‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 22 sur 192 · AGARIC · texte numérisé non relu

AGARIC

Les deux espèces d'agaric que l'on rencontre dans le commerce sont Y agaric blanc (bolet us laricis) ou agaric de mélèze, et V agaric de chêne (boletus igniarius) ou amadouvier.

L agaric blanc, est une plante cryptogame de la famille des Champignons, qui croît sur le tronc de plusieurs arbres, tels que le chêne , le tilleul, le hêtre, le mélèze , dans le Dauphiné, laCarinthieetrAsie.il a la forme d'un sabot de cheval. U est blanc, léger, poreux ; dépouillé de sa pellicule ex-

térieure. Il a une saTeur douceâtre qui devient amère et acre. Le bon agaric doit être doux et flexible. L'agaric de l'Orient, celui de la Carinthie, sont préférés à celui du Dauphiné et des Alpes françaises. L'agaric blanc est un purgatif drastique.

L'agaric blanc est divisé en 5 sortes :

Y! agaric en sortes, vendu tel qu'il a été recueilli sur l'arbre ;

L'agaric mandé, c'ést-à-dire privé entièrement de son écorce ligneuse: c'est la sorte la plus recherchée et la plus chère;

L'agaric demi-monde, ou privé d'une partie de son écorce ligneuse.

V agaric de chêne est une excroissance fongueuse qui crott sur les vieux chênes, les noyers , les hêtres, etc. Il a égalemeut la forme d'un sabot decheval; il est épais, fibreux, d'une couleur roussâtre.

On fait subir à ce champignon quelques préparations (coupage en plaques et battage, pour rompre les fibres ligneuses), soit pour le rendre propre à arrêter les hémorragies des petits vaisseaux et pour d'autres usages chirurgicaux , soit pour le convertir en un produit nommé amadou, qui sert à donner du feu à l'aide du briquet. Pour ce dernier usage , l'amadou est trempé dans une solution concentrée de nitrate de potasse , ou quelquefois de poudre à canon, de chlorate de potasse, de nitrate de plomb.

Les deux espèces d'agaric pourraient facilement se distinguer par r effet qu'ils produisent lorsqu'on les projette sur des charbons ardents: l'agaric des chirurgiens brûle tranquillement à la manière des substances végétales ; tandis que i'amadou produit des scintillations et fait entendre un petit bruit.

Falsification. — L'agaric blanc en poudre a été mêlé de carbonate de chaux, il fait, dans ce cas, effervescence avec les acides; 100 p. d'agaric pur nous ont donné 3 p. 400 de cendres ; celui qui était mêlé de carbonate de chaux donnait 8 p. 400 de résidu après l'incinération.

▲I.COOI.8.

On entend généralement par alcools ou esprits les liquides spiritueux qui se forment pendant la fermentation non-seule-

ment du suc de raisin, mais encore de tous les liquides sucrés que Ton extrait des plantes, des racines et des fruits, tels que ]esjus de pommes, de poires, décentes, de framboises, etc. ; delà canne à sucre, delà betterave, etc.; les marcs de raisin, les mélasses de cannes et de betteraves, le sucre ou sirop de fécule, le

t provenant de la saccharificade terre, ou de la fécule qu'on ordinairement désignés par des fit souvent la substance d'où on ou eau~de~vie de vin, Y alcool ou les de terre, de fécule, le rhum, la Jamaïque, provenant de la fermentation dé la mélasse de cannes (i) ; le tafia provenant de la fermentation du jus de cannes ou vesou; le kirschwasser ou simplement kirsch, nom allemand qui désigne un liquide fermenté préparé avec des cerises noires ou merises : il doit son odeur d'amandes amères à l'acide prussique ; le meilleur nous vient de la Forêt Noire (Souabe) et des Vosges ; le rack ou arack obtenu aux Indes orientales avec le riz fermenté, additionné de cachou ; le genièvre ou gin, le wiskey, obtenus en Angleterre : le premier, en distillant l'eau-de-vie de grainssur du genièvre (2) ; le second, par la fermentation de la drèche; le marasquinde Zara, obtenu, en Dalmatie, par la fermentation des prunes et des pèches, Y absinthe ou eau-de-vie distillée sur les sommets d'absinthe, le calamus aromaticus, la badiane, la racine d'angélique, etc. Parmi les différents alcools, nous n'examinerons, au point de vue des falsifications qu'on leur fait subir, que : Y alcool proprement dit et les eauxde-vie, Y absinthe, le genièvre et le kirsch.

