie et des reins doivent être en rapport avec une urémie consécutive.
Il arrive quelquefois que dans la cavité de l’abcès ouvert du côté de la vessie il se forme un abcès urineux.
La prostatite aiguë ne sera pas confondue avec une cystite du col ; car dans cette dernière maladie l’urine est trouble, contient quelquefois du sang et au début des accidents les malades souffrent en urinant. Les calculs vésicaux causent des douleurs qui ne sont pas persistantes, puis eu faisant placer le malade à genou 011 le soulage (Dugas), parce que le calcul > se déplace. Dans la prostatite, la prostate est douloureuse par le toucher rectal.
Les abcès chauds de la prostate ne peuvent être confondus qu’avec les abcès latents ou dus à une inflammation chronique autour d’un calcul.
Les lésions inflammatoires aigus et chroniques retentissent sur les vésicules séminales qui peuvent s’enflammer, s’obUtérer, et sur les canaux éjaculateurs qui peuvent être oblitérés, enfin le retentissement peut aller plus loin et causer des orchites.
Thérapeutique — On placera quinze à vingt sangsues au périnée ou sur la face du rectum correspondant à la prostate (Bégin). Pour cela, on se servira d’un spéculum conique fermé avec ouverture latérale. On applique des cataplasmes sur la région périnéale, préalablement graissée avec l’onguent.
Onguent mercuriel . 30 grammes.
Extrait de belladone. . 4 id.
(Velpeau.)
Ou :
Onguent mercuriel . 30 grammes.
Cérat opiacé . 24 id.
Laudanum de Sydenham .... 4 id.
(Hôp. de Paris.)
On donnera des quarts de lavements opiacés, avec huit gouttes de laudanum, des bains de siège de deux heures.
Le malade boira des tisanes de graine de lin ou de gomme ; il suivra un régime aux bouillons et au lait.
Une incision prématurée au périnée, faite comme pour l’opération de la taille (Lallemand), n’est indiquée que s’il y a rougeur et œdème des téguments.
Les abcès qui tendent à s’ouvrir, daus la vessie et îÉirèthre, peuvent être abandonnés aux efforts de la nature ; on les ouvre quelquefois involontairement en sondant les malades (J. L. Petit, E. Home, Béclard, Bonnafond, Bertherand) .
Lorsqu’il y a de l’œdème et de la rougeur au périnée, l’abcès tend à sortir par le périnée, on doit alors faire une incision comme pour la taille, en incisant le périnée couche par couche (Lallemand, Giviale).
On incisera les abcès proéminents du côté du rectum, et qui sont fluctuants, avec le bistouri (Velpeau). 11 ne reste pas habituellement une fistule après cette incision (Ricord et Gazil). On peut ouvrir l’abcès à l’aide de l’ongle taillé en pointe (D. Després).
Les abcès bien reconnus, qui font saillie du côté de l’urèthre et de la vessie, seront ouverts à l’aide d’une sonde métallique, tournée et retournée dans le col et la portion prostatique de l’urèthre.
On fera des injections d’eau tiède dans la vessie, on donnera des lavements fréquents, suivant que l’abcès aura été ouvert dans la vessie ou dans le rectum.
On traitera les complications par les traitements appropriés. V. Infectiox purulente. Péritonite, Abcès, Urémie.
PROS1T4T1TE CHRONIQUE. La prostatite chronique est la suite de la prostatite aiguë; elle existe autour des cellules prostatiques, autour des tubercules prostatiques, et dans ce cas elle est constituée par des ulcérations de la prostate.
*„,* Une induration de la prostate, l’ulcération des conduits prostatiques, dont la muqueuse est rouge violacé ; enfin des abcès à marche lente, véritables abcès chroniques {abcès latents, Giviale), appartiennent à un état inflammatoire chronique de la prostate.
On reconnaît une prostatite chronique à une douleur sourde, accompagnée de pesanteurs au périnée, à des douleurs en allant à la selle et en urinant, à des écoulements ou prostatorrhées, constitués par un liquide séro-purulent et sanguin quelquefois, s’il y a des ulcérations, et même à des écoulements d’une matière opabne, gluante (qui est du suc prostatique, car il ne renferme pas de spermatozoïdes). Il est rare que la prostate soit très-douloureuse; elle est plutôt sensible à la pression et il y a quelquefois des douleurs en urinant. Des symptômes particuliers indiquent si la prostatite est bée à des calculs ou à des tubercules. V. Calculs de LA PROSTATE, TUBERCULES DE LA PROSTATE.
Les accidents de la prostatite chronique simple sont les cystites du col; la prostatite aiguë ; les hypertrophies de la prostate, et chez les individus prédisposés, la tuberculisation de la prostate.
Thérapeutique. — Contre la prostatite chronique, on appliquera des sangsues au périnée et des cata-
PROT
plasmes. — On donnera tous les jours des bains de 1 siège de deux heures.
Le malade évitera toute espèce d’excès, suivra un régime végétal. On sondera s’il y a rétention d’urine .
Si la maladie résiste, on appliquera des vésicatoires au périnée ou l’on placera des cautères.
La cautérisation dans la prostatorrhée, par la méthode de Lallemand (V. üréthbite chronique), est dangereuse, à moins qu’elle ne soit légère et qu’elle ne soit faite qu’à de très-longs intervalles.
Les injections mitigées au tannin et au sulfate de zinc (Y. ÜRÉTHRiTE blennorrhagique), sont les seuls caustiques qu’il soit raisounable d’employer.
