T AC. — V. HÉ8I9B DE GAYAC
frEWIXVBE. — V. Alcoou».
axMTXAm.
La racine de gentiane est fournie par le gentiana luteat plante de la famille des gentianées, qui croît en grande abondance, en France, dans le Jura, les Vosges, les Cévennes, les Alpes, les Pyrénées, dans les montagnes de l'Auvergne et de la Bourgogne.
Cette racine est sèche, longue, ramifiée, d'une grosseur médiocre, très-rugueuse ou ridée transversalement, jaune
(1) Les pharmaciens doivent s'assurer que la poudre de gayac qui leur est fournie par ceux qui travaillent ce bois, a été recueillie dans des poches placées devant l'ouvrier et qu'elle n'est point tombée sur le sol de l'atelier, où elle se trouve en contact avec des matières étrangères de nature très-diverse*
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394 GINOTIG.
intérieurement, d'une texture spongieuse; d'une odeur non aromatique, et d'une saveur excessivement amère.
11 faut choisir celle qui est de grosseur moyenne et -qui n'est point cariée par les larves des insectes ; accident auquel elle est trèr-sujette. i s -^
La racine de gentiane contient, d'après les obsfcrvaiioHs de MM. Henry y Caoentou% Lecontt : principe odorant fugace,Aprinciptamer {gtntianir\\ glu% Atiite volatile, matière huileuse ver* dâtre, suer* incristattisable, ' gamme, act&e pectique, matière colorante jaune (gentism), lignent. '"
Usages. — La racine de 'gentMtte est très-employée, en pharmacie, comme un tonique excitant, comme fébrifuge et anthelmintique. On l'administre sous forme de poudré, de tisane, d'extrait, de sirop, etc.
Falsifications. — La racine de gentiane est souvent mêlée avec les racines A* aconit 'de belladone, d'ellébore blanc, de par tience. ♦' *'"""
La simple vue suffit pour déceler ces mélanges.
La racine d'aéoftit est ftapiforme ; celle de belladone est d'un brun noir; celle d'ellébore blanc, en forme de cône tronqué, est noire à l'extérieur, ridée, Manche intérieurement. La racine de patience a une couleur jaune sale, et est dépourvue de saveur amère.
La poudre de gentiane a été -falsifiée par Yocre jaune. M. Peltier, de Doué, en a trouvé qui contenait 25 à 50 % d'ocre jaune, et M. Davallon, de Lyon, 50 °/o.
Par l'incinération, le poids et la nature chimique des cendres, on pourra aisément reconnaître cette fraude. Ainsi, ces cendres traitées par l'acide chlorhydrique donneront une dissolution qui formera avec le cyanure jaune un précipité de bleu de Prusse, très-abondant.
ODISZVO.
Le ginseng est la racine du panax quinquefolium, de la famille des araliacées, qui croît en Chine et au Canada. Cette racine est longue et grosse comme le petit doigt, fusiforraeou cylindrique ; elle est renflée à la partie supérieure, marquée de ce côté de nombreuses impressions circulaires; souvent
GiaoFLB. » 396
elle aeMurq» à la partie inférieere, ^extérieur cet jaqnAtre, l'intérieur bktac et farineux ou jaune et corné. En masse, elle est un peu odorante. Sa saveur est amère* Acre et èudrée'à'là
fois. . i ./;»»: il -< l ■ ;. ....••"., . .'. i\ ■■
Cette faeine Contient beaucoup ^omirfot^etde ^o^ww. "ï»
(ÎBldi*; — «Elle est employée comme tonique, analeptique et aphtx>dtêkqtfe;Ott en fait des pastilles.
" Falsifications. — La racine dèginseng est souvent remplacée par cetfé deninsin. Hais celle-ci s'en distingue par sa forme, qui est moins régulière ; son odeur qui est molle, et sa /ptt+itt saveur moins prononcée. /
araons.
Le girofle^ gérofle, ou clou de girofle, est la fleur noitépanouie du giroflier des Motuques {caryophyllus aromatieufy arbre de la famille des rayrtacées.
D'après Trommsdorff, il contient : huile volatile", tannin particulier; gomme ; rétine ; extractif; cary ophyl Une.
Dans le commerce, on connaît plusieurs sortes de girofle :
Le girofle anglais, le plus estimé , est gros, court , d'une couleur brune, quelquefois un peu grisâtre, d'une odeur forte, d'une saveur acre et t^ès-aromatique.
