‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 585 sur 731 · REGI · texte numérisé non relu

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Le sulfate de quinine^ à 1 gramme par jour pendant quinze jours, puis à 25 centigrammes seulement pendant un mois pour revenir ensuite à 1 gramme, selon la tolérance des malades, doit être le premier médicament à employer dans l’ hypertrophie splénique l-r- -H (Piorry).

Après le sulfate de quinine, il faut donner, contre l’hypertrophie de la rate, l’acide arsénieux, à 15 ou 25 milligrammes par jour |3; l’arséniate de soude, à 15 ou 40 milligrammes [3; en allant des petites doses aux plus grandes.

Les eaux de Vichy, d’Ems, de Wiesbaden et de Carlsbad, sont très-bonnes dans l’bypertrophie splénique.

Les douches d’eau froide sur la région de la rate (Fleury), et toutes les pratiques de l’hydrothérapie ordinaire, peuvent à elles seules guérir l’hypertrophie splénique.

Rate (Inflammation de la) ou Spiénitc.

Dans les fièvres typhoïdes graves et dans les maladies pestilentielles, puerpérales ou autres, dans la fièvre intermittente, pernicieuse, récente, la rate augmente beaucoup de volume, elle est ramollie, douloureuse, et cela constitue une forme de splénite aiguë.

L’hypenrophie de la rate constitue la splénite chronique.

Thérapeutique. — Le sulfate de quinine et l’hydrothérapie sont les meilleurs moyens à opposer à la splénite aiguë et chronique.

Ou a aussi employé le fiel de porc, 15 grammes par jour, plusieurs fois, et le savon amygdalin, 1 à 3 grammes par jour.

Rate (Luxation de la). V. ce mot.

Rate (Plaies de la). Les plaies de la rate sont rares, elles sont produites en même temps qu’une plaie de l’abdomen, elles causent les mêmes accidents que les déchirures de la rate. V. Contusion de la rate.

Thérapeutique. — Le traitement est le même que pour les contusions de la rate, sauf que l’on doit traiter en même temps une plaie de l’abdomen. V. ce mot.

RÉACTION!. Retour des actions vitales à un degré supérieur à ce qu’elles sont dans certains cas d’asthénie locale ou d’atonie générale.

La réaction est en étiologie comme en thérapeutique le point de départ des maladies internes et leur moyen de guérison.

Sans réaction contre les effets débilitants d'une maladie et contre les lésions qu’elle amène, point de guérison, et c’est à favoriser la réaction, tout en la modérant, que le médecin doit s’appliquer dans le traitement des maladies.

RECHUTE. Retour d’une maladie pendant la convalescence.

BÉCIDITE. Réapparition d’une maladie à une époque plus ou moins éloignée de celle où un in^vidu en a été atteint antérieurement. On donne aussi ce nom à la reproduction des tumeurs qui ont été incomplètement enlevées par le chirurgien.

RECf

RECTll'E. L’inflammation de la muqueuse du rectum peut être due à des lésions traumatiques (V. Corps étrangers du rectum), à des hémorrhoïdes, à une fistule urinaire rectale et au pus blennorrhagique introduit dans le rectum. La dysenterie bénigne est le type de l’inflammation du rectum, avec cette seule différence que le côlon est enflammé en même temps que le rectum.

La rectite s’annonce par des douleurs au périnée, des envies d’uriner, du ténesme anal et des écoulements variés qui accompagnent des envies d’aller à la selle; les malades se sentent parfois mouillés, les selles contiennent des mucosités filantes; les malades qui se chagrinent souvent de cet état ne tardent pas à être atteints d’une sorte d’hypochondrie.

Les inflammations consécutives aux diverses lésions du rectum s’annoncent par les mêmes symptômes, seulement on a de plus, pour éclairer le diagnostic, des antécédents ayant trait à des lésions antérieures du rectum. Les écoulements consécutifs à une rectite diffèrent des écoulements consécutifs au cancer en ce qu’ils ne portent aucune odeur.

Il y a une rectite due à des chancres mous du rectum etè des plaques muqueuses. Ces ulcérations peuvent durer très-longtemps, deux, quatre et même dix ans, et être prises pour des cancers.

Celte rectite est quelquefois suivie de rétrécissement du rectum.

Thérapeutique. — On traitera les maladies qui ont causé l’inflammation du rectum. V. Dysenterie, Corps étrangers dü rectum. Fistule a l’anus. Fistules URINAIRES, Rétrécissement du rectum, Hémor- RBOÏDES.

