ACIDE ARSÉNIEUX
d'acide vitreux, ne dissolvent que 42 à 43 p. d'acide opaque. La densité de l'acide arsénieux vitreux est 3,738 d'après M. Guibourt ; 3,70 d'après MM. Leroyer et Dumas ; celle de l'acide opaque est 3,950; la densité de sa vapeur est 43,85 d'après M. Mitscherlich.
Usages. — L'acide arsénieux sert, dans les arts, pour préparer diverses couleurs vertes (vert de Schéele, vert de Sckweinfurt, vert <? Allemagne) employées dans la fabrication des papiers peints ; on l'ajoute souvent dans le verre, mais en très-petite quantité. L'acide arsénieux entre aussi, en proportions très-minimes, dans quelques préparations pharmaceutiques, soit à l'intérieur pour combattre les affections intermittentes rebelles, les fièvres, les maladies scrofuleusesou vénériennes ; soit à l'extérieur pour ronger ou détruire les chairs. Il entre dans la préparation d'une pâte destinée à faire mourir les souris et les rats. Il sert à préserver les objets d'histoire naturelle de l'attaque des insectes (savon de Bécceur).
Falsifications. — L'acide arsénieux ou arsenic blanc (car c'est sous ce dernier nom qu'il est plus spécialement désigné dans le commerce) doit toujours être acheté entier et non pulvérisé. Sous ce dernier état, il peut être confondu avec la farine, le sucre en poudre, ou falsifié avec la craie, le sulfate de chaux, le sulfate de baryte. Cette sophistication pourra être facilement reconnue en chauffant l'acide suspect. S'il est pur, il se volatilisera entièrement sans laisser de résidu ; dans le cas contraire, le résidu sera composé des matières étrangères avec lesquelles il aura été mélangé ; traité par l'eau bouillante, il laissera indissous le sulfate de baryte, si ce sel a été employé à la falsification ; et le sulfate de chaux se trouvera dans la solution qui donnera un précipité avec l'oxalate d'ammoniaque, et avec le chlorure de baryum. Quant au résidu de sulfate de baryte, mêlé avec du charbon, il se transformera, sous l'influence de la chaleur, en sulfure de baryum, qui exhalera par un acide l'odeur d'œi^fs pourris, caractéristique de l'hydrogène sulfuré. '
ACIDE BENZOIQUE. 15
AGHDS AJSOTIQUfe. — T. Aon» vxt&zqvs.
ACIDB BZVSOÏQUS.
Cet acide, appelé autrefois Acide du benjoin , /7e«rs de éenyoinf est formé à l'état anhydre de : carbone 74, 7 ; hydrogène 4,3 ; oxygène 2i : l'acide sublimé ou cristallisé contient, en outre, 8°/o,49 d'eau.
L'acide benzoîque sublimé se présenté en petites aiguilles blanches, aplaties, très-légères, ou en lames blanches, flexibles et nacrées, d'une saveur acidulé et acre, fusibles à 420°% volatiles à 145". Ses vapeurs se condensent en longues aiguilles prismatiques satinées. Il rougit le tournesol, brûle avec une flamme fuligineuse, sans laisser de résidu ; il est à peine soluble dans l'eau froide, soluble dans 12 p. d'eau bouillante, beaucoup plus soluble dans l'alcool, dans l'essence de térébenthine, dans les huiles grasses et dans l'acide sulfurique étendu de son poids d'eau. L'acide benzoîque sublimé contient toujours une petite quantité d'huile volatile qui lui donne une odeur aromatique agréable, offrant de l'analogie avec celle de la vanille ; privé de cette huile, il est complètement inodore.
Usages. — L'acide benzoîque est employé en médecine principalement dans le catarrhe chronique.
Altérations. — L'acide benzoîque peut contenir une quantité d'huile empyreumatique assez forte pour lui communiquer une couleur jaune plus ou moins foncée et une odeur forte. Traité alors par l'acide sulfurique, il prend une couleur brune résultant de la carbonisation de cette huile.
L'acide benzoîque peut contenir de Yacide sulfurique, du sulfate dépotasse ou de soude, par suite de son mode de préparation. La présence de l'acide sulfurique sera décelée par le précipité blanc, insoluble dans les acides, que produira le chlorure de baryum dans la solution aqueuse d'acide benzoîque. Soumis à l'action de la chaleur, l'acide benzoîque se volatilisera, et l'on pourra constater dans le résidu la présence du sulfate de potasse ou de soude. L'alcool pourra aussi être employé pour séparer ces substances.
L'acide benzoïqûe peut aussi contenir de Y acide chlorhydrique, lorsqu'il a été préparé d'après le procédé de Schéele: la présence en sera constatée par le nitrate d'argent.