Le girofle de Cayenne, long, assez gros, de couleur brune , d'une odeur moins farte que le précédent.
Le girofle de Bourbon et de Vile de France, petit , court, d'une couleur moins foncée , . et d'une odeur moins forte que le girofle de Cayenne. Comme ce dernier, il est mêlé assez souvent avec des pédoncules brisés de girofle, connus sous la nom de griffes de girofle, sous forme de petites branches menues et grisâtres, d'une saveur et d'une odeur assez niar- . quées, mais contenant beaucoup moins d'huile volatile que les clous de girofle.
Le girofle de Hollande est d'un brun foncé, a un aspect huileux, une odeur forte, une saveur acre et aromatique.
Le girofle de Batavia est très-sec, d'une couleur grise, et parait avoir été robe dans du plâtre ou de la chaux (peutêtre dans du talc?).
396 GOMME ADRAGANTE.
Le girofle de Sainte-Lucie est d'une couleur jaune blanchâtre , et ressemble au girofle de Cayenne , dans lequel on l'introduit assez sçuvent.
Le girofle doit être choisi d'un brun foncé, huileux, pesant, d'une odeur très-aromatique , d'une saveur acre et brûlante.
Usages. — Le girofle est employé comme condiment dans l'économie domestique. C'est un excitant très-actif que Ton administre en médecine , sous forme de poudre ou de teinture, et qui entre dans la composition de plusieurs préparations, telles que le laudanum de Sydenham. On l'emploie aussi dans la parfumerie.
Falsifications. — Le girofle est l'objet d'une falsification , pratiquée d'abord en Hollande, et qui consiste à le mêler de girofle épuisé de son huile essentielle par la distillation. Ce dernier e6t ridé, peu huileux, se moisit avec facilité; sa saveur et son odeur sont presque nulles ; il ne laisse plus exsuder de l'huile par la compression de l'ongle, comme le fait le girofle de bonne qualité. L'aspect huileux du girofle de Hollande paraît provenir d'un robage dans une huile grasse contenant de l'essence de girofle, opération qui a pour but de masquer le mélange frauduleux de girofle, épuisé de son huile volatile.
GOMME AXmAGAWTB.
La gomme adragante découle de Yastragalus gummifer, astragalus verusy astragalus tragacantlui^ arbrisseau de la famille des légumineuses, qui croit en Egypte, dans l'Arabie, dans Vile de Crète.
Elle est jaune, rouge ou blanche, en morceaux d'une forme indéterminée , ou en larges plaques, en rubans, en filets allongés et contournés comme le vermicelle ; elle est dite alors gomme vermiculée. Sa densité est 1,384.
Elle a une sorte d'élasticité qui la rend peu friable; aussi sa pulvérisation est-elle longue et difficile. Chauffée entre 40 et o0<\ elle se réduit plus facilement en poudre qu'à la température ordinaire.
D'après M. Bucholz , la gomme adragante est composée de deux espèces de principes gommeux. L'un, soluble dans
GOMME ADRAGANTE. 397
l'eau froide, a tous les caractères de la gomme arabique : c'est X carabine \ l'autre, Yadragantine , est insoluble dans l'eau, mais il l'absorbe et s'y gonfle beaucoup. Il y a, en outre , un peu de matière extractive, quelquefois des traces d'amidon (qui donnent à la gomme adragante la propriété de se colorer en violet par ttode), et des matières fixes.
Suivant M. Guérin-Varry , la gomme adragante contient de la bassorine qui forme un mucilage très-épais avec l'eau, et de la cérasine, insoluble dans l'eau froide, soluble dans l'eau bouillante, et se transformant à la longue en arabine. La gomme adragante fournit environ 4 °/0* de cendres.
Usages. — On l'emploie en pharmacie (1) et dans l'art du confiseur , dans la fabrication des papiers marbrés, La gomme en plaques entre dans la composition des apprêts pour étoffes.
Falsifications. — La gomm# adragante est quelquefois mélangée avec la gomme d* Bassora, la gomme deSassa, dite pseudo-adragante.
La gomme de Bassora, outre ses caractères extérieurs, dif- ' fère de la gomme adragante » en ce qu'elle ne se colore pas en violet, comme cette dernière, par l'eau iodée.