Lorsque l’inflammation existe seule, on aura recours aux bains de siège frequents, aux demi-lavements avec 4 à 8 grammes d’extrait de ratanhia. Contre l’inflammation blennorrhagique du rectum on donnera le lavement :

Eau distillée . dOO gt-ammes.

Nitrate d’argent . dO centigrammes.

A prendre dans une seringue de verre.

Ou le lavement :

Tannin . . d gramme.

Eau . d20 id.

Toutes les fois qu’une rectite dure depuis de Ion gués années, on administrera le traitement antisyphilitique ; on cautérisera avec le chlorure de zinc les ulcérations du rectum dilaté avec un spéculum, et l’on placera dans le rectum des mèches enduites d’onguent de la mère. V. Hémorrhoïdes.

RECTOCÈLE VAGiiAAEE. Chez les femmes enceintes et à la suite d’un effort (Malgaigne), chez les femmes habituées à prendre beaucoup de lavements et qui par le fait de celte habitude se trouvent atteintes d’une paralysie du rectum, une hernie diverticulaire de l’intestin se prô-

duit quelquefois et siège en général du côté du vagin, des matières fécales s’amassent dans ce diverticule et s’y durcissent quelquefois de façon à prodnire une tumeur solide.

Une tumeur dure variant entre le volume d’une amande et celui d’un œuf, contenant des matières fécales et faisant saillie dans le vagin, est une rectocèle.

La rcctocèle a les caractères d’une hernie vaginale et d’un kyste du vagin. On la reconnaît par le toucher rectal, car on arrive à sentir l’orifice de la poche, ce qui n’existe point pour la hernie vaginale ni pour les kystes du vagin.

Lorsque des matières fécales se sont accumulées dans la rectocèle, il y a des douleurs utérines (V. Déplacements de la matrice), de la constipation opiniâtre, des coliques, quelquefois des nausées et la perte de l’appétit.

Thérapeutique. — On videra la rectocèle par le rectum, à l’aide d’une curette guidée sur le doigt. Des demi-lavements seront pris trois fois par jour; et des boissons laxatives empêcheront la constipation. Un pessaire à air sera placé dans le vagin (Malgaigne).

RECTUM (Chute du). La chute du rectum est surtout une maladie de l’enfance, mais elle existe aussi à l’âge adulte et elle consiste dans la sortie de la muqueuse de l’intestin à travers l’anus. V. Invagination du rectum.

Toutes les causes qui affaiblissent les forces des muscles du périnée, la paralysie du sphincter anal, les diarrhées fréquentes chez certains enfants, sont la cause de la chute du rectum.

Les hémorrhoïdes internes, en sortant pendant la défécation, déterminent quelquefois une chute du rectum. V. Hémorrhoïdes.

La chute du rectum est caractérisée par une tumeur rouge, ouverte au centre et laissant écouler les excréments au moment de la défécation. Unie de tous côtés au pourtour de l’anus elle est molle, saigne facilement, et est sillonnée quelquefois de plis ou de stries transversales, un peu moins colorés que le reste de la tumeur.

La chute du rectum tend toujours à augmenter; lorsqu’elle existe depuis peu de temps, il n’y a pas de douleurs, plus tard la muqueuse s’enflamme et des douleurs vives apparaissent.

On ne confondra pas un polype du rectum avec une chute du rectum; dans le cas de polype on peut voir l’anus, et cela est impossible dans le cas de chute du rectum; — on ne confondra pas la chute du rectum avec l’invagination du rectum. V. Hémorrhoïde.

La chute du rectum tend à se rédnirè seule le soir, mais dans la plupart des cas la chirurgie doit intervenir, surtout lorsque le bourrelet muqueux est devenu irréductible.

Thérapeutique. — Les malades font quelquefois rentrer eiix-mêmes la muqueuse herniée de leur intestin rectum, et s’il s’agit d’un petit enfant, après

l’avoir couché sur le ventre, la tète basse, les nourrices pressent sur le rectum et le réduisent. Après la réduction, on doit conseiller d’éviter les efforts pour aller à la selle et laver fréquemment l’anus avec de l’eau froide ou de l’eau blanche.

Quand les jeunes enfants ont un prolapsus du rectum, il faut, au moment de la défécation, leur soutenir le fondement avec deux doigts écartés pour empêcher la sortie de l’intestin.

