‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 65 sur 731 · ART H · texte numérisé non relu

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ras où rioflajîiination n'ctait pas trcs-iutcnsc, ce traitement a réussi (Jarjavay). La disparition des douleurs et la rapidité de la guérison sont le fait capital de ce traitement. Ce traitement est convenable pour le genou; dans les autres articulations il est d’une application plus difficile et exige de grands ménagements.

n. Arthrite traumatique. Lorsqu’une plaie a intéressé une articulation, et que l’air a pu agir sur elle, si le traitement préventif, les applications froides, l’occlusion de la plaie n’ont pas réussi, la synoviale perd son poli, se vascularisé, sécrète une sérosité roussâtre, puis du pus; les cartilages se ramollissent, se nécrosent et tombent, les os aussi sont envahis par une ostéite , et les ligaments articulaires se détachent.

Si l’action de l’air sur la synoviale (David, Hévin) détermine l’inflammation de l’articulation , le croupissement du pus et l’étranglement des tissus fibreux (Brasdor, Bichat) l’entretiennent.

Après un ou plusieurs frissons, une douleur spontanée, violente, croissant incessamment, une douleur à la pression, l’œdème des bords de la plaie, l’issue de sérosité louche et de pus, la rougeur et la tuméfaction de l’articulation, la fièvre, le délire, caractérisent l’arthrite traumatique.

%* Le tétanos, l’infection purulente, terminent ordinairement l’arthrite traumatique. Les malades c|ui échappent sont exposés fatalement à des nécroses consécutives des extrémités articulaires au moins, et à une ankylosé osseuse de l’articulation.

Thérapeutique. — Si l’on n’a pas pu prévenir l’arthrite, ou appliquera, dès que des douleurs existeront, une ou plusieurs fois, vingt à trente sangsues autour de l’articulation, selon l’intensité de la douleur ; des cataplasmes émollients arrosés de laudanum seront tenus en permanence, ou bien on se servira de l’appareil à irrigation continue. Le membre sera placé de telle sorte que le pus puisse sortir par son propre poids, et un coussin sera placé sous l’articulation à l’effet de le maintenir dans une position demi-fléebie.

Un large vésicatoire entourant toute l’articulation peut arrêter une arthrite menaçante (Fleury père).

S’il y a du pus formé, dès que la fluctuation sera évidente, on fera des contre-ouvertures aux points déclives, puis on fera des injections émollientes (J. L. Petit), ou des injections avec un mélange d’eau et d’eau-de-vie camphrée (Gay, Bonnet) au quart, en même temps on pourra recourir de nouveau à l'emploi du vésicatoire.

Contre l’état général, les malades prendront un julep additionné de 1 gramme de sulfate de quinine, et une tisane délayante. Ils feront diète absolue.

On donnera, avec avantage, l’émétique à dose rasorienne (20 centigrammes dans ime potion), et on augmentera progressivement jusqu’à 1 gramme (Gimelle).

UI. Arthrite inflammatoire aiguë {arthrite rhumatismale). — Dans le cours d’un

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rhumatisme articulaire l’inflammation ordinal rement fugace de la synoviale peut être le point de départ d’une inflammation franche de l’articulation, et alors il se forme des fausses membranes et du pus ; les cartilages se ramollissent, les os eux-mêmes sont atteints, c’est l’arthrite inflammatoire aiguë.

Un gonflement douloureux autour d’une articulation avec rougeur des téguments, une fluctuation obscure, des douleurs intolérables, incessantes, l’impossibilité de mouvoir l’articulation prise, une fièvre modérée, une sorte de résolution de l’état général en cas de rhumatisme articulaire antérieur, sont les signes de l’arthrite rhumatismale ou du rhumatisme mono-articulaire, ou de l’arthrite inflammatoire chez un individu prédisposé par une affection générale inflammatoire.

*** L’arthrite aiguë se termine par résolution, souvent par suppuration, destruction des cartilages, nécrose des os, et finalement par ankylosé. Des fistules persistantes après la disparition des accidents inflammatoires sont le résultat d’abcès formés autour de l’articulation, et de la nécrose des os.

