‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 689 sur 731 · U R ET · texte numérisé non relu

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lorsqu’elle a passé, on visse sur elle l’uréthrotouie, qu’on introduit à sa suite; arrivé au niveau du rétrécissement, on coupe, en faisant saillir la lame hors de sa gaine ; on retire l’instrument et l’on place une grosse sonde de gomme à demeure.

Pour faire l’uréthrotomie après dilatation, on passe des bougies à olives de plus en plus grosses, jusqu’à ce que l’on soit parvenu à faire entrer dans la vessie au moins le n® 8 de la filière Gharrière, puis on introduit un des uréthrotomes destinés à couper d’arrière en avant.

En règle générale, pour couper les rétrécissements, les lames doivent toujours saillir d’une étendue relativement plus grande que celle qu’on veut donner à son incision.

Pour les rétrécissements traumatiques, on peut inciser au moment même où l’on pénètre dans le rétrécissement pour la première fois. Il est toujours imprudent de faire d’emblée l’uréthrotomie pour les rétrécissements qui sont la suite de la blennorrhagie,

Toutes les fois qu’on fait l’uréthrotomie pour un rétrécissement désigné inflammatoire, il faut passer immédiatement une sonde de gomme, qu’bn laisse à demeure ; cette sonde ne doit pas être trop grosse et mesurer du n° 15 à 18, et l’on doit environner la verge et le périnée de cataplasmes. Les malades boiront une tisane délayante, et l’on tâchera de provoquer une diaphorèse.

Pour juger la valeur de l’uréthrotomie, on saura que les complications de l’uréthrotomie sont les hémorrhagies interstitielles : l’infiltration urineuse et la fièvre uréthrale, et qu’à la suite de ces derniers accidents, il y a des cas de mort en vingt-quatre heures ou plusieurs jours, tandis que les autopsies de guérisons authentiques sont très-rares et trèsdouteuses.

Sur un malade atteint de cystite, de néphrite ou de prostatite chronique, l’uréthrotomie a des dangers sérieux.

Tout rétrécissement dilatable contre-indique Turéthrotomie.

Il est dangereux de faire l’uréthrotomie pour des rétrécissements situés au niveau et au-dessous du bulbe.

■ Les rétrécissements traumatiques autorisent l’application de Turéthr otomie interne, seulement quand il y â une bride circulaire qui tend sans cesse à se rétracter.

Tous les rétrécissements, qui admettent après la dilatation progressive une sonde du n“ 16, ne doivent jamais être opérés.

•B. Uréthrotomie externe. — L’uréthrotomie externe comporte deux opérations : 1° la boutonnière périnéale avec ouverture de l’urèthre, sans conducteur (F. Golot, Ledran). Gette opération a été réglée de nos jours et a été appelée uréthrotomie externe sans conducteur ; 2“ l’uréthrotomie externe avec conducteur (Syme).

L’uréthrotomie externe sans conducteur (Sédillof) consiste à introduire un stylet cannelé ou cathéter fin jusque sur le rétrécissement à inciser à peu près sur le point où le cathéter est arrêté ; on arrive sur le cathéter, on fait écarter les lèvres de la plaie; une fois sur le cathéter, on examine Turèthre, on fait retirer l’instrument, tout en faisant écarter les lèvres de la plaie avec des crochets ou des érignes, puis on retire le cathéter, ou introduit deux stylets can-

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nelés fins dans l’ouverture du rétrécissement, on les écarte en faisant ainsi une dilatation forcée. Si l’on ne parvient pas à passer les stylets, on incise sur la ligne médiane et Ton va en tâtonnant à la recherche du bout postérieur de l’urèthre. Lorsque le rétrécissement est incisé, on engage une sonde dans l’urèthre, et, lorsqu’elle arrive à la plaie, on cherche à l’introduire dans la vessie ; pour cela, ou se servira d’un petit gorgeret engagé dans la portion postérieure de l’urèthre (F. Bron), ou bien on introduira, d’arrière en avant, une bougie de gomme qui aura été introduite préalablement dans la vessie et qu’on fera passer dans la partie antérieure de l’urèthre , en l’attachant à une sonde passée d’abord du méat vers la plaie ; celle-ci sera retirée et entraînera avec elle et le fil et la partie extérieure de la soude qui est déjà dans la vessie (Gosselin).

