‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 10 sur 251 · ACIDE ARSÉNIEUX · texte numérisé non relu

ACIDE ARSÉNIEUX

Le même réactif pourra être employé dans le cas où Tacétate de soude contiendrait seulement de V acétate de potasse,

ACBB.

n y a deux variétés d'ache : Tache proprement dite ou ache des marais {apiumgraveolens), et Tache douce ou céleri [apium dulce). Nous ne nous occuperons ici que de la première, dont la racine est employée en pharmacie.

La racine d'ache est une des cinq racines apéritives ; elle entre dans la composition du sirop dit des cinq racines.

La racine d'ache, qui nous vient principalement d'Allemagne, est longue, grosse comme le pouce, droite, blanche, pivotante, se divisant en plusieurs branches. Elle possède une odeur forte et aromatique, une saveur amère se rapprochant beaucoup de celle d'angélique, mais elle s'en distingue par le sentiment d'flcreté assez persistant qu'elle laisse daas la gorge.

La racine d'ache est souvent mêlée avec la racine de Vache de montagne ou livèche, qui croît dans nos jardins et sur les montagnes du midi de la France, en grande quantité. Cette racine est épaisse, noirâtre à Textérieur, et jaunâtre à Tintérieur; elle est rîdée longitudinalement, a une texture spongieuse, une odeur parfumée, une saveur un peu sucrée et un peu acre.

AOXDB AOÉTXQUB. — V. VmAiomsf .

AOXDB ABMÈMTBXn.

Uadde arsénieux, connu aussi sous le nom d'arsenic blanc ou arsenic, de chaux d'arsenicy fleurs d arsenic ^ oxyde blanc d arsenic, mort-aux-rats ^ est formé de : arsenic^ 75,82, et oxygène f 24,18. Il est solide, en masses convexes d'un côté et concaves de Tautre, opaques j saccharoïdes, quelquefois cristallines, parfois vitreuses, transparentes à Tintérieur, opaques, d'un blanc laiteux à Textérieur, ce qui leur donne l'aspect de la porcelaine; les parties vitreuses ont parfois une teinte jaunâtre due probablement à une petite quantité d'oxy-

14 kOOÈ AttôÉNlCJUX.

sulfuré d'arseilio {?). L'&cidd arsétiietil: ti Uiie saveur ftcre et nauséabonde ; c'est un violent poison. Pi*ojeté stii* des charbons incandescents, il se sublime, répand des vapeurs blanches d'une odeur alliacée ; chauffé dans un matras, il se sublime et se condense dans la partie supérieure ; il est très-peu soluble dans Teau froide, un peu plus soluble dans Teau bouillante, qui le'laisse déposer, par le refroidissement, sous forme de cristaux opaques ; il est plus soluble dans Tacide chlorhydrique ou dans l'eau aiguisée par cet acide; l'acide opaque s'y dissout plus lentement que le vitreux. D'après les expériences de M. Bussy, l'acide arsénieux vitreux est plus soluble dans l'eau et se dissout plus rapidement que l'acide opaque : à 13*^*-, 1000 p. d'eau, qui dissolvent jusqu'à 40 p. d'acide vitreux, ne dissolvent que 12 à 13 p. d'acide opaque. La densité de l'acide arsénieux vitreux est 3,738 {Guibourt);i,lQ {Lei'oyer et Dumas); celle de l'acide opaque est 3,950; la densité de sa vapeur est 13,85 [Mitscherlich],

Usages. — L'acide arsénieux sert, dans les arts, pour préparer diverses couleurs vertes [vert deScheele, vert deSchweinfurt, vert cfAUemagne) employées dans la fabrication des papiers peints ; on l'ajoute souvent dans le verre, mais eu très-petite quantité. L'acide arsénieux entre aussi, en proportions très-minimes, dans quelques préparations pharmaceutiques, soit à Tintérieur pour combattre les affections intermittentes rebelles, les fièvres, les maladies scrofulcuses ou vénériennes ; soit à l'extérieur pour ronger ou détruire les chairs. Il entre dans la préparation d'une pâte destinée à faire mourir les souris et les rats. Il sert à préserver les objets d'histoire naturelle de l'attaque des insectes [savon de Bécœur).

