EAUX MINÉRALES
11 paraîtrait, d'après des expériences plus récentes de M. Lepage, de Gisors, que l'ammoniaque (4), le sulfotartrate et le sulfate de quinine ne peuvent servir à différencier les eaux distillées de laurier-cerise et d'amandes amères (2). Suivant ce pharmacien, le meilleur réactif à employer est le chorure d'or, qui communique à ces eaux distillées une légère teinte jaune que l'hydrolat d'amandes amères perd seul, après 7 à 8 heures de contact, pour redevenir incolore et transparent.
M. Lepage a aussi reconnu que la présence de l'huile essentielle peut être décélée par l'ammoniure de cuivre, le ferrocyanure de potassium ammoniacal associé au sulfate de cuivre, le bichlorure de mercure associé à Tiodure de potassium.
EAUX MlBréBLAUBS.
La fraude s'exerce sur les eaux minérales à l'aide des quatre moyens suivants :
1° Par l'imitation de la capsule; c'est ainsi qu'à Paris un industriel, le sieur Dominique C..., fut condamné par le tribunal correctionnel à un an de prison et 50 francs d'amende pour avoir vendu de l'eau d'Enghien sous lé cachet de Veau de Bonnes.
2° Par une substitution ; on a vendu des eaux dites de Pullna dans des bouteilles portant bien l'étiquette et le bouchon plombé et estampillé des véritables bouteilles d'eau de Pullna, cependant elles ne contenaient pas une seule goutte de cette boisson médicinale. Le sieur Marchand B..., traduit pour une semblable vente, en 1847, devant le tribunal de police correctionnelle, fut condamné, par défaut, à un mois de prison et 50 francs d'amende. Une maison de droguerie vendit de même des eaux dites de Sedlitz, dans des cruchons d'eau de Sedlitz qu'elle avait achetés vides et qu'elle avait remplis d'une solution de sulfate de magnésie; on avait eu la précaution de recouvrir le cruchon d'une feuille de papier,
(i) En 1S43, M. Weber avait reconnu que l'ammoniaque agissait aur l'eau de laurier-cerise h l'exclusion de celle d'amandes amères.
(2) M. Lepage attribue la différence des résultats obtenus avec ces réactifs, ou à ce qu'on a opéré sur des eaux anciennes et mal conservées, ou h ce qu'on s'est servi d'eaux préparées par un procédé différent.