Les enfants qui ont un prolapsus du rectum doivent être habitués à rester debout ou dans le décubitus dorsal pendant la défécation, ou seulement assis sur un siège élevé, les pieds s’appuyant sur le sol.

Au moment du prolapsus, il faut faire rentrer l’intestin en y plaçant un morceau de toile couvert de cérat et eu poussant au centre avec le doigt dans le rectum. Une fois réduit, on maintient les parties, puis on retire le doigt et ensuite le linge.

On a conseillé les moyens suivants : Appliquer sur le prolapsus un morceau de baudruche que l’on arrose d’éther. La volatilisation produit un froid qui traverse la baudruche et favorise la rentrée de l’intestin [3-

Pour empêcher le retour du prolapsus et pour guérir le mal, il faut prescrire : des lotions froides et astringentes d’eau blanche, de vinaigre, de sulfate de zinc ou d’alun (3 grammes par 200 grammes d’eau), avec la décoction de quinquina, h grammes par litre, de cachou, avec la solution de perchlorure de fer dans Peau, avec la décoction d’écorce de chêne ou de noix de galle □:> avec la solution d’extrait de rataiihia Si enfin la cautérisation de la muqueuse anale avec le nitrate d’argent [T|-

Les suppositoires de poudre d’écorce de chêne dans le miel, de ratanhia, de tannin, sont quelquefois utiles pour empêcher le prolapsus du rectum.

Beurre de cacao . 10 grammes.

Poudre de ratauhia . 2 id.

Mêlez par liquéfaction et faites des suppositoires 1 I.

Autre.

Poudre d’écorc» de chêne . 20 grammes.

Miel . q. s.

Mêlez pour faire des suppositoires I I.

Autre.

Tanuin en poudre . 1 gramme.

Beurre de cacao. ......... 10 id.

Mêlez par liquéfaction I I.

Le chirurgien appelé au moment où la chute du rectum existe encore, réduira en pressant sur la tumeur, pendant qu’avec la main gauche il serrera le bourrelet de façon à faire rentrer les premières les parties qui sont sorties les dernières (V. Herxies) ; puis il fera une compression avec un tampon de charpie soutenu par un bandage en T, ou par une demi-sphère creuse de métal, soutenue pai* trois^lacs attachés à une ceinture, deux passant en avant dans les aines, un passant en arrière sur la région sacrée. En même temps on aura recours aux topiques astringents.

On favorise la réduction de la muqueuse herniée et maintenue herniée par la contracture du sphincter, avec les injections sous-cutanées d’une solution de sulfate d’atropine. Le sphincter anal cesse de se contracter.

Ean . 100 grammes.

Sulfate d’atropine. ....... 50 centigrammes.

(Foucher, Dolbeau.)

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Pour rendre aux muscles leur tonicité^ dans le cas où la chute du rectum se reproduirait sans cesse, on pourrait essayer les moyens suivants :

Placer deux vésicatoires sur la racine des bourses ou sur chaque fesse près de l’ischion, et les panser avec 2 centigrammes de strychnine.

(Duchaussoy.)

Quand le prolapsus du rectum est permanent et que les topiques n’ont pas réussi à le guérir, on peut inoculer le pourtour de l’anus avec une lancette chargée d’une solution saturée de strychnine, huit à dix piqûres renouvelées tous les jours I I.

U extrait de noix vomique à l’intérieur est un moyen qui a donné des succès.

(Nélaton.)

On prescrit alors :

Extrait de noix vomique . 5 à tO eentigram.

Eau . . . 8 grammes.

Deux à quinze gouttes dans une potion (Schwartz).

L’électrisation du sphincter (Ph. Boyer, Duchenne, de Boulogne) a donné de bons résultats et ce traitement n’est point pénible.

Quand la chute du rectum tend à devenir permanente, on cautérise au fer rouge pour raccourcir la muqueuse, grâce à des cicatrices. On peut faire tomber la tumeur par la cautérisation (Marc-Aurèle, Severin, Dionis). Ou bien on cautérise avec un cautère olivaire (Guersent) plusieurs points symétriques de la tumeur, ou bien on cautérise à partir de l’orifice, de façon à détruire la muqueuse de dehors en dedans (Kluyskens). Ce traitement n’est pas douloureux en général. On panse à l’eau froide et l’on comprime dans l’intervalle des selles, en maintenant le ventre libre pour éditer les efforts. La cautérisation avec les acides concentrés (Jaesche) est moins bonne que le fer rouge ; elle agit moins régulièrement, quoique la brûlure soit partout au même degré.

