IODE
- On peut encore employer, suivant les indications de H.Lepage, une dissolution concentrée d'acide sulfureux qui, dissolvant l'iode en donnant naissance à' de l'acide sulfurique et à de l'acide iodbydrique, laissera pour résidu les substances étrangères telles que la plombagine, l'ardoise pilée, le charbon en poudre, le sulfure de plomb.
La falsification de l'iode par le chlorure de calcium, signalée par H. Giovanni Righini (1) se découvrirait en dissolvant la substance suspecte dans l'alcool ; la solution alcoolique donnera avec le nitrate d'argent un précipité blanc de chlorure d'argent qui, fondu dans un creuset de porcelaine avec un peu de potasse à l'alcool, fournira un petit globule d'argent métallique ; une autre partie du soluté alcoolique donnera un précipité blanc avec Foxalate d'ammoniaque. . Souvent on livre au commerce de l'iode à l'état humide, contenant 10 à 12 % d'eau et même plus (2). On pèse une certaine quantité d'iode, et on la comprime fortement entre des feuilles de papier non collé, préalablement séché. Le poids de l'iode, après la dessiccation, fera connaître la quantité d'eau contenue primitivement.
Un autre moyen consiste à triturer l'iode avec deux fois son poids de chlorure de calcium fondu; le mélange introduit dans une petite cornue de verre tubulée est chauffé à 180° environ. L'iode se volatilise, le chlorure retient l'eau, et lorsque le résidu dans la cornue est entièrement décoloré, on arrête l'opération et on pèse le chlorure : son augmentation de poids équivaut à la quantité d'eau abandonnée par l'iode. Il ne faut pas trop chauffer, car alors on dégagerait tout ou partie de l'eau d'abord absorbée par le chlorure. Avant de procédera
(1) Ce chimiste a trouvé 25 o/0 de chlorure de calcium dans de l'iode de provenance anglaise, qu'il avait fait acheter à Milan. La substancequi lui fut expédiée sous ce nom, n'avait que la couleur et l'odeur de l'iode, encore était-ce à un degré imparfait. Frappée d'un coup sec au moyen d'un corps dur, elle se brisait en morceaux qui attiraient l'humidité de l'air.
(2) Robiquet a signalé la présence de 15 à 20 % d'eau dans de l'iode venu d'Angleterre.
M. Leroy, de Bruxelles, a trouvé, dans un échantillon, jusqu'à 25 «/» d'eau.
402 IODUBE DE MERCURE.
la pesée du chlorure, il est bon de renouveler l'air dans Fin* tcrieur de la cornue, au moyen d'un soufflet dont la douille est introduite par la tubulure de la cornue.
H existe deux combinaisons d'iode et de mercure : le protoiodure et le bi-iodure de mercure.
Le prolo-iodure est jaune verdâtre, il est volatil, rougit quand on le sublime et devient jaune par le refroidissement; il e§l insoluble dans l'eau et l'alcool.
Le bi-iodure est d'une belle couleur rouge -coquelicot; au feu, il devient jaune, puis il fond, se sublime et se condense en belles lames rhomboïdales d'un jaune d'or, qui deviennent d'un rouge éclatant par le refroidissement. Il est insipide, insoluble dans l'eau; soluble dans l'alcool, plus à chaud qu'à froid.
Usages. — Les iodures de mercure sont employés, en médecine, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, contre les maladies vénériennes et scrofuleuses.
En raison de sa belle couleur, le bi-iodure commence à être employé comme matière tinctoriale, dans la fabrication des toiles peintes.
Falsifications. — Le proto-iodure a été falsifié avec le sulfate de baryte. Cette fraude se reconnaît facilement par l'application de la chaleur : le proto-iodure est seul volatil.
Le bi-iodure de mercure a été falsifié avec le cinabre, le minium et le sulfate de baryte. Si on chauffe cet iodure ainsi altéré , il se sublime et laisse pour résidu les substances étrangères, y compris le cinabre qui est moins volatil.
En outre, l'iodure mêlé de cinabre, chauffé au contact de l'air, brûle partiellement avec une flamme bleue et une odeur de soufre, ce qui n'a jamais lieu avec le bi-iodure à l'état de pureté.
