‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 43 sur 192 · AZUR · texte numérisé non relu

AZUR

L'Azur, ou bleu de cobalt, est un verre bleu pulvérisé, composé $ oxyde de cobalt, de sable siliceux, d'oxyde de fer et de potasse; ce verre en poudre est soumis à des lavages très-prolongés, et on le classe dans le commerce suivant sa nuance et la finesse plus ou moins grande de la poudre qu'il produit. Les nombreuses variétés d'azur sont distinguées entre elles par les dénominations très-impropres de : azur 4 feu, 2 feux, 3 feux..., 6 feux, etc., dans lesquelles le mot feu est pris dans le sens d'éclat, et semble servir d'unité dans l'appréciation de la nuance de ces poudres.

Usages. — L'azur est employé à l'apprêt des toiles de lin et des tissus de coton; pour colorer les papiers, l'amidon, les émaux, les verres; pour sabler les plateaux des confiseurs; dans l'art du pastilieur on s'en servait pour saupoudrer certains fruits afin de leur donner un aspect velouté.

Altérations. — Il résulte des recherches faites par H. Octave Briffaud que les azurs 8 feux, 6 feux, 4 feux et 5 feux contiennent des quantités pondérables $ arsenic qu'on peut isoler par un simple lavage à l'eau. M. Octave Briffaud a trouvé 0^ ,125 d'arsenic pour 100 gr. d'azur 8 feux ; 0«r-,090 pour 100 gr. d'azur 4 feux \ 0*r-,050 pour 100 d'azur 3 feux.

Les azurs 2 feux, 1 feu et l'azur dit azur pâle ne contiennent point ce métal toxique. Sa présence doit rendre très-circonspect sur l'emploi de l'azur dans l'art du confiseur, et pour le mêler dans l'empois destiné à imprégner les tissus ; ceux-ci peuvent alors, comme nous avons eu occasion d'en faire la remarque, donner lieu à des éruptions cutanées.

Cet azur est remplacé par de la fécule colorée en bleu.

BAAYTS.

La baryte ou terre pesante, protoxyde de baryum, est solide, d'un blanc grisâtre, d'un aspect caverneux ; sa saveur est acre

98 BAUME DE GOPAHU.

et très-caustique, l'eau froide en dissout i/25 de son poids; l'eau bouillante, plus de la moitié. Elle verdit fortement le sirop de violettes, rougit le curcuma. Sa densité est 4, elle est infusible au feu de forge, fusible au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène. Exposée à l'air, à la température ordinaire, elle en absorbe l'acide carbonique, ainsi qu'une certaine quantité de vapeur d'eau, elle se délite, se réduit en poudre et augmente de volqrae. La baryte caustique est trèsavide d'eau; au contact de ce liquide, elle fait entendre un sifflement semblable à celui qu'y produirait l'immersion d'un fer rouge : il y a une élévation considérable de température; une partie de l'eau se dégage à l'état de vapeur, et la baryte se réduit, au bout de quelque temps, en une poudre fine et blanche. La baryte est remarquable par son affinité pour l'acide sulfurique. Quelques gouttes de ce dernier versées sur la baryte, élèvent sa température au point de la rendre incandescente.

Quelquefois on vend pour la baryte, la stroniiane qui s'en rapproche beaucoup par ses caractères physiques. Cette substitution se reconnaîtra au moyen de l'alcool ; on y fera dissoudre une certaine quantité de l'alcali à essayer; la flamme de l'alcool prend une teinte jaune, s'il n'y a que de la baryte et une couleur purpurine avec la strontiane ou avec la baryte mêlée de strontiane.

D'après les observations de M. Chevreul, la baryte conservée en solution dans des flacons de verre plombeux, peut dissoudre une quantité notable d'oxyde de plomb , la présence de ce dernier sera manifestée par la coloration brune que la solution prendra par l'hydrogène sulfuré.

BATTUS DE OOPAHU.

Le baume de copahu découle des copaifera officinalis et bijuga (Légumineuses).C'est un liquide résineux, fluide comme de l'huile, transparent, d'une couleur jaune ambrée, d'une odeur forte et désagréable, d'un goût acre et repoussant. 11 est très- soluble dans l'alcool concentré, mais cette dissolution est laiteuse et laisse peu à peu déposer une petite quantité d'une résine molle semblable à la résine animé.

Le baume de copahu mêlé avec l/i& de magnésie, se durcit en peu de temps et prend une consistance pilulaire. Cet effet n'est pas toujours produit ; une quantité très-minime d'huile fixe, trop faible pour être due à une sophistication , suffit pour empêcher le mélange de se solidifier.

KL Thierry a constaté que la chaux se comporte à peu près de la même nranière que la magnésie avec le baume de copahu: \ p. de chaux hydratée, récemment préparée, solidifie complètement 15 p. de copahu, en 5 heures au plus; le baume -vieux et épaissi par le temps se solidifie plus promptement que le baume récent et liquide.

La composition chimique du baume de copahu a été établie par MM. Gerber etStolze. 11 contient : huile volatile 32 à 47 ; j acide copahivique ou copaktwique 38 à 52 ; résine visqueuse j

Aujourd'hui on trouve dans le commerce des baumes plus liquides qui contiennent jusqu'à 60 0/0 d'huile essentielle. Les baumes les plus riches en huile volatile sont ceux qui exigent le plus de temps pour se solidifier.

Ce baume vient en barils cerclés en fer, du poids de 100 kilog. environ.

