GRAISSES ANIMALES
GB.AISSXS ANIMALES.
Les graisses animales ou suifs sont extraites par la fonte des tissus adipeux des animaux (bœufs,*vaches, veaux, moutons, boucs, chèvres, etc.). Elles sont solides à la température ordinaire, blanches, odorantes, saponifiablés, fusibles. Elles sont composées généralement de stéarine, de margarine et d'oléine.
Usages. — Elles servent d'abord dans l'économie domestique; pour la préparation des savons, des acides gras pour les bougies stéariques; pour lubrifier les organes des machines ; elles entrent dans la confection des cosmétiques, dans la préparation des tissus* imperméables; elles servent à assouplir les cuirs hongroyés ; enfin on consomme beaucoup de graisses dans la fabrication des chandelles (1). On les emploie, en pharmacie, à la préparation de pommades, d'onguents, d'emplâtres.
. Altérations. — La graisse est susceptible d'altérations qu'il estlmportant de prévenir quand elle est destinée à l'alimentation.
Lorsqu'elle est colorée en brun, qu'elle a une odeur repoussante et une saveur désagréable, elle a éprouvé de la rancidité et doit être rejetée sans hésitation; cette graisse altérée pourrait exposer aux plus graves dangers les personnes qui en feraient usage.
Traitée par l'alcool bouillant, elle laisse, après Févaporation, une matière brune, mollasse, acide, d'une odeur peu désagréable, d'une saveur piquante, nauséeuse, irritant trèsviolemment F arrière-bouche et y laissant un sentiment de sécheresse.
Ce produit brun, retiré de certaines graisses altérées, a fait périr des animaux auxquels on l'avait fait avaler.
Falsifications. — - Les falsifications des graisses paraissent
(i) Les bouchers de Paria livrent par semaine environ 400,000 kil. de suif à la fonte. Cette substance est presque entièrement convertie en bougies stéariques, et surtout en chandelles.
A Paris, on consomme annuellement plus de 1,100,000 kil. de suif en pain et de chandelles.
moins fréquentes en France qu'en Angleterre et en Amérique. On y incorpore des pommes de terre cuites et broyées, ou de la fécule, afin d'en augmenter le poids. On y mêle des matières blanches pulvérulentes, telles que le kaolin, le marbre pulvérisé (1).
Ces fraudes seront décelées en faisant bouillir la graisse suspectée dans dix fois son poids d'eau, on laisse refroidir : les matières étrangères se précipitent, la graisse surnage, on la recueille, on en chasse l'eau par la chaleur et on pèse ; la perte de poids fait connaître la fraude. Quant à l'amidon, il s'est converti en empois et se décèle par sa coloration bleue au contact de l'eau iodée.
On peut aussi constater ces falsifications par Véther qui ne dissout que le suif et laisse les matières étrangères sans les dissoudre.
On mélange les suifs avec des graisses inférieures et du flambart. Ils sont alors moins durs que les autres, d'une couleur jaunâtre plus ou moins foncée, d'une odeur empyreumatique, et plus fusibles que les suifs purs.
La graisse d'os ou petit suif ou graisse extraite des os avant de les faire servir à la fabrication du noir animal, de la gélatine, etc., contient une certaine quantité d'eau, ce qui rend cette matière très-propre à être pénétrée d'alcali, aussi l'emploie- t-on dans la fabrication des savons. Mais cette propriété a été mise à profit pour la rendre plus pesante et pour y incorporer jusqu'à 30 % d'eau chargée de carbonate de soude.
Pour reconnaître ce mélange, il suffira de traiter un certain poids de graisse par un acide faible qui saturera le carbonate de soude : on séparera la graisse par la chaleur, puis elle devra être recueillie, séchée et pesée ; la perte de poids décèlera la fraude.
OBAXS1B DE PORC. — ▼. AXOWGI.
GUAKO.
Le guano (ou huanu qui signifie excrément) est la substance
(1) M. Laurent, de Marseille, a trouvé jusqu'à 10 •/• de marbre en poudre dans une livraison de 5*3 barriques de suif, faite par une maison de concnrerce de Naples à un négociant de Marseille.
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azotée qui forme des couches de 45 à 20" d'épaisseur, dans certaines fies de la mer du Sud, près de la côte de l'Amérique méridionale et sur quelques points des côtes d'Afrique. On lui donne pour origine la fiente de nombreux oiseaux de mer, accumulée depuis dés siècles; mais vu la puissance de ces masses de déjections animales, MM. Girardin et Bidard pensent que le guano n'appartient pas à l'époque actuelle et que c'est un coprolite ou excrément fossile d'animaux antédiluviens. On a constaté dans le guano africain la présence de débris de cétacés (4).
