‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 181 sur 192 · x : ij d'où · texte numérisé non relu

x : ij d'où

On prendra, du reste, dans la pratique de ce procédé, les mêmes précautions que celles qui ont déjà été indiquées pour le chloromètre de M. Gay-Lussac.

IOBTHTOOOUUB. — T. Coxxa M voiaso».

XKMOO.

L'indigo est une matière colorante bleue que l'on extrait, par fermentation, des feuilles de diverses plantes des genres indigofera, isatis et nerium; on le trouve aussi dans les

d'agate, pour déchirer les téguments, et traitant par la même quantité d'eau distillée froide.

(1) La coloration jaune orangée que prend la solution d'iodure de potassium, et sa décoloration au moment où l'opération est terminée, peuvent servir de guide et dispenser d'employer la solution de fécule.

feuilles du polygonumtinctorium, fiante de la famille des po~ lygonées.

■ L'indigo est en pains cubiques ou en morceaux irréguliers

d'un bleu plus ou moins beau et violet, secs, fermes, faciles

à rompre, d'une cassure nette, sans brillant; inodores, à moins

qtfils n'aient subi une altération par l'humidité et la chaleur.

Ils prennent un aspect cuivré par le frottement de l'ongle ou

d'un corps dur et poli.

# Le bel indigo jouit de la propriété de flotter à la surface de

;' l'eau. Sa cassure fraîche a une couleur qui varie du bleu foncé

. ' et velouté au bleu noirâtre, en passant par le bleu violet, le

; ; bleu clair, le bleu cuivré et les nuances intermédiaires.

La pâte est fine et homogène dans les qualités supérieures ; grossière dans les qualités inférieures, et pouvant contenir des grains de sable, des matières terreuses.

Dans le commerce, on distingue différentes sortes d'indigos d'après le pays où ils ont été préparés; ces sortes sont ensuite classées d'après la couleur, la consistance de la pâte, sa porosité, son homogénéité, et les accidents particuliers de la fabrication (t).

Les indigos se divisent d'abord en trois grandes classes : les indigos de VInde, ceux d'Amérique et ceux d'Afrique.

1° Les indigos de l'Inde sout : les indigos du Bengale, d'Oude ou de Coromandel, de Madras, de Manille, àeJava (2).

L'indigo Bengale présente beaucoup de variétés, on en distingue quatre : le bleu pur, le violet, le rouge et le cuivré; ces nuances sont ensuite soumises à de nombreuses subdivisions. La qualité supérieure est le surfin bleu ou bleu flottant, bleu léger ; il est en parallélipipèdes ou en cubes légers, d'une belle couleur bleue, friables, doux au toucher, se cassant facilement , adhérant à la langue, très-spongieux ; prenant une

(1) Nous ne pouvons indiquer ici que les principales classifications.

(2) Calcutta est l'entrepôt général des indigos de l'Inde ; ils y arrivent des diverses factoreries où on les fabrique; les pierres ou carreaux d'indigo, à Tétât encore humide, sont revêtus d'une marque ou estampille portant les initiales des noms des planteurs ou des propriétaires de factoreries, etsou vent aussi le nom de la province ou du district dans lequel est situé rétablissement.

belle teinte cuivrée par le frottement d'un corps dur. Sa pâte est très-homogène.

L'indigo de Coromandel , inférieur en qualité à celui du Bengale, est le plus difficile à casser de tous les indigos du commerce; ce qui parait dû à ia quantité considérable de chaux qu'il contient. On le classe en violet, cuivré, ordinaire.

L'indigo de Madras est en carreaux cubiques , à cassure grenue, rugueuse. On en distingue trois sortes : le fin bleu, le bleu violet mélangé, Y ordinaire. La première sorte se rapproche le plus de l'indigo Bengale, elle a de la légèreté, mais moins que le bleu flottant-du Bengale.

L'indigo de Manille est en pierres cubiques, en carreaux plats et allongés, un peu poreux et légers. Les premières sortes sont le fin bleu et le fin violet , mais elles sont inférieures à celles de l'indigo Bengale.

L'indigo de Java, le premier qui ait été importé en Europe, est en carreaux plats, quelquefois en trochisques. 11 ne donne / pas de reflet cuivré par le frottement de l'ongle.