On administrera les tisanes amères; l’iodurc de potassium, à la dose de 50 centigrammes par jour, ou prescrira les bains sulfureux et les bains de vapeurs ; les eaux de Baréges, de Bagnères-de-Luchon, de Gauterets, etc. On fera porter de la flanelle aux malades (Lallemand).
On traitera la spermatorrhée par les moyens appropriés.
On emploie à l’intérieur les pilules :
PROT
ficiel, appliqué pour les cas d’amputation au tiers su-
Goudron .
Anis en poudre. ...
Magnésie . q.
âà 10 grammes.
Pour cent pilules. Une à dix par jour. (Mignot.)
Voyez Cystite chronique pour les autres formules du goudron.
PROSTATORRHÉE. V. PROSTATITE CHRO¬ NIQUE.
PROTHÈSE. La prothèse est un moyen de remédier aux difformités congénitales et aux difformités acquises résultant d’amputations, de perle d’un organe ou d’une partie d’un appareil, qui entraînent une infirmité.
*,j,* Les perforations de la voûte palatine (V. VOUTE palatine), les ablations des mâchoires supérieure et inférieure (V. Résection), la destruction du nez , les yeux perdus, la phocomélie, sont rendus moins pénibles et à peu près insensibles, grâce h des appareils prothétiques qui permettent un certain nombre de fonctions ou une symétrie d’organe qui rendent la vie supportable.
Les anus contre-nature, les fistules urinaires ont inspiré des appareils prothétiques ou hygiéniques, qui rendent tolérables des infirmités dégoûtantes. On est arrivé même à suppléer par des courroies élastiques et des ressorts en boudin des muscles paralysés (Duchenne, de Boulogne). V. xMüscles (Maladies des).
Prothèse dans les abaissements de l’u-
térns. V. Utérus (Abaissement de l’;.
Prothèse dans les amputations. — Pour les amputatioas du poignet, de Uavant-bras ou du bras, on applique un bras artificiel.
Les mouvements des mains, des bras artificiels, 5oiit d'autant plus faciles qu’il reste un tronçon d’avant-bras. On a imaginé des bras artificiels mécaniques, pourvus d’une maûi qui se ferme quand le bras artificiel est fléchi au coude. Pour élever le bras, pour fournir un mouvement de flexion du bras arli-
Fig. 475.— Pied du comte de Beaufort, pour amputation de la jambe au lieu d’élection. — B. Coussin supportant le genou.
Fig. 476. — Jambe de Mille, pour amputation de la jambe au tiet’s inférieur. — ,ECD. Courroie de Charrière pour remplacer le tendon d’Acbille.
PROT
périeur du bras^ on emploie une courroie élastique prenant point d’appui sur l’épaule, du côté opposé, au moyen d’un corset de cuir (Van Petersson), ou mieux d’un système de courroies croisées (de Beaufort).
Les amputations de la jambe réclament l’emploi de la jambe de Mlle (d’Aix), avec la modification Gharrière (fig. 476). On les applique par-dessus ime enveloppe d’étoffe ou de cuir mou, ou mieux de peau de daim qui enveloppe tout lemoiguou. (Debout.)
Pour l’amputation de la jambe, on peut se servir d’un simple pilon, monté sur un support, ou mieux du pied du comte de Beaufort (fig. 475).
Pour les amputations de cuisse, on applique la jambe (fig. 477), munie de la courroie postérieure, pour remplacer le tendon d’Achille, et l’on a tout avantage à appliquer un caleçon de cuir, de la forme d’un caleçon de bain, qui, du côté où le membre est amputé, se termine en pointe et est fixé à une courroie qui s’attache à la partie postérieure de l’appareil, de façon que la jambe artificielle fait, pour ainsi dire, corps avec l’individu (Lebelleguic, Debout).
Pour permettre un usage plus complet des mem¬
Fig- 479. — Prothèse Je la enisse ; appareil pour désartîeulatiou de la cuisse.
bres artificiels, on a tenté de faire un moule du moignon en caoutchouc et de l’appliquer entre la jambe de bols et le reste du membre. Cet appareil ingénieur
PROT 1239
(Stake) {Société de chirurgie, 1863) n'a pas été appliqué et peut avoir des inconvénients. La compres-, sion est douloureuse sur les moignons.
La prothèse pour les désarticulations de la cuisse a été appliquée pour la première fois par Fouilloy (fig. 479). Le caleçon de cuir est encore avantageux pour cet appareil.
Pour les amputations du pied, telle que l’amputation de Chopart et celle de Lisfranc, toute la prothèse consiste à faire un soulier qui empêche le renversement du pied, attiré par le tendon d’Achille, mais ce but peut être atteint très-difficilement.
Il faut, pour les amputations latérales du pied, deux montants latéraux de chaque côté du pied, articulés au niveau de l’articulation tibio-tarsieune ; il faut une semelle solide destinée à soutenir la voûte du pied. La tendance à la déviation du pied exige que la semelle soutienne le bord du pied qui se dévie.
Il faut, pour les amputations transversales,, immobiliser le pied sur la jambe, soutenir la face inférieure du moignon à l’aide d’un plan oblique d’avant en arrière et de bas en haut. S’opposer ù là déviation latérale par des montants latéraux et une semelle à rebords et rembourrée, puis soutenir le talon avec un contrefort placé à l’arrière de la chaussure. Les appareils Martin, construits d’après ces principes et quon modifie à volonté, pourront rendre des services, mais les amputations de Chopart et de Lisfranc devant disparaître pour être remplacées par l’amputation sous-astragalienne, on ne conservera ces appareils que pour les mutilations du pied qu’on s’est borné à régulariser ; mais on devra les modifier et les approprier aux circonstances.