Falsifications. — Dans le commerce, l'acide benzoïqûe est souvent mélangé de substances étrangères, telles que : Yasbeste, le carbonate de chaux, le sulfate de chaux, Y acide hippurique, le sucre. Par un traitement à chaud au moyen de l'alcool, on pourra séparer l'asbeste, le carbonate et le sulfate de chaux qui y sont insolubles ; en outre, on pourra distinguer par la chaleur l'acide benzoïqûe, qui est entièrement volatil, de l'asbeste et des sels de chaux qui sont fixes au feu. Si c'est du carbonate de chaux qui est mêlé à l'acide benzoïqûe, les acides faibles y détermineront une effervescence due au dégagement d'acide carbonique.
L'acide hippurique pourra être reconnu à l'aide de l'acide nitrique : évaporant à siccité et ajoutant un peu d'ammoniaque, on a une belle coloration pourpre ; l'acide benzoïqûe, au contraire, est inattaquable par l'acide azotique ; sous l'influence de la chaleur, l'acide benzoïqûe mêlé d'acide hippurique prend une couleur rougeâtre. Quant au sucre, outre la saveur sucrée qu'il communique à l'acide benzoïqûe, l'alcool pourra être employé à la séparation de ces deux substances : il dissoudra l'acide benzoïqûe et laissera le sucre indissous; on peut aussi traiter une partie de l'acide suspect par l'eau froide qui dissout immédiatement le sucre en laissant presque intact l'acide, qui est fort peu soluble dans l'eau.
La falsification de l'acide benzoïqûe par le sucre se reconnaît aussi en ajoutant à l'acide une petite quantité d'acide sulfurique concentré : l'acide pur ne se colore pas, tandis que celui qui renferme du sucre, même dans la proportion de 4/40, prend une couleur brune.
ACtDB BOBXQUS.
L'acide borique, aussi nomrnèsèlnarcotiquevolatildevitrioly sel sédatif deHomberg, acide du borax, acide boracin, acide éoracique, est blanc, inodore, peu sapide, fusible et parfaitement fixe ; soluble dans 26 p. d'eau à la température ordinaire, et dans moins de 3 p. à celle de Fébullition ; soluble dans l'alcool auquel il donne la propriété de brûler avec une
flamme verte ; il communique la même propriété à l'esprit de bois, seulement la flamme est d'un vert plus intense. La solution aqueuse rougit le tournesol à la manière des acides faibles et brunit, comme les alcalis, le papier de curcuma.
L'acide borique peut être anhydre (fondu) ou cristatyisé, et
contenir de 27 à 44 % d'eau : à ce dernier état, il se présente
sous forme de paillettes ou écailles blanches micacées, ayant
pour densité i,48; celle de l'acide fondu est 4,83.
L'acide borique est composé de : 6ore3i,19 ; oxygène 68,81 .
Usages. — Dans les arts, il sert à la préparation des borates ;
dans les laboratoires, il est employé comme fondant; on s'en
sert, en pharmacie, pour préparer la crème de tartre soluble.
Altérations. — On rencontre, dans le commerce, deux
sortes d'acide borique : 1° l'acide naturel, extrait par l'éva-
poration de l'eau des lacs de Toscane ou Lagoni ; 2° l'acide
extrait des borates.
L'acide naturel n'est pas pur (t) : il contient du sulfate d'ammoniaque, du sulfate de chaux, de Y alun, de Y argile, de la*tlice, du sable, du soufre^ de Yoxyde de fer, des matières organiques. On le purifie par des cristallisations et des traitements à l'aide du charbon animal.
Cet acide peut, malgré cela, retenir des matières terreuses, de Yammoniaque. On reconnaît la présence des premières en dissolvant l'acide dans l'eau bouillante, et filtrant ; la quantité de résidu insoluble indiquera celle des matières terreuses.
Pour déceler l'ammoniaque , on mêle un peu d'acide avec de la chaux, on chauffe le mélange dans un tube bouché à la partie inférieure, au sommet duquel est placé soit un papier de tournesol rougi et préalablement humecté, soit un bouchon de verre imprégné d'acide chlorhydrique étendu, ou mieux d'acide acétique; les vapeurs ammoniacales dégagées
(1) L'acide borique brut renferme :
Acide par 74 à 84
Sulfate d'ammoniaque... i
Alun I
Sulfate de chaux j l4â8
Sulfate de fer |
Argile, sable l
Soufre / 2,5 à 1,25
Sulfate de chaux ]
Bau 7à5,75
Matière* organiques ) .
Acide sulfuriqne 1 ^
feront virer au bleu le papier de tournesol, en donnant des fumées blanches de chlorhydrate ou d'acétate d'ammoniaque.