Usages. — Le baume de copahu est employé comme un puissant astringent, et surtout contre la blennorrhagie urétrale, sous forme de pilules, et généralement de capsules.

Falsifications. — Le baume de copahu est souvent falsifié dans le commerce, tantôt avec la résine extraite par décoction des rameaux et de Técorce des copaïfera; tantôt avec la téré» benthine, tantôt avec des huiles grasses, principalement les huiles de ricin (i),de navette, de pavot. \

Le baume mêlé de résine de copahu est épais, a un aspect laiteux, dû à de l'eau d'interposition; il n'a pas / l'odeur et le goût agréable qui caractérisent le vrai baume. : Quand le baume est falsifié par de la térébenthine, il a une consistance plus grande que celle du baume pur ; il est

(1) Le baume de copahu falsifié avec l'huile de ricin ne prend, avec la magnésie calcinée, qu'une consistance sirupeuse ou onguentaire, impropre à la confection des pilules.

visqueux et reste adhérent aux parois des vases dans lesquels on l'agite. L'odeur pourrait être, dans quelques cas, un moyen de reconnaître la fraude ; mais il n'en est plus de même lorsque la térébenthine se trouve en petite quantité ; alors l'odeur de cette dernière est entièrement masquée par celle du baume. Si, d'après M. Dublanc, on place sur un papier collé une goutte du baume falsifié, et qu'on fasse sécher à une douce chaleur la partie du papier imprégnée du liquide, Thuile de copahu se volatilisera, celle de la térébenthine restera dominante (4) ; elle deviendra plus sensible si l'on verse le baume suspect sur un fer chaud.

La sophistication par l'huile de ricin a acquis de l'importance par suite de la similitude que présentent alors le vrai et le faux baume. Plusieurs chimistes et pharmaciens se sont occupés des moyens de reconnaître celte fraude.

Planche a indiqué l'acide sulfurique, l'ammoniaque. L'acide sulfurique concentré, ajouté au baume de copahu pur, dans les proportions de 4 goutte d'acide sur 3 de baume, lui communique au point de contact une couleur jaune, d'abord faible, qui passe au jaune safrané, puis au rouge sanguin ; si l'on agite immédiatement avec un tube de verre, la masse prendra une certaine ténacité, deviendra bientôt d'un beau jaune hyacinthe, et conservera cette couleur pendant quelque temps; si le baume contient de l'huile de ricin, la teinte jaune observée dans les premiers moments du mélange avec l'acide, s'affaiblira de plus en plus par l'agitation, puis disparaîtra entièrement, et la masse, moins consistante que la précédente, offrira l'aspect d'un beau miel blanc.

Pour rendre ce moyen plus sensible, M. Ancelin a apporté la modification suivante : on traite 3 grammes de baume par 1 gramme d'acide sulfurique, on mêle, puis on agite avec 45 ou 20 grammes d'alcool à 36 degrés; la dissolution du mélange indique que le baume était altéré par l'huile de ricin; s'il est pur, il n'y a pas dissolution. Pour que ce pro~

(1) Lorsque toute la partie volatile a disparu, il reste sur le papier un enduit qui, si le baume n'a pas été étendu d'buile fixe, est sec et cassant^ et sur lequel on peut écrire comme sur le papier collé lui-même.

oédé puisse servir, il faut que le baume contienne au moins 4/5 d'huile de ricin ; il est sans effet si le baume ne contient, par exemple que 4/9 de cette huile.

2 p. d'ammoniaque à 22° Baume et 5 p. de baume de co- 1 pahu agitées dans un flacon bouché, donnent lieu à une ( production de stries blanches ; bientôt le mélange s'éclaircit ■ et devient d'une transparence parfaite; il blanchit, au con- t traire, par l'agitation, lorsqu'on opère sur un baume con- f tenant de Vhuile de ricin. La seule précaution à prendre \ dans cet essai est de le faire à une température de 40 à !5*c, au-dessus ou au-dessous de ce terme, les résultats sont infidèles. Ainsi à 20 ou 25°, le mélange est aussi transparent, que le baume soit pur ou falsifié \ de 0 à 5°, le baume le plus pur reste trouble.

M. Blondeau a proposé l'emploi de la potasse, ou de la lessive des savonniers , du carbonate de magnésie. 2 p. de baume pur et 4 p. de solution de potasse au 4/4 ou de lessive des savonniers , mélangés dans une capsule , prennent l'aspect et la consistance du cérat. Après quelques heures de repos, le copahu saponifié surnage ; s'il contient seulement 4/8 d'huile de ricin, le mélange précédent ne se sépare pas, perd peu à peu son opacité et se convertit en une masse gélatineuse et transparente. 4 p. de carbonate de magnésie et 4 de baume pur, mélangées et agitées, prennent au bout de quelques heures, la transparence et l'aspect d'une solution de gomme arabique ; quand le baume contient de l'huile de ricin, le mélange reste trouble et laiteux. Dans le premier cas, il y a dissolution, dans le second, il n'y a pas dissolution du carbonate dans le baume, ou du moins elle est incomplète. Cette solution limpide fait effervescence avec les acides.

Pour reconnaître le baume de copahu falsifié par une huile frxe quelconque, la méthode de MM. 0. Henry et Delondre, consiste à faire bouillir le baume dans l'eau pendant longtemps pour dissiper toute l'huile volatile ; s'il est, pur, il laisse irae résilie qui devient sèche, cassante en se refroidissant; s'il contient de l'huile fixe, il reste mou. Au reste, la fraude par toute autre huile que celle de ricin, peut se reconnaître à

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