L’uréthrolomie externe sans conducteur a été pratiquée d’une manière un peu différente. Une incision a été faite sur l’urèthre, un catéther étant préalablement introduit dans Turèthre, on incise couche par couche, puis, Turèthre ayant été trouvé réduit à un cordon fibreux, le canal a été alors ouvert en avant et en arrière de l’obstacle et une sonde passée par Turèthre et engagée ensuite dans le bout postérieur de Turèthre ; de la sorte, la sonde a, pour ainsi dire, servi de moule à un nouvel urèthre {Uréthrotomie par section collatérale) (Bourguet d’Aix).

L’uréthrotomie externe avec conducteur (flg. 582) (Syme) dérive de la boutonnière périnéale qu’a faite Tolet.

Pour faire cette opération, il faut que le rétrécissement soit franchissable.

On place le malade comme pour l’opération de la taille. Un cathéter cannelé est introduit dans la vessie et confié à un aide. Le chirurgien fait au périnée ou au pénis une incision de 2 à 4 centimètres. Arrivé sur Turèthre, le doigt étant placé sur la pointe du bistouriy on incise le rétrécissement, d’arrière en avant, en se guidant sur la cannelure du cathéter. Lorsque le rétrécissement est incisé, on place une sonde d’argent à demeure, de quarante-huit heures à soixante-douze, de suite.

Un conducteur avait été imaginé pour cette opération, afin de permettre au chirurgien d’arriver d’un seul coup sur le rétrécissement ; mais il vaut mieux disséquer comme dans le procédé pf^mitif.

Gette opération expose à des fistules urinaires consécutives (Thompson). Dans le cas où il y aurait déjà une fistule, il y aurait lieu d’appliquer sans crainte retraitement.

Lorsqu’il y a une fistule en arrière du rétrécissement, on peut dilater la fistule, passer un stylet dans la vessie, puis passer un cathéter fin à travers le rétrécissement, et Ton fait ainsi sur ce conducteur Turéthrotomie externe avec conducteur (Syme).

On peut encore, après avoir trouvé le bout postérieur de Turèthre, passer un stylet dans Turèthre et lui faire franchir le rétrécissement ; attacher un fil à ce stylet, ramener ce stylet au dehors, attacher au fil l’extrémité olivaire d’une autre sonde, l’amener en tirant le fil jusqu’en dehors par la fistule, puis passer ensuite de la fistule dans la vessie la sonde ainsi amenée au dehors (Voillemier).

Quand un abcès urineux s’est, formé en arrière d’un rétrécissement, on Touvre, et si Ton ne peut passer une sonde à demeure, les procédés précédents

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soflt applicables pour guérir le rétrécissement, mais incommodités graves; elles occasionnent peu il faut attendre que l’inflammation soit calmée. d’accidents. Il n’y a de sérieux que les rétré- Quand, dans un cas de rétention d’urine, on n’a cissements qui coïncident avec les rélrécissepu franchir l’obstacle, et quand on a été obligé de ments placés plus profondément dans le canal.

Fig. 583. — Urétlirotomie avec éonducteur. (Syme.)

faire la ponction de la vessie, on tentera le cathété- Une bougie munie d’une couche de cire introrisme rétrograde, comme l’avait proposé Hunter et duite dans l’urèthre indiquera si le rétrécissecomme ont fait Sédillot et Voillemier, pour des cas nient du méat existe seul, où il y avait des fistules urinaires.

Vrèthre (RÉTRÉCISSEMENTS CONGÉNITAUX Thérapeutique. — La dilatation du méat avec des

Fig. 584. — Abaissement dn méat. — 1. Bistonrl courbe. — 2. Pointe du bistouri qui vient de traverser l’urèllire. — 3. Étendue des parties à inciser. — 4. Méat urinaire. — 5. Prépuce retiré en arrière do la couronne du glan J.

DE l’). Les rétrécissements congénitaux du méat i bougies ou un cône d’éponge préparée, puis^unecaurinaire comme les rétrécissements consécutifs nule à demeure, peuvent suffire quelquefois. La eauà une inflammation du méat ne sont pas des | térisation n’est pas bonne.

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On débinde le méat avec un petit lithotome droit (Civiale) ou avec un bistouri courbe (Phillips), dont on garnit la pointe de cire, on l’introduit dans le méat et l’on débride en bas (fig. 583).