-2° Les indigos d'Amérique sont : les indigos de Guatimala, de Caraque, du Mexique, du Brésil, de la Caroline, de la Louisiane, des Antilles.

Les diverses sortes d'indigo de Guatimala sont évaluées d'après le rang des couches précipitées au fond des cuves. Les couches supérieures donnent l'indigo flor ; les suivantes, l'indigo sobre, et les couches inférieures l'indigo corte. Ces sortes se subdivisent elles-mêmes en plusieurs nuances : flor supérieur, flor ordinaire, petit flor; sobre supérieur , sobre bon, sobre ordinaire ; corte supéi%ieur, corte bon , corte ordinaire, corte bas. L'indigo flor est en pierres régulières, d'une trèsbelle couleur bleue ; la pâte est fine et légère, donne un beau reflet violet et une nuance dorée par le frottement de l'ongle.

L'indigo Caraque , rangé après celui de Guatimala, est en morceaux irréguliers, tantôt d'un beau bleu, tantôt d'un bleu violet ; la pâte est parsemée de petits trous.

x L'indigo du Mexique est intermédiaire aux indigos de Gua* timala et de Caraque.

L'indigo du Brésil* est en petits parallélipipèdes rectangulaires ou en petits morceaux irréguliers, d'un gris verdâtre *

'à l'extérieur , d'une pâte ferme à cassure nette, d'un rouge cuivré plus ou moins vif.

L'indigo de la Caroline est en petits carreaux, d'un cuivré violacé. Les qualités communes sont rarement cuivrées et presque toujours d'un bleu verdâtre.

L'indigo de la Louisiane est en carreaux très- cuivrés.

3* Les indigos d'Afrique sont ceux $ Egypte, du Sénégal, de Vile de France.

L'indigo d'Egypte est en carreaux plus plats que ceux du Bengale ; leur pâte est assez légère et pas très-fine; les qualités supérieures sont des surfins et fins violets bleus. Souvent cet indigo contient du sable.

L'indigo du Sénégal contient plus de matières terreuses que les autres indigos du commerce.

L'indigo de l'Ile de France est en petits carreaux allongés, d'un bleu sombre à la surface, d'un rouge fortement cuivré à l'intérieur. Il est d'assez mauvaise qualité.

Les indigos les plus estimés dans le commerce sont Y indigo Bengole bleu flottant, et Y indigo Guatimala flor.

D'après H. Chevreul, l'indigo Guatimala renferme : indigotine, 45 ; ammoniaque, matière verte \ extractifet gommes, 12; résine rouge \ 36; carbonate de chaux, 2 ; oxyde rouge de fer et alumine, 2 ; silice, 5.

Suivant Berzélius, l'indigo du commerce contient, outre Tindigotine, trois matières distinctes, à savoir : une matière particulière, dite gluten d'indigo; une matière brune ou brun dT indigo \ une matière rouge dite rouge d'indigo ou résine rouge de l'indigo*

D'après MM. Girardin et Preisser, l'indigo Bengale cuivré bon ordinaire, renferme : eau, 5,7; gluten ou matière azotée, 1,5; brun d 'indigo, 4 ,6; résine rouge, 7,2; matières minérales, 19,6; indigotine, 61,4 (1).

Une petite quantité d'indigo en poudre projetée sur des

(l) Les proportions (Tindigotine varient beaucoup dans les différentes sortes d'indigos.

Comparativement à l'indigo Bengale, MM. Girardin et Preisser ont analysé l'indigo extrait du polygonum tinctorium, par leur procédé, et lui ont trouvé la composition suivante : eau, 6,8 ; gluten, i,$; matière

charbons ardents, -ou chauffée en couche <nuice dans un >tét, émet une grande quantité à» tapeurs pourpres analogues^ celles de l'iode, et dégage en même temps, une odeur particulière désagréable; il reste un charbon très-volumUieu^. Ces vapeurs se condensent 4 ta surface de la couche d'indigo en petits prismes droit* rectangulaires «platis, d'une teinte pourpre fpncé, et constituent l'indigo bleu pur ou indigotine.

LMndigotine est volatile sans résidu, non altérée par T#ir et Voxygène, entièrement insoluble dans l'eau, dans L'être? #t les corps gras. L'alcool bouillant en dissout quelques traces et se ootore en bleu.