Prothèse dentaire. — La prothèse dentaire, en dehors des agréments qu’elle rend, est utile pour permettre la mastication des aliments. Elle est encore utile, parce qu’elle permet de faire disparaître toutes les mauvaises dents, dont les produits altérés, avalés avec la salive, causent souvent de la dyspepsie.
Les appareils prothétiques dentaires qui doivent être préférés, sont ceux qui prennent point d’appui
Fig. 480. — Appareil pour remplaeer deux dents manquantes.
sur les dents voisines et qui sont de gutta-perçha
Fig. 481. — Dentier complet à succion. (Preterre.) durci ou d’ivoire. Les mâchoires entières d'ivoire et de porcelaine ou de gutta^pereha durcie, sont bon-
l‘24ü PROÏ
nés indifféremment. Les malades ont à cet égard plus ou moins de préférence. Les dentistes^ de leur côté, ont leurs habitudes. 11 y a là une question qui ne peut être jugée qu’individuellement.
Les mâchoires artificielles ont toutes un inconvénient, celui de produire la carie des dents sur lesquelles elles s’appuient ; on évitera cet inconvénient en enlevant les appareils prothétiques la nuit et en lavant les gencives avec l’eau de Botot ou un dentifrice approprié à l’état de salive." V. Dentifrice.
Prothèse du ne*. — Les nez artificiels sont destinés à réparer une difformité repoussante.
Ou place des nez artificiels, soit a l’aide d’une tige remontant sur le front et cachée sur la tête où elle prend point d’appui dans la chevelure (procédé ancien), ou à l’aide de lunettes (Charriere).
Lorsque la lèvre supérieure manque, lorsque le voile du palais et des dents manquent, le nez peut être fixé avec avantage à l’obturateur de la voûte palatine, (Preterre.)
Prothèse des membres Inférieurs raecour-
els. — Les membres raccourcis par un cal difforme sans ankylosé articulaire, les membres ankylosés, peuvent être rendus utiles par la prothèse, et les béquilles ne sont pas toujours nécessaires.
Pour les membres simplement raccourcis, on se sert de souliers à haute semelle, laquelle, pour plus de légèreté, est faite avec du liège.
Pour les membres ankylosés, on emploie, si la jambe est ankylosée à angle droit, une jambe de Beaufort (V. Prothèse dans les amputations) ; si le genou est ankylosé à angle aigu, on emploie, soit un soulier pourvu d’une échasse, soit une jambe à sellette. Dans cet appareil, le talon est engagé dans un étrier à semelle et pourvu d’un pilon en bas et en haut et d’une tige sur laquelle est une plaque rembourrée qui soutient la cuisse. L’appareil est fixé au membre avec des courroies. V. Doigts (Flexion des). Pied-rot.
Prothèse des membres paralysés. Y.
Doigts (Flexion des). Pied-bot.
Prothèse oculaire. — Deux cas se présentent ; ou bien les paupières sont conservées, ou bien elles sont détruites.
Dans le premier cas, on applique entre les paupières une lame de verre et mieux en émail, à bords arrondis en forme de coque, représentant un œil. ~
Dans le second cas, il n’y a rien à faire qu’à cacher la lésion avec un bandeau.
La prothèse oculaire a deux avantages : celui de prévenir une difformité et celui de prévenir des irritations des paupières, des ectropions et des trichiasis.
La prothèse oculaire doit être appliquée aussitôt que possible, dès qu’un œil est perdu ou aussitôt qu’une plaie de l’œil est cicatrisée. Cependant pour les cancers de l’œil et pour les staphylômes de la cornée, on doit attendre la cicatrisation.
Pour appliquer un œil de verre, on explore les adhérences qui peuvent exister entre le globe de l’œilet les panpières, et l’on construit un œil de verre approprié à cet état.
On place l’œil de verre en l’introduisant d’abord sous la paupière supérieure soulevée et en le faisant güser vers l’angle externe de l’œil, puis on abaisse la paupière inférieure qui, dépassant le bord infé-
PROT
rieur de l'œil artificiel, le recouvre en remontant à sa place.
Pour enlever l’œil artificiel, on abaisse la paupière inférieure, on engage la tête d’une épingle sous la coque qui représente l’œil artificiel et on le fait basculer.
Un œil artificiel doit être enlevé tous les soirs et replacé tous les malins, à la fois afin de laver l’œil et afin d’entretenir la pièce prothétique.
Quelques personnes ont de la peine à s’habituer à un œil artificiel; on les habituera, en prenant soin de placer l’œil artificiel, d’abord une demi-heure, puis une heure, puis une demi-journée.
Si des brides se formaient entre les paupières et l’œil, plutôt que de faire des débridements, il vaudrait mieux faire un œil artificiel avec des échancrures appropriées à l’état de la bride.
Si les paupières manquent, on peut réparer la perte de substance, puis appliquer ensuite un œil artificiel.
Pour remédier aux infiammations qui existent parfois sur les restes des conjonctives, on applique avec succès la pommade au précipité rouge, 1 gramme pour 30 grammes d’axonge.