On peut aussi se servir d’un bistouri boutonné, mais l’opération est faite moins rapidement.

On débride le méat rétréci, pour introduire les instruments lithrotriteurs (V. Calculs de la vessie), pour remédier aux rétrécissements consécutifs, à la perforation d’une membrane qui ferme l’urèthre (V. Atrésie de l’urèthre), et pour extraire un calcul de l’urèthre engagé dans la fosse naviculaire.

Urèthre (RÉTRÉCISSEMENTS SPASMODIQUES DE l’). Il n’y a pas de rétrécissements spasmodiques vrais, mais il est des cas où il y a une contracture énergique de la portion membraneuse ou musculeuse de l’urèthre et où le cathétérisme présente certaines difficultés. Dans ces cas, ily a toujours un rétrécissement peu marqué méconnu, et souvent une inflammation de l’urèthre, quelquefois avec gonflement de la muqueuse. Il se passe alors quelque chose d’analogue à ce qui existe dans la rétention d’urine dans les blennorrhagies.

Thérapeutique. — Pour remédier à cet état spasmodique, on sondera les malades avec des sondes un peu grosses, introduites avec lenteur ; on se servira de bougies graissées avec une pommade :

Axonçe . 1 gramme.

Extrait de belladoime . tO id.

Ou s’il y a ulcération et léger écoulement :

Axonge.; . 30 grammes.

Nitrate d’argent . 1 id.

Les incisions de la muqueuse avec un uréthrotome, l’électricité, sont inutiles. Mieux vaut placer dix sangsues au périnée et donner deux bains de siège à plusieurs heures d’intervalle. Les cataplasmes sjir la verge, le périnée et l’hypogastre, sont d’un bon usage.

URÉ'ï’ffiRiTE (Inflammation de l’urèthre). Il y a plusieurs espèces d’uréthrite : une uréthrite simple, — une uréthrite blennorrhagique ou blennorrhagie, — une uréthrite granuleuse et une uréthrite goutteuse.

Uréthriie simple. Il y a une inflammation simple de l’urèthre qui est due à une irritation de l’urèthre par le coït, par la masturbation, une qui se montre après les plaies de l’urèthre, après l’introduction de corps étrangers dans ce canal et chez les calculeux, après l’expulsion d’un gravier, une qui est due à l’irritation d’un rétrécissement de l’urèthre par les sondes à demeure.

L’uréthrite simple est peu douloureuse; elle donne lieu à une suppuration abondante, blanchâtre et muqueuse, mêlée quelquefois à du sang. Elle peut se compliquer des mêmes accidents que l’uréthrite blennorrhagique, mais sa marche est plus rapide ; en sept ou neuf Jours elle est guérie complètement.

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Dans le cas où l’uréthrite est causée par le coït, on aura égard à l’époque à laquelle la blennorrhagie est apparue, celle qui se montre le jour même du coït et est accompagnée de douleur,peut n’être qu’une uréthrite simple, mais ce diagnostic est toujours difficile, la marche de la maladie fera cependant reconnaître à quoi l’on a affaire, car l’uréthrite simple dure peu de temps.

Thérapeutique. — Des boissons acidulés et mucilagineuses d’orgeat ou de graine de lin, le repos, les bains, les cataplasmes, les injections émollientes, sont les seuls moyens que l’on doive mettre en usage contre l’uréthrite simple. On doit compléter le traitement en employant les moyèns appropriés pour guérir les maladies qui ont été la cause de l’uréthrite simple. ,

URÉTHRITE BUEK^ORRHAGIQUE CHEZ

l’homme.

I. Blennorrhagie aiguë. — L’inflammation de la muqueuse de l’urèthre, caractérisée par des plaques rouges bleuâtres ecchymotiques, par un épaississement et une friabilité inégale, par une injection des follicules muqueux et des lacunes de Morgagni, quelquefois par des noyaux d’induration dans le derme de la muqueuse, constitue Vuréthrite blennorrhagique ou blennorrhagie simple, et si le derme de la muqueuse suppure, il y a blennorrhagie phlegmoneuse.

La blennorrhagie débute ordinairement par la fosse naviculaire, pour s’étendre plus ou moins loin dans le canal.