On pourra enfin séparer le bi-iodure, au moyen de l'alcool chaud, qui le dissout sans toucher aux substances qui servent à le falsifier.
IODURX DE POTASSIUM.
L'iodure de potassium ou hydriodaie, iodhydrate de potasse, est un sel blanc, inodore, cristallisé en cubes (i) qui ne retiennent pas d'eau de cristallisation; sa saveur est acre et piquante, il est déliquescent, très-soluble dans l'eau et l'alcool; fusible, altérable par l'oxygène de l'air qui déplace une portion de Tiode, et par suite lui communique une légère teinte jaunâtre ; il répand en même temps une odeur d'iode très-sensible. L'iodure de potassium doit donc être conservé dans des flacons bien secs, bouchés à l'émeri, afin de le mettre à l'abri* du contact de l'air et do l'humidité qui viennent le modifier dans sa constitution.
L'iodure solide, chauffé avec un peu de bisulfate de potasse, dans un tube fermé, donne lieu à un dégagement d'acide sulfureux et de vapeur d'iode.
L'iodure en solution est décomposé par le chlore, l'acide nitrique, qui en séparent de l'iode.
L'iodure de potassium pur, distillé avec l'acide nitrique, doit fournir 76 % d'iode sec.
Usages. — Ce sel est très-employé en médecine, pour le traitement des maladies scrofuleuses ; on l'administre sous forme de pommade, de solution, de bain, de collyre; il sert à la préparation de divers iodures métalliques.
Falsifications. — La cherté de l'iodure de potassium (2) l'a fait souvent adultérer avec le chlorure de potassium, lec/t/orure de sodium (3), le carbonate de potasse, le bromure de potassium, Yiodate de potasse, le nitrate de soude, le sulfate de potasse, Y eau (4).
(1) M. Kane a observé de l'iodure de potassium, chimiquement pur, cristallisé en longs prismes rectangulaires et transparents , terminés par un pointement à quatre faces ou par une seule face.
(t) Il a xala,il y a quelques années, jusqu'à 140 fr. le kîlog.
(I) M. Christison a trouvé jusqu'à 10 °/0 de chlorure de sodium dans Fiodure de potassium.
(4) M. d$ Tr$x a signalé la présence du télénium dans l'iodure de potassium du commerce, & l'état de séléniate 4e pota$se, qu'il pense avoir
Les chlorures de potassium ou de sodium, dont la présence a été signalée, en premier lieu, par Robiquet, se reconnaissent à l'aide de différents procédés/
Le procédé de Robiquet consiste à calciner isolément de l'iodure de potassium pur et de l'iodure suspect, afin de les obtenir parfaitement secs ; on en dissout ensuite des poids égaux dans des quantités égales et très-petites d'eau distillée. Les deux dissolutions introduites dans de petites cornues tabulées, bouchées à l'émeri et munies d'un récipient, sont décomposées par des poids égaux d'acide nitrique pur. Les deux iodures, décomposés dans des conditions semblables, doivent donner le même poids d'iode sec. L'iodure essayé est considéré comme fraudé, lorsque la proportion d'iode qu'il fournit est inférieure à celle fournie par l'iodure type. Le résidu de l'opération, fortement calciné pour en séparer tout l'acide nitrique, puis dissous dans l'eau, ne doit pas être troublé par le nitrate d'argent, si l'iodure essayé est pur; s'il contient des chlorures alcalins, on a un précipité blanc caillebotté, soluble dans l'ammoniaque caustique.
Un autre procédé, indiqué par Sérullas^ repose sur Tinsolubilité de l'iodure d'argent dans l'ammoniaque, et sur la solubilité du chlorure d'argent dans le même réactif. On dissout dans Veau distillée un poids connu d'iodure de potassium sec, et on verse dans la liqueur un léger excès de nitrate d'argent ; il se forme un précipité qu'on traite par
été ajouté par fraude (?), mats qui plutôt accompagnait l'iode servant à la piéparation de l'iodure.