On a lié le bourrelet totalement ou par portion (Copland); si l’on devait recourir à ce moyen, il faudrait préférer l’écraseur de Chassaignac et sectionner le bourrelet en une et mieux en deux ou trois séances. Une portion du bourrelet étant traversée par deux épingles en croix, il serait facile de l’exciser avec récraseur. H. Smith, 1863, a enlevé un prolapsus du rectum à l’aide du clamp, puis a coupé la partie saillante au-dessus du clamp et a cautérisé. Ce traitement est compliqué et ne vaut pas l’écrasement linéaire.

L’incision pure et simple de la tumeur est abandonnée à cause des hémorrhagies et des inflammations qu’elle peut faire naître. L’incision d’une portion de la tumeur est passible des mêmes critiques.

Ou a cherché à rétrécir l’anus (W. Hey) pour empêcher le prolapsus de la muqueuse.

Dupuytren a excisé des plis rayonnés de la peau se réunissant autour de la tumeur comme centre. A la suite de cette opération, il y a eu de nombreuses récidives.

. Robert, en 1843, a fait deux incisions circonscrivant la tumeur et venant se joindre snr le coccyx de manière à former un Y. Il a enlevé toutes les portions comprises entre ces deux incisions et l’anus, à l’aide de ciseaux courbes et de pinces à griffes, puis il a réuni la plaie par trois points de suture. La malade adulte ainsi opérée avait été constipée par les

DECT

pilules d’opium. Gc traitement long et minutieux a été suivi de guérison.

Pour les enfants, ou doit considérer la longueur du traitement; ils ne peuvent pas être opérés de la sorte, parce que l’opium est un des médicaments qu’il faut leur donner avec le plus de ménagements et parce qu’il serait difficile de les constiper pour empêcher l’infiltration des matières stercorales dans la plaie.

Si la chute du rectum était irréductible et étranglée, on débriderait le sphincter et l’on exciserait la muqueuse herniée (Velpeau).

Rectum (Mouvements spasmodiques du).

De temps à autre ii y a des malades qui ont une contraction spasmodique plus ou moins désagréable du rectum.

Thérapeutique. — Contre cette maladie, il faut prescrire la belladone en lavement.

Extrait de belladone . 25 à 30 centigrammes.

Eau distillée . . dOO grammes.

Rectum (PARALYSIE Du). Chez les femmes qui font abus des lavements et qui ont une chute de l’utérus, il y a souvent une dilatation du rectum où des matières s’amassent, le rectum ayant perdu sa contractilité.

Chez les individus qui ont des habitudes honteuses, il y a quelquefois une paralysie du rectum et de l’anus, se traduisant par une incontinence des matières fécales et une chute du rectum. Il est facile de reconnaître l’origine de cette maladie à la disposition infundibuliforme de f’anus.

Thérapeutique. — La paralysie du rectum est incurable, et les femmes sont destinées à ne pouvoir aller à la selle qu’à force de lavements huileux. Ou peut néanmoins prescrire les lavements d’eau froide, d’eau vinaigrée, de décoction de ratanhia, qui peuvent néanmoins tonifier le rectum.

■ Gc serait un juste châtiment que de laisser cette infirmité aux hommes vicieux, mais comme la médecine n’a pas pour- mission de venger les violations de la nature, on aura recours au traitement suivant : les individus devront se laver tous les matins avec de l’eau froide, ou trempée dans une solution d’alun; on cautérisera avec le nitrate d’argent la muqueuse du rectum, et l’on électrisera le sphincter anal..

Rectum (PLAIES DU) ET DE L’ANUS. — Les plaies du rectum et de l’anus produites par Eopération de la fistule à l’anus et par une opération de taille, par un corps étranger du rectum, et enfin par un agent vulnérant, coupant ou déchirant, peuvent causer des inflammations violentes du tissu cellulaire du bassin et du péritoine (V. Corps étrangers du rectum) et la gangrène du rectum.

Dans la majorité des cas les plaies du rectum guérissent bien, mais il arrive parfois qu’une fistule cutanée ou muqueuse en est la conséquence.

Chez la femme la déchirure du périnée se complique quekpicfois de déchirure du rectum.