Prothèse dans la phoeomélie. — La phocoméfie constituée par l’absence d’un segment du membre et des muscles moteurs, doit être traitée comme les membres amputés , on se servira de membres artificiels. Lorsqu’il y a seulement diminution dans les proportions des membres et conservation des mouvements, ou se servira de bras et de jambes artificiels, munies en dedans d’un point d’appui pour la main ou le pied. Ainsi les bras seront munis de poignées à demeure que la main mettra en mouvement. Les jambes seront pourvues de pédales qui, mues par le petit pied, permettent de régulariser et de multiplier les mouvements de l’appareil prothétique, ou bien on placera sur le pied une bottine fixée à l’intérieur d’une jambe artificielle.
Lorsque tout le membre inférieur est atrophié et lorsqu’il reste un pied, on fera une jambe artificielle, munie à l’intérieur d’une sorte d’échasse sur laquelle le pied prendra point d’appui et qui, embrassée par le pied, permettra de faire mouvoir l’appareil dans tous les sens. La jambe, à la partie supérieure, sera fixée à une ceinture de cuir très-forte, serrée autour du bassin (Ange Duval, Debout, Société de chirurgie, 1864).
Prothèse dans les résections. Y. RÉSEC¬ TIONS.
Prothèse herniaire. Y. HERNIES.
Prothèse hygiénique pour l’anus contre nature, les fistules urinaires, l’incontinence d’urine. Y. Ces mOtS.
PROTLBÉRANiCE AKKIEAIRE (HÉMOR¬ RHAGIE DE la). La perte subite de l’intelligence, du mouvement, du sentiment avec coma, respiration stertoreuse et paralysie générale complète, annonce une forte hémorrhagie centrale de la protubérance annulaire.
La perte subite de l’intelligence, du mouvement et du sentiment, avec retour de la connaissance suivi d’une hémiplégie faciale et d’une paralysie des membres supérieurs et inférieurs dans le côté opposé du corps, indique
PRLR
PRLR 12Zil
une hémorrhagie des parties latérales de la protubérance.
Thérapeutique. — Les hémorrhagies de la protubérance réclament un traitement semblable à celui de l’hémorrhagie cérébrale. V. ce mot.
PBO¥lKS (Seine-et-Marne). Eau ferrugineuse froide.
PRURIGO. Des papules produisant une vive démangeaison, couvertes d’une petite croûte brune de sang desséchée, caractérisent le prurigo mitis, quand la douleur est faible, formicans, au contraire, lorsqu’elle est intolérable (V. Peau et Dartres), et sem7îs lorsqu’il s’agit de la maladie chez le vieillard.
Le prurigo se montre chez les vieillards, chez l’homme plus que chez la femme, au printemps plus que dans toute autre saison et sous l’influeuce de la mauvaise alimentation.
11 y a un prurigo aigu qui dure trois à quatre septénaires , et un prurigo chronique qui peut se prolonger pendant plusieurs années.
Le prurigo est souvent compliqué d’eczéma ou de lichen.
Thérapeutique. — Des bains froids, savonneux, alcalins ou gélatineux, — des boissons acidulés et rafraîchissantes de petit-lait, d’eau de veau, de décoction d’orge, de chiendent, quelquefois de l’eau de Vichy et des boissons alcalines, 2 grartftnes de bicarbonate de soude pour 500 grammes d’eau; — les pommades et les lotions alcalines ; — les lotions de bichlorure de mercnre ou d’iodure de potassium; — la pommade de goudron, les onctions avec le glycérolé d’amidon, suffisent souvent pour guérir le prurigo.
FORMULAIRE DU PRURIGO.
Décoction de quinquina, 4 grammes par litre d’eau, à prendre dans les vingt-quatre heures, pmir le prurigo des vieillards PH.
Préparations ferrugineuses dans le prurigo de la vieillesse S-
Vin de colchique, 30 à 60 grammes chez les rhumatisants et goutteux atteints de ce mal I I.
Infusion de saponaire, 4 grammes par litre d’eau, avec 4 grammes de bicarbonate de soude, dans le prurigo des rhumatisants.
Opium en pilules de 5 à 15 centigrammes, pour calmer le prurit et l’insomnie [3-
Acide prussique médicinal, 1 à 2 grammes dans une potion I 1.
Pommade boratée.
Axonge . 30 grammes.
Borate de soude . 3 id.
Mêlez. Pour onctions æ-
Pommade de goudron opiacé.
Axonge . 120 gi-a^es.
Goudron végétal . 30 id.
Laudanum de Sydenbam. ... 4 id.
Mêlez. Pour onctions sur la peau !+]•
Lotions de sublimé.
Sublimé . î
Hydroehlorate d’ammoniaq. /
Eau distillée .
F. s. a. Pour lotions [3.
Lotions iodées.
Iode .
lodure de potassium .
Eau distillée .
Faites dissoudre et ajoutez :
Alcool .
Pour lotions
Lotions alcalines.
Sous-carbonate’de potasse ... 10 grammes.
Eau distillée . 100 id.
Faites dissoudre. Pour lotions [3*
Lotions sulfureuses.
Sulfure de potasse . 4 grammes.
Eau distillée . 300 id.
Faites dissoudre. Pour lotions.
Lotions ssec, décoction Aejusquiame, de stramonium, de têtes de pavots, A'eau de goudron, pour calmer le prurit.
Purgation tous les huit jours avec Veau deSedlilz, une bouteille à jeun ; avec le calomel, 1 gramme ; avec Veau de Pullna, trois verres ; ou avec Vhuile de ricin à froid, 30 grammes, etc.