L'acide borique extrait des borates, peut contenir de IV cide sulfurique, du sulfate de soude, de V acide chiot hydrique, du cuivre, des matières animales provenant de l'albumine employée à la clarification du borax qui a fourni l'acide.
L'acide sulfurîque ou le sulfate de soude sera reconnu à l'aide du chlorure de baryum, qui donnera un précipité composé de borate et de sulfate de baryte ; ce dernier seul est insoluble dans l'acide nitrique. D'ailleurs, lorsque l'acide borique contient de l'acide sulfurîque, il attire l'humidité de l'air ; lorsqu'il contient du sulfate de soude, on remarque, après un examen attentif, une légère efflorescence à sa surface. La présence du sulfate de soude pourra être aussi décelée au moyen de l'alcool qui dissoudra l'acide et laissera le sulfate indissous.
On reconnaîtra l'acide chlorhydrique à l'aide du nitrate d'argent ; le cuivre, par l'ammoniaque ou une lame de fer décapée.
Quant aux matières animales, leur présence se reconnaîtra à celle du charbon , lorsqu'on exposera l'acide à l'action de la chaleur.
Falsifications. — Quelquefois on a livré pour de l'acide borique, le résidu provenant de l'évaporation des eaux-mères de cet acide. Cette fraude se découvrirait en faisant digérer une certaine portion de l'acide dans l'alcool ; cette opération est répétée jusqu'à ce que le liquide ne dissolve plus rien et cesse de brûler avec une flamme verte ; si l'alcool ne laisse pas de résidu, on peut être sûr de la pureté de l'acide soumis à l'épreuve.
ACIDE OHlORBTBRXQtnE.
L'acide chlorhydrique porte encore dans le commerce les noms d'esprit de sel marin, esprit de sel fumant, acide du sel marin, acide de r esprit de sel, acide hydromuriatique, acide muriatique, acide hijdrochlorique. C'est un gaz incolore, trèssoluble dans l'eau et l'alcool. Il est composé de volumes égaux de chlore et d'hydrogène, ou de : chlore 97,25 ; hydrogène 2,75. L'eau à + 20°° et à la pression ordinaire peut en dissou-
dre 464 à 480 fois son volume, ou les 0,75 de son poids. Cette solution aqueuse, seule employée dans les arts et en médecine, est incolore à l'état de pureté, très-caustique, fume à lair; sa densité est 1,21 ; ordinairement sa densité est 1,47 environ, et elle marque 21, M à 23 degrés à l'aréomètre de Baume, 26 drgrés au maximum; à 118% elle distille et perd la moitié du gaz qui était en dissolution. La densité de l'acide distillé est 1,094.
La pes mteur spécifique de l'acide chlorhydrique varie d'ailleurs suivant son degré de concentration. On do\t h Edm. Davy la table suivante indiquant la quantité d'eau et d'acide contenue dans 100 parties, avec le poids spécifique correspondant.
A la température de 8* et à la pression de 0*,76.
Densité. Quantité d'acide réel Degrés de l'aréom.
pour 100. t
de Baume.
Mi
Le prinripal caractère de l'acide chlorhydrique est de donner avec le nitrate d'argent un précipité blanc, caillebotté, soluble dans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide nitrique.
Usagks. — L'acide chlorhydrique a de nombreux emplois
20 ACIBE CHLOR HYDRIQUE.
dans les arts : il sert à préparer le chlore, les chlorates, chlorures, hypochlorites (eau de Javelle, chlorure de chaux), l'eau régale, le protochlorure d'étain, le sel ammoniac, la gélatine, les eaux minérales ; on l'emploie au décapage, à rétamage et au zincage des métaux; pour nettoyer les murailles, les marbres, enlever les incrustations séléniteuses formées dans les tuyaux de conduite ; pour séparer l'oxyde de fer des sables destinés à la fabrication du cristal. Eu médecine, l'acide chlorhydrique, convenablement étendu, est employé à l'intérieur comme stimulant, antiseptique et diurétique.
Altérations. — L'acide chlorhydrique du commerce peut contenir beaucoup d'impuretés provenant du défaut de soins apporté à sa préparation. Ainsi il a toujours une coloration jaune plus ou moins intense, et peut contenir de Y acide su/furique, de Y acide sulfureux (\), de Y acide nitrique, du /èr, du plomb, de Yétain, du cuivre, de Yar8enic% du sulfate de soude, de la chaux, de Y iode, du brome, du chlore L'acide sulfurique se reconnaîtra au précipité blanc qu'il formera avec de l'eau de baryte ou du chlorure de baryum, versé dans l'acide à essayer, préalablement étendu d'eau, car le chlorure de baryum serait insoluble lui-même dans une liqueur trop concentrée. L'insolubilité du sulfate de baryte dans l'acide nitrique servira à le distinguer du sulfite de baryte qui pourra se précipiter en même temps, si l'acide chlorhydrique contient de l'acide sulfureux. D'ailleurs le sulfite de baryte, chauffé dans un tube, se décompose en soufre qui se volatilise et en sulfate de baryte ; traité par l'acide sulfurique hydraté, il exhale l'odeur caractéristique de l'acide sulfureux.