(1) Le rhum est blanc et diaphane, mais pour lui donner la couleur jaune ambré qu'on lui connaît dans le commerce, et afin de lui communiquer le goût particulier que les consommateurs exigent, on fait infuser dans une partie de la liqueur, en proportions qui varient à l'infini, suivant les fabriques, des pruneaux, des clous de girofle, du goudron, et surtout des rdpures de cuir tanné; la coloration est complétée par une addition de caramel.

(2) Le genièvre se fabrique principalement en Flandre, en Angleterre, en Hollande.

A. — Alcool et eaux-de-vie.

L'alcool» appelé autrefois esprit ardent, eau ardente, esprit de vin, à l'état de pureté, c'est-à-dire anhydre ou absolu, est un liquide transparent, incolore, doué d'une grande mobilité ; il a une saveur chaude et pénétrante, une odeur enivrante et agréable. Il est sans réaction acide ni alcaline ; sa densité est 0,792 à 4- 15**, il bout à 78°s4i sous la pression de 0m,76, est yolatil sans décomposition. La densité de sa Tapeur est 1,613.

Cet alcool chimiquement pur est composé de: carbone 52; hydrogène 13 ; oxygène 35. Hais l'alcool le plus ordinaire* ment répandu dans le commerce n'est pas à cet état; comme il peut se combiner en toutes proportions avec l'eau, il en contient des quantités variables qui apportent des modifications à sa densité et à son point d'ébuliilion. La proportion d'eau contenue dans l'alcool peut s'apprécier au moyen des aréomètres ou pèse-liqueurs, pèse-alcools, ou de X aréomètre centésimal de M. Gay-Lussae. Les aréomètres les plus employés sont ceux de Baume et de Cartier, où le zéro est marqué au point d'affleurement dans une solution faite avec 10 parties de sel et 90 parties d'eau distillée, on marque 10 au point d'affleurement dans ce dernier liquide. L'intervalle eatre 0 et 10 est divisé en 10 parties égales, et l'échelle est continuée vers le haut de la tige. L'aréomètre de Baume marque de 10 à 45 degrés ; celui de Cartier marque de 10 à 40. Ce dernier n'est qu'une altération de l'aréomètre de Baume. Cartier a seulement divisé en 15 parties 'égales 16 degrés de Baume, le 38e degré de ce dernier correspond au 376 de Cartier.

L'aréomètre légal est l'alcoomètre centésimal de M. Gay- Lussac, à l'aide duquel on détermine la quantité d'alcool contenue dans un mélange de ce liquide avec l'eau. Cet instrument a été gradué à la température de 4-15°% l'échelle porte 100 degrés inégaux en longueur, et tels que le nombre qu'ils indiquent exprime en centièmes la quantité d'alcool contenue dans le liquide soumis à l'essai. Le zéro correspond à l'eau pure et le 100e degré à l'alcool absolu. Ainsi le liquide alcoolique dans lequel l'alcoomètre s'enfonce

jusqu'au 55e degré, contiendra 55 0/0 d'alcool et 45 0/0 d'eau; ce sera de l'alcool à 0,55 et ainsi de suite : 400 litres de cet alcool contiendront 400 litres x 0,55 ou 220 litres d'alcool pur. L'essai alcoométrique doit être fait à la même température (15°°) que celle à laquelle l'instrument a été gradué. Autrement, selon qu'on opérera à une température supérieure ou inférieure, on aura une élévation ou une diminution en degré due à la dilatation ou à la contraction du liquide alcoolique : pour éviter d'assujettir l'opérateur à une température constante, M. Gay-Lussac a donné des tables de correction pour tous les degrés du thermomètre de 0 à 30°^ et qui font connaître immédiatement la richesse d'un liquide en alcool absolu, telle qu'elle serait à + 15" (1).