La gomme de Sassaest jaunâtre, et souvent mêlée de substances étrangères. Elle donne avec l'iode une coloration bleue, très -foncée, presque comme la fécule.
On a vendu à Marseille une gomme adragante vermiculée, fabriquée de toutes pièces, avec de la fécule cuite additionnée de farine, et passée avec force à travers les mailles d'un tissu ou les trous d'un cylindre. Cette fausse gomme mise en contact avec l'eau , se réduit en pâte, et se colore fortement en bleu par l'eau iodée.
La poudre de gomme adragante est quelquefois mélangée avec celle de gomme arabique, avec la fécule.
Pour s'assurer de la fraude par la gommé arabique, on dissout dans l'eau une petite quantité de poudre: on a un mucilage . d'une consistance moindre ; de plus, selon Planche, l'addition de quelques gouttes de teinture de résine de gayac corn-
(1) Les pharmaciens emploient de préférence la gomme vermiculée.
mimique à ce mucilage une teinte bleuâtre» s'il renferme de la gomme arabique ; il reste incolore dans le pas contraire (i).
L'alcool h 35 degrés Bé, versé dans une solution dégomme adragante pure r ne donne que quelques flocons blancs qui. nagent au sein de la liqueur sans altérer sa transparence. Si elle contient de la gomme arabique» eUeptend une teinte opaline, et il s'y produit une masse blanchâtre filamenteuse qui s'attache aux parois du vase où se fait la précipitation.
On conçoit qu'en mettant ce procédé -en- usage, on pourra séparer la gomme adragante de. la gomme arabique qui y aura été mêlée, puisqu'il suffit de traiter par l'eau , de filtrer la liqueur, et de précipiter par l'alcool la gomme arabique qui est seule soluble dans l'eau.
La gomme adragante mêlée de fécule, traitée par Tean, puis, par l'eau iodée, manifestera une belle coloration bleue.
GOMME ABLABIQUX.
La gomme arabique, ou gomme d'Arabie, est le suc gommeux qui découle de différentes espèces d'acacias (acacia vera, arabica, Sénégal, etc.), de la famille des légumineuses.
Elle est formée presque en totalité d'une gomme soluble (carabine), de faibles quantités de débris de tissus, d'un acide et de phosphate de chaux. 8a surface est souvent souillée par une matière amère qui ne pénètre pas dans son intérieur et que Ton peut enlever par un lavage superficiel. Elle laisse environ 3 °/0 de cendres.
Elle vient d'Egypte, de l'Arabie, du Sénégal, et porte des noms particuliers suivant ces différentes provenances ; on distingue : la gomme blanche ou arabique; la gomme rousse ou gomme du Sénégal ; la gomme rouge dite de Y Inde.
D'après M. Herberger, la gomme du Sénégal contient un peu plus d'eau hygrométrique (27 °/o), au lieu de 24 %; sa densité est un peu plus forte (4,56 à 4,65, au lieu de 4,46 à 1,52). L'eau en dissout nn peu moins; à quantité égale, la gomme du Sénégal donne une liqueur plus dense, les sels de
(I) Nous devons dire que l'opération ae réussit pas toujours.
peroxyde de fer foraient instantanément un précipité ocracé dans une solution au 1/20 de gomme du Sénégal ; la solution de gomme arabique, au même degré, prend seulement une couleur rouge et donne un peu plus tard quelques, flocons.
La gomme du Sénégal est ordinairement en. morceaux longs ou oMongs, rarement vermicides, mais souvent inréguliers» peu volumineux, secs, ducs,: transparents à l'intérieur. La surface de ces morceaux est couverte de sillons plus ou moins profonds, et présente souvent de6 gerçures. La plus estimée est dite gomme du bas-fleuve.
La gomme arabique est en morceaux irréguliers, secs, d'un aspect brillant, transparents ; mais vus en masse, ils paraissent opaques. Sa cassure est nette, luisante et glacée à la surface.
Ces gommes sont entièrement solubles dans l'eau, précipitâmes par l'alcool, et ont une saveur et une odeur presque nulles.
Elle ne donne aucune coloration avec F eau iodée, comme la fécule qui se colore eu bleu et la dextrine en rouge vineux.