La recherche de l'acide sulfureux dans l'acide chlorhydrique a été étudiée par plusieurs chimistes qui oht proposé différents procédés que nous allons successivement passer en revue.
Lorsque l'acide sulfureux est en assez forte proportion dans l'acide chlorhydrique , on le distingue facilement par son odeur piquante ; mais il n'en est plus de même lorsqu'il est en proportion minime, ce qui est le cas le plus fréquent. M. GayLussac a, le premier, indiquépour reconnaître sa présence, un procédé qui consiste à verser dans l'acide chlorhydri-
(I) Cet acide salit souvent l'acide chlorhydrique, obtenu comme produit accessoire dans les fabriques de soude.
ACIDE CilLORU YDRIQUE . 2 i
que à essayer,quelques gouttes de sulfate rouge de manganèse, qui est décoloré en présence de l'acide sulfureux par suite de sa transformation en acide sulfurique aux dépens d'une partie de l'oxygène du bioxyde de manganèse. Ou bien, si Ton ajoute du sulfate d'indigo, puis quelques gouttes de solution titrée de chlore ou d'un hypochlorite, la teinte bleue disparaît s'il n'y a pas d'acide sulfureux ; dans le cas contraire, elle persiste quelque temps : on peut en même temps connaître, par ce moyen, la quantité d'acide sulfureux qui se trouvait dans l'acide chlorkydrique soumis à l'essai. Mais ces deux réactions se produiraient également, en présence de l'acide hypoazotique ou de l'acide byposulfureux.
M. Girardin a recommandé le procédé suivant, proposé antérieurement par Pelletier l'aîné : On met dans un verre à expérience, 46 grammes environ d'acide à essayer, on y ajoute 8 à 42 gr. de perchlorure d'étain pur en dissolution claire et concentrée ; on remue avec un tube, puis on verse sur le tout deux ou trois fois autant d'eau distillée en agitant, et on chauffe vers 60 ou 70°° : si l'acide chtorhydrique contient de l'acide sulfureux en proportion un peu forte, on le voit se troubler, devenir jaune, on sent très-manifestement l'odeur de l'acide sulfhydrique, puis la liqueur prend une teinte brune en laissant déposer du sulfure d'étain (4). Ce procédé permet d'apprécier exactement 4/ 100 d'acide sulfureux ($). Mais si la proportion d'acide sulfureux est faible, si elle n'est, par exemple, que de 4/2 «/„, ta liqueur prendra une teinte jaune, mais ne se troublera pas. C'est pour obvier à cet inconvénient, que M. Heintz a apporté au procédé de M. Girardin une modification permettant de reconnaître des quantités très-faibles d'acide sulfureux ; il suffit d'ajouter à la liqueur chaude un peu de sulfate de cuivre qui 'donne lieu à un précipité brun de sulfure de cuivre dont la quantité est en rapport avec celle de l'acide sulfureux se trouvant dans la liqueur acide.
(1) D'après B$rzélnu% ce précipité brun est un composé de proto, de bisulfure d'étain, et de perchlorure, insoluble dans l'acide chlorhydrique.
(%) Il est essentiel de mettre le sel d'étain en contact avec l'acide chlorbydiique avant d'y ajouter de l'eau ; car si l'on commençait par étendre l'acide, l'addition du sel ne produirait aucune coloration.
MM. Fordos et G élis ont proposé un antre procédé qui permet en même temps de déterminer la quantité d'acide sulfureux. Ces chimistes ont mis à profit la réaction qui se produit toutes les fois que l'acide sulfureux est mis en présence de l'hydrogène. On introduit dans un petit flacon quelques fragments de zinc pur, et on ajoutç de l'eau et l'acide chlorhydrique à essayer, on recueille le gaz qui se dégage dans une dissolution de sous-acétate de plomb (extrait de Saturne des pharmacies) (4) : si l'acide contient de l'acide sulfureux, il se forme de l'hydrogène sulfuré, et dès lors du sulfure de plomb qui se précipite dans la dissolution. Ce procédé peut servir à reconnaître la présence de l'acide sulfureux, lorsqu'il se trouve en très-petite quantité ; mais s'il existe en dissolution concentrée, un dépôt de soufre accompagne toujours le dégagement d'hydrogène sulfuré.