Le guano a une couleur jaune fauve, une saveur presque nulle et une forte odeur ammoniacale qui provoque l'éternuement. Certains guanos ont une couleur brune et une odeur qui tient à la fois de celles du castoréum et de la valériane; d'autres ont une couleur grisâtre et une odeur infecte, une teinte briquetéeet une odeur fétide masquant Todeur musquée de certains oiseaux sauvages. Le guano noircit au feu, en t exhalant une fumée blanche et l'odeur de l'ammoniaque.
La composition du guano est très-complexe. Voici les substances dont la présence peut être admise d'après les analyses de Fourcroy et Vauquelin, de MM. Boussingault et Payeny Wœfrfer, Girardin et Bidard, Teschemacher, W. Francis, lire, Denham Smith, Xersten :
Acide urique libre ; urate d'ammoniaque ; urate de chaux ; oxalate d'ammoniaque ; chlorhydrate, carbonate et phosphate d'ammoniaque; phosphate ammoniaco-magnésien ; sulfate et ulmate d'ammoniaque; matière organique azotée ; humus ; oxalate et phosphate de chaux ; oxalates de potasse, de soude ; chlorure de potassium; chlorure de sodium; phosphates de potasse, de soude et de magnésie ; sulfates dépotasse et de soude ; carbonates de chaux et de magnésie ; matière grasse ; matière colorante Jaune; siliceet traces d'oxyde de fer et d'alumine (%). M. Unger
(1) Le navire VOctavia a apporté du Pérou un chargement de guano au milieu duquel an a trouvé les cadavres momifiés d'un homme, d'une femme et d'un enfant.
Nous avons constaté la propriété que possède le guano de momifier les animaux. Descadavresd'oiseaux,enfouis dans le guano, se sont momifiés.
(2) D'après M. Woelckel, les excréments de l'aigle contiennent les
y a trouvé, en outre, une base organique nouvelle, k guaafra-
Le guano est donc un mélange de sels ammoniacaux ; aussi a-tfon proposé de l'appeler ammoniaque uratée. II contient environ de 5 à 10 °/0 d'ammoniaque lihre ou de 16 à 32 «/„ de sels ammoniacaux (1).
Suivant M. Bensch, on peut en retirer environ 2 % d'acide urique blanc.
Le guano renferme aussi de l'eau hygroscopique en proportions très-variables. Ainsi, dans le guano d'Afrique, M. Ure a trouvé 28, 5 ?/o d'eau ; M. W. Francis, 27, 13 °/o ; JI. Teschemacher, 30°/o; M. Kersten, 25 o/o ; M. Poinsot, 28 %. Dans le guano d'Amérique, venant d'Angleterre, 11. Benhaim Smith a trouvé de 8 à 22 % d'eau; M. KerXen, 25 et 26 */0; M. Poinsot, 19 °/0. Ce dernier chimiste n'a trouvé que 11 o/0, dans un guano d'Amérique tiré directement, par ordre du ministre des affaires étrangères. Enfin, d'après IL Langlois, la proportion d'eau dans le guano varie de 10 à20%.
Le moyen le meilleur et le plus rapide d'apprécier la pureté et la valeur d'un guano est de savoir la quantité de matière active (sels ammoniacaux, ou azote) qu'il renferme. D'après MAL Boussingault et Payen, le guano normal contient 13,9% d'azote et le guano importé par Londres 5,4%, MM. Girardin et Bidard ont évalué l'azote du guano d'après la proportion d'acide urique et d'ammoniaque, et portent la quantité d'azote à 16,86 °/0. Ainsi pour essayer un échantillon de guano, on dosera l'azote en volume par la méthode ordinaire, ou en poids parles méthodes de MM. VarretUrapp et Will, de M. Bineau ou de M. Peligot (1). On pourra aussi évaluer l'azote en domêmes substances et presque en même quantité que le guano. Ce chimiste a trouvé dans les excréments de cet oiseau 45 % d'acide urique combiné en partie avec l'ammoniaque.