Le rectum a été blessé par des armes à feu, soit après une plaie du sacrum, soit après une plaie du bas-Tentre.

Les blessures du rectum peuvent être compliquées de plaie des organes voisins.

Thérapeutique. — (V. Corps étra>-gees du rectcm). S’il y a une plaie rectale ou une plaie de l’anus. on pansera avec des mèches enduites de cérat. ou donnera trois ou quatre lavements émollients par jour. Si la plaie est contuse, on se bornera aux lavages fréquents, on donnera de l’opium à haute dose aux malades pour empêcher les selles. Pendant dix à douze jours, il est possible d’entretenir une constipation avec l’extrait d’opium à la dose de 10 à 30 centigrammes par jour.

Lorsque le tissu cellulaire autour du rectum est gangrené, on peut chercher tà favoriser son recollement avec les parois de l’anus en lotionnant le rectum avec des injections émollientes et en même temps que l’on place un intestin d’animal distendu par de l’air dans le rectum (Graefe).

Dans les cas de plaie du rectum par armes à feu sans lésion de l’anus, le débridement de cet orifice et les lavages multipliés sont recommandés. (Bégin, Dupuytren). |

On fera toujours son possible pour extraire les corps étrangers introduits dans le rectum.

Rectum (RÉTRÉCISSEMENT Dü). Les rétrécissements du rectum sont le résultat d’un cancer de cet organe, d’hémorrhoïdes anciennes (V. ces mots) , de tumeurs du petit bassin, d’inflammations simples ou syphilitiques, suivies d’induration, enfin de la cicatrisation d’une plaie du rectum.

Le rétrécissement fibreux du rectum, ou rétrécissement simple est constitué par une hypertrophie de la muqueuse et de la lame fibreuse de l’intestin, et la partie rétrécie a tantôt la forme d’une valvule, tantôtd’un diaphragme. Le rectum est dilaté au-dessus du rétrécissement, et il n’est pas rare qu’il y ait des ulcérations dans cette partie dilatée.

Les rétrécissements inflammatoires ou fibreux sont annoncés par de la constipation, et ' lorsque l’inflammation qui a causé le rétrécissement dure encore, par un écoulement de ma-J tières mucoso-purulentes; en même temps il y a du météorisme, plus tard il y a des difficultés pour aller à la selle, les matières qui sont rendues sont comme passées à la filière. Une irritation du rectum au-dessus du rétrécissement survient, puis des ulcérations et le développement de mamelons hypertrophiques de la muqueuse apparaissent; il y a expulsion de glaires qui donnent aux malades des envies fréquentes d’aller à la selle. Chez certains malades qui ne se soignent pas on voit arriver la diarrhée qui est une sorte de débâcle et permet aux matières accumulées au-dessus du rétrécissement d’être éliminées. Plus tard il y a un état général qui ne manque pas de gravité, les malades sont

pâles, ils n’ont point d’appétit, ils ont des coliques et plus particulièrement des douleurs sur le trajet du côlon, et des douleurs de rein. Les femmes ont quelquefois de la leucorrhée.

Il est très-rare que le rétrécisement du rectum soit assez prononcé pour causer les signes d’une véritable obstruction intestinale.

Les rétrécissements d’origine syphilitique, siègent en général sur un point peu élevé (Gosselin), ils sont le résultat de chancres ou de plaques muqueuses du rectum près de l’anus.

*„.* On reconnaît les rétrécissements du rectum par le toucher rectal, qui permet de sentir le rétrécissement ; par le spéculum ani, qui peut permettre de reconnaître l’état de l’orifice rétréci; par l’introduction de grosses bougies à boules ou d’une tige terminée par une boule de caoutchouc : on introduit l’instrument dans le rectum et l’on distend avec de l’air la boule de caoutchouc, puis on retire l’instrument, qui se trouve arrêté au niveau de l’endroit rétréci.

On ne peut confondre le rétrécissement avec les hémorrhoïdes, car dans celles-ci on sent, par le toucher rectal, les hémorrhoïdes molles, et il n’y a pas de brides comme dans le rétrécissement rectal.

A part les rétrécissements syphilitiques il est douteux que les rétrécissements du rectum puissent guérir radicalement.