L'indigotine est décolorée par le chlore; l'acide nitrique concentré dôme natseauce avec elle aux acides indigotiqqe et picrique. Elle est soluble dans l'acide sulfurique concentré et dans l'acide fumant de Nordhausen.

L'indigo bleu est réduit et transformé en indigo bl<meoxy{ indigo désoxygéné {indigogèm) en présenc&d'ene maltèr^ alcaline, telle que la potasse, l'ammoniaque, la chaux, et d'uge substance avide d'oxygène, telle que le sulfate de protoxyde de fer, le protochlorure d'étain, le sulfure d'arsenic.

Les indigos du commerce sèches à 100*° perdent, en général, 5 % & 3>& % ; ils donnent ordinairement, d'après M. Chevreuil 7 à 9*5 % de cendres : les -proportions miqima et maxima, qui ne se présentent que rarement, sont 3,92 % à5o/0,eti&à*i «/o.

Usages. — L'indigo est une des matières tinctoriales les plus employées.

ÀLTBBATioifs. — ' Les indigos présentent quelquefois dés défauts plus ou moins graves provenant d'accidentsdi vers pendant leur préparation ou de causes qui ont agi sur les indigos déjà préparés. Ces défauts sont caractérisés, dans le commerce, par les expressions suivantes :

' Grand cassé, mauvais pierrage; carreaux d'indigo réduits, par accident, en morceaux plus ou moins gros.

Demi-pierré ; carreaux accidentellement cassés en deux.

colorante rouge f tolubU dans Veau, 3,4 ; bru* d'indigo, 8,5 ; rétine rouge, t5,6 ; matières minérales, 1 4,8 ; indigotine, 49,1.

Grabeaux ; carreaux réduitsen fragments irréguliers, et assez petits pour être passés au crible.

Écartelés ; carreaux réguliers, mais présentant des crevasses qui pénètrent presque jusqu'au centre.

Éventés, venteux ; carreaux présentant dans l'intérieur de la cassure, une espèce de moisissure blanche.

Piquetés -y intérieur parsemé de points blancs ou de petites cavités blanches donnant aux pierres d'indigo l'apparence du granit. Lorsque ces points blancs sont fréquents, l'indigo est dit sableux.

Bubanés; couches superposées de diverses nuances de bleu dans les mêmes carreaux.

Crasseux -y pierres présentant à leur surface une croule noirâtre ou verdâtre et ridée.

Brûlés; carreaux présentant dans leur cassure des places noirâtres ou d'une mauvaise couleur.

Pierres ou sablés; carreaux dans l'intérieur desquels on aperçoit des parcelles brillantes de sable ou des pierres.

Enfin l'indigo est dit sombre lorsqu'il a un aspect peu brillant; dur, serré, lorsque sa pâte est fine, serrée et difficile à rompre ; sec, lorsqu'il se sépare en petits fragments ou se réduit en poussière.

Falsifications. — L'indigo a été quelquefois falsifié avec Y amidon, la crasse de plomb (sous-oxyde), la laque de campêche, Yargile calcaire, Yiodured'amidgn (1), le bleu de Prusse.

L'indigo allongé d'amidon est un peu pâle, n'a pas la densité, la cassure de l'indigo véritable, dont il se distingue par l'espèce de colle qu'il forme avec l'eau bouillante.

Pour retrouver la crasse de plomb mêlée à l'indigo, on le broiera avec de l'eau, on lavera, on décantera à plusieurs reprises, afin d'obtenir le résidu pesant, pulvérulent, fusible et susceptible d'acquérir l'éclat métallique par le frottement. Ou bien on calcinera dans un creuset 40 grammes d'indigo. Après l'opération, on trouvera un culot de plomb métallique au fond du creuset.

(1) Cette falsification a été signalée par. MM. Magonty, Boucherie, Fauré et Guimard.

L'indigo altéré par la laque de campéche et l'argile calcaire a une couleur violacée, terne, sans reflet cuivré; traité pa l'acide sulfurique, il donne un liquide brun ou rosé, et il reste en solution du sulfate acide d'alumine, dont l'ammoniaque en excès précipitera l'alumine.

Par la calcination dans un creuset de platine, on aura un résidu volumineux formé de silice et de chaux.

Pour reconnaître l'iodure d'amidon dans l'indigo, on traite la poudre d'indigo par une solution de potasse caustique étendue; on filtre; le liquide filtré doit contenir l'iode, s'il y en a dans l'indigo, et il donnera toutes les réactions caractéristiques de l'iodure de potassium.