L’arthrite aiguë non suppurée conduit à l’ankylose fausse, tandis que l’arthrite aiguë suppurée conduit à l’ankylose vraie.

Thérapeutique. — On traitera d’abord l’état général rhumatismal (V. Rhumatisme aigu articulaire). Si les signes d’un rhumatisme mono-articulaire existent d’abord, fe membre sera placé dans une gouttière et maintenu immobile (Bonnet): des sangsues seront appliquées sur l’articulation malade et plus tard on emploiera les applications de teinture d’iode, les vésicatoires, la pommade d’Autenrieth en frictions, etc.

Lorsque les douleurs seront moins vives, et que l’inflammation sera moins intense, on se bornera à des cataplasmes laudanisés, on aura recours au cata¬

plasme suivant de Bretonneau :

Mie de pain de seigle . i kilogramme.

Délayée à chaud dans : eau-de-vie camphrée q. s. Additionnez :

Laudanum de Sydenham . 32 grammes.

Extrait de datura stramonium . . 16 id.

Contre les douleurs intolérables, on placera un vésicatoire qui sera pansé avec 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine.

Les frictions mercurielles sur la tumeur seront employées à dose de 8 à 10 grammes, jusqu’à ce qu’elles produisent la salivation (Bonnet, de Lyon).

Si un abcès se forme, fût-il au miüeu de l’articulation, qu’il soit enkysté ou non, on l’ouvrira par la ponction sous-cutanée (Desault), comme pour les corps étrangers articulaires (méthode de Goyrand) (Bonnet), les ponctions étroites successives (Boyer) sont moins avantageuses.

On extraira les séquestres mobilisés par les fistules consécutives, mais on attendra la résolution de l’inflammation avant de faire des débridements pour tenter l’ablation des os nécrosés ou l’amputation.

Chez une femme grosse, quand ime arthrite apparaît, la marche du mal est lente, les douleurs S

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sont généralement peu \ives, et il est rare qu’il se forme du pus. On ne doit rien presser, parce que souvent, au moment de l’accouchement, l’inflammation guérit promptemeut. Quand le terme de la grossesse est éloigné, quelques sangsues, mi ou deux vésicatoires appliqués au début de l’inflammation arrêtent la marche de la maladie. On placera le membre dans une gouttière, et on recouvrira l’articulation de cataplasmes laudanisés.

lY. Arthrite blennorrhagiqne etnréthrale.

Dans le cours d’une blennorrhagie virulente ou d’une uréthrite, ou à la suite de manœuvres exercées sur l’urèthre avec inflammation con- j sécutive, il apparaît souvent une arthrite occupant le genou, le poignet, le coude ou l’épaule, mais il est rare que deux articulations soient prises à la fois ; la jointure gonfle, rougit, devient douloureuse, et les mouvements sont pénibles.

Dans l’arthrite blennorrhagique , il est rare qu’il se forme du pus; l’arthrite consécutive à des manœuvres appliquées sur l’urèthre, et à l’urélhrotomie en particulier, au contraire, suppure assez ordinairement; cette arthrite se rapproche beaucoup de l’arthrite des infections purulentes.

Ce n’est point toujours en vertu d’une métastase que les articulations s’enflamment, la marche, les efforts, les refroidissements et la constitution rhumatismale ont une part d’action sur la maladie articulaire.

L’arthrite blennorrhagique est excessivement rare chez la femme.

Thérapeutique. — Comme l’arthriîe blennorrhagique se termine presque toujours par résolution, si les douleurs ne sont pas intolérables, il suffit, au début, de prescrire le repos et d’appbquer des cataplasmes laudanisés. On n’emploiera le vésicatoire que si l’inflammation tardait à se résoudre; les vésications incomplètes, par les lotions répétées avec la teinture d’iode, sont d’un excellent usage.

Dans l’arthrite qui menacerait de suppurer et dans l’arthrite uréthrale qui est, le plus souvent, une véritable arthrite suppurée, on agira plus énergiquement; des sangsues d’abord, puis des vésicatoires répétés seront placés jusqu’à ce qu’il soit évident qu’il y a du pus. Alors on aura recours à des ponctions multiples (Boyer) ou à la ponction sous-cutanée, ou bien encore à une ponction simple sur les points où la peau est amincie, seulement, dans ce cas, il faut avoir soin de ne pas faire sortir le pus, mais bien de le laisser sortir. G’est le lendemain qu’on videra complètement l’articulation.

