‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 128 sur 192 · ELLÉBORE NOIE · texte numérisé non relu

ELLÉBORE NOIE

FÀLSinertiONS. — La racine d'ellébore blanc est quelquefois mélangée avec la raww* d'asperge, qui s'en rapproche beaucoup par ses caractères physiques ; mais elle s'en distingue par sa saveur. En outre, la racine d'asperge est toujours garnie de radicelles plus longues, plus flasques, et rarement sèches ; le corps de cette dernière racine n'est ni conique ni compacte, comme celui de la racine d'ellébore blanc.

L'ellébore noir (helleborus niger) est une plante de la famille des Renonculacées, qui croît sur les hautes montagnes de l'Europe méridionale. La racine d'ellébore noir est brune noirâtre à l'intérieur, blanche intérieurement, charnue, rameuse et comme articulée. Elle se compose de tronçons gros et longs comme le petit doigt, très-irréguliers et couverts de radicelles longues et entremêlées. Son odeur est presque nuMe, sa saveur est légèrement styptique, puis Acre et brûlante.

La racine d'ellébore noir contient, d'après MM. Feneulle et Capron : huile volatile, huile grasse, acide volatil, matière résineuse, cire, principe amer, muqueux, albumine, gallate de potasse, gallate acide de chaux, sel à base d'ammoniaque*

Usages. — L'ellébore noir est employé comme drastique. Sa décoction a été administrée avec succès contre la teigne et la gale. Les pilules hydragogues et toniques de Bâcher sont à peu près la seule préparation d'ellébore noir encore usitée aujourd'hui : on les emploie comme purgatives dans Thydropisie, la manie et la mélancolie.

Falsifications. — Dans le commerce, on vend quelquefois, sous le nom d'ellébore noir, Yellébore vert, plante beaucoup plus commune, offrant une racine d'une odeur plus prononcée que l'ellébore noir, et dont la saveur est acre et amère.

On falsifie aussi l'ellébore noir avec les racines de l'astrantia, l'aconit napel, C adonis vernalis, les racines d'ellébore blanc et d'arnica.

La racine d'astrantia est articulée, fusiforme et garnie de tout côté de ramifications noires, brunes, d'une odeur et d'une saveur un peu analogues à celles du contrayerva.

L'aconit napel, racine extrêmement vénéneuse, a une sa-

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veur acre et araère ; elle se reconnaît à son collet rond et fusiforroe, avec de nombreux filaments de la grosseur d'une plume, d'un gris noirâtre lorsqu'ils sont secs.

nmuft.

L'éraeril ou corindon granuleux ferrifère, corindon émeril, est de V alumine cristallisée mêlée à de Y oxyde de fer. C'est un minéral pierreux, extrêmement dur, infusible, inattaquable par les acides; il est brun, gris-bleuâtre ou rougeâtre. Sa densité est 4. Il raye la topaze.

L'émeril renferme des proportions variables d'alumine (70 à 86 %) et d'oxyde de fer (3 h S p/o), plus une petite quantité de silice.

Les principaux gisements d'éroeril se trouvent en Saxe, dans les îles de Jersey et de Guernesey , dans le Levant, à Naxos (archipel grec).

Usages. -— La poudre d'émeril, d'une dureté supérieure à celle du quartz, est très-employée dans les arts pour polir les métaux, les glaces, les verres d'optique et les pierres fines.

Sous le nom d'émeril de Belgique, on livre une matière vitrifiée, mêlée de grains ferrugineux, paraissant provenir de laitiers obtenus dans le traitement du fer, et teints çà et là en rouge par une certaine quantité d'oxyde de fer. Cet émeril es) vendu seul ou mélangé avec les émerils d'Allemagne (Saxe, Bohême). Il a une dureté bien inférieure.

ÉMÉT1QVM.

L'émétique ou tartre stibié% tartre émétique, tartrate de potasse antimonié, tartrate dépotasse et d'antimoine, tartrate antimonico-potassique, est cristallisé en tétraèdres ou en octaèdres transparents, incolores, inodores, qui s'effleurissent lentement à l'air ; leur saveur est acre, désagréable et nauséabonde ; ils se dissolvent dans l'eau plus à chaud qu'à froid.

Ce sel fut découvert par Mynsicht en 1631 .

Usages. — L'émétique est employé à l'intérieur, comme vomitif, en potions, en tisanes ; à l'extérieur, sous forme de pommade ou d'emplâtre.

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Falsifications. — Par suite d'une préparation défectueuse, F émet i que peut contenir du tartrate acide de potasse, du tartrate de fer^ de la silice. On le falsifie avec le sulfate dépotasse. Quelquefois même on vend pour émétique du sulfate de potasse arrosé avec une solution d'émétique, puis desséché.

Le tartrate acide de potasse dans l'émétique sera décelé par F acétate acide de ploinb (I) avec lequel il donnera un précipité blanc.

Le tartrate de fer sera reconnu par le cyanure jaune avec lequel on aura un précipité bleu. La présence de la silice sera manifestée par le résidu indissous que laissera le traitement aqueux de l'émétique suspecté.

Quant au sulfate de potasse, il sera rendu apparent par le précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique, que le chlorure de baryum ou le nitrate de baryte produira avec une solution d'émétique.

Celle-ci, lorsqu'elle est pure, ne doit pas précipiter par le chlorure de baryum, l'oxalate d'ammoniaque, l'acétate acide de plomb et le nitrate acide d'argent. Le précipité obtenu avec ce dçrnier réactif indiquerait la présence de chlorures.

Les emplâtres sont des médicaments externes, d'une consistance assez grande pour pouvoir adhérer à la peau sans se fondre, et qui ont pour base les corps gras. Les uns doivent cette consistance à la cire ou aux résines, les autres aux oxydes métalliques.

Lorsque les emplâtres sont préparés depuis longtemps, ils changent de couleur, se durcissent ; quelquefois ils deviennent friables ; c'est pourquoi il faut les conserver à l'abri du contact de l'air.

Les emplâtres étant faciles à sophistiquer, il serait convenable que les pharmaciens les préparassent eux-mêmes, au lieu de les acheter chez les droguistes.

(1) Ce réactif doit être composé de 8 p. d'acétate de plomb cristallisé, 15 p. d'acide acétique pur à 9° et 32 p. d'eau distillée.

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