PRURIT VULTAIRE. Le prurit vulvaire est souvent un intertrigo, de l’acné, de l’eczéma méconnu ; mais il y a aussi un prurit vulvaire sans altération de la peau qui se montre chez les femmes approchant de leur retour d’âge, exerçant une profession qui les oblige d’être tou* jours assises, et qui ne prennent pas les soins de propreté nécessaires.
Les démangeaisons qui constituent le prurit vulvaire sont continues ou intermittentes et souvent très-vives.
*** Le prurit vulvaire énerve les malades ou les affaiblit, et il arrive des cas où il y a incontinence ou rétention d’urine, et nymphomanie.
Thérapeutique. — On appliquera le traitement des dartres (V. ce mot), et l’on traitera le prurit rebelle par les lotions avec l’eau additionnée de laudanum ; 1 gramme de ce narcotique pour 30 grammes d’eau.
Le bromure de potassium, à la dose de 50 centigrammes en potion, est encore un moyen que l’on pourra essayer.
On fera des injections sous-cutanées de sulfate d'atropine dans les cas rebelles, en même temps qu’on fera prendre aux malades un bain tous les jours, et on surveillera les règles dont on entretiendra la durée par les bains de pieds sinapisés.
On a conseillé une potion avec deux à six gouttes de liqueur arsenicale de Fowler (Imber t-Gourbeyre) (V. Altérants), les lotions avec :
Eau . . . 300 gramme?.
Sublimé . 50 cent, à 1 gr.
On a donné le sulfate de quiuine contre le prurit vulvaire intermittent (V. Névralgies). Les petites
10 centigrammes.
300 grammes.
75 centiei'ammes.
40 id.
150 grammes.
30 grammes.
PSEU
saignces; faites comme pour les névralgies de la vulve (lisfranc), ne sont pas d'une utilité réelle. On a employé, du reste toutes les médications préconisées contre les névralgies. ■
La propreté, la continence ou l’usage modérée du coït, tes bains répétés, seront les plus puissants moyens pour faire cesser le prurit vulvaire à son début.
FOniICLAIBB DU PRURIT.
Lotion de borate de soude.
Borate de'soutle. . ... .
Eau de fleur d’orauger.
. . 40 grammes, ââ 200 id.
Mêlez exactement.
Lotion mercurielle.
Biclilorure de mercure .
Eau distillée. .
Alcool . .
Camphre . ‘ . .
2 id.
Employée contre les démangeaisons. (Gazenave.)
Lotions d’eau de laurier-cerise répétées plusieurs fois par jour.
. Quanti le prurit de la vulve dépend d’une direction vicieuse des poils qui rentrent en dedans, il faut faire Y épilation. -
PSEtlDARTHROSES OU FAUSSES ARTICU¬ LATIONS. Il y a deux sortes de pseudarthroses : 1° les fausses articulations au niveau d’une fracture ; 2° les fausses articulations consécutives avec déplacement des extrémités articulaires luxées. V. Luxations.
Pseudarthroses dans les fractures. Il
n’y a pas de cause générale qui soit capable à elle seule de produire une pseudarthrose, toutefois la débilité du sujet, les maladies inflammatoires gravessont quelquefois la cause de retards dans la consolidation ; l’obésité et l’état gi'as des os est encore une condition favorable au développehîént d’une pseudarthrose; la paralysie du mouvement et la ligature de l’artère principale d’un membre (Travers, B. Philips), la paralysie musculaire, le phlegmon et l’érysipèle (Malgaigne), sont des causes locales peu puissantes qui ont pu être invoquées.
L’obliquité de la fracture et un chevauchement énorme ou l’écartement des fragments, l’interposition de corps étrangers entre eux (Rossi), la suppuratiofi du foyer de la fracture et l’interposition de parties molles entre les os, le défaut de nutrition des fragments, de nombreuses esquilles et une perle de substance de l’os sont quelquefois la cause de la pseudarthrose.
On a vu des pseudarthroses après l’abus des fomentations (P. d’Egine), après la constriction trop forte et l’application prolongée d’un mauvais bandage (J. Cloquet), après le scorbut local, c’est-à-dire une atonie de toute une partie d’un membre. (J. Cloquet.)
Ôn a rencontré les pseudarthroses, chez les malades indodl® qui ne supportent point l’ap-
PSEÜ
pareil et qui se lèvent trop tôt. Les fractures extra-capsulaires ne se réunissent que dans la grande majorité des Cas que par une pseudarthrose. V. Fracture du col du témur.
/ Il est rare qu’une ps:’udarthrose soit constituée par un encroûtement des bouts des fragments, par du cartilage et par une capsule fibreuse contenant un liquide analogue à delà synovie, il y a un cas authentiqué (A. Key, E. Home, Kuhnhollz, Howship, Cruveilhier) ; le plus souvent les fragments sont réunis par une substance fibreuse.
Les fausses articulations se reconnaissent à un défaut de consolidation du cal, au delà du quatre-vingtième jour après la fracture. On trouve les trois conditions suivantes (Malgaigne).
Ou bien les fragments indépendants flottent dans les chairs,
Ou bien les fragments ne se touchent que par leur face latérale.
Ou bien les fragments sont bout à bout, réunis par un cordon fibreux.
L’humérus et le fémur sont les os le plus souvent atteints de pseudarthroses.
Thérapeutique. — Jusqu’en 1760, le frottement des fragments imaginés par Celse a suffi aux nécessités de la pratique. J. Hunter, qui a conseillé pour les pseudarthroses de la cuisse et de la jambe de faire lever le maladé avec son membre entouré d’attelles et de le!*faire marcher, mettait sous une forme particulière le traitement de Gelse en usage.