Usages. — La gomme arabique est employée en. pharmacie, comme adoucissant, sous forme de sirop, de tablettes, etc. On s'en sert pour préparer des émulsions artificielles; comme intermédiaire pour administrer des substances insolubles dans l'eau, telles que les huiles fixes, les huiles volatiles, le camphre, les résines, etc. Elle forme là base des pâtes médicamenteuses épates de jujubes, de dattes, de guimauve, de réglisse). Suivant M. Berberger.on doit employer de préférence la gomme du Sénégal pour la préparation des émulsions artificielles et des pâtes.
La gomme arabique entre aussi dans la composition des apprêts sur étoffes ; on s'en sert dans l'art du confiseur.
FALsiviCATionsv — La gomme arabique est souvent fraudée par un mélange avec d'autres gommes d'un prix inférieur, telle&>que la gomme de Barbarie, la gamme djedda, la gomme de Bassora, la gomme du pays; on la mêle aussi avec le bdellium.
La gomme de Barbarie est produite par Y acacia gummifera qui croît à Mogador, sur les côtes du Maroc. Elle contient des morceaux bruns ou rouges, demi-transparents, d'un a&-
pect vitreux ; elle est insoluble dans l'eau et ne peut doue remplacer la gomme du Sénégal, dans les usages auxquels on destine cette dernière.
La gomme djedda vient, comme la gomme arabique, de l'Egypte et de l'Arabie, Elle est en morceaux durs, un peu tenaces, brillant de diverses couleurs, d'un aspect vitreuf. Elle se gonfle dans l'eau, forme une espèce de mucilage, comme la gomme adragante, sans se diviser.
La gomme de Bassora est en morceaux grossièrement contournés, sans forme distincte, d'une couleur brune ou jaune sale, d'une transparence moyenne ; elle est presque insoluble dans l'eau avec laquelle elle forme un mucilage peu épais qui se sépare ensuite sous forme de petits grumeaux ne pouvant adhérer les uns avec les autres. Sa densité est 1 ,559.
La gomme du pays, produite par presque tous les arbres à noyau (cerisiers, abricotiers, amandiers, etc.), est en morceaux très-irréguliers, très-colorés, peu friables; elle est en partie insoluble dans l'eau, avec laquelle elle forme une espèce de mucilage. Sa densité varie de 4r42i à 4,550. Elle donne environ 3 % de cendres.
Le bdellium est gris verdâtre, d'une saveur acre et amère ; il est onctueux au toucher, cassant; sa cassure est terne et cireuse ; il adhère aux dents pendant la mastication. Il est presque insoluble dans l'eau.
La gomme arabique en poudre offre plus de prise à la fraude ; on la trouve mélangée avec de la fécule de pommes de terre ou de Yamidon (1), avec des matières féculentes telles que la farine, la semoule (2), avec de la craie ou carbonate de chaux.
En traitant par l'eau bouillante une certaine quantité de gomme arabique, et filtrant la liqueur, ou aura un résidu blanc si elle contient de la craie. Ce résidu fera effervescence avec les acides et donnera une dissolution précipitant en blanc par
(1) Julia Fontenelle a trouvé des gommes arabiques en poudre, prises cbez divers épiciers» contenant 25 à 80 O/O de fécule de pommes de terre.
(2) En 1846, nous avons trouvé 80 % d« semoule dans une gomme saisie obez un épicier.
GOMME-GUTTE. 40i
l'oxalate d'ammoniaque. La liqueur gommeuse filtrée, traitée par l'eau iodée, se colorera fortement en bleu si elle contient de la fécule ou de l'amidon ; par l'eau froide et l'agitation, on pourra aussi reconnaître cette dernière falsification ; la gomme seule se dissoudra et laissera précipiter la farine ou la fécule.
La gomme mélangée de semoule ne se dissout que partiellement dans Veau ; la partie non dissoute a une apparence granuleuse ; en contact avec l'eau iodée, elle se colore en bleu. Séparée du liquide, lavée et séchée, elle présente tous les caractères extérieurs de la semoule.
OOMME-GUTTE.
La gomme-gutte est le suc gommo-résineux du garcinia morella, arbre de la famille des guttifères, qui croît dans nie de Ceylan, sur les côtes du Malabar et dans la. presqu'île de Camboge.
Elle se présente sous forme de magdaléons cylindriques d'un brun jaunâtre extérieurement, jaune rougeâtre à Tintérieur; à cassure nette et brillante, mais opaque; elle est friable, facile à réduire en poudre : celle-ci est d'un jaune ' pur. Elle est inodore, peu soluble ; l'eau la dissout en un liquide laiteux, jaune doré ; l'alcool, en un liquide rouge transparent ; Téther, en un liquide transparent, d'un beau jaune d'or. La potasse la dissout avec une couleur rouge intense.
