‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 131 sur 192 · ÉPONGES · texte numérisé non relu

ÉPONGES

Dans le commerce, on distingue les éponges, d'après leur forme et la finesse de leur tissu, en plusieurs sortes plus ou moins estimées :

1° Les éponges fines qui viennent principalement des îles de l'archipel grec; elles sont divisées en éponges fines régulières et en éponges fines irrégulières ou éponges fines en sorte. Leur mélange est dit éponges fines en sorte première. Les éponges fines choisies sont coupées, lavées une seconde fois, privées des petites pierres que Ton y rencontre toujours, blanchies à l'acide sulfureux, et quelquefois parfumées; 2° les éponges demi- fines ou éponges de Venise, percées de grands trous et contenant des parties brunes; 3° les éponges gélines; 4° les éponges brunes ou communes, qui se trouvent en grande abondance dans la Méditerranée : elles affectent particulièrement la forme ronde, sont quelquefois d'un très-gros volume, et ont ordinairement une couleur rouge brune tirant un peu sur le noir ; elles contiennent beaucoup de terre, de sable, de pierres et de coquilles, et elles nous arrivent en chapelets pesant 5 à 7 kilog., la première éponge est toujours la plus grosse, et le chapelet va en diminuant jusqu'à la dernière éponge, qui est quelquefois moins grosse que le poing.

Depuis quelques années, les Anglais ont introduit, dans le commerce, des éponges dites de Bahama, qui sont d'une qualité très-inférieure. Ce sont des masses arrondies, mamelonnées, d'un brun foncé, d'un tissu tin mais mou et cassant, et percé de trous nombreux.

Usages. — On fait un grand usage des éponges dans l'économie domestique. En pharmacie, les éponges fines sont employées comme médicament : les éponges préparées et dites à la cire, à la ficelle, servent à dilater les plaies ; les éponges brûlées ou calcinées en vases clos sont employées avec avantage pour la guérison des goitres. L'éponge calcinée fait partie de la poudre de Sancy*

Falsifications. — Les éponges sont le plus ordinairement fraudées par l'introduction de cailloux, de sable, dans leurs mailles (I), ce qu'un examen attentif fera facilement reconnaître.

(i) Voici à ce sujet l'extrait d'une lettre insérée dans la Revue de l'Est :

166 BSBKICES.

Le bkmcWmeirt par te chbre lea altère^trtaweftdiMIea à déchirer.

Il faut les choisir bien sèches.

Les éponges calcinées août additionnée* quelquefois de terre, àù pierres, afin d^n augmenter le poids. Cette fraude • » grossière ne peut tarder à 'âtise «eoonnue.

Le pbanaaeiea doit préparer lunatômelesiépooges <*»1- -cinée*.

SftFAIT 9B ftX&. — T. Agidb ouorhtdrxqttb.

Les essences ou huiles volailles, huiles essentielles, sont des corps volatils contenus dans les plantes, le plus souvent dans la fleur, le fruit ou la feuille, rarement dans la tige ou la racine, et que Ton peut extraire par distillation, ou, pour quelquesunes (essence de citron), par expression.

Ce sont des substances qui ont une odeur forte, celle des plantes qui les ont fournies, une saveur acre et brûlante. Elles sont solides ou liquides; on appelle stêaroptènes les essences

€ Les pécheurs d'épongés sont tenus de les laver sur le rivage à 4 ou « 5 pouces d'eau, et l'acheteur a la (acuité de les tenir au grand airpen- < dant 4 ou 5 jours, puis de les faire battre et de ne procéder à leur m pp*ée qu'après cette double opération ; s'il resie encore des substances h étrangère*, du moins le sable est presque entièrement extrait. Eh « bien, voici le commerce qu'on se permet: on se procure un sable « très-tln et on l'introduit dans l'éponge de manière à la rendre plus « lourde. Ainsi l'on vend te sable du pays au prix de l'éponge, en disant « à fccheteur que l'éponge de Venise est ordinairement chargée du « sable de l'Adriatique. Voici maintenant quel peut être le bénéfice « réalisé : deux éponges sortant du magasin avaient été vendues 50 fr. « le kilog., et ces éponges pesaient 1 kilog. 1/? ; on en a extrait 1/2 kilog. « de sable dont la valeur réelle peut être portée à 0 fr. 05 c.; or, comme « ce sable avait été vendu pour 1/2 kilog. d'épongés, il avait. reçu une 4 valeur de 10 fr.., et il eu résultait que le marchand avait réalisé un « bénéfice de 9 fr. 95 c. sur une mise de fonds de 0 fr. 05 c. ; donc ce <t commerce multiplie deux cents fois le capital placé! ! A ce taux, une y* acquisition de 100 fr. de sable produirait 20,000 fr. d'épongés! On « arrive de cette manière à transformer une carrière de sable en «une « mine d'or. »