Lorsqu’une arthrite se développe, on cessera l’usage du copahu qui exerce toujours une action plus ou moins fâcheuse sur les fonctions digestives; les sudorifiques et les tisanes délayantes devTout lui être substituées.

Y. Arthrite de l’infection purulente , de la phlébite utérine, de l’infection urinense et de la morve. Lorsque le Sailg est altéré après avoir été infecté par du pus ou des matières putrides, quelle que soit leur origine on trouve une ou plnsiours articulations

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qui s’emplissent de pus; après une douleur articulaire d’une intensité médiocre , l’article gonflé devient douloureux à la pression et un peu rouge.

C’est ordinairement 'a la suite d’un frisson que les arthrites apparaissent dans les maladies infectieuses.

Donc, lorsque dans le cours de l’infection purulente, de l’infection urineuse, de la morve et du farcin, et même de la variole, on trouve chez un malade,à la suite d’un frisson, une articulation gonflée, douloureuse au toucher, avec des mouvements difficiles , on diagnostiquera un abcès dans l’articulation, ou une arthrite.

Thérapeutique. — Les arthrites dans les infections purulentes sont en général uir phénomène ultime, un signe avant-com*eur de la mort. Cependant comme on a vu des malades guérir malgré ces redoutables complications, il faut donner issue au pus toutes les fois que la certitude de la mort n’est pas évidente, afin de prévenir, s’il est possible, les nécroses péri-articulaires et les ankylosés consécutives. Arthrite cervicale.

I. Arthrite cervicale aiguë. L’arthrite cervicale aiguë existe à la suite de fractures des vertèbres, de plaies par armes à feu, et elle peut se produire spontanément sous l’influence du froid.

Une douleur cervicale très-vive, les signes d’un rhumatisme musculaire d’un phlegmon du cou, la gêne de la respiration et de la déglutition consécutive au gonflement de la région prévertébrale, un torticolis douloureux, caractérisent l’arthrite cervicale aiguë spontanée.

A une période avancée de l’arthrite cervicale, on peut croire à un phlegmon profond de la région postérieure du cou et à un abcès rétropharyngien, mais l’absence de fluctuation dans le pharynx empêche de commettre une erreur. V. Abcès RÉTRO-PHARYNGIENS, Régiois DU cou.

Thérapeutique. — On appliquera, dès le début, vingt sangsues sur le cou, vingt-quatre heures après on renouvellera les applications, puis si la douleur, en général, très-vive, ne cède pas, on placera un large vésicatoire sur la partie postérieure du cou. Il sera utile en même temps de maintenir la tête immobile au moyen d’un colber spécial. Si un abcès se forme, soit du côté du cou, soit dans le pharynx et s’il y avait menace d’asphyxie, on pratiquerait la trachéotomie.

II. Arthrites cervicales chroniques. V. COü, Mal de Pott, Tumeurs blanches.

Arthrites chroniques. Chez les individus dans les conditions de sauté ordinaire, mais affaiblis, l’arthrite aiguë, en s’arrêtant, donne lieu quelquefois à un épaississement de la synoviale et à une hydarthrose.

Chez les sujets scrofuleux ou à tempér^ ment lymphatique, l’arthrite aiguë peut devenir upe synovite fongueuse.

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Chez les vieillards goutteux et les arthritiques, l’arthrite aiguë se métamorphose assez souvent eu une arthrite sèche.

Chacune des variétés d’arthrites chroniques consécutives à des états aigus peut exister d’emblée.

1. Arthrite chronique simple. Hydarfhrose. Une congestion de la synoviale, une sécrétion exagérée de synovie, d’une consistance variable entre celle de l’huile et celle de la sérosité ; parfois l’hypertrophie des franges synoviales et l’épaississement de la synoviale caractérisent anatomiquement l’hydardirose,

%* Une fois amassée d:His une articulation sous l’influence d’une contusion, d’un refroidissement, et chez des individus généralement anémiques, la sérosité ne se résorbe pas. Quelquefois la synoviale se rompt, et le liquide se répand dans le tissu cellulaire où il peut être résorbé (Parmentier, 1827), mais la synoviale se remplit de nouveau.