Thérapeutique. — Contre les rétrécissements dus à une tumeur du petit bassin, il n’y a à faire que le traitement qui convient à ces tumeurs [V. Utérus (Corps fibreux de l’)] ; seulement on devra donner de fréquents lavements, entretenir la liberté du ventre par l’huile de ricin, 15 à 20 grammes tous les quinze jours ou tous les mois. Contre les cancers du rectum et les hémorrhoïdes, oh. appliquera les traitements appropriés.

Dans les rétrécissements syphilitiques, c’est-à-dire ceux qui sont liés à un état général syphilitique ou à des anciennes syphilides du rectum, il faut, en même temps que Ton traite l’état local, administrer le traitement général des accidents secondaires ou tertiaires de la syphilis, suivant que Ton est à une époque plus ou moins rapprochée du début du rétrécissement.

Tous les traitements des rétrécissements du rectum par les pommades belladonées, les douches ascendantes ou lavements avec des seringues à forte pression, ne peuvent être considérés que comme des moyens palliatifs.

La dilatation simple con\ient pour les rétrécissements encore dans la période inflammatoire, ou les rétrécissements syphilitiques; Tincision et la dilata^ tion sont bonnes pour les rétrécissements anciens.

Pour faire la dilatation, on se sert de canules dites de gomme, ou de bois, ou d’ivoire ramolli (Charrière) , de grosseur variable , depuis 1 cem timètre de diamètre jusqu’à 2 centimètres; Des sondes doivent être laissées en place le plus longtemps possible, quatre à six hem'es par jom’, en une seule ou en deux séances. 11 est nécessaii-e d’avoir des sondes perforées à l'extrémité, car les sondes fer^

l!26i RECT

niées ne peuvent être supportées, tandis que les sondes ouvertes le sont beaucoup mieux, parce qu’elles laissent échapper les gaz dont la canule provoque l’expulsion. On enduit avec avantage les sondes de la pommade :

Cérat . 4 parties.

Extrait de belladone . l id.

Les dilatateurs mécaniques de Gostallat, Beylard (V. Dilatateurs), etc., ne sont pas meilleurs que les canules.

Lorsque le rétrécissement est étroit et très-dur, on peut placer des mèches enduites de la pommade précédente et dont on augmente progressivement le volume (Desault, Tauchou, Dupuytren); mais ce moyen ne vaut pas l’incision.

On incise les rétrécissements du rectum (Stafford, 1838) avec le bistouri boutonné. Le doigt étant introduit dans le rectum, on fait des incisions sur plusieurs points; ou place, pendant vingt-quatre heures, un morceau d’éponge préparée. Pour appliquer ce traitement, il faut aussi purger d’abord les malades, puis leur avoir donné de l’opium à la dose de quatre ou six pilules de 5 centigrammes pour produire la constipation. Lorsqu’on incise un rétrécissement du rectum, il n’y a pas à craindre de couper des vaisseaux, si l’on fait des incisions multiples. Lorsque le rétrécissement a été incisé et dilaté avec l’éponge, on a recours ensuite à la dilatation avec les canules.

La dilatation forcée du rétrécissement avec un spéculum que l’on écarte de force dans le rectum (A . Gooper), ou le dilatateur de Demarquay, est une méthode qui se rapproche de l’incision, mais qui a moins de précision.

En aucun cas il ne faut se servir des instruments variés imaginés pour sectionner les rétrécissements du rectum; rien n’est plus intelligent et plus sûr qu’un histouri boutonné conduit sur le doigt.

La cautérisation du rectum peut être faite : soit en plaçant des caustiques sur la canule, ainsi de l’alun ou une substance caustique sur une grosse canule enduite d’un emplâtre ou faite avec un tissu emplastique. Mais ce traitement est peu rationnel ; la cicatrice d’une cautérisation tend à se rétracter, puis il est difficile de placer un caustique qui n’agisse que sur le rétrécissement. La cautérisation cependant est indiquée lorsqu’il y a des ulcérations autour du rétrécissement. L’ablation du rétrécissement est contre-indiquée, à moins qu’il ne s’agisse d’un cancer bien limité :

Eau . 200 grammes.

Alun . 14 id.

S’il existe en même temps qu’un rétrécissement un écoulement muqueux, on administrera le lavement de copahu (V. Gtstite), ou les injections avec l’alun.

S’il y avait un rétrécissement complet et un obstacle au cours des matières, un anus artificiel serait établi. Y. Atrésie de l’axus.