Voici une table de ces corrections pour les degrés les plus usités de l'alcool : ( Voir la table à la page ci- contre).

(1) A défaut de ces tables, on peut employer la formule empirique suivante, donnée par M. Francœur : x = d =^0,4 X *; x étant la richesse alcoolique, d le nombre de degrés indiqué par l'alcoomètre, t le degré de température compté à partir de •+• 15°*; on prend le signe moins ou le signe plus, suivant que la température à laquelle on opère m supérieurs ou inférieure à -h 15**. Si le liquide alcoolique marque 70* à -f $5** on aura: d = 70, t = 10 et a?=70 — 0,4 X 10 = 66". S'il marque 70» à -h 12% oncuru:d = 70, t= 3eta; = 70 + 0,4 X3=7l,î. On peut, avec une approximation, de 1 à î centièmes, connaître la rihesse alcoolique des liquides spiritueux altérés par une matière étrangère comme le sucre, une résine, un sel, au moyen de Yébullioscope à cadran de M. Brossard-Vidal et de Yebullioscops à tige droits de M. Conaty. Ces appareils sont fondés sur ce fait que la température de L'ébullition d'un liquide spiritueux n'est que peu changée par une quantité de matière sol uble qui altère assez la densité de ce liquide pour que les aréomètres ne puissent plus servir à en faire connaître la richesse. — L'ébullioscopeà cadran, imité du baromètre à cadran, se compose d'un large réservoir de verre terminé par une partie plus étroite. Ce tube est plein de mercure jusqu'à une petite, distance de l'extrémité. Sur le mercure repose un petit flotteur attaché à un fil tendu par un contre-poids. Ce fil enroulé sur une poulie fait marcher une aiguille quand la température s'élève à un certain degré. L'espace compris entre le point d'ébullition de l'alcool et celui de l'eau qui (orme le zéro, a été divisé en 100 p. d'inégale longueur, obtenues en tenant le tube à mercure successivement dans l'eau pure et dans des mélanges connus d'eau et d'alcool, portés à la température de l'ébullition.

L'ébullioscope à tige droite de M. Conaty est un thermomètre à mercure dont les divisions diminuent de longueur depuis la température de

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Degrés alcoemétriqves eorrespoidaot à ces températures.

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100° jusqu'à 85°«. Pour tracer l'échelle; on prépare des mélanges d'eau et d'alcool, dans le rapport de 95 à 5, de 90 à 10, etc.; jusqu'au rapport de 40 à 60. Le zéro de l'échelle est le point correspondant à l'ébullition de l'eau pure, 5 est le point correspondant à l'ébullition d'un mélange contenant 5 p. d'alcool, et ainsi de suite. L'échelle de l'ébullioscope de M. Conaty est mobile; elle est toujours disposée, par le moyen d'une vis de rappel, de manière que le zéro corresponde à l'extrémité de la colonne de mercure pour l'ébullition de l'eau, sous la pression atmosphérique au moment de l'expérience. Le titre fourni par l'un ou l'autre instrument est de 1/9 degré ou un degré au-dessus du titre donné par la distillation , pour les liquides ne renfermant pas plus de f 0 % d'alcool.

Nous donnons ci-dessous trois autres tableaux : Le tableau A donne l'évaluation des degrés de Cartier en degrés centésimaux à + 1 5°* .

Tableau A.

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L'expérience a démontré que l'ébullioscope de M. Conaty était plus facile à manœuvrer et donnait des indications plus précises que celui de M. Brossard-Vidal.

Le tableau B donne l'évaluation des degrés centésimaux en degrés de Cartier à -f- 45°°.

Le tableau C indique le rapport des indications fournies par les aréomètres de Baume % de Cartier, l'alcoomètre centésimal et les densités correspondant à chaque degré.

Tableau B.

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Tableau C.

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