Falsifications. — L'acide arsénieux ou arsenic blanc (car c'est sous ce dernier nom qu'il est plus spécialement désigné dans le commerce) doit toujours être acheté entier et non pulvérisé. Sous ce dernier état, il peut être confondu avec la farine, le sucre en poudre, ou falsifié avec la craie, le sulfate de chaux, le sulfate de baryte. Cette sophistication pourra être facilement reconnue en chauffant l'acdde suspect (*). S'il est

(1) Lorsqu'on voudra faire ceue expérience, il fandra avoir soin de se

ACS0il^ jusmzoIqvb. 15

pur, il se yolatilisera entièrement sans laisser de résida ; dfttis le cas contraire, le résida sera composé des matières étrangères arec lesquelles il aora été mélangé; traité par Teatt bouillante, il laissera indissoos le âolfate de baryte, si ce sel a été employé à la falsification ; et le sulfate de chaux se trouyera dans la solution, qui donnera un précipité avec l'oxalate d'ammoniaque, et avec le chlorure de baryum. Quant au résida de sulfate de baryte, mété avec du charbon, il se transformera, sous FinjQuence de la ehaleur» en sulfure de baryum, qui exhalera, par le contact de l'acide chlorhydrique ou nitrique, Todeur d'œufs pourris, caractéristique de Thydrogènc sulfuré.

A«xBS mrnmutriqon.

Cet acide, appelé autrefois acide du benjoin , fleurs de benjoin, est formé à Tétat anhydre de : carbone 74,7^ hydrogène 4,3 ; oxygène, 21 : Tacide sublimé ou cristallisé contient, en outre, 8 '*/o,49 d'eau.

L'acide benzoïque sublimé se présente en petites aiguilles blanches, aplaties, très-légères, ou en lames blanches flexibles et nacrées, d'une saveur acidulé et ftcre, fusibles à 120<^^', volatiles à 145^. Ses vapeurs se condensent en longues aiguilles prismatiques satinées. Il rougit le tournesol, brûle avec une flamme fuligineuse, sans laisser de résidu ; il est à peine soluble dans Teau froide, soluble dans 12 p. d'eau bouillante, beaucoup plus soluble dans Talcool, dans l'essence de térébenthine, dans les huiles grasses et dans l'acide sulfurique étendu de son poids d'eau. L'acide benzoïque sublimé contient toujours une petite quantité d'huile volatile qui lui donne une odeur aromatique agréable, oiTrant de l'a» nalogie avec celle de la vanille ; privé de cette huile, il est complètement inodore.

Usages. — L'acide benzoïque est employé en médecine, principalement dans le catarrhe chronique.

Altéaations. — L'acide benzoïque peut contenir une quan-

rappeler que les vapeurs de ce corps sont très-dangereuses, et qu'il faul nécessairemeni se meure à Tabri de leur action.

16 ACIDfi BENZOÏQUE.

tité à'kuHe empyreumaiique assez forte pour lui commanw qiier une couleur jaune plus ou moins foncée et une odeur forte. Traité alors par l'acide sulfurique, il prend unecouleuV brune, résultant de la carbonisation de cette huile.

Uacide benzoïque peut contenir de Vacide sulfuriqne, du sulfate de potasse ou de soude, par suite de son mode de préparation. La présence de Tacide sulfurique sera décelée par le précipité blanc, insoluble dans les acides, que produira le chlorure de baryum dans la solution aqueuse d'acide benzoïque. Soumis à Faction de la chaleur, Tadde benzoïque se volatilisera, et Ton pourra constater dans le résidu la présence du sulfate de potasse ou de soude. L'acool pourra aussi être employé pour séparer ces deux sels, qui y sont insolubles.

L'acide benzoïque peut aussi contenir de Y acide cMorhydri^ que, lorsqu'il a été préparé d'après le procédé de Scheele : la présence en sera constatée par le nitrate d'ai^ent.

Falsifications. — Dans le commerce, l'acide benzoïque est souvent mélangé de substances étrangères, telles que : Vasbeste, le carbonate de chaux, le sulfate de chaux, Vacide hippurique, le sucre. Par un traitement à chaud, au moyen de l'alcool , on séparera l'asbeste , le carbonate et le sulfate de chaux, qui y sont insolubles; en outre, on distinguera par la chaleur l'acide benzoïque, qui est entièrement volatil, de l'asbeste et des sels de chaux qui sont fixes au feu. Si c'est du carbonate de chaux qui est mêlé à l'acide benzoïque, les acides faibles y détermineront une efiervcscence due au dégagement d'acide carbonique.

L'acide hippurique sera reconnu à l'aide de l'acide nitrique ; évaporant à siccité et ajoutant un peu d'ammoniaque, on aura une belle coloration pourpre; l'acide benzoïque, au contraire, est inattaquable par l'acide azotique ; sous l'influence de la chaleur, l'acide benzoïque, mêlé d'acide hippurique, prend une couleur rougeâtre.

Quant au sucre, outre la saveur sucrée qu'il communique à l'acide benzoïque, l'alcool séparera les deux substances : il dissoudra l'acide benzoïque et laissera le sucre indissous ; on peut aussi traiter une partie de l'acide suspect par l'eau froide, qui dissout immédiatement le sucre, en laissant presque intact l'acide, qui est d'ailleurs fort peu soluble dans Teau.

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