solides, et Mœoptènes celles qui «ont liquides. Le pfais grand nombre des essences, dans l'état où on les retire des plantes, sent un .mélange de plusieurs essences différentes, soit d'étooptènes on de stéaroptènes entre eux, soit d'éheoptènes et de stéaroptènes.

Les essences sont tantôt plus légères, tantôt plus pesantes que l'eau; leur densité varie de 0,759 à 4,096; leur point d'ébullition, de 130° ou 440°° jusqu'à 200*. On remarque que leur volatilité est en raison inverse de leur pesanteur, de telle sorte que les plus denses sont les onotns volatiles. Les huiles denses sont ordinairement celles des plantes venues dans des climats très-chauds, exemple : les essences de cannelle, .de girofle, de sassafras, etc. Les essences indigènes sont, en général, plus légères que l'eau.

La couleur des essences est variée, mais elle ne leur est pas propre; elle parait tenir aux matières qu'elles tiennent en dissolution. Elles sont tantôt incolores, tantôt jaunes, rouges ou brunes ; quelques-unes sont vertes, d'autres bleues, filles sont très-inflammables, plus que les huiles grasses, et brûlent avec une flamme fuligineuse. A la température ordinaire, elles absorbent l'oxygène; il se forme souvent un peu d'acide carbonique. Cette oxydation produit une sorte de matière résineuse qui épaissit l'huile et la colore.

L'action de la lumière donne également de la couleur aux «essences, les altère et hâte leur épaississement. Il faut donc les conserver dans des flacons bien bouchés, couverts de papier noir, et mettre ceux-ci dans des lieux obscurs et aérés. Il paraîtrait même que lorsque les vases sont mal bouchés, l'absorption d'oxygène peut vicier l'air et le rendre dangereux à respirer.

Les essences sont peu solubles dans l'eau ; toutefois, elles lui communiquent leur odeur ; elles sont très-solubles dans l'alcool, d'autant mieux que ce dernier est plus concentré; elles se dissolvent aussi très-bien dans l'acide acétique et dans quelques autres acides végétaux.

Toutes les essences dissolvent le phosphore, le soufre, les huiles fixes, les résines, le caoutchouc, la cire, etc.

Par rapport à leur composition, on les divise en essences

:ygène ou hydrocarbonées (essences de térébenm, de fleurs d'oranger, de genièvre, etc., etc.) ; xy gênées (essences d'anis, d'aspic, àebergamotte, e camomille, de cannelle, de girofle, de lavande, de sassafras, etc., etc.) ; en essences sulfurées moutarde noire, <£ailt etc., etc.).

• Les essences sont très-employées dans Fart du Jans r industrie, on en emploie quelques-unes re les résines et former des vernis. En médecine, it rarement seules ; on les applique pures sur les ; quelquefois on s'en sert en frictions excitantes. On les emploie plutôt sous forme de pastilles et de tablettes, de sirops, d'émulsions, d'électuaires, de solutions aqueuses (eaux distillées) et de solutions alcooliques (alcoolats , esprits).

Falsifications. — Dans le commerce, les essences sont souvent falsifiées. Les falsifications les plus ordinaires consistent dans l'addition de X alcool, d'une huile grasse, de résines; dans le mélange avec d'autres essences inférieures, telles que Yessence de térébenthine.

Pour reconnaître la présence de l'alcool, M. Béral a, le premier, indiqué l'emploi du potassium : on met dans l'essence un fragment de ce métal, de la grosseur d'une tête d'épingle; si elle contient environ 25 0/0 d'alcool, le potassium s'agite, pétille, s'oxyde et disparait promptement. Si l'essence ne contient que 16 0/0 d'alcool, ces phénomènes sont moins marqués et se manifestent plus lentement. Plusieurs essences peuvent être essayées par ce procédé, excepté cependant celle de térébenthine qui se comporte avec urne si elle contenait un peu d'alcool (1). ;n consiste à agiter avec de l'eau, dans un idué, une quantité déterminée d'essence. Si proportion d'alcool un peu forte, l'eau s'en me apparence laiteuse» et l'essence diminue

(1) Certaines essences agissent sur le potassium, lorsqu'elles sont pures; telles sont les essences d'anis, d'aspic, de camomille, de cannelle, de girofle, de lavande, de romarin, de roses, de sassafras.

