DE LA THÉRAPEUTIQUE AU XIX'^ SIÈCLE. XY
Naides, et qu’on pouvait voir douze fois leur tête se reproduire après la section.
— La Planaire, coupée en deux, se complète et la tête se refait un estomac, tandis que la partie inférieure comprenant l’estomac se refait une tête. — Les crustacés régénèrent leurs pattes arrachées. — La Salamandre dont on coupe le bras refait son bras avec les muscles, les nerfs, les vaisseaux et les vingt os qui le constituent, etc., etc., etc.
Ailleurs, ce sont les forces générales de la vie qui luttent contre les causes de mort. Ainsi s’expliquent le réveil des hibernants par un froid excessif, la résistance des poumons à l’absorption de l’oxygène au delà des proportions convenables, . la guérison des maladies héréditaires, etc., etc.
Les hibernants s’engourdissent à la température de quelques degrés au-dessus de 0 degré et passent ainsi plusieurs mois dans un état de torpeur considérable, n’ayant plus qu’une température propre de 3 à A degrés au-dessus de celle de leur atmosphère. Si dans cet état on les expose à un froid plus rigoureux, à — 3 ou
— k degrés, ce froid les tue, car son impression est assez vive pour être sentie malgré la torpeur, et il réveille à moitié l’animal en provoquant de fortes contractions musculaires et une réaction contre cette souffrance (de Saissy). Dans ce cas, la température s’élève et elle monte de + 3 ou h degrés à -f 25 degrés dans la première heure, à + degrés dans la seconde; mais si l’expérience est prolongée, la température s’abaisse de nouveau, par degrés l’animal cesse de pouvoir produire de la chaleur et il retombe dans une léthàrgie qui devient mortelle par l’intensité du froid (1). Le frisson de la fièvre, qui n’est qu’une succession de contractions musculaires s’exécutant simultanément dans les muscles antagonistes, et qui embrasse quelquefois le système musculaire tout entier, constitue une des formes les plus curieuses de la contraction musculaire statique^ car elle produit de la chaleur au sein des muscles qui se contractent. Ainsi on constate déjà, pendant le frisson, et surtout après, une élévation de température qui peut être portée trèshaut, à 3, à A et même à 5. degrés au-dessus de la température normale. Le tremblement qua détermine le froid est un phénomène du même genre ; c’est évidemment un procédé instinctif de l’économie, qui cherche à résister à l’abaissement de la température par la contraction statique des muscles, etc. Que signifie cet effort de l’animal pour produire de la chaleur, et cette lutte momentanée de l’organisation contre une température trop rigoureuse, sinon l’effet d’une puissance conservatrice naturelle qui réagit contre un agent de destruction.
Il en est de même dans l’expérience qui consiste à placer un animal dans de l’oxygène pur ou dans un appareil à air comprimé de Pravaz. Au delà d’une certaine proportion nécessaire à son hématose, l’animal ne consomme pas plus d’oxygène qu’il ne faut et l’action chimique de ce gaz n’augmente pas en proportion de sa quantité. MM. Hervier et Saint-Lager ont mis ce fait hors de doute dans leurs expériences sur l’homme enfermé dans un réservoir d’air comprimé. D’abord, sous l’influence d’un excès de pression peu considérable, la respiration et la . circulation se ralentissent, il s’exhale une plus grande quantité d’acide carbonique produit par la quantité d’oxygène plus forte renfermée dans un même volume d’air; mais
(1) F. Edwards, Influence des agents physiques sur la vie, p. 507.
INTRODUGÏIOX.
si la pression dépasse cerlaines limites, l’oxygèiie cesse d’être absorbé, la quantité d’acide carbonique exhalé diminue très-notablement et n’augmente plus qu’aprèsla sortie du bain, lorsque la vie reprend son exercice régulier. Il est donc impossible de faire pénétrer par la pression atmosphérique, dans le sang en circulation, au delà d’une certaine quantité d’oxygène, et il y a un point de saturation que les forces physiques et chimiques ne peuvent dépasser.
Les maladies héréditaires ne se transmettent pas fatalement et nécessairement à toute la descendance. Elles épargnent un certain nombre d’enfants, tantôt les fdles, tantôt les garçons, et tantôt les garçons ou les filles, d’une manière alternative, sans considération de sexualité. Outre l’intluence de l’un des procréateurs qui peut l’emporter sur l’autre, dans la génération, il y a physiologique et
morbide^ qui crée des variétés individuelles transmissibles par hérédité et qui les détruit au bout d’un certain nombre de générations. Ainsi disparaissent l’albinisme, la coloration rouge des cheveux, le strabisme, la polydactylie, la macrobie, le nanisme, la scrofule, la phthisie et autres dispositions morbides qui, par leur transmission constante et inévitable, eussent rapidement déformé ou détruit l’espèce humaine. En effet, la même partie malade, le même organe altéré, reproduits par hérédité dans toute la descendance d’une famille, feraient des monstres mourant avant l’âge; les mêmes maladies, atteignant les mêmes sexes dans des myriades de cas, détruiraient les mâles ou les femelles; les mêmes maladies atteignant les deux sexes les détruiraient et anéantiraient l’espèce. Il faut donc voir dans l’intermittence de l’hérédité un fait conservateur, constant, universel, qui n’est point le hasard et qui atteste une finalité dépendante de l’ordre préétabli par la raison première.
La plupart des maladies guérissent seules, en vertu des lois primordiales qui ramènent la substance corporelle et les forces qui l’animent dans leur état d’équi- Jibre naturel, lorsqu’elles ont été dérangées par une impression morbifique. Rien, dans cette guérison, ne se rapporte à une propriété de la matière brute ; tout, au contraire, résulte de l’action du corps vivant, en tant que vivant, et cette action a le caractère de prévoyance qu’on trouve dans toutes les œuvres du Créateur. Sa préexistence comme loi en divinise l’effet. Une impression morbide a produit une phlegmasie obstruant les vaisseaux des tissus ; aussitôt dans l’exsudât s’organise une vascularité nouvelle qui doit en faciliter la résorption dans le torrent circulatoire jusqu’à la guérison.
Un exsudât inflammatoire est tellement abondant, qu’il ne peut être absorbé par le petit nombre des vaisseaux capillaires de nouvelle formation ; d’après les lois de la nature, il se liquéfie, se change en pus, et un travail nouveau le dirige à travers la profondeur des tissus, jusqu’à la peau ou vers une cavité séreuse.
Les impressions morbifiques ont engorgé le système circulatoire général ou local -, et des hémorrhagies supplémentaires rétablissent l’équilibre.
Lorsque des obstacles se produisent à l’orifice des viscères creux, il se forme, dans les parois de ces viscères, une augmentation de force qui lutte avantageusement contre l’obstacle et favorise l’issue des excrétions ou des expuilions.
Des vaisseaux s’oblitèrent; et tout autour s’organise une circulation collatérale qui rétablit, avec le temps, les fonctions circulatoires troublées.
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