L’acupuncture est un moyen qui n’a pas une utilité réelle.
Le séton (A. L. Richter, Winslow) a donné des succès. On le passe à travers la fausse articulation, on le laisse en place plusieurs mois (Physick) ou huit jours seulement (Wardrop, Liston). Si l’on ne peut passer le séton dans les fragments, on passe un séton de chaque côté de la fausse articulation (Oppenheim), l’action du séton est celle d’un corps étranger qui cause une inflammation.
La ligature sous-cutanée (Sommé d’Anvers) est un procédé analogue comme résultat au séton, et plus compliqué sans être plus avantageux.
La résection des bouts des fragments (White), la fausse articulation étant mise à nu (V. Résection), est bonne quand tous les autres moyens ont échoué. La résection peut être accompagnée de grattage du périoste et de cautérisation, pour laisser à nu des Surfaces osseuses bourgeonnant.
On a réséqué les fragments et fait une suture de l’os avec un fil d’argent, dont deux bouts étaient engagés dans une canule qui sortait par la plaie (Kearny, Rodgers, 1825).
On s’est borné à gratter les extrémités des fragments (White, Brodie), à ruginer les extrémités des fragments avec un ténotbme parla méthode sous-cutanée (Delore) . On a cautérisé les surfaces des fragments mis à nu (White, Hewson) avec la potasse caustique ou avec l’acide nitrique (Ollenroth), ou avec le beurre d’antimoine (White). Le caustique au chlorure de zinc serait aujourd’hui préférable.
On emploiera, avant d’avoir recours à tous ces procédés, l’iinmobilisâtion prolongée dans im bon ban-
PSOI
PSOR UhZ
dage iaaiDovible. V. Fractures (Complications des). Le vésicatoire a quelquefois réussi.
Lorsqu’on se résout à une opération, on tentera le frottement des fragments. Les deux fragments de l’os seront frottés avec les mains, saisissant les fragments et les frottant l’un contre l’autre ; les machines sont inutiles.
Si ce moyen échoue, on aura recours au séton ou à la cautérisation . Pour cela, il suffît de faire une incision allant jusqu’à l’os, et de cautériser le fond de la plaie (Malgaigne).
La résection et même la suture conviennent lorsque les fragments sont flottants dans les chairs. Dans tous les cas, il ne faut avoir recours à cette opération qu’à la dernière extrémité. Cette opération peut être suivie de très-graves accidents.
On a employé des mécaniques pour remplacer les appareils de contention. Blandin et A. Bérard en ont obtenu de bons résultats.
PSKilDO-ilEÜUBRAIVE;.
Fig. 482. - Appareil à Pellicule blanchâtre formée contention pour une ^e filaments de fibrine entre ■ SsÏÏ'c" c.miïüê mêlés unis à des granulations destinée à comprimer moléculaires , à des corpus- ArtieïttoS k cules de pus, des cellule; coud^^ d’épithélium et des globules
de sang. V. Diphthérites.
Les fausses membranes ne sont pas les caractères d’un état morbide déterminé, car elles se forment tantôt chez des sujets bien portants ayant un vésicatoire ou une plaie, tantôt sur des sujets malades ayant une gangrène de la peau ou une angine maligne.
Les fausses membranes se montrent sur la peau dégarnie d’épiderme, sur les amygdales, sur le pharynx, dans le larynx, dans les bronches, dans les intestins et sur les séreuses enflammées.
Quand les fausses membranes se développent sur la peau ou sur les muqueuses, et qu’il y a au-dessous une ulcération par laquelle se fait la résorption du pus et du produit morbide, il en résulte une intoxication du sang, caractérisée par de petites apoplexies pulmonaires et des noyaux d’infiltration purulente dans le poumon.
PSOÏTIS. L’inflammation de la gaine du muscle psoas a lieu chez les femmes dans l’état puerpéral, et chez les hommes à la suite d’un effort, après une marche forcée (Dance), après un rhumatisme musculaire, après un traumatisme, tel qu’une fracture du bassin ou de la colonne vertébrale.
Le psoitis se révèle par une douleur vive et par les signes de l’inflammation, tels que frissons, fièvres, état saburraL En général, chez la femme en couches le mal a les caractères d’un phlegmon de la fosse iliaque, plus une rétractiou de la cuisse, et l’existence d’un cordon dur sur les côtés de la colonne vertébrale. Chez l’homme on reconnaît le phlegmon à la rétraction de la jambe, à une tuméfaction sur le trajet du . psoas.
Il est rare que l’abcès formé dans le psoas fasse saillie à la région lombaire ; il est plus ordinaire que le pus vienne se montrer sous l’arcade crurale et même entre les muscles de la cuisse.
On peut confondre les psoïtis avec le phlegmon de la fosse iliaque, car ces deux affections se succèdent quelquefois. V. Phlegmon DE LA FOSSE ILIAQUE.
%* La rétraction de la cuisse dans la coxalgie peut en imposer au chirurgien et faire croire a un psoïtis, mais l’absence de toute tuméfaction douloureuse dans l’abdomen éclairera le diagnostic. r-
La réplétion de la vessie cause des douleurs dans le cas de psoïtis, ce qui n’a pas lieu dans la coxalgie, au début.
Chez l’homme, des phlegmons péri-néphrétiques ont été pris pour des psoïtis (de la Motte, F. Delens). V. Phlegmon.