M. Lembert emploie le moyen suivant pour déceler dans l'acide chlorhydrique les plus petites quantités d'acide sulfureux : il sature un peu de l'acide à essayer par du carbonate de potasse, il y ajoute une petite quantité d'une dissolution faible d'amidon, 1 ou 2 gouttes d'un iodate de potasse ou de soude, puis, par très-petites portions, de l'acide sulfurique concentré; celui-ci met en présence l'acide sulfureux et l'acide iodique qui réagissent l'un sur l'autre; l'iode est mis à nu, et la liqueur bleuit.
M. Larocque* aussi, dans le même but, proposé un moyen basé sur une réaction observée par M. WœMer, lorsqu'on fait bouillir de l'acide sulfureux avec de l'acide arsénique : on ne retrouve plus bientôt dans la liqueur que de l'acide sulfurique et de l'acide arsénieux. Il faut donc doser préalablement l'acide sulfurique existait dans l'acide à essayer, puis au moyen de l'acide arsénique, ou transforme l'acide sulfureux en acide sulfurique, que l'on précipite par l'eau de baryte: la quantité de sulfate de baryte qui s'est formée, fait connaître celle de l'acide sulfureux contenu dans l'acide chlorhydrique.
L'acide chlorhydrique peut contenir de l'acide nitrique provenant de quelques nitrates qui se trouvent mélangés avec
(I) Berzéliu* préfère une dissolution d'oxyde de plomb dans la potasse caustique.
ACIDE CHL0RHYDR1QUE. 23
le chlorure de sodium employé à sa préparation. On reconnaîtra sa présence, en saturant l'acide chlorhydrique par un alcali, et évaporant à siccité; le résidu repris par l'eau sera additionné de quelques gouttes d'acide sulfurique et d'une petite quantité de tournure de cuivre : il y aura alors dégagement de vapeurs rutilantes qui bleuissent (e papier de gcâac (l), et formation de nitrate de cuivre bleu, si l'acide es>ayé contient de l'acide nitrique. Le fer qui se trouve dans r acide chlorkydrique du commerce, à Tétai de perchlorure, et auquel ou attribue la couleur ambrée qu'il a ordinairement, sera mis en évidence en évaporant l'acide et traitant le résidu par l'eau; le cyanure jaune versé dans le solutum aqueux, y produira un précipité de bleu de Prusse, si l'acide essayé contient du fer. Pour s'assurer de la présence du plomb, à l'état de chlorure, on examinera le résidu de l'évaporation d'une portion de l'acide. Le chlorure de plomb se présente en petites écailles blanches nacrées, peu solubles dans JVau froide, solubles dans l'eau bouillante. Celte solution donnera avec l'hydrogène sulfuré un précipité noir ; avec l'iodure de potassium, le chromate de potasse, un précipité jaune; avec le sulfate de soude, un précipité blanc. Quelquefois l'acide cblorhydrique contient de l'étain, provenant du protochlorure de ce métal, employé à sa décoloration. Ou en décèlera la présence à l'aide de l'hydrogène sulfuré qui produit du sulfure d'étain brun jaunâtre, lequel, traité par l'acide nitrique, donne lieu à de l'acide stannique blanc et insoluble.
Si l'acide cblorhydrique contenait du cuivre, on le reconnaîtrait à la coloration bleue produite par l'ammoniaque, et à la coloration brou-chocolat obtenue par le cyanure jaune.
L'acide chlorhydrique peut reutermer de l'arsenic provenant des cylindres de fonte qui servent dans sa préparation, mais plus particulièrement de l'emploi d'un acide sulfurique arsenical. Cetarsenic se reconnaîtrai! introduisant l'acide suspecté dans un appareil de Mar>h fonctionnant à blanc. L'examen chimique de l'anneau ou des taches obtenues suffira pour s'assurer de la présence ou de l'absence de ce corps.
(1) Papier blanc sur lequel, à l'aide d'un pinceau, on a étendu de la teinture alcoolique récente, laite avec la résine de gaïac.
MM. WittBtein et Buchner ont conseillé l'emploi du mercure pour purifier l'acide chlorhydrique arsenical. Le mercure forme une combinaison insoluble avec l'arsenic et le chlore ; on abandonne l'acide à lui-même pendant quelque temps, afin de laisser précipiter la petite quantité de chlorure de mercure formée, et qui finit par être ramenée à l'état de protochlorure insoluble. Dupasquier purifie l'acide arsenical en le mêlant avec parties égales d'eau, et le traitant par un courant d'hydrogène sulfuré ; on filtre ensuite l'acide au travers de l'amiante, et on procède à sa distillation.
Si l'acide chlorhydrique contient du sulfate de soude, on l'étend d'eau, et on précipite par le chlorure de baryum ; la liqueur filtrée et évaporée à siccité devra donner un résidu présentant toutes les propriétés du sel marin (chlorure de sodium); d'ailleurs l'évaporation de l'acide chlorhydrique à siccité donnera pour résidu le sulfate de soude, dont il sera ensuite facile de reconnaître la nature.
