‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 66 sur 192 · CACAO · texte numérisé non relu

CACAO

Ses feuilles sont inodores, coriaces, assez semblables à celles du buis ; elles sont entières, ovales, presque obtuses, trèsglabres, luisantes, épaisses et très-consistantes ; leur surface supérieure est d'un vert foncé, la face inférieure d'un vert clair luisant et parsemée de veines. Leur saveur est amère et astringente. Triturées avec de L'eau, elles donnent une liqueur jaunâtre qui, par Faction du persulfate de fer, produit un beau précipité bleu noirâtre très-abondant dû au tannin et à l'acide gallique qu'elles renferment.

Usages. — Les feuilles de busserole sont employées en pharmacie, sous forme d'infusé, comme diurétiques et astringentes.

Souvent on substitue aux feuilles de la busserole celles de Y airelle rouge ou ponctuée (vaccinium vitis idœa) et celles du buis (buxus sempervirens). Les feuilles de T airelle rouge ont une couleur moins verte, brunâtre, des bords veloutés, repliés en dessous, d'une consistance moins ferme, dés nervures transversales très-apparentes, leur face inférieure est blanchâtre, unie et parsemée de taches brunes. Leur infusum aqueux devient d'un beau vert par le sulfate de fer, et laisse déposer un précipité de la même couleur. Elles sont pourvues d'une nervure longitudinale très-saillante ; elles possèdent une saveur amère, nauséabonde, non astringente et une odeur désagréable. Leur infusum aqueux donne avec le sulfate de fer un léger précipité gris verdâtre.

OAOAO.

Le cacao est la graine du cacaoyer ou cacaotier (Tkeobroma cacao), arbre de la famille des Malvacées, qui croît au Mexique et dans les vastes contrées de r Amérique méridionale, aux Antilles, etc.

On distingue dans le commerce un assez grand nombre de variétés de cacaos portant des noms différents.

Le bon cacao doit avoir la peau très-brune et assez unie, l'amande doit se montrer pleine, lisse, de couleur de noisette,

i plus rougeâtre en dedans» d'une saveur un peu amère, mais ' agréable et astringente ; elle doit être sans odeur et non piquée par les vers.

En France, les sortes les plus employées dans le commerce sont : 4° Les cacaos caraque; 2° ceux de Maragnon, Maragnan ou Maranhan ; 3° ceux des îles, nommés aussi cacaos de Saint- Domingue; de la Martinique et de la Guadeloupe; 4° le cacao de Cayenne; 5° le cacao de Maraccùbo.

Les cacaos caraque sont les plus estimés; ils se récoltent principalement sur la côte de Caraccas et dans la province de Nicaragua au Mexique.

Les cacaos des îles sont généralement peu estimés ; on les emploie pour faire les chocolats communs et à bas prix. Le cacao de Cayenne a une amande petite, amère, ayant \ un goût de fumée.

D'après Lampadius, 100 p. de cacao contiennent : matière grasse 53,40; — matière colorante brune 46,70; — fécule 40,94 ; — matière visqueuse 7,75; — matière colorante rouge 2,01 -y — eau 5,20. Suivant les analyses plus récentes de M. Delcher, les cacaos présentent à peine des traces de fécule (i).

Usages. — Le cacao est employé à la fabrication du chocolat; à l'extraction de l'huile dite beurre de cacao; dans les Antilles, on le met en confitures.

caohsmx&z. — v. ÉTorras.

Le cachou est un extrait préparé par la décoction du bois et des fruits du mimosa ou de Y acacia, Légumineuses, et de Y areca caiechu de l'Indostan. Autrefois, il avait été regardé comme une matière terreuse et désigné sous le nom de terre du Japon, terra japonica. Il y a encore une autre sorte de cachou, retiré aussi, par décoction, des noix de Yarecn catechu, arbre de la famille des Palmiers, qui crott dans l'archipel Indien ; c'est là, suivant les auteurs anglais, l'origine du koschu ou cachou de Mvsêra.

(t) Nous avons vérifié l'exactitude du fait avancé par M. Deicher.

Le cachou est un extrait brun, solide, non déliquescent, infusible, très-acerbe, d'une densité variable entre 4,28 et 1,39. Il est soluble dans l'eau, l'alcool, le vin et le vinaigre; projeté sur une cuillère chauffée au rouge, il brûle et ne laisse que très-peu de résidu.