D'après M. Braconnât, elle se compose de : résine jaune 80 ; gomme 19,5 ; matières étrangères insolubles 0,8.
Suivant M. Christison, elle renferme : résine, gomme, fécule, fibrine végétale, eau.
Usages. — La gomme-gutte est employée en peinture; en pharmacie, on s'en sert comme purgatif drastique et anthelmintique. On l'administre ordinairement en pilules, en teinture alcoolique, etc.
Falsifications. — La gomme-gutte est quelquefois mêlée de petits cailloux, de débris végétaux, pour en augmenter le poids. On aperçoit aisément ce mélange, à la cassure des morceaux.
402 GOMME KINO.
On fabrique aussi de la gomme-gutte avec des résines et de ' la poudre de cureuma.
On la môle aussi avec de Y amidon. Si Ton traite par l'eau bouillante la gomme ainsi fraudée, et que Ton filtre la liqueur, elle bleuit au contact de la teinture d'iode ; ou mieux, on la traite par l'alcool ou l'éther qui ne dissolvent que la gommegutte.
• Suivait M. Christison , on a mélangé la gomme-gutte avec les sucs gommo-résincux du gareinia cambogia et du xantochymus pictorius. Le premier est si mou qu'il devient plastique par la chaleur de la main , il est jaune pâle et non émulsif; le second est jaune verdâtre, légèrement translucide et non émulsif.
OOMMS KXMO.
Le kino, improprement appelé gomme kino n'est ni une gomme, ni une résine : c'est le suc épaissi , extrait de plantes fort différentes. Il est formé principalement de tannin (acide coccotannique de Berzélius) et il paraît ressembler beaucoup au rouge cinchonique du quinquina. II est incomplètement soluble dans l'eau avec laquelle il donne une liqueur rouge.
Dans le commerce, on distingue deux classe* de kinos : ceux d'Afrique et d'Asie, et ceux d' Amérique.
Parmi les premiers, les principales sortes, décrites par M. Guibourt% sont les suivantes : le kino de l'Inde orientale qui a porté pendant longtemps le nom de kino d'Amboiw, il est originaire de la côte du Malabar, et provient du pterocarpus marsupium. Il est en très-petits fragments d'un noir brillant, opaques lorsqu'ils sont entiers; transparents et d'un rouge de rubis lorsqu'ils sont réduits en lame&minces. Il est très-friable et se divise facilement sous la pression des doigts. Il est inodore, se ramollit dans la bouche, s'attache aux dents , colore la salive en rouge foncé -et possède une saveur astringente très-marquée; il est aisément seluble à froid dans l'eau et dans l'alcool, et leur communique une couleur rouge de sang. Sa poudre a la couleur du coloothar.
GOMME KINO. 403
Il parait avoir été séché en couche mince dans des vases à surface cannelée , car il offre presque toujours, sur une de ses faces, des cannelures parallèles et régulières. Ce kino de l'Inde a été analysé par Vauquelin ; il donne 0,036 °/0 de cendres formées de carbonate de chaux, de silice, d'alumine et de peroxyde de fer.
Le kino de nie Maurice est noir et opaque vu en masse, mais les éclats très-minces sont transparents et d'un rouge de rubis. Il est moins fragile que le kino de l'Inde ; il possède une saveur très-astringente et une faible odeur animalisée, un peu analogue à celle de la colle de peau. Il est, comme le kino de l'Inde, moins complètement soluble dans l'eau que dans l'alcool.
Le kino de Botany-Bay ou résine de Botafiy-Bay, nommé par Murray, gomme astringente de Gambie , est assez rare dans le commerce. II parait provenirde Yeucalyptusresinifera. Il est en masses qui ont la forme d'un pain rond, plat en dessus, convexe en dessous, épais de0*\04 à 0"*,06 au milieu et aminci à la circonférence; il présente à sa surface inférieure une couche de bandes de feuilles de palmier. Sa cassure est opaque, inégale et rude au toucher; sa poussière est d'un rouge brun. La surface des morceaux est souvent reoouverte d'une sorte d'effiorescence qui lui donne la couleur grise un peu violacée du lack-dye. Sa fracture récente est brillante et d'un brun noir. Il est inodore, se broie facilement sous la dent, a une saveur astringente médioere. Il se dissout complètement dans l'eau et forme une liqueur rouge très-foncée, mucilagineuse et se troublant par l'alcool.