Si l'on a employé à la préparation de l'acide chlorhydrique du sel renfermant des iodures (sels de warech), il pourra contenir de l'iode à l'état d'acide iodhydrique dont la présence sera décelée par la fécule additionnée de qnelques gouttes de chlore. Le sel pourra aussi contenir des bromures, et par suite l'acide retenir du brome à l'état d'acide bromhydrique; il suffira alors, pour en constater la présence, de saturer par le carbonate de potasse un peu de l'acide suspect , et de traiter par le chlore, pour mettre à nu le brome qui sera ensuite repris par l'éther.
L'acide chlorhydrique peut renfermer du chlore; on le reconnaît facilement à sa propriété de décolorer l'indigo.
La coloration jaune de l'acide du commerce peut être due aussi à des matières organiques contenues dans le sel marin qui a servi à sa préparation, à quelques parcelles de liège qui seraient tombées dans l'acide, lors de sa rectification.
Purification de l'acide chlorhydrique. — L'acide chlorhydrique pur s'obtient le plus souvent en distillant l'acide impur du commerce ; le gaz acide chlorhydrique qui se dégage est recueilli dans des flacons de Woulf contenant de l'eau distillée. On verse préalablement dans l'acide à distiller un peu de chlorure de baryum, et on agite, afin de précipiter
r acide sulfurique à l'état de sulfate de baryte ; si l'acide renferme de l'acide sulfureux, on fait passer à travers la liqueur quelques bulles de chlore qui changent l'acide sulfureux en acide sufurique.
Pour avoir l'acide chlorhydrique pur, M. William Gregory conseille l'emploi du chlorure de sodium (1 équivalent ou 734 gr.) et de 2 équivalents ou 1226 gr. d'acide sulfurique étendu jusqu'à ce que sa densité soit égale à 1,00; on les mélange dans an matras, et on chauffe doucement ; le gaz qui se dégage est recueilli dans un flacon entouré de neige' ou d'eau glacée. Les 2/3 du gaz acide chlorhydrique qui passent à la distillation, donnent un acide fumant d'une densité 1,21 ; le dernier tiers a une densité d'environ 1 ,12. Si Ton emploie des substances pures, tout l'acide obtenu est incolore et chimiquement pur.
Falsifications. — Quoique d'un très-bas prix, l'acide chlorhydrique est cependant sophistiqué dans le commerce. Ainsi on y ajoute quelquefois des matières salines pour augmenter sa densité. L'évaporation à siccité de l'acide suffira pour reconnaître cette fraude. L'acide pur doit laisser peu ou point de résidu, suivant qu'il a été préparé avec de l'eau ordinaire ou avec de l'eau distillée. L'examen chimique et le poids de ce résidu feront savoir auquel des deux cas il faut attribuer la présence de ces matières salines
Enfin feau qui aura pu être ajoutée à l'acide se reconnaîtra à l'aide de l'aréomètre , ou mieux d'un essai acidimétrtque. ♦100 d'acide réel doivent saturer 139 de carbonate de chaux ou 147 de carbonate de soude sec et pur.
AOXBB CITRIQUE.
Cet acide, nommé aussi acide du citron, acide citronienf est solide, blanc, translucide, inaltérable à l'air, d'une saveur trèsacide; il cristallise en prismes rhomboïdaux terminés par 4 faces trapézoïdales, dont la densité est de 1,61 7. Il est soluble dans l'alcool, dans les 3/4 de son poids d'eau froide et la moitié de son poids d'eau bouillante ; il se détruit entièrement par la chaleur. Toutefois la destruction est beaucoup plus complète quand on ajoute à l'acide une petitequantité d'oxyde rouge de mercure.
Usages.— L'acide citrique sert en teinture et dans la fabrication destoiles peintes, pour enlever les taches de rouille de dessus les tissus, pour aviver les couleurs rouge du carthame, etc. En médecine, on s'en sert pour composer des limonades sèches ou gazeuses, en le mêlant avec du sucre aromatisé ou avec du bicarbonate de soude, du carbonate de magnésie.
Altérations. — Par suite de son mode de préparation, l'acide citrique peut avoir retenu de Y acide sut fur i que, des sels de plomb. Le premier se reconnaîtra à l'aide du chlorure de baryum; de plus, l'acide citrique, dans ce cas, attire l'humidité de l'air. La présence du plomb sera décelée par l'hy~ drogène sulfuré, l'iodure de potassium ou le chromate de potasse.
Falsifications. — On rencontre dans le commerce de IV I cide citrique mêlé d'acide oxalique, d'acide tartrique, de I sulfate de chaux.
