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DE LA THÉRAPEUTIQUE AU XTV SIÈCLE

Comme l’a dit Bordeu : « La médecine a pour principe une vérité de fait bien consolante pour la plupart des malades, et qui est aussi fort utile aux médecins : c’est qu’il est incontestable que, sur dix maladies, il y en a les deux tiers au moins qui guérissent d’elles-mêraes et rentrent, par leurs progrès naturels, dans la classe des simples incommodités qui s’usent et se dissipent par les mouvements de la vie. »

Si riiomoeopatliie a trouvé des partisans dans le monde, c’est que la plupart des maladies guérissant par l’influence des seuls efforts de la nature, le malade, qui s’imagine prendre un remède, lorsqu’il ne boit que de l’eau claire décorée d’un nom pharmaceutique, attribue à ce remède illusoire et à la méthode eller-raême une guérison dont l’honneur revient à la nature. Si des médecins trop enthousiastes, et que je crois sincères, adoptent ce système, c’est que, trompés par le résultat et subjugués par le fait accompli, ils se hâtent de conclure de la guérison à l’efficacité du remède, sans connaître la marche naturelle du mal et sans se douter qu’un semblable succès eût couronné On l’a vu tout

récemment. Un homœopathe annonçait très-pompeusement la guérison de la pneumonie aiguë en quatre et six jours par l’emploi de son système; immédiatement M. Marotte soumit plusieurs cas de pneumonie -aiguë, franche, chez des adultes, à V expectation déguisée par l’usage de potion d’eau de réglisse, et il obtint autant de guérisons tout aussi rapides et aussi concluantes en faveur-de sa médication. — Mieux vaut s’abstenir que d’employer, hors de propos, des remèdes actifs et dangereux. — 11 est préférable d’abandonner une maladie régulière à sa terminaison naturelle, si elle doit être heureuse, que de la compliquer par l’aclion de remèdes intempestifs. L’homœopathie n’a de succès dans le monde que par sa substitution aux médecins malavisés qui n’entendent pas Y indication et qui ne savent pas s’abstenir à propos. Elle échouera toujours, . au contraire, là où il faut agir, et quand elle fait perdre ce moment opportun, désigné par Hippocrate sous le nom à' occasion. J’ai connu un homme, mort de hernie étranglée, avec coliques atroces, vomissements de matières bilieuses, pendant qu’on le traitait par l’homœopathie; il n’eût pas succombé si, au lieu d’avaler un, remède imaginaire destiné à calmer ses coliques et ses vomissements, il avait eu près de lui un chirurgien assez instruit pour faire rentrer les viscères à leur place dans l’abdomen. L’homœopathie, qui n’est qu’une expectation systématique déguisée, est aussi absurde comme système que les méthodes thérapeutiques qui empoisonnent les malades au moyen de remèdes trop réellement dangereux. Tout cela n’est pas la médecine, ni la thérapeutique.— Agir selon l’occasion en imitant les procédés de la nature, s’abstenir à propos et volontairement, d’une manière raisonnée, voilà le fait d’un médecin expérimenté qui connaît la marche naturelle des maladies.

Connaître la marche naturelle des maladies, savoir comment un mal doit finir lorsqu’il est abandonné aux seuls efforts de la nature, en considération de son espèce, de sa forme, de l’âge du sujet et des circonstances qui l’entourent : tout est là en médecine. Supposez ces connaissances dans l’esprit du médecin, et sa conduite est toute réglée; il sait agir ou s’abstenir, selon l’indication, agir pour diriger le mal et le conduire dans une voie- convenable, ou s’abstenir, au contraire, avec la certitude d’une guérison spontanée prochaine. — De cette manière.

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INTRODUCTION

l’art n’est pas compromis par des tentatives absurdes ou hasardeuses, et, s’il intervient, c’est qu’il a des chances de succès. La thérapeutique est vraiment la . science des indications s’abstenir, ou agir en provoquant des réactions salutaires au moyen d’impressions curatives. - . C’est qu’en effet la nature, èsile. principe de toute guérison, et notre art ne consiste qu’à favoriser, à imiter ou à provoquer les opérations curatives naturelles.

Il ne faut cependant rien exagérer ; ce serait une erreur de croire que cette action naturelle et réparatrice des désordres survenus dans le corps humain %Q\i. à' une puissance à contre-balancer l’effet des impressions morbifiques et à rétablir l’ordre dans les fonctions troublées. H n’en est pas ainsi. Trop confiants dans la force du principe et de la puissance médicatrice, ceux qui exagèrent son influence commettent une faute aussi grave que les sceptiques qui en rejettent l’existence. Ils en arrivent, comme Stabl, à rester dans une inaction dangereuse ou funeste, lorsque la gravité du mal et l’insuffisance des efforts médicamenteux nécessitent, une intervention immédiate et active. Si l’admission de cette doctrine devait conduire à ce résultat, ce ne serait vraiment, comme Ta dit Asclépiade, qu’une méditation sur la mort. Mais ce n’est pas ainsi qu’il faut entendre l’action de la puissance médicatrice ; la conception de cette idée n’implique pas le moins du monde celle de la guérison spontanée de toutes les maladies sans l’intervention de l’art. De ce que rien ne guérit sans l’influence bienfaisante de la nature, il ne. s’ensuit pas qu’elle ait pour mission de rétablir toujours et partout Tordre troublé par iine maladie, ni qu’elle ait la force de se suffire à elle-même pour arriver à ce résultat. Non, c’est là une exagération condamnable de là doctrine. Assez puissante dans un grand nombre de cas pour amener, seule, -la transition de la maladie à la santé, la nature a besoin d’aide et de direction dans ses efforts, et c’est à les découvrir que doit . s’appliquer, tout Tart du médecin. Quo natura vergit, eo ducendum. Ailleurs enfin son travail commence, les nécropsies permettent toujours de le constater; mais il a été insuffisant et trop faible pour lutter contre les effets delà cause morbifiqüe. Jusque dans l’insuccès éclate sa puissance. La mort L’annonce aux vivants, et il est aussi impossible d’en méconnaître l’action que de nier la puissance qui modèle les contours de l’homme dans le sein maternel, les maintient pendant Taccroissement et dans le cours de la vie, malgré là rénovation continuelle de la matière,, malgré les difformités congénitales et les déformations acquises sous T influence des forces supérieures.

Rien n’est mieux établi, à mon sens, que l’action providentielle ordinairement heureuse delà nature médicatrice, et ce que je viens dè dire sur ses insuccès ne détruit point. le fait principal.

Les parties divisées ou coupées se réunissent ou se reproduisent en reformant des tissus normaux ou des organes complets. L’homme peut reproduire le cristallin enlevé sans sa capsule (Textor, Leroy), tous les os longs enlevés sans leur périoste (Flourens, Blandin, Ollier) ; il refait la peau divisée, ainsi quelescanaux excréteurs de Warthon et de Sténon; il refait ses cordons nerveux (Schwan, Vulpian),. etc.; mais c’est surtout chez les animaux inférieurs où Ton voit les plus merveilleuses régénérations des tissus et des. organes. Bonnet a montré que les Naides, coupées en vingt ou vingt-six morceaux, engendraient vingt ou vingt-six

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