Quelle que soit la certitude de l’existence du du virus blennorrhagique, une uréthrite se déclare plus aisément sur des individus qui sont excités par la boisson et par les veilles, et qui se livrent avec excès et jusqu’à la fatigue aux rapprochements sexuels.

Engendrée par le contact du pus de la vaginite blennorrhagique, l’uréthrite blennorrhagique débute de quatre à huit jours après le coït. Une démangeaison apparaît à la fin de l’émission de l’urine, le gland en est principalement le siège. La pression exercée d’arrière eu avant sur le canal amène une goutte de matière blanchâtre visqueuse. Il y a des érections. Bientôt le méat urinaire rougit, laisse couler du pus jaune, verdâtre, et l’urèthre est douloureux. L’urine, en passant, cause des cuissons vives et des érections douloureuses se manifestent pendant le sommeil. Lorsque la verge est courbée pendant l’érection, la blennorrhagie est dite cordée. Des douleurs parfois très -vives existent au moment de l’émission de l’urine : il y a une crise, les malades souffrent à l’hyqx)gastre, dans les reins et les aines, il y a du ténesme vésical et anal. Les malades ont de la fièvre, quelques frissons, mais il n’y a pas d’état général grave dans la majorité des cas.

A mesure que les douleurs de la bien-

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iiorrhagie cessent, i’ccoulemciit devient plus abondant pour diminuer ensuite. Le pus, d’abord jaune, devient verdâtre, puis blanc comme de la crème et moins épais.

Si le malade se livre au coït avec une blennorrhagie, une rechute est ordinaire et les complications du côté de la vessie et du testicule sont habituelles.

Une maladie intercurrente peut arrêter une blennorrhagie.

H est fréquent de voir la blennorrhagie devenir une uréthrite chronique.

Une blennorrhagie est une cause prédisposante pour d’autres blennorrhagies.

Dans la blennorrhagie, un malade qui voit des femmes ou qui veut redresser sa verge pendant une érection, déchire quelquefois son urèthre et il y a urétlirorrhagie ou écoulement . de sang par le canal.

Lorsque les malades ont des douleurs hypogastriques continues, du ténesme, de la dysurie, des besoins incessants d’uriner, des douleurs lombaires et des envies de vomir, l’uréthrite s’est propagée à la prostate, à la vessie, aux uretères et peut-être aux reins. V. Prostatite, Cystite et Néphrite.

Vers le quatrième septénaire de la blennorrhagie, si, à gauche de la verge (Ricord), au périnée, on voit survenir une petite tumeur allongée, piriforme, dure, douloureuse, dont la grosso extrémité est proche de l’anus, on a affaire à une inflammation de la glande de Cooper ; lorsque la phlegmasie est plus avancée il y a les véritables caractères d’un phlegmon du périnée empiétant sur les bourses.

Si, dans le cours d’une blennorrhagie, le testicule devient subitement douloureux, et si la tuméfaction existe seulement sur l’épididyme et sur le cordon, il y a une orchite blenuorrhagique. V. Orchite.

Pendant l’uréthrite blennorrhagique, des lignes rouges sur le pénis allant vers l’aine, un ganghon douloureux à l’aine, indiquent une augioleucite consécutive à la balano-posthite, complication ordinaire de la blennorrhagie.

Dans la blennorrhagie, un cordon dur sur le dos de la vergé gros comme une plume de corbeau et l’œdème du prépuce annoncent une phlébite de la veine dorsale de la verge. Des noyaux durs, dans les corps caverneux, avec déviation de la verge, sont une phlébite des sinus caverneux. Celte complication est assez rare.

Le contact du pus blennorrhagique sur les muqueuses et sur la peau y produit des inflammations vives, ainsi l’inflammation de l'anus, les ophthalmies blennorrhagiques. V. Conjonctivite PURULENTE.

***L’iritis blennorrhagique (La \vrence,Rollet) n’est pas démontrée, -elle doit être considérée comme une coïncidence.

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Une arthrite qui apparaît dans le cours d’une blennorrhagie est du même ordre que l’arthrite qui complique les manœuvres exercées sur l’urèthre, mais elle peut aussi très-bien être due à la disposition des individus rhumatisants ■ et même à un refroidissement et à une fatigue de l’articulation (V. Arthrite). Celte complication de la blennorrhagie est encore assez rare.