Le cachou est composé principalement de tannin ou acide mimotannique àeBerzélius, de matière extractive, de mucilage, de catéchine et d'un résidu insoluble. Le tannin du cachou est facilement soluble dans l'eau et l'alcool, peu soluble dans Iether.

La catéchine appelée aussi naucléine, acide catéckucique, J

catéchutique, catécique, (Jchoniqiie, cackutique* tanningénique &* / ou tanningique, observée pour la première fois par Nées d'E- / senbeck le jeune, fut étudiée ensuite par MM. Buchner jeune, Wockenroder, Zwenger, Hagen, Svanberg. Cette substance, d'après M. Guibourt, constitae presque entièrement certains cachous du commerce.

Dans le commerce, on connaît plusieurs sortes de cachou :

i° Le cachou terne et rougeâtre* en pains carrés, du poids de 90 à 425 grammes, cassants, compactes, d'une cassure terne, rougefttre, ondulée et souvent marbrée. Sa saveur est astringente, suivie d'un goût agréable et sucré.

2° Le cachou brun noirâtre orbictdaire et plat , en pains plats et arrondis, plus dur, plus brun et d'une couleur plus uniforme que le précédent. Sa cassure est nette et luisante , et sa saveur afaère. Ce cachou est connu en Angleterre sous le nom de cachou de Colombo ou de Ceylan.

3° Le cachou brun noirâtre amylacé, en pains ronds et trèsplats de 5 à 6 centimètres de diamètre et du poids de 30 à 60 grammes. Sa cassure est très-inégale et peu brillante ; l'intérieur est brun, compact, dur et pesant.

4° Le cachou terne et parallélipipède, en pains carrés de 54 millimètres de côté; un peu compacte et brunâtre près de la surface, mais tout1 à fait terne et grisâtre au centre. Il est presque toujours disposé par couches parallèles comme un schiste et facile à séparer en 2 ou 3 parties dans le sens de ces couches.

5° Le cachou blanc enfumé, noir à l'extérieur, dur et pesant

comme une pierre ; à l'intérieur, il est presque blanc et d'aspect tout à fait terreux ; le plus grand nombre des pains pèsent 15 grammes environ.

6° Le cachou brun en gros pains parallélipipèdes, sous forme de pains carrés de 10 centim. de côté sur 6 centim. d'épaisseur, et pesant 6 à 700 grammes ; d'un brun grisâtre à la surface ou blanchi par un léger enduit terreux.

7° Le cachou noir mucilagineux, mauvaise qualité de cachou ayant l'aspect extérieur du cachou terne et parallélipipède; noir et brillant à l'intérieur; il possède une saveur mucilagiueuse, faiblement astringente.

8° Le cachou de pégu en masses, brun noirâtre ou brun rougeâtre, à cassure brillante, d'une saveur astringente amère.

9° Le cachou de Siam en masses coniques, récemment importé de Siam, en Angleterre, en masses du poids de 680 gr. environ, auxquelles on a donné la forme d'une noix d'arec; il est brillant, de la couleur du foie et très-semblable à de l'aloès hépatique.

10° Le cachou en masses, dont les morceaux sont enveloppés dang des feuilles marquées de fortes nervures, d'une couleur brune rougeâtre ou noirâtre uniforme, d'une cassure luisante, d'une saveur astringente un peu amère, suivie d'un goût agréable.

Les deux premières sortes ont encore été désignées sous les noms de cachou du Bengale et cachou de Bombay.

D'après les analyses de Davy, le cachou du Bengale contient : 48,50 °/0 de tannin, et le cachou de Bombay, 54 °/o.

Les trois premières sortes proviennent de Yareca catechu; les quatre suivantes, de Y acacia catechu.

Usages. — Le cachou, à raison du tannin qu'il contient, est employé en médecine, comme tonique et astringent, sous forme de pilules. Il sert aussi à corriger la fétidité de l'haleine.

Falsifications. — Le cachou a été falsifié dans le commerce, avec des cachous de qualité inférieure, avec des extraits astringents, la fécule, la terre argileuse rouge, le sable.

CADMIE. 147

Le cachou mélangé avec des cachons de qualité inférieure ou avec des extraits astringents, aune couleur brune foncée presque noire ; il n'a plus de saveur sucrée agréable ; de plus son solutum aqueux donne avec le protochlorure de fer un précipité noir ou violet; tandis que le cachou pur donne un précipité vert, dû au tannin qu'il renferme.

