HUILE DE COLZA
M. Lefebvre a remarqué, en outre, que l'huile de baleine, mélangée aux huiles de colza, même aux colzas épurés, se dépose en huit jours. Ainsi, lorsqu'un épicier met un baril au détail, et y place un robinet, en supposant que le baril soit un mois à être débile, il aura vendu dans la première quinzaine toute l'huile de baleine, moins celle placée au-dessous du robinet, et, dans la seconde quinzaine, l'huile de colza à peu près pure.
D'après les expériences de M. Fauré, 3 p. d'acide hyponitrique préparé, mêlées par agitation avec 100 p. d'huile de colza pure, la solidifient en 5 heures 45 minutes ; la présence de i/iO d'huile de cameline retarde cette solidification de 39 minutes; celle de 4/10, de 2 heures 27 minutes; celle de 1/5, de 3 heures 52 minutes; celle de moitié d'huile de cameline,de 5 heures 47 minutes.
Dans le but de reconnaître si une huile de colza est pure ou additionnée d'autres huiles, M. Laurot a imaginé un instrument appelé oléomètre, et fondé sur l'observation que les huiles, à 100oc, n'ont pas la même densité, et présentent des différences très-appréciables.
L'oléomètre de M. Laurot se compose d'une burette en fer-blanc, faisant- fonction de bain-marie. On y place un cylindre creux, en fer-blanc, dans lequel on introduit l'huile à essayer; on chauffe l'appareil, et quand l'eau du bain-marie est entrée en ébullition et que l'huile a pris la température de 100° (ce qu'indique un thermomètre qu'on a soin d'y plonger), on y immerge un petit aréomètre, à tige extrêmement fine et permettant d'apprécier les plus légères différences dans le poids spécifique de l'huile. Le zéro sur cette tige est le point auquel il s'enfonce dans l'huile de colza pure, portée à 100oc. Il y a 200 p. égales au-dessous du zéro, et 20 à 25 au-dessus.
Dans l'huile de lin, à 100»C, l'aréomètre de M. Laurot s'arrête à 210°
— l'huile d'oeillette I«
— — de poisson 8S
— —•' de chènevis 186
Dès que l'on ajoute dans l'huile de colza une huile étrangère plus dense, l'instrument remonte et indique la fraude.