Pour constater la présence du sélénium, on ajoute un acide à l'iodure. dissous et on reçoit le gaz qui se dégage dans une solution d'acétate de plomb. 11 se forme un précipité noir grisâtre qui, recueilli, lavé et séché, est introduit dans un tube de verre; l'une de ses extrémités, recourbée, plonge dans un flacon conlenant'de Peau distillée; par l'autre, on fait arriver du chlore gazeux; il te produit du chlorure de sélénium qui se décompose, au contact de l'eau, en acile chlorhydrique et en acide sélénieux. On ajoute au liquide de l'acide chlorhydrique, puis du sulfate d'ammoniaque qui est décomposé parce dernier; l'acide sulfureux mis en liberté, s'empare de l'oxygène de l'acide sélénieux, et précipite le sélénium sous forme d'une poudre de couleur grisâtre, devenant ensuite d'un blanc jaunâtre (?).
IODUKE DE POTASSIUM. 465
F ammoniaque liquide, on agite, et on laisse déposer ; on décante le liquide ammoniacal que Ton remplace par une nouvelle quantité d'ammoniaque; on réitère ce traitement jusqu'à ce que l'ammoniaque ne donne plus de précipité par* l'addition d'un excès d'acide nitrique; le résidu insoluble, exclusivement formé d'iodure d'argent , est recueilli, séché et pesé, et de sa quantité on déduit, par le calcul, le poids d'iodure de potassium correspondant, sachant que 100 p. de ce dernier sel, à l'état de pureté, doivent fournir 141 p. d'iodure d'argent. S'il y a perte, celle-ci représente le poids du chlorure ; d'ailleurs, en réunissant les liqueurs ammoniacales et en les sursaturant par l'acide nitrique, le chlorure d'argent se dépose, et de son poids on déduit, par le calcul, celui du chlorure de sodium ou de potassium, dont l'iodure était mélangé; sachant que 100 p. de chlorure d'argent représentent 40.89 p. de chlorure de sodium et 27,28p. de chlorure de potassium.
On constate encore, dans certains cas, la présence d'un chlorure alcalin dan? l'iodure de potassium en versant quelques gouttes de nitrate d'argent dans une solution d'iodure ; si ce sel est exempt de chlorure, il se formera un précipité blanc jaunâtre; s'il en renferme, le précipité prendra, par l'exposition à la lumière du soleil, une teinte violette d'autant plus intense que la quantité de chlorure sera plus forte.
La présence du carbonate de potasse dans l'iodure de potassium est plus fréquente que celle des chlorures alcalins. H. Christison dit avoir trouvé des échantillons d'iodure contenant 10, 15, 20 et jusqu'à 90 °/0 de carbonate de potasse ; mais la présence de ce sel n'est pas toujours une preuve de sophistication, car les iodures du commerce sont presque toujours plus ou moins alcalins, le sel cristallise mieux et les cristaux ont une opacité recherchée par les consommateurs. Ainsi, 1 à 5 °/0 de carbonate dans l'iodure ne doivent pas être considérés comme le résultat d'un mélange frauduleux, mais plutôt d'une fabrication imparfaite.
Un excès de carbonate se reconnaîtra en décomposant la solution d'iodure par le chlorure de baryum qui fournira un précipité faisant effervescence au contact des acides; par l'eau
466 IODURB DE POTASSIUM.
de chaux, le eHorare de calcium, qui donneront un précipité blanc, soluble dans un acide avec effervescence ; par le sulfate de protoxyde de fer qui donnera un précipité verdâtre, passant au jftuoe rougeftlre.
L'iodure mêlé de carbonate en quantité assez forte' fait effervescence au contact des acides étendus; Use présente sous forme de petits cristaux, promptement déliquescents au contact de l'air. Porté à l'ébullition avec 3 ou 4 p. d'alcool concentré, il laisse au fond du vase le carbonate sons forme d'une masse compacte ou d'un liquide très-dense.
Le bromure de potassium a été assez fréquemment mélangé et même substitué entièrement à l'iodure (4), surtout lorsque le prix de ce dernier sel était très-élevé.
Suivant M. Guibourt. le bichtorure de mercure fournit un moyen facile pour découvrir cette fraude. Ce sel ne précipite pas le bromure de potassium et donne un précipité rouge avec l'iodure. Lorsqu'on verse une dissolution de bicblorure dans le mélange d'iodure et de bromure, on obtient, à cause de la présence du brome, un précipité jaune qui se redissont ; mais si Ton continue à ajouter du réactif, le précipité devient persistant et prend la couleur de la litharge. L'iodure pur donnerait un précipité rouge (fc).