Le pus de l’uréthrite blennorrhagique, par son contact avec les parties voisines, le gland, le prépuce, engendre des végétations.

Une blennorrhagie entraîne souvent apres elle des complications locales dues souvent au défaut de soins et à un mauvais traitement : une blennorrhée, le rétrécissement de l’urèthre, l’hypertrophie de la prostate, la cystite chronique, l’orchite chronique, l’impuissance, la spermatorrhée, les douleurs névralgiques de rurèthrc. V. Urèthre (Névralgie de l’).

Les individus qui ont une blennorrhagie de longue durée et quelques-unes de ses complications habituelles, sont sujets à l’hypochondrie.

Entre l’uréthrite consécutive à un chancre mou dans le canal et la blennorrhagie, il y a de nombreux points de contact. Le seul moyen de diagnostic est un auto-inoculation ; si le pus qui sort de l’urèthre donne lieu à un chancre mou, la blennorrhagie était la suite du chancre du canal, car le pus blennorrhagique inoculé ne donne pas un véritable chancre (Ricord).

Une roséole, des accidents secondaires, des plaques muqueuses existant sur le corps, font supposer la présence d’un chancre induré ou de plaques muqueuses dans le canal^ quoique par le toucher rien n’ait fait soupçonner une induration chancreuse dans l’iirèthre. V. Chancre.

Lorsqu’un écoulement est indolent, peu abondant, lorsque le pus, avant tout traitement, a une teinte un peu rouillée, lorsque le canal est peu sensible, qu’on sent un point un peu dur, un chancre induré du canal est probable, surtout si l’écoulement a paru plus de quinze jours après le coït (Ricord).

IL Blennorrhagie chronique. — Blennorrhée (Swediaur). — Goutte militaire. — La blennorrhagie chronique d’emblée (Vidal, de Cassis, Cullerier) n’est pas une blennorrhagie, c’est une uréthrite simple. Le caractère de la blennorrhagie chronique est de succéder à une blennorrhagie aiguë, d’être susceptible de donner quelquefois une vaginite à la femme avec laquelle le malade a des rapports. Elle se montre surtout chez les individus lymphatiques ou de mauvaise constitution; chez les malades qui ne SC soignent pas ou se soignent mal ; chez les individus qui se livrent au coït et à la masturbation avant la guérison complète de la blennorrhagie, et enlin chez ceux qui font des excès de table.

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\* Un suintement non douloureux de l’urèthre et une gouttelette de pus au méat urinaire tous les matins constituent ta blennorrhée.

La blennorrhée est due à la persistance d’ulcérations du canal, et à l’inflammation chronique des glandes de Cooper ou de la prostate.

Le pus de la blennorrhée est mucosopurulenu filant, visqueux, épais s’il y a des ulcérations dans le canal. Au moment de l’émission de l’urine ou du sperme les malades éprouvent quelquefois une sensation de déchirure qui change quelquefois de place.

Les malades atteints de goutte militaire ou blennorrhée deviennent souvent hypochondriaques.

Un rétrécissement de l’urèthre est souvent la suite de la blennorrhée.

L’uréthrite simple guérit ordinairement seule, et cela la distingue de la blennorrhée. — - La prostatorrhée n’est pas . accompagnée de douleurs pendant l’émission de l’urine. — L’examen microscopique du liquide rejeté par l’urèthre, à défaut des antécédents des malades, permettra de distinguer s’il s’agit d’uiie spermatorrhée ou d’une blennorrhée.

Thérapeutique. — Les blennorrhagies récentes sans inflammation vive, sans phlébite, cystite, prostatite ou balanite, peuvent être traitées par la méthode abortive au moyen d’injections caustiques (Simmons, Ratier, Gullerier). Quand on fait des injections uréthrales^ il faut éviter que le liquide caustique entre dans la vessie; pour cela, il faut presser sur le périnée avec un tampon de linge.

Les cautérisations à l’aide d’injections' sont susceptibles d’accroître l’inflammation, mais elles ont réussi sans causer d’accidents, dans un grand nombre de cas; elles sont contre-indiquées toutes les fois que la blennorrhagie a duré déjà plus de deux jours.

