‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 159 sur 192 · HARICOTS TREMPÉS · texte numérisé non relu

HARICOTS TREMPÉS

Usages. — Cetle racine s'emploie en médecine, sous forme c|e poudre, de tablettes, de tisane, de sirop, contre les inflammations et contre le rhume.

Falsifications. — M. Blondeau a, le premier, signalé la fraude commerciale qui consiste à blanchir la racine de guimauve à l'aide de la chaux (1). Pour la reconnaître il suffit de faire macérer la racine dans de Tacidç acétique pur affaibli ; en versant dans la liqueur claire de l'oxalate d'ammoniaque, il se formera un précipité blanc d'oxalate de chaux qui, par fa oalcination, sera converti en chaux vive rougissant le papier de curcuma et bleuissant le papier de tournesol rougi.

HARICOT* TAXMFtS.

On a fait à Paris, en automne , un commerce frauduleux consistant dans la vente de haricots trempés.

Les haricots vieux, restes de magasins , ou les haricots sèches, de la dernière récolte , sont mis dan* un baquet d'eau tiède, puis laissés f â heures en contact avec ce liquide; les haricots augmentent de volume et donnent un rendement de 400 %, c'est-à-dire qu'un litre en rend deux.

Ces haricots sont ridés. Pour leur donner un aspect lisse, dû à la tension de la pellicule, on les jette dansde l'eau bouillante contenue dans une cuve que l'on recouvre avee une ou plusieurs couvertures de laine ; on les laisse tremper, puis on les retire de l'eau avant qu'elle lie soit refroidie; et on les jette dans de l'eau fraîche, on les place ensuite dans des couvertures de laine pour les ressuyer. On donne ainsi aux vieux haricots un lustre et une fraîcheur factices.

(1} Il est à présumer que c'est plutôt du carbonate, dt chaux qui a servi à pratiquer celle adultération, car la chaux Tait prendre à la racine de guimauve une couleur jaune qui signalerait la fraude.

M. Peltier, de Doué, a, en effet, trouvé jusqu'à 30 % de carbonate de chaux dans de \» poudre de guimauve. Celle-ci avait été traitée par l'acide cblorhydrique étendu, jusqu'à cassation d'effervescence ; le résidu lavé et séché éprouva une perte de poids équivalant à 30 %, et la liqueur filtrée présenta avec les réactifs tous les caractères du chlorure de calcium.

Les personnes qui se livraient à cette manipulation frauduleuse, avaient soin de vendre, le jour môme, la préparation faite pendant la nuit/ Car ces haricots trempés éprouvent, du jour au lendemain , un commencement de fermentation putride qui se décèle par une odeur fétide.

Le trempage des vieux haricots s'est pratiqué sur une grande échelle dans quelques rues a voisinant les halles: Une seule maison a préparé, dit-on, par semaine, 100 sacs de ces haricots trempés, dont la vente procurait un assez beau bénéfice*, car 4 litre de vieux haricots à 0 fr. 18 c. fournissait, par le trempage , 2 litre» de haricots trempés, vendus de 36 à 40, et même 45 centimes le litre.

HOUXUJE. — V. ChABBOB OB TBBBB.

8UXXJE COVOaiVE DE OAOUkO. — V. Bburu d* cacao.

BV1U OOVOBAtB DI MUSOABX — V. Baumb db

HUXUBSSJWTinUft ou VÔX.ATIX.ES. - T. Xssbnob». HtJIIJC8 FIXJC8 ou GRASSES.

Les huiles 'fixes ou huiles grasses sont des produits naturels qui se rencontrent le plus ordinairement dans les cellules des semences et des fruits *Tuu grand nombre de végétaux, d'où on les extrait par expression ; et dans quelques parties de certains poissons, d'où on la retire aussi par expression et par liquéfaction.

Les huiles sont liquides ou solides , composées, en général , dyoléineyetâe stéarine ou demargarine. Leur odeur est généra* lement nulle; leur saveur, douce; leur couleur, très- variable. Elles sont plus légères que l'eau, leur densité varie de 0,900 (huile de suif ou acide oléique du commerce) à 0,96* (huile de ricin). Aune basse température, elles se solidifient plus ou moins complètement. Elles sont fixes à une température assez élevée, et n'entrent en ébullition qu'à 300 qu 520oc; à cette dernière température, elles commencent à se décomposer, et donnent des produits liquides et gazeux facilement inflammables.

Les huiles sont insolubles dans l'eau, fort peu solubles dans

l'alcool (excepté les huiles de ricin et de croton tiglium), trèssolubles dans l'éther. Elles tachent le papier et le rendent translucide; la tache persiste par l'application de la chaleur. Elles sont sans action sur le papier de tournesol.