Le cachou falsifié avec de la terre argileuse se reconnaît en ce qu'il ne fond pas dans la bouche, comme le cachou pur; il est moins soluble dans Feau, le vinaigre, le vin et F alcool, le résidu de son incinération, traité par l'eau, laissera plus de 10 °/ode matières insolubles.

La fécule dans le cachou se reconnaît en traitant successivement le cachou par Teçu et l'alcool à froid. La fécule reste pour résidu, sa présence sera manifestée au moyen de quelques gouttes de teinture d'iode. Enfin on trouve des cachous qui renferment jusqu'à 26°/o de sable (1), ajouté dans le but de lui donner de la dureté et de la pesanteur. Cette sophistication se reconnaîtra par l'incinération; le résidu traité par Feau, laissera une certaine quantité de matières insolubles dont il sera facile d'apprécier le poids (2).

CAPMT1C.

On donne le nom de cadmie des fourneaux ou de tuthie à un oxyde de zinc impur obtenu dans le traitement métallur-

(1) On a mélangé le cachou brun en gros pains parallélipipèdes avec une plus ou moins grande quantité d* sable siliceux.Ce feux cachou était en pains carrés de 7 centim. de côté sur 4 centim.de hauteur et du poids de 600 gr. environ, ou en masses plus ou moins irrégulières, globuleuses ou aplaties, d'un poids moins considérable. 11 était d'un brun terne à l'extérieur,d'un brun foncé à l'intérieur, à cassure compacte, inégale, terne ou un peu luisante, et laissant briller à la lumière des particules siliceuses. Il était dur, tenace et très-dense.

(2) M.Guibourt a trouvé dans le commerce un faux cachou orbiculaire et plat, probablement fabriqué avec une pâte amylacée teinte en rouge brunâtre un peu violacé, ou en rouge jaunâtre. Il était en galettes tout à fait plates, du poids de 25 à 50 grammes, dures, compactes, à cassure un peu luisante ou terne, il était difficile a broyer sous la dent, avec indice d'un sable siliceux interposé. H avait un goût de fécule, se gonflait dans l'eau et se conduisait avec l'iode comme une matière panaire.

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gique des minerais de plomb zincifères. Cet oxyde se dépose sous forme d'incrustations dans les cheminées des fourneaux, où Ton opère leur calci nation. La composition de la cadmie est très-variable, elle renferme de X oxyde de zinc (92 % environ), du protoxyde de fer, de Yoxyde de plomb, du charbon, du laitier, quelquefois des traces $ oxyde de cuivre, souvent de X arsenic »

On la livre au commerce sous forme de plaques et de troehisques (1), d'un gris cendré, ou jaunâtre ou bleuâtre. Les cadmies sont facilement solubles dans les acides puissants et même dans l'acide acétique.

Usigbs. — La cadmie porphyrisée est employée, en pharmarcie, comme anti-ophtha^mique.

Falsifications. — La cadmie est souvent falsifiée. On lui a substitué quelquefois un mélange d'argile bleue et de limaille de cuivre réduit en pâte et séché sur des baguettes de fer. Le produit se distingue de la véritable tuthie en ce qu'il est beaucoup plus friable, et que mis en eontact avec l'eau, il se délaye et exhale une odeur terreuse.

Il paraîtrait qu'on a substitué aussi à la tuthie des mélanges de terre cuite, de carbonate et de sulfate de chaux', d'oxydes de manganèse et de fer, liés par de la colle d'amidon ; un mélange de craie et de charbon.

En traitant le premier mélange par l'eau bouillante, on aurait un liquide qui précipiterait en blanc par le chlorure de baryum et l'oxalate d'ammoniaque, se colorerait en bleu par la solution d'iode. Le résidu ferait une vive effervescence au contact de l'acide chlorhydrique et donnerait une liqueur précipitant en blanc (oxalate de chaux) par l'oxalate d'ammoniaque, en rouge (succinate ou benzoate de fer) par le succinate, ou le benzoate d'ammoniaque ; séparant ce dernier précipité par filtration, la liqueur filtrée présenterait les réactions propres aux protosels de manganèse, c'est-à-dire précipité blanc par un carbonate alcalin, par le cyanure jaune, précipité incolore ou couleur de chair par le sulfhy-

(1) On ne devra jamais acheter la cadmie en trochisques, c'est la forme la plus favorable à la sophistication.

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