Le régime des individus atteints de rétrécissement du rectum doit être un régime laxatif. L’usage des bains de siège journaliers, les lavements émollients, les cataplasmes sur le ventre, la vie régulière, la nourriture réglée, sont recommandés.

Comme les rétrécissements du rectum ne guérissent qu' exceptionnellement, on devra poursuivre le

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traitement pendant longtemps même après que le • rectum paraîtra suffisamment dilaté.

Rectum (TAMPONNEMENT DU). Loi’squ’api’ès une opération sur le rectum une hémorrhagie grave a lieu, on tamponnera ; quoique ce tampon soit très-gênant pour les malades (Dupuytren), il est des cas où il est seul efficace, ainsi en est-il après les ablations de cancer du rectum.

On tamponne avec un gros tampon de charpie lié avec des fils cirés et porté dans le rectum, jusqu’audessus des points où l’on a coupé les tissus ; les fils pendent à l’anus. On introduit ensuite des bourdonnets de charpie liés entre eux comme une queue de cerf-volant (Boyer). >

Un pessaire à air de Gariel, c’est-à-dire une ampoule de caoutchouc que l’on introduit vide dans le rectum et qu’on remplit d’air ensuite, est un moyen préférable plus expéditif et plus susceptible de bien comprimer.

Rectum (TUMEURS Du). On a observé des kystes dans le rectum développés sans doute aux dépens dos glandes du rectum; ils sont caractérisés par une tumeur fluctuante qui, ponctionnée, donne issue à du liquide séreux, se reproduit ou guérit; plusieurs ponctions sont quelquefois nécessaires pour guérir ces kystes. V. Rectum (Cancer du). Polypes du rectum, Corps étrangers du rectum, Invagination DU RECTUM.

RÉCURRENT. Nerfs laryngés inférieurs dont la compression par des tumeurs du voisinage produit Tenrouement et Taphonie.

Les abcès et les tumeurs du médiastiii, la tuberculose des ganglions bronchiques et les anévrysmes de la crosse de l’aorte, sont les causes habituelles de la compression des nerfe récurrents.

RÉCURRENTE OU SENSIBILITÉ RÉCUR¬ RENTE. Phénomène physiologique découvert par Magendie et qui n’est autre qu’une sensibilité du bout périphérique des racines antérieures de la moelle fraîchement coupées. Dans ce cas, il est évident que chaque bout périphérique reçoit la sensibilité en retour qui lui est •envoyée par la racine postérieure sensitive.

RÉDUCTION. Opération destinée à remettre en place les fragments d’un os cassé ou luxé (V. Fracture, Luxation) et à faire rentrer une hernie (V. ce mol).

RÉFRACTION DE L’OEIL (TROUBLES DE la). Les troubles de la réfraction de l’œil sont des états en vertu desquels l’image des objets placés au-devant de l’œil vient se placer à un foyer situé en avant ou en arrière de la rétine. Le premier état est la myopie, le second est l’hypermétropie, la vision normale étant dite emmétropie. V. aussi Astigmatisme.

Un vice de conformation originel (de Graefe), d’anciennes affections des milieux ou

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des membranes de l’œil, causent les troubles de la réfraction,

I. Myopie. — La myopie est congéuitale ou accidentelle, l’allongement antéro-postérieur de l’œil, la convexité de la cornée, une convexité du cristallin, causent le plus souvent la myopie.

Il y a des degrés dans la myopie, tantôt les malades voient presque comme tout emmétrope, tantôt les malades sont obligés de regarder avec un seul œil, tant ils sont obligés d’en rapprocher l’objet.

La proportion ~ indique le degré de myopie, 1 indiquant la distance normale à laquelle l’œil sain sait lire un numéro de l’échelle Jaeger n, indiquant la distance plus petite que huit pouces à laquelle l’œil myope peut lire le même numéro (Donders).

La myopie est quelquefois simulée par l’affaiblissement de la sensibilité de la rétine ou amblyopie, parce que les amblyopes rapprochent les objets afin de les voir plus gros; mais en plaçant une lentille biconvexe devant leurs yeux ils n’ont pas besoin de se rapprocher des objets, le myope ne voit plus avec une lentille biconvexe.

La myopie due à un spasme du muscle ciliaire se complique quelquefois de sti’abisme, surtout quand le phénomène existe dans un seul œil.

La myopie congénitale se révèle au moment où les enfants apprennent à lire; elle augmente pendant la jeunesse, elle peut être améliorée dans la vieillesse par la substitution de la presbytie à la myopie, à la suite de la lenteur de l’accommodation.

