BROME
pureté des matières premières (sable et argile jaunes, calcaires, cendres de foyer, cendres de lessive oucharrées) (4).
Les bouteilles fabriquées à la houille présentent presque toujours des taches noires, grasses, dues au carbone très-divisé et imprégné de goudron de houille. Ces bouteilles donnent un mauvais goût aux boissons qu'elles sont destinées à contenir. On peut obvier à cet inconvénient en les faisant macérer pendant trois ou quatre jours dans de l'eau légèrement alcalisée par la potasse ou la soude (200 gr. d'alcali pour 100 litres d'eau) ; on les rince ensuite à l'eau claire.
Il serait aussi à désirer qu'en France on donnât aux bouteilles une forme spéciale (2) suivant le liquide qu'elles sont destinées à contenir. Ainsi, en Angleterre, on a fabriqué des bouteilles en grès de formes différentes pour les différents liquides usuels dans ce pays (Voie, le porter, la bière forte, le genger-beer ou bière de gingembre, le vin de Champagne) ; de sorte qu'on connaît de suite la nature du contenu à la forme du contenant.
Le brome est un corps simple, découvert en 1826, par H. Bâtard, qui l'avait d'abord appelé muride. C'est un liquide rouge foncé, d'une saveur acre et caustique, d'une odeur forte, très-désagréable, d'où le nom de brame (du grec fy»f«ç, puant). Sa densité est 2,966, son point d'ébullition 4- 47°. 11 est peu soluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool et l'éther ; évaporé à une douce chaleur, il répand des vapeurs rouges très-foncées. Il tache la peau en jaune, et la couleur disparaît d'elle-même, à moins que le contact n'ait été trop prolongé.
(I ) Voici le dosage ordinaire de ces matières :
Sable jaune, 100 p.
Soude de Varech, 30 à 48 p.
Charrées, 160ài70p.
Cendres neuves, 30 à 40 p.
è Argile jaune, 80 à 100. 0
' €akaii*s ou fragments de bouteilles, 100.
(*) Ainsi que cela se fait déjà généralement pour les vins de Champagne.
Usages. — Le brome a été prescrit contre les maladies scrofuleuses. On l'emploie aussi dans la photographie.
Altérations. — Le brome peut être mélangé de chlore. La solution aqueuse de ce mélange est saturée par de la limaille de zinc, les bromure et chlorure de zinc formés sont distillés avec l'acide sulfurique étendu, et les vapeurs reçues dans de l'eau de baryte ; on sépare l'excès de baryte à l'aide d'un courant d'acide carbonique; on évapore à siccité et on traite le résidu par l'alcool anhydre qui ne dissout que le bromure de baryum.
M. Posselger a signalé l'altération du brome dans le com- ^ y y
raerce, par le bromure de carbone ou bromoidifam* (dans la tCC * ' ■' ^ * ' * ^ proportion de 6 à 8 %). Ce brome altéré avait son point d'é- /
bullition à 120°s et distillé à siccité, il laissait un résidu charbonneux. A mesure que la distillation s'opérait, la couleur du brome devenait de plus en plus claire, enfin il ne restait plus qu'un liquide incolore.
Le bromure de potassium, connu aussi sous les noms <ïhydrobromate, de bromhydrate de potasse, cristallise en prismes rectangulaires ou en cubes, d'une saveur acre, très-solubles dans l'eau, un peu solubles dans l'alcool. Le bromure de potassium en solution donne avec le nitrate d'argent un précipité blanc jaunâtre de bromure d'argent, soluble dans une assez grande quantité d'ammoniaque, bien moins soluble, par conséquent, que le chlorure d'argent.
Usages. — En médecine , le bromure de potassium est employé, à l'état de solution, de pilules, de pommade, tant à Tintérieur qu'à l'extérieur. Le bromure de potassium agit comme diurétique et cathartique.
Altérations. — Le bromure de potassium du commerce peut contenir du sel marin (chlorure de sodium), de Yiodure de potassium. Pour reconnaître la présence du sel marin, on emploie le procédé suivant, indiqué par M. Rose : le bromure de potassium est distillé avec un excès de bichromate de potasse et d'acide sulfurique, et le produit de la distillation reçu
142 BUSSEROLE.
dans un récipient contenant de l'eau fortement ammoniacale. Si le bromure contient du chlorure de sodium, il se forme du chromate de chlorure de chrome qui passe à la distillation et colore l'eau ammoniacale en jaune ; dans le cas où il n'y a pas de chlorure, le brome passe seul et l'eau ammoniacale n'est pas colorée.
L'iodure de potassium se trouve quelquefois en petite quantité dans le bromure de potassium du commerce; cela vient de la difficulté qu'on éprouve à isoler l'iode du brome, retiré des eaux-mères de la soude de Varech. La présence de l'iodure de potassium dans le bromure se reconnaît au moyen de l'amidon. Voici le procédé indiqué par M. Lassaigne : on ajoute quelques gouttes d'une solution de chlore faible à la solution du bromure de potassium que l'on veut examiner; il y a coloration de la liqueur en jaune ; si Ton y plonge un papier blanc amidonné ou recouvert d'une couche de cotte d'amidon, et séché ensuite, il se colore en violet ou en bleu indigo faible.
Si la quantité d'eau chlorée ajoutée a été assez grande pour décomposer tout le bromure, le papier amidonné ne se colore pas immédiatement ; mais exposé à l'air ou tenu en macération dans la liqueur, il prend une teinte rougeâtre, au bout de peu de temps, tourne au violet et passe ensuite au bleu.
H. Lassaigne pense que cet effet est dû à la décomposition du bromure d'iode parla matière organique du papier et peutêtre de l'amidon lui-même.
On peut aussi reconnaître l'iodure de potassium dans le bromure, au moyen du nitrate d'argent, ou d'un sel de plomb; le bromure d'argent est séparé de l'iodure d'argent par Tarn- * moniaque dans laquelle ce dernier seul est entièrement insoluble. Le bromure de plomb est blanc, tandis que l'iodure est jaune.
BUSUBLOLS.
y La busserole ou raisin d'ours (arbuilus ufva ursi)9 de la fa-
mille des Ericinées, est un arbuste qui couvre les roches des hautes montagnes, surtout celles des Alpes et des Pyrénées.