(1) En 1846,1e sieur O. . fut traduit devant le tribunal de police correctionnelle, pour avoir vendu à un droguiste de Pari?, 140 W\. d'iodure de potassium qui fut reconnu n'être que au bromure. Le aieur G... ne contesta point la substitution, nuis il allégua, pour sa détente, qu'étant intimement convaincu que les propriétés médicales du bromure de pota*» sium étaient les mimés que celle* de Viodure, il avait voulu amener la science à discuter son opinion, et qu'il n'avait pas trouvé, pour atteindre ce but, de moyen plus efficace que de vendre du bromure pour de l'iodure, à m négociant dont la piotmieprévue et inévitable devmk avoir un grandretentissement, à cause â> la position considérable qu'il occupe dans le commerce.
Malgré ce singulier moyen de défense, le sieur 6.- fut condamné à S mois de prison, 60 flr. d'amende et à la confiscation du bromure saisi. Ce jugement fut confirmé par la cou r royale.
(2) D'après M. Marozeau* W- d'iodure de potassium pur dissousdans 1 litre d'eau distillée, mélangé avec 0^-,4îl de bicblorure de mercure, dissous dans 1 litre d'eau, ne donne aucun précipité, parce que les quantités d'iodure et de chlorure se trouvent dans les conditions nécessaires pour former des sels solubles.
Une autre méthode très-simple, indiquée par M. /. Personne, consiste dans l'emploi du sulfate de cuivre et de l'acide sulfcreux (4). On mélange ia dissolution d'iodure suspect avec un excès de sulfate de cuivre, et on y fait passer un courant d'acide sulfureux qui précipite tout l'iode à l'état de proto-iodure de cuivre, tandis qfce le brome reste dissous. Le proto-iodure recueilli sur un fiUre, lavé, séché et pesé, fait connaître le poids de l'iode. La liqueur filtrée, mélangée avec une nouvelle portion de sulfate de cuivre et d'acide sulfureux, et portée ensuite à l'ébullition, donne un précipité de protobromure de cuivré qui peut être dosé comme le proto-iodure. Quand on veut simplement se borner à constater la présence du brome, il suffit, après avoir séparé le proto-iodure de cuivre par le filtre, de mettre le liquide dans un tube, d'y verser un peu d'éther et d'eau chlorée, puis d'agiter : par le repos, l'éther vient nager à la surface en entraînant tout le brome, qui se colore en jaune rougeâtre.
Si Tiodure était mêlé de bromure en quantité notable, on pourrait le reconnaître par le. procédé ifa M. Alvaro Meynoso, fondé sur la décomposition de l'acide iodbydrique ou bromhydriqpe par l'eau o^ygéij^et,$ans avoir aucune action sur l'iode ou le brome mjs en liberté. On met dans un tube fermé par un bout un morceau de bioxyde de baryum; on ajoute de leau distillée, de l'aide chlorhydrique et un excès d'empois d'amidon et d'éther. L'iode se combine avec l'amidon, et le brome, se dissolvant dans l'éther, vient à la surface ; de manière qu'on a une coloration bleue en bas et une teinte jaune en haut.
L'iodure de potassium est souvent mêlé d'iodate de potasse. La présence de .ce sel provient le plus souvent du procédé mis en usage pour obtenir l'iodure ; elle est importante à constater, car non-seulement Tiodâte de potasse ne possède pas les propriétés médicales de l'iodure de potassium, mais encore il paraîtrait que ce dernier, ainsi mélangé, peut constituer un
* (i) Cette réaction, due à M. Duftot, avait déj* été appliquée a la recherche du chlorure de potassium dans Tiodure.
médicament dangereux , el même, dans diverses circonstances, donner lieu à des accidents graves ( t ).
Le moyen proposé par H. Scanlan pour découvrir l'iodate de potasse dans l'iodure de potassium consiste à dissoudre ce dernier et à y verser goutte à goutte une dissolution d'acide tartrique. H se forme de la crème de tartre, et la liqueur renferme de l'acide iodhydrique libre quand on agit sur un iodure exempt d'iodate ; le liquide, incolore au premier moment, devient ensuite jaune par l'influence de Pair. Si L'iodure renferme de l'iodate, il se forme, en outre, de l'acide iodique libre, qui est décomposé aussitôt par l'acide iodhydrique, et il se précipite du l'iode.