L’articulation atteinte d’hydarthrose est tuméfiée, peu douloureuse, et on y sent de la fluctuation, que l’on perçoit autour de l’articulation dans les culs-de-sac de la synoviale. Au genou on sent aisément la fluctuation, lorsqu’il y a peu de liquide on reconnaît sa présence, mais en comprimant avec les deux mains au-dessus et au-dessous de la rotule et en appuyant avec les deux index sur la rotule, que l’on amène ainsi au contact des condyles du fémur, où elle détermine un choc.

Lorsqu’une hydarthrose est ancienne et qu’il y a beaucoup de liquide amassé dans la jointure, les mouvements sont gênés et les articulations prennent des positions vicieuses où elles demeurent immobiles; ainsi les os sont semi-luxés et les surfaces articulaires sont écartées de façon à permettre aux membres d’exécuter des mouvements même assez étendus dans un sens peu compatible avec la nature de l’articulation; c’est ce qu’on voit dans les mouvements de latéralité de l’articulation du genou, qui constituent la jambe dite de polichinelle.

L’hydarthrose peut passer à l’état d’arthrite aiguë, et se changer en une synovite fongueuse.

%* La forme des culs-de-sac des synoviales conservées ; l’absence de tout bruit de collision de petits corps durs ; l’absence de réductibilité de la tumeur, ou de la tuméfaction ; la fluctuation franche , feront distinguer les hydarthroses, des bourses séreuses, des kystes séreux à grains bordéiformes , des œdèmes et des épanchements de sang articulaire. L’épaississement d’un cul-de-sac, de la séreuse, ne sera pas confondu avec un corps mobile articulaire (Marjolin), parce que l’épaississement de la synoviale sera toujours observé au même point et que l’on n’aura pas constaté la douleur

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j subite, intermiiteule, qui caractérise les corps mobiles articulaires,

%* Plusieurs hydarthroses sur un intbvidu indiquent un rhumatisme articulaire chronique.

Thérapeutique. — Sur une hydarthrose consécutive à une violence exercée sur l’articulatioa, on appliquera huit ou dix ventouses scarifiées, puis vingtquatre heures après, un vésicatoire entourant toute l’articulation (Velpeau) : on pourra renouveler les vésicatoires.

Si, sous l’influence d’un refroidissement, ou à la suite d’un rhumatisme articulaire, il y a hydarthrose, on traitera le malade par les sudorifiques. Les individus qui ne seront pas anémiques, ou qu’un rhumatisme articulaire antérieur n’aura pas rendu anémiques, seront soumis au traitement par le tartre stibié à dose rasorienne (Gimelle), mais on ne dépassera pas 80 centigrammes à 1 gramme dans les vingt-quatre heures ; on débutera par 20 centigrammes.

Si l’épanchement articulaire persiste, on aura recours encore aux larges vésicatoires, aux frictions avec la pommade d’Autenrieth, aux vésicatoires et consécutivement à la compression avec les bandes élastiques. Les cautères et les moxas (Larrey), la cautérisation transcurrente conviennent seulement dans les cas où l’hydarthrose tend à se transformer en synovite fongueuse.

On peut pratiquer une ponction avec le trocart (Camper, Boyer, Larrey) ; les ponctions avec le trocart et les injections (Gay) d’eau d’orge alcoolisée (Jobert, de Lamballe), et mieux, iodées (Velpeau), sont un bon moyen.

Eau . 2 grammes.

Teinture d'iode . id.

(Velpeau.)

Ou:

Eau . 40 grammes.

Iode . 5 id.

lodm-e de jjotassium . 10 id.

Mêlez dans un mortier de verre l’iode et l’iodurc. Ajoutez l’eau peu à peu (Bonnet, de Lyon).

Il ne faut injecter que 10 à 15 grammes de liquide à la fois. La sérosité peut se reproduire dans l’article après cette opération, mais elle se résorbe ensuite. 11 n’y a pas à craindre d’ankylose consécutive après la ponction et les injections iodées dans les articulations.