Thérapeutique. — Appliquez trente sangsues én une seule ou en deux fois sur la région lombaire. Placez le malade dans de grands bains prolongés, donnez un lavement purgatif.
Des cataplasmes seront maintenus eu permanence sur l’abdomen.
Si l’abcès proémine vers la région lombaire, on incisera de bonne heure si l’on s’est trompé et s’il y a un phlegmon périnéphrétique, il n’y aura pas d’inconvénient, puisque les psoïtis et les phlegmons périnéphrétiques exigent le même traitement.
Lorsque la maladie a duré un certain temps, le pus arrive sous l’arcade crurale où il est facile de lui faire jour par une ou plusieurs incisions. .
Si le pus fuse dans la cuisse, on fera des ouvertures successives et l’on appliquera le traitement local et général des abcès chauds. Les contre-ouvertures, le drainage, les injections iodées, sont ici d’une heureuse application.
PSOR£]\'TËRlË. Hypertrophie des follicules isolés de riatestiu grêle et du gros intestin qu’on observe, dans le choléra, dans l’entéro-colite d^ enfants, dans l’entérite cholériforme, sous l’influence de l’hypersécrétion ou flux dont ils ont été momentanément le siège. — Les follicules se présentent à la surface de la muqueuse sous forme de petites tumeurs pâles, blanchâtres, du volume d’un grain de millet, ayant une petite dépression centrale.
PSORIASIS OU liÈPBE. Des plaques squameuses blanches, brillantes, de forme et de
mii psoR
PSOR
dimension variables, plus ou moins saillantes, durant très-longtemps et sans fièvre, constituent le psoriasis.
Pour la plupart des médecins le psoriasis et la lèpre sont deux maladies cutanées de même nature, ne différant entre elles que par la forme un peu plus déprimée au centre dans la seconde que dans la première (Plumbe, Gibert, Emery, Cazenave).
Le psoriasis est une maladie de l’appareil blennogène de la peau, c’est-à-dire de l’appareil chargé de la sécrétion de l’épiderme.
%*Le psoriasis n’a jamais rien de contagieux.
%* Il y a un psoriasis arthritique, dartreux, syphilitique et scrofuleux (Bazin).
Au point de vue anatomique il y a un psoriasis guttata lorsque les plaques squameuses blanches ont la largeur d’une tache ronde, de 1 à, 3 centimètres; un j9sonasfs gyrafa, quand les plaques sont allongées et irrégulières.
C’est le psoriasis guttata élargi, déprimé au centre et un peu dépourvu de squames en ce point qu’on appelle la lèpre vulgaire.
*** Autour des plaques squameuses du psoriasis, la peau est parfaitement saine, mais audessous d’elles le derme est d’un rouge trèsvif.
Le psoriasis est une maladie essentiellement chronique et qui ne détermine aucun trouble général des fonctions.
Non -seulement le psoriasis occupe la peau, mais il altère les ongles et les rend jaunâtres, cassants et fendillés en tous sens.
C’est ordinairement sur le tronc et sur les membres que se montre le psoriasis, mais il se montre également au visage et dans le cuir chevelu, où il est plus difficile à distinguer.
*** Rien n’est difficile à guérir comme le psoriasis, car quoi qu’on fasse il dure souvent un grand nombre d’années et récidive trèsaisément.
C’est à l’aide des commémoratifs fournis par les malades qu’on reconnaît la nature dartreuse ou syphilitique du psoriasis.
Thérapeutique. — Dans le psoriasis syphilitique, il faut prescrire le protoiodure de mercure, à 5 centigrammes par jour pendant deux mois, ou bien les pilules de Belloste,ou la liqueur de van Swietenf-*- -t-l.
Si le psoriasis est arthritique, il faut le traiter par les bains alcalins et le bicarbonate de soude en solution dans l’eau, 3 grammes par jour (Bazin) Rn.
Le psoriasis scrofuleux réclame l’emploi de l’huile de morue et des toniques sous toutes les formes.
Quant au psoriasis dartreux, il faut le combattre par les saignées par les pui'gatifs, toiis les huit jours, surtout le jalap, l’aloès, la scammonée (Rayer j, le calomel (3 (Hamilton), les sudorifiques [3 (Cazenave), les sulfureux FR. ia. teinture de cantharides, cinq àtrente gouttes par îourf^rBiettL rqrÿg»ic|->- -n
(Biett) sous forme de pilules asiatiques, de solution de Fowler ou d’arséuiate de soude, 10 à 30 milligrammes par jour.
A l’extérieur, on a employé les bains chauds, — les bains de mer chauds, — les bains de vapeur, — • les lotions sulfureuses, — l’onguent de poix, — la pommade au calomel, — au précipité rouge, — au protoiodure de mercure, — au goudron, 8 grammes sur 30 grammes (Éméry), — l’huile de Cade, — le goudron pur, etc.
FOUMULAIRE DU PSORIASIS.
Arsénite de potasse.
(Liqueur arsenicale de Eowler.)
Acide arsénienx . ) g
Carbonate de potasse . . . )
Eau distillée . 500
Alcool de mélisse composé ... 16
grammes.
id.
id.
Réduisez l’acide arsénieux en poudre : mêlez avec le carbonate de potasse et faites bouillir dans un vase de verre jusqu’à ce que l’acide arsénieux soit dissous complètement. Ajoutez l’alcool de mélisse à la liqueur quand elle sera refroidie, filtrez et remettez une quantité d’eau suffisante pour que le tout représente exactement 500 grammes; vous aurez de cette manière une liqueur qui contiendra un centième de son poids d’acide arsénieux (Boucbardat).