Les huiles sont très-dilatables par la chaleur ; et dans la vente de ces liquides à la mesure, il est important de remarquer qu'en été, la mesure d'huile qui devrait contenir 500 gr. n'en renferme réellement que 428 gr.

Exposées à l'air, les huiles absorbent son oxygène et rancissent. Cette absorption , lente d'abord, se fait ensuite avec une grande rapidité; et si l'huile est en grande quantité et qu'elle présente une grande surface, il peut arriver que la chaleur produite soit assez considérable pour déterminer l'in> flammation de l'huile (1).

On divise les huiles fixes en deux grandes classes : 1° les huiles grasses siccatives ou qui sèchent à l'air, qui s'épaississent en se recouvrant d'une couche transparente, jaune, flexible, et finissent par se solidifier entièrement comme le feraient certains vernis, telles que les huiles de /m, ft œillette, de chènevis, de ricin, etc. ; S° les huiles grasses non siccatives ou qui ne sèchent pas à l'air , qui deviennent moins combustibles, et enfin rancissent sans se solidifier, telles que les huiles à' olives , de colza, d'amandes douces, de navette, etc.

Les huiles grasses se mêlent généralement en toutes proportions avec les essences ; elles dissolvent les matières résineuses, le camphre, le phosphore, le soufre.

Usages. — Les huiles ont des applications nombreuses et variées dans l'économie domestique, les arts et la phar-

(1) On sait, en effet, que des incendies ont été causés par l'inflammation spontanée de chanvres, de cotons, de laines, de toiles à prélat, imprégnés d'huile; de draps non dégraissés. En 1783, un pharmacien de Lille, Carette, signala, le premier, l'inflammation spontanée d'un marc de fleurs de millepertuis cuites dans l'huile. Le même fait a été observé, * depuis, par MM. Boissenot, de Ghâ lons-su r-Saône, Ltpage, de Gisors, Boulongue, d'Orléans, C. Minière, sur le résidu provenant de la préparation du baume tranquille ou de l'onguent populéum. Les pharmaciens ne sauraient donc trop se prémunir contre le danger qu'il y aurait à abandonner dans leurs laboratoires des masses de résidus semblables.

macie (1). Les unes servent pour la table, l'éclairage, la fabrication du savon ; d'autres (huiles siccatives) pour la peinture ; en pharmacie, quelques-unes servent à préparer certaines huiles médicinales, des émulsions, etc., ou sont employées comme purgatifs (2). Les huiles animales servent au corroyage des cuirs.

Altérations. — Nous avons dit que les huiles s'altéraient à l'air; on doit les conserver dans des vases en poterie, dans des daraes-jeannes , des jarres ou des réservoirs en pierre, placés dans un lieu frais et surtout à l'abri du contact de l'air.

Les huiles peuvent être altérées par la présence de substances métalliques telles que le cuivre, le plomb , provenant des vases où elles auraient séjourné. Pour en reconnaître la présence , on agite pendant quelque temps l'huile avec deux fois son poids d'acide nitrique , on sépare ensuite l'acide, et on verse de l'ammoniaque : s'il y a du cuivre, il se développera une belle couleur bleue ; la liqueur acide neutralisée par la potasse, donnera, si elle renferme du plomb, un précipité blanc avec la potasse, le sulfate de soude ; un précipité brun noirâtre avec l'hydrogène sulfuré ; un précipité jaune avec l'iodure de potassium, lechromate de potasse.

Falsifications. — Les huiles sont souvent l'objet de falsifications nombreuses qui consistent à les mêler , soit avec d'autres huiles inférieures en qualité et en prix, soit avec des graisses ou des huiles animales.

Pour reconnaître ces sophistications, il y a divers procédés que nous allons successivement passer en revue.

L'odeur exhalée par une huile lorsqu'on l'expose dans une petite capsule, à la flamme d'une lampe à alcool, peut servir de guide pour des expériences ultérieures ; on agit comparativement avec la même espèce d'huile reconnue pure. L'acide oléique du commerce ou l'huile de suif serait décelé par la propriété qu'il possède de rougir le papier de tournesol, sur lequel les autres huiles n'ont pas d'action : on met ensuite à

(1) A Paris seulement, on consomme annuellement environ plus de cent mille hectolitres d'huiles de toute espèce, (t) Les huiles rancies doivent être rejetées de remploi médical.

profit les diverses colorations et le temps plus ou moins long que certaines huiles mettent à se solidifier sous l'influence de l'acide hyponitrique, ainsi que M. Félix Baudet Fa montré en 4832. Le tableau suivant indique ces diverses colorations et les temps nécessaires à la solidification de plusieurs huiles (4).

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