Les deux premières falsifications se reconnaissent quelquefois à l'examen des cristaux ; ceux d'acide tartrique sont plus al* longés et moins grands ; ceux d'acide oxalique sont comme feuilletés et n'ont ni la solidité ni la transparence de l'acide citrique. Mais les fraudeurs, non contents de mélanger les cristaux des deux acides, emploient un autre moyen qui leur offre plus de sécurité : ils les font dissoudre, ainsi que l'a signalé H. Ifuraut, et cristalliser ensemble; la masse cristalline qui en résulte, sans avoir une forme régulière, offre assez de ressemblance avec l'acide citrique pour qu'on puisse s'y méprendre à la simple vue. Il faut alors verser, dans la solution aqueuse de l'acide suspecté, du chlorure de potassium ou de l'acétate, du tartrate neutre ou du carbonate de potasse : on aura, par l'agitation, un précipité cristallin ou pulvérulent de crème de tartre ou d'oxalate acidulede potasse, réaction qui n'a pns lieu avec l'acide citrique pur.
Pour reconnaître la falsification à l'aide de l'acide tartrique» on peut aussi, comme l'a indiqué H. Gaffard, verser goutte à goutte dans un peu d'eau -de chaux une solution aqueuse et à peu près saturée de l'acide à essayer (1); la présence ou
(1) Il faut opérer ici avec précaution, vu la solubilité dn tartrate dé chaux dans un faible excès d'acide. On peut aussi foire tomber I à î
l'absence de l'acide tar trique se reconnaîtra an trouble ou à k transparence de la liqueur, après la réaction ; le citrate de chaux étant soluble dans uue grande quantité d'eau, tandis que le tarirate de (baux y est à peine soluble.
Pour constater (a présence des sels calcaires, on neutraliserait l'acide par l'ammoniaque et on partagerait la liqueur en deux portions : dans l'une, on verserait de l'oxalate d'ammoniaque, dans l'autre du chlorure de baryum. Si les deux liquides précipitent, on aura affaire à du sulfate de chaux ; la précipitation par l'oxalate seulement, indiquera la présence du citrate de chaux provenant d'un peu de carbonate de chaux mêlé avant la cristallisation de l'acide. Quelquefois la satura- / tion ammoniacale suffit jiour amener la précipitation du sul- / fate de chaux qui ne se trouve dissous qu'à la faveur de l'a-' cide citrique.
ACXBX CT AJtl U I DHJQOTB.
Cet acide, aussi appelé acide hydrocy conique, acide prussique, résulte de la combinaison de volumes égaux de cyanogène et d'hydrogène, ou, en poids, de : cyanogène 96,35; Aydrogène3$b.
11 ne sera question ici que de Y acide cyanhydrique médicinal, c'est-à-dire l'acide cyanhydrique étendu d'une certaine proportion d'eau. L'acide officiel, inséré au codex français, est l'acide dit au septième ou contenant 1 p. d'acide cyanhydrique pur pour 6 p. d'eau. D'autres proportions ont été indiquées : ainsi on connaît l'acide au huitième, au dixième, mais ils ne sont pas employés dans les pharmacopées françaises.
La solution aqueuse ou alcoolique d'acide cyanhydrique présente les caractères suivants :
Elle possède une forte odeur d'amandes amères, n'est point précipitée par l'eau de baryte, ni par l'eau de chaux.
Les sels de peroxyde de fer et de bioxyde de cuivre mis en contact avec cette solution préalablement saturée par l'ammoniaque, y déterminent : les premiers, un précipité vert sale prenant une belle couleur bleu foncé par une addition d'à*
gouttes d'une forte solution de l'acide à essayer dans 15 à 16 grammes d'eau de chaux.
£8 ACIDE tYÀNHYDRIQUE.
cide cblorhydrique; les seconds, un précipité Heu pâle devenant blanc laiteux parquelques gouttes d'acide chlorhydrique.
Le nitrate d'argent donne avec cette solution un précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque et dans l'acide nitrique concentré et bouillant. Le protonitrate de mercure y détermine un précipité gris de mercure métallique divisé; une partie de ce métal reste en dissolution à l'état de cyanure.
Usages. — La solution aqueuse d'acide cyanhydrique est employée en médecine comme propre à calmer l'irritabilité de certains organes ; on l'a conseillée contre la pbthisie pulmonaire commençante, et surtout contre les affections nerveuses.