La ponction capillaire avec le bistouri après déplacement de la peau (Desaultj, la ponction sous-cutanée, et àl’aide d’rm ténotome (Goyrand, d’Aix), ou simplement les ponctions multiples, avec la lancette, sont des moyens auxquels on peut avoir recours, mais, pour les employer sans danger, on ne doit point chercher à vider d’un seul coup l’ai-ticulatiou.

Quel que soit le traitement employé contre une hydarthrose, il faut tenir le membre immobile et comprimer l’article. Une bande dextrinée; vm appareil stuké; des bandelettes de diachylum ou d’emplâtre deVigo, pourront être appliqués à volonté; on choisira le bandage le plus persistant pour les malades qui ne prennent pas grand soin d’eux.

II. Arthrite chronique ou synovite fongueuse. L’inflammation aiguë d’une articu-^ lation arrivée au soixantième jour est caractérisée par le développement de bourgeons mollasses envahissant toute la sm*face interne

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de la synoviale (Richet) et recouvrant les cartilages sur lesquels ils empiètent sans détruire leur substance (Velpeau). Cet état peut exister d’emblée, et constitue l’arthrite chronique ou synovite fongueuse,

* %* La synovite fongueuse termine quelquefois une arthrite ai^ë, et plus rarement une hydarthrose, mais elle complique prescpie toujours l’ostéite péri-articulaire chronique chez les scrofuleux et les tuberculeux.

L’ostéite péri-articulaire et la nécrose compliquent presque toujours la synovite fongueuse. La destruction des cartilages dans la synovite simple est excessivement rare, et elle est partielle lorsqu’elle existe.

Les ankylosés qui succèdent à la synovite fongueuse sont des ankylosés formées par cicatrisation des fongosités devenues fibreuses et unissant les surfaces articulaires.

L’articulation atteinte de synovite sécrète un pus séreux rarement bien lié. Autour de la synoviale des inflammations phiegmoneuses se succèdent, des abcès se forment, soit par suite d’une rupture et d’uue ulcération de la synoviale (Brodie), soit à cause des phlegmons de voisinage.

Une arthrite chronique ne retentit pas sur les ganglions lymphaticpes, à moins d’ulcération de la peau.

Au début, la déformation de l’articulation, une tuméfaclion mal limitée, pâteuse, sans fluctuation, des douleurs spontanées, vagues, de la difficulté dans les mouvements, une gêne de la circulation profonde, des circulations veineuses collatérales sur. une peau qui n’est point ou est à peine rouge et œdémateuse, révèlent une synovite fongueuse.

Plus tard, lorsque l’inflammation chronique a donné lieu à des abcès, on setit de la fluctuation vraie , difficile à distinguer cependant de la fluctuation obscure des fongosités mollasses ; des abcès s’ouvrent seuls, il y a des fistules qui donnent une sérosité roussâtre et saignent facilement; l’articulation lorsqu’elle n’est pas entourée de muscles épais, est œdématiée.

Lorsque les os et les cartilages sont malades, en un mot, lorsqu’il y a ce que l’on appelle tumeur blanche, il y a gonflement des extrémités articulaires, les douleurs sont plus vives, et l’on sent à travers les fistules les os à nu, ou des séquestres, ceux-ci sortent quelcpiefois par les fistules.

Les ostéites péri-articulaires avec altération lente des cartilages, se développent surtout chez des scrofuleux, ou chez des tuberculeux, et s’annoncent par des douleurs plus vives que la synovite fongueuse. Les extrémités articulaires gonflées formant des tumeurs dures ; des abcès de voisinage ossifluents, devenus üstuleux et laissant échapper un pus contenant plus de 1/150® de substance terreuse, indiquent une

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altération de l’os, et ne permettent pas de confondre la synovite chronique avec l’ostéite périarticulaire.

%* Au point de vue de la thérapeutique, il est extrêmement important d’établir ce diagnostic dans les premiers temps de la maladie. Grâce à la connaissance des antécédents, il sera toujours aisé de savoir comment la maladie a débuté. Cependant, à priori, on peut dire que h synovites fongueuses arrivent plus lentement à s’ulcérer que les ostéites péri-articulaires. Lorsque, dans une arthrite ulcérée, il n’y a pas de frottement sec entre les surfaces articulaires, on a affaire à une synovite fongueuse simple.