Cinq à dix gouttes dans le courant de la journée et dans un verre d’eau sucrée 1-4- -n.
Solution arsenicale ou minérale.
Acide arsénieux . . 1 gramme.
Eau distillée . 1000 id.
Faire bouillir pendant un quart d’heure.
50 grammes de cette solution représentent 5 centigrammes d’acide arsénieux.
Pommade d’iodure de soufre.
lodtire de soufre . 1 gramme.
Axonge purifiée. ........ 20 id.
Mêlez. (Biett.)
Sirop de douce-amère.
Tiges sèches de douce-amère. . 500 grammes.
Sirop simple . 4000 id.
F. S. a. 30 à 60 grammes dans une tisane appropriée. {Codex.)
Tisane de douce-amère. «
Douce-amère contuse . 20 grammes.
Eau bouillante . 1000 id.
Faites infuser' pendant deux heures et passez. A prendre par verrées.
Dans la pratique civile, on ajoute :
Sirop de fumeterre . 100 grammes.
Pilules d'iodure de soufre.
lodure de soufre . 1 gramme.
Soufre . )
Huile d’amandes douces . . > ââ q. s.
Gomme arabique . }
Faites pilules n® 20. Enveloppez ces pilules d’argent. (Devergie.)
Pommade de turbith.
Cérat soufré . 30 grammes.
Turbith minéral . 1 id.
Goudron . 4 id.
Pommade au calomel et au goudron.
Pommade de goudron camphrée.
Mêlez. Cette pommade est employée contre les éruptions squameuses. Elle calme les démangeaisons. ' (Baumes.)
Pommade antipsorique.
Cette pommade ne tache pas le linge. (Girauld.) Pommade de Giroux.
Pommade de goudron.
Sirop d'arsèniate de soude.
Faites dissoudre. Une à trois cuillerées à bouche par jour (Bouchut).
Potion d'arsèniate de soude.
Faites dissoudre,. Par cuillerées dans les vingtquatre heures^ en commençant par la dose la plus faible.
Granules d’arsèniate de soude.
On prépare des dragées en granules contenant un milligramme d’arsèniate de soude et l’on en avale de cinq à trente par jour, en augmentant progressivement la dose.
Décoction de tiges de douce-amère. Vingt et une guérisons sur vingt-trois cas. 8 à 60 grammes par litre □ (Criehton).
Poudre d écorce de racine de madar. 10 à 20 centigramimes par jour. Beaucoup de succès I I.
(Casanova.)
Décoction de feuilles et de racines de Xyris indica. Dans de l’huile à l’intérieur.
Ellébore noir. 50 à 120 centigrammes en poudre, 60 à 75 centigrammes en extrait.
PSOROPHTH.4i.!!niE. Blépharite existant chez les dartreux. V. Blépharites.
PTÉRTeioiv. Chez les sujets avancés en âge, à la suite d’une lésion traumatique de la conjonctive, d’une ophthalmie purulente ou d’un ulcère sur la cornée, une hypertrophie partielle de la muqueuse, triangulaire, existant ordinairement à l’angle interne de l’oeil et oc-
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cupant la conjonctive oculaire en empiétant sur la cornée, est un ptérygion. Ces productions hypertrophiques et cicatricielles peuvent être multiples (Beer, Velpeau).
Le ptérygion est membraneux ou charnu, c’est-à-dire rougeâtre et comme fongueux.
Une plaque, charnue, blanche, jaunâtre ou rouge, triangulaire, dont le sommet est plus ou moins étendu sur la cornée, caractérise le ptérygion, les malades ne souffrent pas mais leur vision est gênée.
Un ptérigion membraneux peut se transformer en un ptérygion charnu, sous rinfluence d’une irritation (Desmarres).
Lorsque le ptérygion s’accroît, il y a toujours un certain degré d’inflammation (Ârlt).
La récidive du ptérygion opéré par la section simple, ou traité par les cautérisations, est presque inévitable.
Thérapeutique. — Au moment où il se forme un ptérygion, on traitera les maladies qui peuvent lui avoir donné naissance. On cautérisera les bourgeons charnus avec le crayon au sulfate de cuivre ou le crayon de nitrate d’argent. On saupoudrera le ptérygion commençant avec de l’acétate de plomb en poudre.
Si le ptérygion est tout formé et existe depuis longtemps, qu’il soit fibreux ou sarcomateux, on décollera le sommet du ptérygion dé la cornée, on renversera le sommet eu dedans, à l’aide d’un fil fin passant par sa pointe et traversant ia base du ptérygion et on laissera cicatriser la plaie (Desmarres). On aura avantage à renverser de dehors en dedans la pointe du ptérygion détachée, et à faire, avec des fils très-fins, une suture des bords de la plaie de la conjonctive (Pagenstecher).
Fixer le ptérygion détaché en partie de la conjonctive, loin de la plaie laissée par la dissection du ptérygion est une opération moins bonne.
Les incisions et les cautérisations ne sont applicables avec succès que pour les productions charnues et peu développées. Les incisions et les scarifications de la base du ptérygion ne sont pas efficaces.
Après l’opération, l’œil sera recouvert de compresses froides renouvelées souvent, et l’on appliquera des sangsues à la première manifestation d’inflammation, la douleur et l’écoulement des larmes.