L’emploi du copahu à haute dose dans les vingtquatre premières heures, est considéré comme un traitement abortif. Ce moyen est très-infidèle, et de plus il faut savoir que le remède est difficile à digérer et cause des troubles digestifs, quelquefois des gastralgies et des diarrhées rebelles, il est contreindiqué chez les vieillards.

Lorsqu’une blennorrhagie débute , les malades doivent prendre un bain tous les jours, se laver la verge trois et quatre fois par jour avec de l’eau de guimauve; garder le repos sur une chaise longue, avec un suspensoir serrant bien lès bourses : joint à cela un régime sévère sans vin pur, ni liqueurs, ni café, ni mets épicés, ni asperges ; un purgatif salin ou im lavement purgatif avec 15 grammes de séné, les tisanes diurétiques, et l’on parvient souvent à guérir la maladie. Sinon, quand l’écoulement est abondant, on aura recours aux injections émollientes ou astringentes et l’on administrera en même temps le copahu, dont le mélange avec l’urine constitue un topique, dit-on, spécifique (Ricord). C’est sous forme de capsules que ce médicament est le plus facile à administrer. Quatre à six capsules par jour, prises deux le matin, deux le soir, sont suffisantes et ne chargent pas l’estomac. Dans le cas où l’on n’aurait pas de capsules, dans le cas où, comme cela se voit

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quelquefois, les malades ne pourraient pas les supporter, on tâchera de faire tolérer le copahu en administrant aux malades de l’eau de Seltz et la potion de Rivière s’il y avait des vomissements. En associant aux préparations de copahu le sous- nitrate de bismuth, le carbonate de fer et l’extrait de ratanhia, on fait tolérer le médicament aux malades (Belhomme, A. Martin).

On pourra aussi avoir recours aux autres préparations de copahu, au cubèbe, au goudron même ; mais dans ces cas il vaudrait mieux se borner au traitement local : les injections de vin aromatique et tannin au centième seraient les injections qu’on devrait préférer; on doit en général éviter de recourir aux injections de nitrate d’argent.

Dans les cas de fièvre, de douleurs au périnée, dues à des inflammations étendues au corps caverneux ou aux sinus prostatiques, quinze sangsues au périnée sont indiquées.

On donnera contre les érections : le bromure de potassium, 50 centigrammes dans une potion, le camphre, même la lupuline (V. le formulaire) ; mais en même temps on environnera la verge de compresses d’eau blanche froides qu’on renouvellera.

Les malades éviteront les érections en ne dormant pas sur le dos, en comprimant au. besoin la verge avec un fourreau de diachylon, et surtout en arrosant la verge d’eau blanche froide aux premières marques d’érection.

Lorsque l’écoulement seul reste, il faut avoir recours aux injections. Celles de sulfate de zinc, de vin rouge et de tannin sont les meilleures. Les injections de perchlorure de fer et d’eau iodée sont des injections trop caustiques, les injections au nitrate d’argent aussi. On fera une ou deux de ces injections seulement, puis on se boniera à en faire tous les deux ou trois jours,ensuite des injections devin aromatique.

Lorsque après six semaines de traitement, une blennorrhagie n’est pas guérie, lorsque tous les matins les malades trouvent une goutte de pus au méat, il y a blennorrhée; il faut cesser le premier traiteinent. On doit insister avec autorité pour que les malades ne voient pas de femme et pour qu’ils évitent tous les excès de table et fatigues. Les malades iront, s’il est possible, à la campagne.

Si la blennorrhée est entretenue par un rétrécisment, on traitera le rétrécissement par la dilatation.

L’usage de bougies introduites régulièrement tous les jours dans l’urèthre produit la guérison par leur seule présence (A. Guérin, Montanier). On pourra enduire les bougies de pommades au nitrate d’argent, 1 gramme pour 15 grammes d’axonge ou au tannin dans les mêmes proportions. Toutes les injections (V. plus loin) peuvent être employées; mais le régime, les précautions, doivent être absolument observés en même temps que les injections sont faites. Si la blennorrhée est liée à une inflammation de la fosse naviculaice, on peut avec succès placer de la poudre de bismuth, plusieurs fois par jour, dans le méat (Langlebert).

La cautérisation de Turèthre avec le porte-caus tique de Lallemand (F. Bron) est quelquefois utUe ;les sondes à injections récurrentes de Clerc ou la seringue-sonde de Mercier, peuvent être mises en usage pour introduire dans Turèthre des caustiques liquides, mais les bougies enduites de pommades caustiques sont préférables.