(1) Il n'est donc pas possible, jusqu'ici du moins, d'exprimer dans une vente de guano, comme on l'a fait en 1846, la condition que celui-ci devra contenir au moins 30 % d'ammoniaque à l'état libre ou combiné, sous forme de sel ou d'acide urique ; car le guano ne renferme que S à 4 % de sel ammoniac et 9 à 15 % d'urate d'ammoniaque. (1) Pour doser l'azote en volum$t on introduit dans un tube à com-
GoogI,e
saut l'ammoniaque, d'après le procédé de M. Denham Smith, qtii consiste à faire bouillir te guano avec une solution de car-
bustion en verre vert peu fusible, de lmt10 de long, et de 10 à 15 millim. de diamètre, dont l'extrémité est fermée et arrondie à la lampe, une certaine quantité de bicarbonate de soude (ou de carbonate de plomb ou de carbonate de cuivre) que l'on recouvre d'une couche de bioxyde de cuivre pur; on introduit ensuite un mélange intime de la substance à analyser avec du bioxyde de cuivre, et on le recouvre d'une couche de ce même oxyde et de tournure de cuivre préalablement grillée puis réduite par l'hydrogène. On chauffe le tube au rouge en commençant l'application de la chaleur par la partie antérieure du tube à combustion, et de proche en proche, on place des charbons incandescents autour de ee tube, en avançant vers l'extrémité fermée où se trouve le bicarbonate de soude. Par la réduction de l'oxyde de cuivre, le charbon de la substance à analyser est converti en acide carbonique, l'hydrogène en eau, et l'azote se dégage ; les gaz restant dans le tube sont chassés par l'acide carbonique dn bicarbonate, que l'on chauffe, en dernier lieu, après la combustion de la substance, L'azote dégagé est recueilli dans une cloche graduée renversée sur le mercure et faisant fonction de gazomètre ; l'acide carbonique est absorbé par de la potasse; et, du volume de l'azote restait, correction faite de la température extérieure et de la pression barométrique, on déduit son poids; sachant qu'un litre d'air pèse 1«,299, d'après MM. Biot et Arago, ou lg,293 d'après les dernières recherches de M, Begnault , et qu'un litre d'azote pèse i*,267, si on prend la densité 0,976, suivant Berzélius et Dulong, ou H,?56 si on prend la densité 0,971, déterminée par M. Begnault.
On peut opérer autrement et faire suivre le tube à combustion d'un tube à trois branches, dont Tune, perpendiculaire aux deux autres, estadaptée à un tube de 0m,80 de long, qui a son extrémité inférieure recourbée et plongée dans une cuve à mercure; la seconde branche communique avec une petite pompe pneumatique avec laquelle on fait le vide dans l'appareil avant la combustion, et jusqu'à ce que le mercure monte dans le tube latéral (de 0-80), à une hauteur presque égale à la hauteur barométrique; alorson chauffe la partie du tube à combustion qui contient le carbonate; lorsque facide carbonique commence à sortir de l'appareil, on fait de nouveau le vide, puis on dégage un peu d'acide carbonique et on répète ces opérations jusqu'à ce que le gaz dégagé soit complètement absorbable par la potasse ; l'appareil étant alors bien purgé d'air, on fond à la lampe la portion du tube à trois branches qui communique avec la pompe et on commence la combustion, comme il a été dit plus haut.
Le dosage de l'azote en poids, d'après la méthode de MM. Varrtntrapp et Will, consiste à transformer par la chaleur en gaz ammoniac l'azote delà matière à analyser, qui est mélangée, à cet effet, avec de la chaux sodée (mélange de 2 p. de chaux caustique et 1 p. d'hydrate de soude). Le gaz ammoniac est reçu au sortir du tube à combustion (long de om,40
bonate alcalin. H se forme du carbonate d'ammoniaque que Ton condense et que Ton traite ensuite par le nitrate de baryte, puis par un excès d'acide carbonique ; le carbonate de baryte précipité correspond exactement, équivalent pour équivalent, à la proportion d'ammoniaque contenue dans le guano soumis à l'essai.
Du dosage de l'azote, on pourra déduire Y équivalent, c'està-dire la quantité nécessaire pour fumer la superficie d'un hectare ; en prenant pour terme de comparaison le fumier de ferme d'une composition moyenne délerminée,et représentant par 10,000 la quantité de ce fumier nécessaire pour fumer un hectare. Ces deux opérations constitueront le titrage du guano.
Voici, d'après M. Payen, un tableau synoptique des dosages d'azote et des équivalents de plusieurs engrais dont la valeur se rapproche de celle du guano :
à 0,45) dans un tube à trois «boules, contenant de l'acide chlorhydrique pur, d'une densité de l,tS environ. La combustion terminée, on verse daos le liquide du tube à boule, un léger excès de chlorure de platine très-pur, et on évapore à siccité au bain -marie; il se forme un précipité jaune, de chlorure double de platine et d'ammoniaque, qui est lavé à l'alcool éthéré, recueilli sur un filtre, séché et pesé. Le poids du sel double fait connaître celui de-Tazole, sachant que 100 p. de ce sel équivalent en poids à 6'-,349 d'azote en poids. Cette évaluation peut être contrôlée par le poids du résidu de platine métallique provenant de la calcination du sel double, puisque 100 de platine métallique équivalent, en poids, à 14,355 d'azote.
Le gaz ammoniac peut être aussi recueilli, comme l'a proposé M. B$nrati, dans une quantité déterminée d'acide sulfurique ou chlorhydrique titré, correspondant à un certain poids d'azote. L'abaissement du . titre de l'acide, après la combustion, est évalué à l'aide d'une solution titrée de potasse ou de soude caustique; par suite, on connaît la proportion d'azote. Ou bien on peut, en se servant de l'acide sulfurique titré, le saturer après la combustion, avec une solution alcaline titrée de saccharate de chaux (dissolution de chaux dans l'eau sucrée). Ce dernier procédé est dû à M. Peligot.