Dans les affections inflammatoires chroniques des articulations, les malades souffrent de l’articulation située au-dessous de celle qui est malade. Ou a dit que les nerfs comprimés transmettaient la douleur au-dessous du point comprimé, mais cela n’est pas démontré ; ou a dit aussi que la moelle des os était enflammée, que la douleur se propageait par les os (Rust, Richet), mais cela ne peut être admis que pour les ostéites péri-articulaires. La douleur est due à ce que les malades souffrant dans une articulation tiennent le membre dans un état de tension continuelle. La douleur dans l’articulation inférieure est de la fatigue. Cette douleur existe au début des coxalgies, quand les malades marchent encore; elle disparaît par l’immobilité.

Les individus atteints d’arthrite chronique fongueuse, avec altération confirmée des os, sont souvent atteints d’une congestion pulmonaire, caractérisée par une toux sèche et de la rudesse de la respiration, qu’il ne faut pas prendre pour des signes de tubercules (Velpeau). Cet état disparaît après l’amputation de la jambe.

Thérapeutique. — Un traitement général sera prescrit. Les toniques sont indiqués, le sirop d’iodure de fer, 30 grammes par jour; les bains sulfureux tous les huit jours en été, les bains de mer tous les jours; l'habitation dans un lieu aéré, un régime tonique, des tisanes amères, seront l’hygiène prescrite auï malades. On les laissera le moins possible au lit.

Mais le traitement local surtout dexra être attentivement dirigé et modifié suivant les périodes de la maladie et son origine.

Si l’arthrite succède à un état aigu, on pourra recourir à une nouvelle application de sangsues pour faire disparaître les douleurs. Ensuite une série de vésicatoires volants seront successivement placés tout autour de l’articulation. On comprimera après arec des bandelettes de diachylum ou un bandage deitriné. La tuméfaction de l’articulation ne diminuant pas, on aura recours aux cautères (Gelse, Percy. Larrey), aux moxas, on en placera plusieurs à la fois et successivement, on aura recours à la cautérisation transcurrente (Bonnet) ou à la cautérisation ponctuée-

Si l’arthrite chronique est apparue d’emblée, Is antiphlogistiques sont inutiles (Brodie) . On emploiera tout de suite les vésicatoires, les frictions avec la pommade d’Autenrieth, la pommade à l’huile de croton.

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4 à8 grammes pom- 30 grammes d’axoïige (Jobert), la cautérisation, les cautères, et surtout la compression arec les baudes de diacliylon (Baynton, Velpeau). Quelle que soit l’origine du mal, le membre sera tenu dans l’immobilité absolue.

Lorsque l’arthrite cesse d’être douloureuse et que la résolution s’annonce par une diminution de l’engoi^ement, on aura recours aux frictions sèches, au massage, aux douches de -vapeur et aux douches sulfureuses, à des frictions avec la pommade à l’iodure de plomh (3 grammes pour 30 grammes d’axonge), on prescrira les bains iodés (Lugol), les badigeonnages avec la teinture d’iode, les frictions avec 1 gramme de la pommade suivante :

.Axonge . 30 grammes.

^■itrate d’argent ......... 4 id.

(Jobert),

Lorsque la synovite continue sa marche et qu’il se forme des abcès, on les ouvrira, et l’on fera des injections iodées, même dans l’articulation, on pansera les fistules avec la pommade à l’iodure de plomb ou le cérat. Un bandage inamovible avec une fenêtre rendra les membres immobiles .

Quand les os seront devenus malades, et quand les cartilages seront tombés, si les os ne sont pas tuméfiés néanmoins, et si le malade ne s’épuise pas par une suppuration abondante, ou aura encore recours au bandage inamovible, on peut encore obtenir une ankylosé, sinon il faudra agir comme dans l’ostéite péri-articulaire (V. ce mot) ; la dénudation des os reconnue par le craquement sec de l’articulation ou le choc perçu par le stylet introduit dans les fistules indiquera le rôle que doit prendre le chirurgien.

Jamais il ne faut réséquer et amputer pour une synovite fongeuse sans altération des os, dût-on faire pendant une année des injections iodées.