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Lorsqu’à l’aide de l’eudoscope on a trouvé des granulations dans l’urèthre, les caustiques portés sur les granulations sont d’un bon emploi.

Le -vésicatoire au périnée (B. Bell) est bon si la prostate enflammée chroniquement cause la blennorrbée, en un mot s’il y a prostatorrhée.

Chez les dartreux et les goutteux cbezlesquels on peut attribuer la persistance de l’écoulement à un tempérament spécial, on prescrira les moyens hygiéniques, les bains et les eaux minérales recommandées dans ces affections.

En général, dans la blennorrhée, les bains froids, les bains de mer, l’hydrothérapie, sont bons apres le, traitement, et les eaux ferrugineuses sont toutes d’un bon usage pour reconstituer la santé.

Traitement des complications de la blennorrhagie.

— La balano-postbite sera traitée par les moyens | appropriés (V. Balaiute). L’inflammation des glandes de Cooper et du pénis, la phlébite de la veine dorsale de la verge, la cystite, réclament dix à quinze sangsues au périnée et les frictions mercurielles aux aines. L’orchite, la prostatite, seront traitées par les moyens indiqués (V. Orchite, Prostatite, Cystite).

— La néphrite réclame, outre la suppression des traitements balsamiques, les agents antiphlogistiques (V. Néphrite). — L’arthrite blennorrhagique > — l’ophthalmie blennorrhagique, seront traitées comme il est dit (Y. Arthrites aigues. Conjonctivites purulentes). — L’angioleucite de la verge sera traitée par les frictions mercurielles et les cataplasmes.

Le phimosis et les végétations qui sont quelquefois la seule cause d’une blennorrhagie ne doivent être opérés que quand l’inflammation est complètement arrêtée. Un paraphimosis doit être réduit, même en débridant.

Contre les troubles fonctionnels et l’impuissance, qui sont un accident tardif mais passager, consécutif aux blennorrhagies et à leur traitement, .on conseillera les eaux minérales de Balaruc, de Bouchonne, de Wiesbaden, de Ischia, de Wildhad, de Gastein, de La Malou, de Casciana et même d’Aix-la-Chapelle, de Luchon, de Cauterets et de Baréges.

— Quoique des guérisons assez rapides de blennorrhagies aient été obtenues avec des traitements trèsdifférents, voici, en général, le meilleur traitement : le repos, les grands bains, la tisane de chiendent, les injections avec le vin aromatique et le tannin au centième.

Dans la blennorrhagie, tout à fait au début, les injections au sulfate de zinc, puis les injections de vin aromatique ensuite, sont ce qu’il y a de mieux. Si la verge est enflammée, on la couvrira de cataplasmes froids, et l’on pourra faire des mouchetures sur les parties œdématiées.

Dans la blennorrhagie chronique, les injections au sulfate de zinc, l’abstinence de rapports sexuels et un régime bien observé sont les meilleures pratiques.

Uréthrite chez la femme. L’inQammation de l’urèthre chez la femme est, comme celle de l’homme, causée par le pus bleunorrhagique et par les irritations de la muqueuse, la masturbation et l’introduction de corps krangers dans l’urèthre.

L’uréthrite blennorrhagique n’existe pas d’emblée^ elle est le résultat de l’extension de l’inflammation du vagin à l’urètlu’e. On la re-

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connaît à des cuissons vives et à un écoulement par l’urèthre. Les glandes de ce conduit sont les parties qui sont le plus souvent malades (A. Guérin). La muqueuse du méat est tuméfiée et quelquefois fongueuse, ce qui constitue l’uréthrite chronique,

Lorsqu’une malade a une uréthrite sans inflammation du vagin, il y a peut-être un calcul vésical, peut-être un polype du vagin, peut-être aussi des habitudes de masturbation, ou bien la malade a eu autrefois une vaginite.

Il y a chez quelques femmes une uréthrite qui s’accompagne de douleurs vives en urinant, d’incontinence et parfois de rétention d’urine ; quelquefois l’urine est rouge, contient un peu dè mucus. L’apparition des règles cause une recrudescence de la douleur. Gette uréthrite est liée à une irritation du col de la vessie.

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