Le bleu de Prusse qui, par ses caractères physiques,|ressemble assez à l'indigo, au premier abord, s'en distingue facilement par ses propriétés chimiques. Le chlore décolore l'indigo et n'attaque pas le bleu de Prusse ; l'acide sulfurique dissout l'indigo et ne dissout pas le bleu de Prusse ; seulement ce dernier devient blanc, puis passe au bleu par une addition d'eau.

Calciné dans un tôt, l'indigo donne des vapeurs pourpres, un sublimé en aiguilles rouge pourpre, et un résidu charbonneux ; le bleu de Prusse, dans les mêmes conditions, émet une odeur assez désagréable et laisse un résidu rougeâtre de peroxyde de fer.

Les indigos peuvent s'essayer au colori mètre de Houton- Labillardière ( V. art. Garance). On forme trois litres d'une dissolution faite en chauffant , pendant une heure, à 40 ou 50**, SOf- d'acide sulfurique de Nordhausen et 1 <r de l'indigo à essayer, réduit en poudre fine et passé au tamis de soie. On prend 4 litre de la liqueur ; on l'introduit dans le tube colorimétrique jusqu'au 0 de l'échelle , et on compare la nuance avec une autre dissolution prise comme type. Le volume de liquide contenu dans le tube où il aura fallu ajouter de l'eau pour avoir la même nuance, comparé au volume (égal à 400) du liquide renfermé dans l'autre tube , donnera le rapport entre le pouvoir colorant, ou la qualité relative des deux indigos. Ainsi 30 p. d'eau ajoutée à la liqueur la plus intense, indiqueront que le volume des deux liquides, et, par

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suite, que la qualité relative des deux indigos est représentée par le rapport 430: 400.

M. Chevreut a donné, pour Fessai des indigos, un procédé qui se compose de quatre épreuves :

Première épreuve. On calcine dans une petite capsule de platine l*r d'indigo, préalablement séché à <t00°% afin de déterminer la proportion de matières inorganiques.

2e épreuve. On chauffe, pendant 2 heures, au bain-marie, 5 fr d'indigo avec 45 «r d'acide sulfuriqué concentré; on laisse refroidir et on ajoute 200 «* d'eau. On détermine ensuite la quantité de chlorure de chaux nécessaire pour décolorer 4 centira. cube de cette dissolution, additionnée de 31 centim. cubes d'eau.

3e épreuve. On tient plongés, pendant 40 heures, l«r de soie et 4«r de laine dans un centim. cube de la dissolution précédente, étendue de 30 centim. cub. d'eau; on répète l'expérience avec 4<r de nouvelle soie et 4«r de nouvelle laine, et ainsi de suite, jusqu'à l'épuisement complet de la matière colorante. Le meilleur indigo sera celui qui pourra teindre le plus d'étoffe et qui donnera la couleur la plus haute et la plus brillante.

4« épreuve. On désoxygène l'indigo par le sulfate de fer, sous l'influence de la potasse, et on y teint ensuite de la soie et de la laine, comme dans la troisième épreuve.

IODX.

L'iode est un corps simple qui se présente sous la forme de paillettes ou d'écaillés d'un noir bleuâtre, et pourvues d'une espèce d'éclat métallique. Il cristallise en octaèdres allongés ou en lames rhomboïdales ; son aspect est un peu gras, il est friable, sa cassure est lamelleuse, sqn odeur forte rappelle celle du chlore, sa saveur est acre et désagréable. II tache la peau en jaune, la tache disparait à l'air par I'évaporation de l'iode. 11 fond à 40700, bout et se volatilise entre •479 et 480°, sa vapeur est violette; de là le nom qu'il porte (du grec iw$*K, violet). Sa densité est 4,948 d'après M. fî«y- Lu$8ac; la densité de sa vapeur est très-considérable, elle est de 8,716 d'après M. Dumas.

WML. 449

L'iode est très-peu soluble dans Teau à laquelle il communique une couleur rousse ; il est très-soltoble dans l'alcool et réther qu'il colore en brun noirâtre ; 30 ?■ d'alcool à 32» Bé dissolvent complètement, en quelques secondes, 1 *• d'iode pur trituré avec ce véhicule. La solution alcoolique d'iode qu'on appelle ordinairement teinture d'iode, détruit les matières colorantes à la manière du chlore et du brome, mais à un plus faible degré.