Altérations. — Par suite de son mode de préparation, l'acide cyanhydrique peut contenir du mercure, du plomb, àeVactde chlorhydrique, de X acide sulfurique, de ïacide tartrique, de Yactde formique, des sels étrangers. Le mercure se rencontre à l'état de cyanure, daus l'acide préparé d'après le procédé de Robiquet; le plomb, dans celui préparé d'après le procédé de Vauquelin. Pour reconnaître ces métaux, on n'aura qu'à tremper une baguette de verre dans de l'hydrosulfate d'ammoniaque ou daus une solution de sulfure de potasse et à la plonger dans l'acide soumisài'essai, l'apparition d'un précipité noirâtre indiquera la présence de ces métaux; pour en déterminer la nature, on versera un peu d'acide cyanhydrique dans une capsule de verre ou de porcelaine, et on y ajoutera autant d'acide nitrique. Quelques gouttes de ce mélange seront appliquées sur une lame de cuivre jaune ou rouge bien décapée, puis chauffée ; par le frottement, le point où a été placée la liqueur devra blanchir si le métal altérant l'acide cyauhydrique est le mercure. Une autre portion du mélange sera évaporée à siccité dans une capsule, et reprise par l'eau; la solution aqueuse précipitera en blanc par le sulfate de soude, si l'on a affaire à du plomb.
L'acide sulfurique et l'acide chlorhydrique dans l'acide cyanhydrique seront reconnus : le premier, par le chlorure de baryum; le second, parle nitrate d'argent qui donnera alors un précipité caillebotté, insoluble dans l'acide nitrique bouillant; on peut, comme l'a conseillé H. Barry% saturer préalablement d'ammoniaque, l'acide à essayer, et en*
suite le soumettre à Févaporation : les sels ammoniacaux restants sont facilement reconnus.
M. Geoghegan a proposé d'ajouter à quelques gouttes de l'acide à examiner une lamelle d'un sel double de bioxyde de mercure et d'iodure de potassium : si l'acide contient la moindre quantité d'acide chlorhydrique, sulfurique ou tartrique, Tiodure se décompose et la lamelle se colore en rouge par le bioxyde de mercure devenu libre.
La présence de l'acide formique sera constatée en agitant une certaine quantité de l'acide à essayer avec du bioxyde de mercure. Celui-ci forme une dissolution complète si l'acide j est pur, ou laisse un précipité grisâtre s'il contient de l'acide ' formique.
Les sels étrangers introduits dans l'acide cyanhydrique pour en augmenter la densité, restent pour résidu après l'évaporationde cet acide.
Outre ces altérations, la solution d'acide cyanhydrique peut en éprouver d'autres par le temps, l'action de la lumière, aussi est-on dans l'usage de la conserver dans des flacons de verre bleu foncé, ou mieux de verre blanc recouvert d'un papier noir. En tous cas, la richesse d'une solution d'acide cyanhydrique pourra être déterminée à l'aide du nitrate d'argent versé dans une quantité connue de solution acide; le précipité de cyanure d'argent sera recueilli, lavé, puis séché à 100 degrés et pesé : 10 gr. de cyanure d'argent représentent 2^,04 d'acide cyanhydrique réel.
Falsifications. — Quelquefois l'acide cyanhydrique médicinal est remplacé par Y eau concentrée d'amandes arnères. Cette sophistication sera reconnue, d'après M. Giovanni Ri 'ghini, en versant un peu de l'acide suspect dans une fiole que l'on chauffe ensuite au bain-marie. On tient au-dessus du goulot de la fiole une bande de papier bleu de tournesol ; à mesure que l'acide essayé s'échauffe légèrement, l'acide cyanhydrique se dégage et fait virer au rouge la couleur du papier. Cet effet n'est pas produit lorsque le liquide sur lequel on opère consiste seulement en hydrolat d'amandes amères.
ACIDI HYJ>ROCUOAX£irS, AOZDX MUAIATXQUS.
— ▼. Aasam oblobhtdaiqvs.
AOIDX HTB&OCTAVZQCnB. — T. Aatoa QTAVHTDAlQva. AOXDS NITRIQUE.
L'acide nitrique, connu encore sous les noms $ esprit de nitre, d'eau forte 9 d'acide azotique, n'existe qu'en combinaison avec l'eau ; supposé anhydre, il renferme: azote 26; oxygène 74. Dans un grand état de concentration c'est un liquide incolore, d'une odeur forte particulière, d'une saveur très-caustique ; il forme sur la peau une tache jaune qui ne disparaît que par la chute de Tépiderme. C'est un poison caustique des plus énergiques. Il est volatil, décomposable par la chaleur et par tous les corps qui ont quelque affinité pour l'oxygène. L'acide le plus concentré renferme \A %.29 d'eau, a pour densité 1,53, bout à -j- 86°°, d'après Dation. Il sedécom- ?nce de la lumière solaire et de la lumière le et en acide nitreux; l'acide non décomposé \ rutilante. Un second hydrate d'acide ni- 3 °/o d'eau, a pour densité 1 ,42, bout à -f iM* rs un tableau indiquant, d'après Ed. Davy, ide nitrique à divers degrés de densité pour + \V* :