M. Borsarelli a proposé remploi du chlorure de calcium pour reconnaître la présence de l'alcool dans les essences : on prend un tube de verre gradué et fermé à Tune de ses extrémités; on le remplit aux 2/5 avec l'essence suspecte, et on y ajoute peu à peu, et à plusieurs reprises, des fragments de chlorure de calcium sec, on bouche et Ton chauffe au bainmarie pendant 4 à 5 inimités, en agitant de temps en temps ; puis on laisse refroidir lentement. Si l'essence est pure, la surface du chlorure ne change point ; si, au contraire, elle contient de l'alcool, il se forme une couche inférieure liquide qui est une solution de chlorure de calcium ; et, quand ce dernier cesse de se dissoudre, le volume d'essence restant indique la proportion d'alcool qui se trouvait dans le mélange ; s'il n'y a que très-peu d'alcool, le chlorure prend seulement l'aspect d'une masse blanche et adhérente.

Lorsque les essences contiennent des huiles grasses, elles sont moins fluides ; par l'agitation, on voit des bulles d'air adhérer à la surface du liquide. Pour reconnaître la présence de ces huiles, on peut mêler l'essence avec 8 fois son volume d'alcool à 40° ; si elle est pure, elle se dissout entièrement ; dans le cas contraire, on aperçoit deux couches. Ce moyen ne permettrait pas de reconnaître l'huile de ricin qui se dissout également dans l'alcool ; mais la fraude serait facilement dévoilée par l'épreuve au moyen de la chaleur, applicable au mélange des autres huiles grasses ou des résines avec les essences, et qui consiste à verser sur du papier Joseph quelques gouttes de l'essence à essayer et à chauffer. L'essence se volatilise et l'huile fixe ou la résine tachent le papier. Si c'est de la résine, l'alcool enlève la tache, qui persiste dans le cas contraire.

La falsification des essences par d'autres de moindre valeur ou de qualité inférieure est très-difficile à reconnaître ; par cela même, on la pratique souvent; ce n'est que par comparaison avec des essences reconnues pures qu'on parvient à constater ces adultérations. On évapore doucement un peu d'essence et on compare l'odeur à diverses époques; mais quand le mélange a été fait avec des essences d'odeur analogue, il faut la plus grande habitude pour découvrir la fraude.

Les essences des Labiées (essences d'absinthe, d'aspic, de

lavande, de, marjolaine, de menthe poivrée, de romarin, de sauge, etc.) sont ordinairement falsifiées avec l'essence de térébenthine; on distille les deux essences ensemble, en y ajoutant un peu d'essence de lavande pour mieux masquer Todeur de térébenthine. Souvent on ajoute l'essence de térébenthine au moment même de la distillation des plantes^ .Elle se reconuait, en général, à son odeur qui se raani** fesle lorsqu'on fait évaporer dan$ le creux de la main quelques gouttes d'huile suspecte, ou en y trempant un papier et l'exposant à l'air. Mais ce moyen n'est plus applicable lorsque l'essence de térébenthine se trouve en faible proportion dans l'huile volatile, ou que celle-ci a une odeur capable de masquer celle de la térébenthine. Alors on distille dans un tube de verre à une douce chaleur, à l'aide d'une lampe à alcool, l'essence contenant l'huile de térébenthine: l'essence passe la première et celle de térébenthine reste au fond.

En i829, MM. Violet et Guenot, parfumeurs à Paris, ont inventé un pèse-essence ou aréomètre portant deux échelles, l'une ascendante pour les essences plus légères que l'eau ; l'autre descendante, pour les essences plus lourdes : dans ce dernier cas, on fixe à l'extrémité inférieure de l'instrument un petit poids qui lui sert de lest et que Ton enlève après l'expérience. À l'aide de cet appareil, on peut apprécier la pureté relative de quelques essences (essences de bergamottè, de citron, de fleurs d'oranger, de girofle, de roses, etc.); MM. Violet et Guenot ont dressé une table indiquant la pesanteur spécifique d'un certain nombre d'entre elles à divers degrés de température (i).