M. Leroy a proposé de verser daus la solution aqueuse de l'iodure suspect quelques gouttes d'un acide très-étcndu (vinaigre distillé, acides sulfurique. nitrique ou cblorljydrique étendus).
Si l'iodure renferme de l'iodate de potasse, même des traces, il y a production d'acide iodhydrique et d'acide iodique libres; ces deux acides, mis en présence, réagissent l'un sur l'autre et mettent en liberté de l'iode, qui donne au liquide une couleur rouge-vin, rouge foncé et même noire ; cette coloration sera d'autant plus foncée, que Viodate sera plus abondant, et, dans ce dernier cas, il peut se former un précipité d'iode (2).
M. Leudet a signalé la présence du nitrate de soude dans un iodure de potassium du commerce. Les cristaux de nitrate, étant plus transparents, ont pu être séparés à la main et soumis à l'action des réactifs caractéristiques des nitrates.
L'iodure de potassium contient souvent des traces de sulfate de potasse dont la présence est due uniquement au mode
(t) M. Leroy, de Bruxelles, a cité plusieurs exemples dus, suivant lui, à l'usage d*iodure de potassium mêlé d'iodate de potasse. Il attribue en partie à la présence de ce sel, les notables différences qt e Ton remarque dans la manière d'être et d'agir de l'iodure de potassium.
(t) Ces colorations ne ressemblent nullement aux couleurs paille ou ambrées, que certains iodures de potassium, exempts d'iodate, mais altérés sous l'influence de l'air et l'humidité, peuvent prendra au contact des acides étendus.
de préparation ; mais si ce sel a élé ajouté par fraude, il sera ' accusé par le précipité notable, insoluble dans l'acide nitrique, que la dissolution d'iodure ainsi altéré donnera avec un sel de baryte.
Enfin, si l'iodure contient de l'eau, sa présence sera indiquée par la différence de poids que donnera liodure avant et après sa dessiccation.
Pour reconnaître la pureté des iodures de potassium du commerce, H. Berthet a proposé un procédé qui est basé sur la réaction que produit un iodate alcalin sur le mélange de la dissolution d'un iodure avec de l'acide sulfurique libre ; 1 y a décomposition dés deux sels et précipitation de tout l'iode.
H. Berthet emploie une liqueur normale d'iodate de soude (4) qu'il verse goutte à goutte dans la dissolution d'iodure jusqu'à ce que la liqueur qui brunit d'abord et se trouble, ne se colore plus par l'addition d'une goutte d'iodate (2).
50 centim. cubes de liqueur normale d'iodate ou 1 00 divisions de la burette alcali métrique (divisée en 100 centim. cubes) détruisent complètement 100 centim. cubes de solution d'iodure de potassium contenant 1 *r- de ce sel. Par conséquent, chaque division de la burette employée en moins, accusera
1 % de matières étrangères, et chaque goutte sensiblement
2 millièmes.
Suivant M. Berthet , les résultats obtenus n'éprouvent aucune variation sensible par des mélanges de sulfates, chlorures, bromures, même dans des proportions de 30 à 40.%.
Les sels sulfurés seuls nuisent à l'opération, mais on en reconnaît facilement la présence à l'apparition du trouble blanc laiteux produit par l'addition des premières gouttes de solution titrée d'iodate de soude.
(i) Celle liqueur est préparée avec 4fr« ,780 d'iodate de soude très-pur, 16p* d'acide sulturique pur et une quantité d'eau distillée suffisante pour avoir un litre de liquide.
(*) La solution d'iodure est introduite dans un petit ballon à large col, et chauffée de tempe en temps, pendant l'essai, pour chasser l'iode libre.
470 1PÉCACUANHA,
La racine d'ipécacuanha {ou ipéca) est produite par différentes plantes des genres Cephœlis, Psychotria, Richardsoniay de la famille des rubiacées.
On connaît, dans le commerce, trois sortes principales d'ipécacuanha : Y annelé, le strié ou ipécaçuanfra aoir, Vandale ou ipécacuanha blanc.