Thérapeutique. — Si la myopie se lie à un état congestif de l’œil, à un glaucome, à une conicité de la cornée, il faudra essayer de guérir ces maladies. V. ces mots.

Le traitement palliatif consiste dans l’application de lunettes à verres biconcaves, verres dits négatifs, compris entre les n'* 1 et 60, le verre 60 étant le numéro le plus faible ; le numéro du verre est indiqué par un nombre correspondant au dénominateur de la fraction algébrique citée plus haut.

Si un individu portant des lunettes répondant à cette formule ne distingue pas bien, on placera des lunettes plus faibles au devant des premières ; s’il voit mieux avec l’une d’elles on prendra ce numéro que l’on ajoutera au numéro de la lunette habituelle, et l’on choisira une limette qui représente la somme des rayons de courbure des deux verres. V. Luxtettes (Applicatioss des).

Deux lunettes doivent être employées par les myopes, une appropriée pour voir de loin, une appropriée pour voir de près, ou bien ils auront une lunette forte et un pince-nez d’un numéro faible, mais qui, uni aux lunettes, forme appareil de renforcement capable de permettre déliré ou d’écrire. En général il vaut mieux, dans le cas où les malades ne voudraient pas faire usage de deux lunettes, que les

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verres soient appropriés pour la vision rapprochée, en aucun cas il n’est bon de quitter ses lunettes pour lire avec les yeux, cela cause des exercices d’accommodation qui fatiguent beaucoup la vue.

Les lunettes doivent toujours être binoculaires, si les deux yeux sont inégalement myopes; ou mettra deux verres de numéro différent. Le centre des verres doit correspondre au sommet des cornées.

En général, pour la vision des objets éloignés les verres doivent être dans le même plan ; pour la vision des objets rapprochés, les verres doivent être disposés de façon que leur centre corresponde à l’axe optique.

C’est par des tâtonnements, des expériences répétées, que l’on parvient à donner aux myopes des lunettes convenables. ^

Les accidents dus à l’application de mauvaises lunettes, sont une amblyopie, un spasme du muscle ciliaire ou une paralysie du muscle ciliaire, ou enfin un strabisme par défaut d’action d’un œil. Les premiers accidents seront traités par le repos complet, l’absence de toute attention, et l’on attendra une amélioration pour faire l’expérience des lunettes. Pour le défaut d’action d’un œil on pourra recourir à l’emploi de lunettes de verres inégalement forts.

Les lunettes prismatiques seraient indiquées s’il y avait un véritable strabisme, et alors on placerait deux lunettes superposées, une déviant les rayons lumineux, l’autre les dispersant, c’est-à-dire corrigeant la myopie.

II. Hypermétropie (Donders), asthénopie (de Graefe). — L’hypermétropie est due naturellement à un raccourcissement de l’axe optique ou à un défaut dans le pouvoir réfringent du cristallin et de la cornée.

Les yeux hypermétropes sont moins Kionvexes qu’à l’état normal, ils lisent à distance avec des lunettes à verres convexes.

L’accommodation supplée pendant quelque temps au défaut de proportion des milieux réfringents de l’œil, mais c’est vers quarante ans que l’hypermétropie domine et l’emporte sur les efforts d’accommodation compensateurs.

L’œil hypermétrope ne peut voir de près comme l’œil presbyte, lorsqu’il fait des efforts pour voir, la vue se trouble, ses yeux pleurent et il y a de la céphalalgie. On ne saurait mieux se rendre compte soi-même de l’hypermétropie qu’en plaçant devant son œil un verre biconvexe et en cherchant à voir à la distance normale.

En principe le degré d’hypermétropie est déterminé par la distance focale du verre biconvexe, au moyen duquel l’hypermétrope peut voir à distance normale.

Pour reconnaître le degré de l’hypermétropie, voici un exemple : Si un individu Ht à 20 pieds le n° 19 de l’échelle Jaeger, il est déjà un peu hypermétrope ; si avec des verres convexes faibles n° 50 à Zj5, il litlesn®* 48 et 17, de l’échelle, l’hypermétropie égale 1/16, c’est-à-dire qu’il faudra un verre biconvexe du n° 16 pour corriger le défaut de réfraction de l’œil. Pour mieux mesurer le degré d’hypermé-

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