En 1838, M. Méro a fait connaître un proeédé propre à déceler le mélange de l'essence de térébenthine avec les essences des Labiées. Ce procédé est basé sur la propriété que possède l'essence de térébenthine, de dissoudre les huiles fixes avec une grande facilité. On prend 3 grammes environ d'huile d'oeillette que Ton met dans un tube gradué; ensuite on ajoute une quantité égale de l'essence à essayer. On agite le

(1) Journ. depharm.,\rX\, p. 385.

ESSENCE d'àNIS. 271

mélange qui détient laiteux efne s'éclaircit qu'après plusieum jours de repos, si l'essence est pure ; tancfis qu'il reste trawparent s'il y a de l'essence de térébenthine. M. Méro a pu de cette manière reconnaître des mélanges ne contenant que 5 0/0 d'essence de térébenthine et assigner très-approximativement les proportions de ces mélanges. Ce procédé n'est pas propre à faire retrouver l'essence de térébenthine dans celles de thym et de romariu.

Cette huile s'extrait des semences de l'ants (pimpinella misum); elle est incolore ou légèrement jaunâtre, d'une saveur aromatique, suave et douceâtre. Elle se concrète à -+- *0vet ■ ne se liquéfie qu'à 47°. Sa densité est de 0,085. Elle est solu» ble en toutes proportions dans l'alcool anhydre; l'alcool plus faible en dissout moins.

L'essence d'anis est composée de 2 huiles : l'une solide et l'autre liquide. Le stéaroptène, qui forme environ le quart de poids de l'essence, est blanc, cristallise en lamelles très-éclatantes, friables surtout à 0°, fusibles vers 18° et bouillant à 224°.

Les meilleures essences d'anis se tirent d'Espagne et d'Allemagne; celles de France ne les égalent pas en qualité, leur odeur est plus faible.

Usages. — L'essence d'anis est surtout employée comme correctif et comme aromate.

Falsifications. — L'essence d'anis étant d'un prix assez élevé, on a cherché à la fabriquer de toutes pièces.

M. Dubail a trouvé une essence composée avec 5 p. $ essence d'unis, 10 p. d'essence de savon (1) et 85 p. d'alcool à 34 ou 35°; le tout était recouvert par une couche d'essence pure, afin de mieux tromper l'acheteur. Nous- même avons eu à examiner une essence d'anis composée avec 5 p. -d'essence, 10 p. de savon animal à base de soude, et 85 p. d'alcool à 35°.

Pour reconnaître ces fraudes, on n'a qu'à traiter l'essence suspecte par l'eau distillée ; on a une solution de savon, mous-

(1) La proportion de savon a été portée à 20 p. dans un autre échantillon.

272 ESSENCE DE BERGAMOTTE.

sensé, qui donne un précipité blanc de savon insoluble avec un sel soluble de chaux ou de plomb. L'alcool sera décelé par les moyens déjà indiqués à l'article Essences.

l . (^ ^ SMBVCX D'AJFIC.

L'essence d'aspic, fournie par les fleurs du spiea latifolia, est fluide, d'une couleur cilrine ; son odeur rappelle beaucoup celle de la lavande.

Usages. — L'essence d'aspic est très-employée dans l'art vétérinaire.

Falsifications. — On la rencontre souvent falsifiée avec X essence de térébenthine ou de romarin; ce qui se reconnaît d'abord par l'odeur de térébenthine qu'elle possède, puis par la comparaison avec une essence pure.

L'essence de térébenthine serait en outre décelée par les moyens déjà indiqués ci-dessus, par l'iode qui fera une explosion plus ou moins forte avec l'essence d'aspic ainsi falsifiée.

CX DS BXB.OAM OTTX.

Cette huile s'extrait par l'expression du zeste des bergamottes (citrus timetta Bergamium ou citrus Bergamia risso). Elle est très-fluide, d'un jaune clair, quelquefois verdâtre ou brunâtre; mais, rectifiée par la distillation avec de l'eau, elle est parfaitement limpide et incolore. Son odeur est trèsagréable et participe à la fois de celle des oranges et des citrons. Sa densité est de 0,873 ou de 0,885. Son point d'ébullition est très-variable. Elle dépose à la longue un stéaroptène (bergaptèrie).

L'essence de bergamotte vient de Grèce, d'Italie, d'Espagne, de Portugal et du midi de la France

Usages. — Cette essence est employée en pharmacie et dans la parfumerie. Elle entre dans la composition de l'eau de Cologne.