L'ipécacuanha annelé nous Tient du Brésil; il est eo racines de la grosseur d'une plume à écrire, allongées, irrégulières, contournées et coudées, simples ou rameuses, formant de petits anneaux saillants, inégaux, très-rapprocbés et d'environ 0m,002 de hauteur, séparés par des enfoncements moins larges. Ces racines sont pourvues d'an axe ligneox grêle, d'une couche corticale très-volumineuse , dont la cassure est résineuse et de couleur brpnâtre ; leur saveur est herbacée, acre, un peu amère. Cet ipécacuanha comprend trois variétés : Y annelé brun9 Y annelé gris ou annelé majeur , Y annelé nmge\ dénominations dues, à la couleur de lépiderme.
L'ipécacuanha strié ou noir est en racinea cylindriques grosses de0m,00îà0m,007 ou 0^,009, longues de (K037 à (V, 4 08, légèrement sinueuses, ridées longitudinalement, non rugueuses, offrant aussi des espèces d'étranglements circulaires. Sa cassure est d'un brun noirâtre, moins résineuse que celle de l'espèce précédente ; son odeur est presque nulle ; sa saveur fade , sans amertume ni âcreté. L'épiderme est d'un gris rougeâtre sale et devient noir par la vétusté, surtout dans l'intérieur; de là le nom d'ipécacuanha not'r que lui ont donné quelques auteurs.
L'ipécacuanha ondulé ou blanc, est gris blanchâtre extérieurement, blanc et larineux intérieurement. Au lieu de présenter des anneaux circulaires, il n'oflre que des parties convexes ou concaves qui lui dopuent un aspect ondulé. Cette sorte est bien moins active que les précédentes; elle a une odeur de moisi et contient une proportion considérable de fécule, que Ton peut apercevoir en exposant entre l'œil et la lumière un morceau de cette racine fraîchement cassé. D'après les analyses de MM. Pelletier et Magendie, Richard
ipécàcuànhà. 471
et Barruel, la racine d'ipéoacuaaha contient émétine; gomme ; amidon,; cire végétale; ligneux ; matière grasse huileuse \ mmtière eztractive, l'ipécacuanka annelé brun Tenferme, en outre, des trace» d'acide galli que. * -
Usages. — L'ipécacuanha annelé gris est la seule sorte employée, en France, dans la médecine ; il agit le plus souvent comme vomitif ; onTadminUtre sous forme de poudre, de ta»blettes, de sirop, d'extrait, de teinture, etc., contre quelques cas de dysenterie, pour faciliter l'expectoration dans les catarrhes anciens et à la fin de* rhumes.
AfcTtaATiofVft. — La racine d'ipécacuanha est mélangée quelquefois, ou remplacée entièrement par des racine» analogues ou faux ipécacuanhas, qui n'ont pas la même puissance. Parmi ceux-ci nous citerons : Yipécacumkw faux de r Amérique septentrionale, celui du Brésil, de Cayerme, de Vile Bourbon. .
Le premier n'est autre qu'une tige souterraine munie de tubercules, et garnie de longues radicules; sa grosseur est celle d'une forte plume à écrire, son épiderme est gris rougeâtre, sa texture est spongieuse, sa saveur amère et son odeur presque nulle.
Le second est en racines longues de 0*,46 à 0,a19, de la grosseur d'une plume, un peu tortueuses, et présentant, de distance en distance, des fentes demi-circulaires qui le font ressembler à l'ipécacuanha ondulé. Son écorce est d'un gris jaunâtre (flair, ridée longitudinalement. Sa cassure est criblée de petits trous; son odeur et sa saveur sont nulles.
Le troisième, assez semblable au précédent, est moins long, beaucoup plus tortueux, plus foncé extérieurement, plus blanc à l'intérieur.
L'ipécacuanha faux de File Bourbon est blanc, ligneux, gros comme le petit doigt, muni de radicules filiformes et cylindriques; son odeur se rapproche de celle du séné de la Pahhe ; sa saveur d'abord nulle devient, au bout de quelque temps, très-âcre et irritante (i).
fl) M. Pédroni fils a eu l'occasion d'examiner rm ipéca composé d'ipécacuanha faux de rtVe Boarbw; et de racine rAe *•