L'iode est très-solubie dans l'eau alcaline, dans l'eau de potasse faible , au contact de laquelle il se convertit en " iodure de potassium et en iodate de potasse.

Il colore l'amidon ou la fécule de pommes de terre en violet ou en bleu.

Usages. — L'iode est un puissant emménagogue. Il fait la base d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques administrées contre les goitres, et appliquées au traitement des maladies scrofuleuses et des affections tuberculeuses. On l'emploie beaucoup maintenant dans la Daguerréotypie.

Altérations. — Quelquefois l'iode a une forte odeur de chlore, et contient des chlorures dont la présence altère l'iodure de potassium préparé avec ce corps. On le purifie par la sublimation.

M. F. Meyer a examiné un échantillon d'iode altéré par la présence à'iodure de. cyanogène qui peut prendre naissance pendant l'action de l'acide sulfurique sur le cyanure de potassium des eaux-mères. Cet iode était sous la forme de petites paillettes brillantes, parmi lesquelles on distinguait à la loupe des cristaux blancs, isolés, aciculaires. Il fut mis en contact avec l'acide sulfurique pur et concentré dans un petit matras muni d'un tube recourbé, dont l'extrémité plongeait dans un vase contenant environ 42 *r> d'eau, et chauffé graduellement jusqu'à cessation de dégagement de gaz et sublimation de l'iode ; l'eau rougissait le papier de tournesol, avait une odeur manifeste d'acide prussique, et donna avec le nitrate d'argent un précipité de cyanure d'argent ; et avec la potasse, l'acide chlorhydrique et un sel de fer au maximum, un précipité de bleu de Prusse.

Falsifications. — Le prix élevé de l'iode, surtout dans ces

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dernières années, a porté les falsificateurs à le mélanger avec plusieurs substances, telles que le charbon en poudre fine, la houille, Y ardoise pilée, le peroxyde de manganèse, le sulfure de plomb, la plombagine ou graphite (i), les battitures de fer, Viodure de soufre, le chlorure de calcium. Veau (2).

Toutes ces substances, sauf l'eau, seront reconnues dans l'iode au moyen de la chaleur, de l'alcool bouillant ou de Tétber, d'une dissolution faible de potasse caustique. ' ' L'iode pur, exposé à la chaleur, se sublime entièrement ; l'iode mélangé laissera pour résidu, après sa sublimation, toutes les substances précédentes, qui sont fixes et indécomposables par la chaleur. Si l'iode, avant l'opération, a été pesé avec soin, le poids du résidu fera connaître la proportion du mélange frauduleux.

L'alcool bouillant ou une solution de potasse faible dissoudra entièrement l'iode et laissera pour résidu les substances étrangères. La solution alcaline que Ton emploie doit être étendue, car autrement l'iodate de potasse, peu soluble, se dépose sous forme de poudre blanche.

Suivant M. Acar, on peut remplacer avantageusement l'alcool par l'éther; l'iode est dissous en très-peu de temps ; on ajoute un peu d'eau à la solution, aussitôt l'éther vient à la partie supérieure du liquide, tandis que l'eau qui occupe le fond, étant incolore, permet d'observer s'il existe quelque dépôt, mieux qu'avec l'alcool dont la teinte foncée, lorsqu'il a dissous l'iode, rend l'observation plus difficile et plus douteuse.

(1) M. Berberger& trouvé jusqu'à 51 % de plombagine dans un échantillon d'iode qu'il eut à examiner.

(2) On a aussi prétendu que l'iode avait élé falsifié avec le sulfure d'antimoine. Mais cette fraude n'est guère praticable, car, d'après les expériences de M, 0. Henry et Garrot, l'iode et le sulfure d'antimoine réagissent l'un sur l'autre, même à la température ordinaire, et produisent une combinaison triple {sulfo-iodure d'antimoine), de couleur rouge, qui communiquerait au mélange frauduleux une teinte différente de celle que présente chacun de ses composants. On ne pourrait expliquer cette falsification que par l'ignorance du fraudeur, quelquefois poussée à tel point, que Ton a eu l'exemple d'un vendeur de produits chimiques qui faillit s'asphyxier,, en essayant de mêler de la limaille de fer à de l'iode.

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