Falsifications. — Elle est quelquefois falsifiée avec F alcool. M. Giovanni Righini, d'Oleggio, en a constaté la présence, à l'aide de l'huile d'olives pure ou de l'huile d'amandes. .On

ESSENCE DE CAJEPUT. 273

mélauge 45 p. de l'essence à essayer avec 45 p. d'huile fixe: s il y a de ï'acool, il se sépare immédiatement, comme le ferait l'eau ; si le mélange s'opère bien, on peut conclure que l'essence ne contient pas d'acool.

L'essence decajeput (4) s'extrait des feuilles du tnelaleuca leucodendron et du tnelaleuca cajeputi. Elle est ordinairement d'un vert pâle, très-fluide. Aspirée en masse, son odeur est désagréable; très-divisée, elle est suave comme celle du camphre et du romarin ; sa saveur est fraîche comme celle de la menthe. Sa densité est 0,978 ; elle se dissout entièrement dans Ï'acool.

Falsifications. — La couleur verte de l'essence de cajeput, teinte qui, en partie, lui est propre, en partie provient du cuivre des vases dans lesquels on la distille ou on l'expédie, a donné aux falsificateurs l'idée de la fabriquer de toutes pièces, avec des huiles grasses ou des essences diverses, colorées avec des sels de cuivre ou une teinture alcoolique de mille feuilles. (2)

L'essence pure doit brûler sans résidu, elle ne doit sentir ni le camphre, ni la térébenthine, ni la rose, ni la menthe, ni la rue, ni le romarin, ni la lavande. Si l'essence de cajeput laisse un résidu, c'est signe qu'elle aura été mélangée avec des huiles grasses et colorée artificiellement. La distillation indiquera également si l'essence est pure ou impure : si elle est pure, elle passera dans le récipient avec la couleur verte

(I) Le mot Cajeput signifie, dans la langue des habitants des Moluques, l'arbre blanc.

(*) On a fabriqué de toutes pièces une essence de cajeput avec 1 p. de camphre dissous dans 4 p. d'acide acétique concentré et mêlé à 8 p. fessence de romarin, H p. de vinaigre distillé; le tout était additionné de «8 p. d'eau, de 8 p. de semences de petits cardamomes concassés; la couleur verte était donnée par une teinture alcoolique de milte feuilles.

Quelques gouttes de celte essence factice furent mises sur un morceau de sucre, puis le sucre fut dissous dans l'eau et le camphre vint surnager ce liquide, sous forme de flocons.

274 KSSENCE DK CANNELLE.

qui toi est propre; dans le cas contraire, elle passera incolore, et on pourra reconnaître si le résidu contient du cuivre, soit en calcinant et traitant les cendres par F acide nitrique étendu, puis par l'ammoniaque en excès, qui donnera la coloration bleue caractéristique des sels de cuivre; soit en mêlant préalablement l'essence de cajeput suspecte avec une solution de potasse caustique ; le mélange agité, chauffé modérément, puis filtré, donnera un liquide presque clair, et le filtre retiendra le précipité d'hydrate de bioxyde de cuivre qui aura dû se former. On séparera ensuite l'essence de la solution alcaline, au moyen de lavages à l'eau distillée.

aunes »* camomille.

Cette essence s'extrait des fleurs de la camomille des prés (matricaria camomilla) ; elle est d'un bleu foncé, opaque et souvent visqueuse. Sa saveur est aromatique et amère, sa densité est 0,924. Elle brunit et s'épaissit par l'action de l'air et de la lumière.

Falsifications. — Elle est souvent falsifiée avec Yessence de térébenthine ou Yessence de citron. On reconnaît ces fraudes au moyen de l'iode, qui s'échauffe fortement et même explosionne avec dégagement de vapeurs violettes, si l'addition d'essence de térébenthine est forte.

Il y adeux essences de cannelle : l'une est extraitede l'écorce du laurus cinnatnomum, c'est Yessence de cannelle de Ceylan% qui est la plus estimée ; l'autre s'extrait de l'écorce du laurus cassia, c'est Yessence de cannelle de Chine, appelée aussi essence commune, essence decassia.

L'essence de Ceylati est d'un jaune clair , son odeur est suave ; sa saveur, douceâtre, et très aromatique.

L'essence de Chine est d'un jaune brun rougeâtre ; son odeur est désagréable et rappelle celle de la punaise.

Ces deux essences brunissent rapidement à l'air ; il se forme une matière résineuse qui colore l'essence en jaune et même en rouge brun ; on a, en outre, un dépôt abondant d'acide

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