III. Arthrite chronique des vieillards, des rhumatisants et des goutteux. Arthrite sèche (Deville, Broca).

Les vieillards , les individus débiles , ou rhumatisants et goutteux, à la période moyenne de la vie, à la suite d’une inQammation d’une articulation, ou d’une fracture ou d’une luxation, ou même spontanément, sont souvent atteints d’une variété d’arthrite chronique, dans laquelle les cartilages s’usent, et prennent une disposition fibrillaire {état velvétique, Redfern). Les extrémités articulaires s’éburnent et une sécrétion plastique donne naissance à des productions cartilagineuses dans les franges de la synoviale et dans la synoviale, dans les ligaments et même dans les tendons. L’articulation se déforme; ce n’est que par exception qu’il y a de la sérosité dans l’articulation.

*^*La coxalgie chez les vieillards {morbuscoxœ senilis) est une arthrite sèche (W. Smith, Adams, Aélaton). Les rhumatismes goutteux, l’arthrite déformante (Niemeyer) sont des arthrites sèches, développées chez un goutteux ou un rhumatisant ; Plaisance, Charcot, Barth).

Il n’y a pas de fièvre dans l’arthrite sèche ; elle se révèle par des douleurs, modérées, rhumatoïdes, qui disparaissent en partie, lorsque

l’articulation a été exercée pendant quelque temps, et qui ressemblent à celles de la fatigue consécutive à une marche forcée. La pression sur l’articulation n’est pas douloureuse. Les irradiations de la douleur dans les muscles ne sont pas très-rares, tandis que les douleure dans l’articulation voisine sont exceptionnelles. La peau est saine autour de l’article affecté. Lorsque les choses sont demeurées dans cet état pendant plusieurs années, les articulations fout entendre un craquement léger, analogue au frottement de deux surfaces de velours (Nélaton). Plus tard l’articulation se déforme, soit par déplacement des surfaces usées, soit par suite de la formation de chondrophytes. A ce moment, le frottement articulaire devient un véritable craquement. On trouve des corps mobiles dans les articulations. La déformation est aussi parfois alors la conséquence d’un épanchement séreux.

Dans l’arthrite sèche, il n’y a jamais d’abcès symptomatiques.

Une arthrite aiguë se développe quelquefois sur une arthrite sèche.

Une arthrite sèche, à son début, ne peut être confondue qu’avec une névralgie, mais on explorera les’nerfs voisins, et la seniibilité développée sur leur trajet éclairera le diagnostic.

L’absence de rougeur et dégonflement dans l’arthrite sèche la feront diagnostiquer de l’arthrite chronique ou synovite, car le gonflement et la fluctuation , au début de la maladie, appartiennent à l’hydarthrose et non à l’arthrite sèche.

La tuméfaction des extrémités osseuses dans les o.stéites péri-articulaires n’a rien de commun avec les déplacements et les productions cartilagineuses dans l’arthrite sèche.

L’arthrite sèche ne présente ni accès, ni paroxysmes de douleurs, comme la goutte et le rhumatisme chronique à moins qu’elle ne soit la manifestation d’ime diathèse rhumatismale.

Thérapeutique. — Les malades chez lesquels la diathèse rhumatismale est établie, et chez lesquels un rhumatisme articulaire aigu ou chronique a existé sur une ou plusieurs articulations, devront être traités par lamédication générale et surtout par le régime : les bains sulfureux et les douches sulfureuses ainsi que les douches de vapem* et le massage auront une utilité réelle au début de la maladie. Le vésicatoire est contre-indiqué à moins qu’il n’y ait un peu d’hydarthrose. Il ne serait indiqué que pour le morbus coxœ senilis des -vieillards.

On pourra tenter de donner à l’intérieur une infusion de feuilles de chêne, et une potion avec 1 gramme d’iodure de potassium (Houel).

Mais lorsque la maladie est bien confirmée que la déformation des extrémités articulaires est imminente, il faut envoyer les malades aux eaux minérales de Cauterets, Saint-Sauveur, Baréges, Bagnères-de-Luchon, Aix en Savoie, Tœplitz en Bohême et Wild-

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