Parmi les kinos d'Amérique on distingue :
Le kino de la Jamaïque, extrait du coecoloba uvifera, grand et bel arbre de la famille des polygonées, qui croit aux Antilles. Il y a deux extraits astringents venant de la Jamaïque. Le premier est en fragments de 4 à 12", d'un brun foncé, devenant rouge&tres par la poussière qui les recouvre ; sa cassure est noire, brillante, un peu inégale, et offre çà et là quelques petites cavités. Sa poudre est d'une couleur de bistre ou de chocolat. Il est inodore ; lorsqu'on le pulvérise ou qu'on le traite par l'eau bouillante, il exhale une légère odeur bitu*
404 GOMME KINO.
mineuse. Il se pulvérise facilement sous la dent, colore légèrement la salive, et présente une saveur astringente un peu amère. Il est peu soluble à froid dans l'eau et dans l'alcool; il se dissout presque en entier dans les mêmes véhicules bouillants. Il ne se ramollit pas par la chaleur.
La seconde espèce de kino de la Jamaïque est très-rare; elle a une cassure tout à fait vitreuse, et ses lames minces sont entièrement transparentes et d'un rouge foncé. Réduit en poudre, ce kino ressemble à l'extrait sec de ratanhia.
Le kino brun terne est en pains cubiques de O^CKfô à 0UI,040 de côté, d'un brun terne tirant un peu sur la couleur du foie et d'une opacité complète. Il a une saveur astringente désagréable et accompagnée d'un goût de fumée.
Le kino brun violacé est en masses, d'un brun noirâtre, opaques; à cassure brillante, mais inégale, friable et donnant une poudre d'un rouge brun violacé très-foncé. Il a une odeur d'aigre et une saveur astringente d'abord, puis douceâtre et tenant un peu de celle de la réglisse, enfin devenant d'une âcreté marquée.
Le kino de la Colombie provenant des incisions faites à Técorce des mangliers ou palétuviers (Rhizophoramangle), est sous la forme de pains aplatis du poids de iOOO à 4500*', gardant à l'extérieur l'empreinte d'une feuille de palmier ou de canne d'Inde, et recouverts d'une poussière rougeâtre qui leur dorine l'aspect du sang-dragon. Il se divise facilement en fragments «réguliers, à cassure brune, brillante et inégale. Sa saveur est très- astringente et amère ; sa poudre, d'un rouge orangé ; son odeur, faible. Il est presque entièrement soluble dans l'eau bouillante et dans l'alcool; ces solutions sont d'une belle couleur rouge.
Le kino de la Vera-Cruz est, suivant M. Guibourt, un produit d'exsudation naturelle. Il est en fragments plus petits que la semence depsyllium, presque transparents, d'un rouge hyacinthe, et paraissant avoir fait partie de petites larmes arrondies ou stalactiforroes. Il possède une saveur très-astringente et une odeur très-marquée d'iris ou de ca m pèche. Il ne se dissout qu'en partie dans l'eau froide, à laquelle il communique une couleur rouge.
GOMME KINO. 405
Usagks. — La gomme kino est administrée, en médecine, comme un bon tonique et astringent, dans quelques diarrhées et leucorrhées, dans les fièvres intermittentes. On remploie le plus habituellement sous forme de poudre, de sirop, de teinture alcoolique.
Falsifications. — La gomme kino a été falsifiée avec le $ang-dragori) le bitume ou Y asphalte, le cachou, Y extrait de ratanhia.
Le sang-dragon est reconnaissable à son insolubilité dans l'eau; le bitume, à son insolubilité dans l'eau et l'alcool, et à sa fusibilité.
D'après M. Wahlberg, on distingue facilement la gomme kino de l'extrait de ratanhia, en humectant avec de la salive le morceau à essayer; si la couleur reste d'un rouge brun, on a affaire à du kino. L'extrait de ratanhia, au contraire, prend une belle teinte bronze, qui persiste tant que la surface reste humide.
On pourra aussi reconnaître ces fraudes en examinant com-* parativement les réactions fournies par les kinos, le cachou, l'extrait de ratanhia.
Voici le tableau de ces réactions, d'après M. Guibourt :
Tableau,
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