‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 104 sur 251 · INDIGO. 3S · texte numérisé non relu

INDIGO. 3S

2* épreuve. On chauffe, pendant 2 heures, au bam-marie, 5 gr. d'indigo avec 45 gr. d-acide sulfuriquc concentré; on laisse refroidir, et on ajoute 200 gr. d'eau. On détermine ensuite la quantité de chlorure de chaux nécessaire pour décolorer 1 centim. cube de cette dissolution, additionnée de 31 centim. cubes d'eau.

3« épreuve. On tient plongés, pendant 10 heures, 1 gr. de soie et 1 gr. de laine dans 1 centim. cube de la dissolution précédente, étendue de 30 centim. cubes d'eau ; on répèle l'expérience avec 1 gr. de nouvelle soie et 1 gr. de nouvelle laine, et ainsi de suite, jusqu'à l'épuisement complet de la matière colorante. Le meilleur indigo est celui qui peut teindre le plus d'étoffe, et qui donne la couleur la plus haute et la plus brillante.

4* épreuve. On désoxygène l'indigo par le sulfate de fer, sous l'influence de la potasse, et on y teint ensuite de la soie et de la laine, comme dans la troisième épreuve.

M. Lindenlaub essaye les indigos de la manière suivante. On prépare trois solutions : l** 1 gr, d'indigo finement pulvérisé, chauffé au bain-marie, avec 10 gr. d'acide sulfurique fumant; on laisse refroidir et on ajoute de l'eau, de manière à avoir 200 centim. cubes de liqueur ; 2® une dissolution de sulfite de soude, préparée en faisant traverser à refus par le gaz acide sulfureux une solution de 100 gr. de carbonate de soude cristallisé, dans 500 gr. d'eau ; 3<» une solution aqueuse de 4 gr. de chlorate de potasse, étendue de manière à avoir 400 centim. cubes de liqueur.

On chauffe à 50% 50 centim. cubes de la dissolution sulfu* rique d'indigo, additionnée de 200 centim. cubes d'eau, puis on verse 500 centim. cubes de la dissolution de sulfite de soude, et, à Taide d'une pipette graduée, on ajoute goutte à goutte la solution titrée de chlorate de potasse, jusqu'à ce que la décoloration soit complète. La qualité de Tindigo soumis à l'essai est exprimée en degrés, dont le nombre correspond à celui des divisions de la pipette qu'il a fallu employer pour la décoloration. M. Lindenlaub a ainsi obtenu ;

86», pour riDdigo Java, bonne qualité.

87sa, pour rindigo Bengale.

634 lODB.

L'iode est un corps simple^ qui se présente sous la forme ée paillettes ou d'éoailles d^un noir bleuâtre, et pounrues d'une espèce d'éclat métallique. Il cristallise en octaèdres alloDgIi ou en lames rhomboïdales ; son aspect est un peu gras. Il est friable; sa cassure lamelleuse; son odeur forte rappelle celle du chlore ; sa saveur est Acre et désagréable. Il tache la peau en jaune ; la tache disparaît à Tair par l'évaporation de Tiode. Il fond à lOT^c., bout et se volatilise entre 179 et 180<*, sa vapeur est violette ; de là le nom qu'il porte (du greciû^vi;, violet). Sa densité est 4,948 (fiay-Zutsac); la densité de sa vapeur est 8,716 {Dumas).

L'iode est très-peu soluble dans Teau, à laquelle il communique une couleur rousse ; il est très-soluble dans l'alcool et l'éther, qu'il colore en brun noirâtre ; 30 gr. d'alcool à 32® Baume dissolvent complètement, en quelques secondes, 1 gr. d'iode pur trituré avec ce véhicule. La solution alcoolique d'iode, qu'on appelle ordinairement teinture d'iode ^ détruit les matières colorantes à la manière du chlore et du brome, mais à un plus faible degré.

L'iode est très-soluble dans l'eau alcaline, dans l'eau de potasse faible, au contact de laquelle il se convertit en Mmte de potassium et en iodate de potasse.

Il colore l'amidon, ou la fécule de pommes de terroi eai violet ou en bleu.

Usages. — L'iode est un puissant emménagogue. H fait la base d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques administrées contre les goitres, et appliquées au traitement des maladies sorofuleuses et des affections tuberculeuses. On l'emploie beaucoup dans la daguerréotypie.

AtTÉRATioNS. — Quelquefois l'iode a une forte odeur de ckhrey et contient des ehhrure» dont la présence altère l'iodure de potasshun préparé avec ce corps. On le puriâe par la sublimatioiK

M. F. Meyer a examiné un échantillon d'iode altéré par la présence de Viodure de cyanogène, qui peut prendre naissance pendant l'action de l'aoide sulforique sur le cyanure de po-

iaflfiittm dea eaux-mères. Cet ioée était sous la forme de petites paillettes bnllantes^ parmi lesquelles on distinguait à la lolipe des cristaux blancs, isolés^ adculaires. Il fut mis en contact avec Tacide sulfurique pur et concentré, dans un petit matras muni d'un tube recourbé, dont Textrémité plongeait dans un yûsq contenant environ 12 gr. d'eau, et chauffé graduellement jusqu'à cessation de dégagement de gaz et sublimation de l'iode ; Teau rougissait le papier de tournesol , avait une odeur manifeste d'acide prussique , donna avec le nitrate d'argent un précipité de cyanure d'argent , et avec la potasse, l'acide chlorhydrique et un sel de fer au maximum, un précipité de bleu de Prusse.

Falsifications. — Le phx élevé de Tiode, surtout dans ces dernières années^ a porté les falsificateurs à le mélanger avec plusieurs substances, telles que le charbon en poudre fine, la komliê^ Yardoiêe pilier le peroxyde de manganèse^ le sulfure de pbmbf la plombagine ou graphite (^), les battitures de fer^ ïiûdare de êoufret le chlorure de calcium, le chlorure de magnéeium^ le bitartrate de potasse, Yeau(^),

Toutes ces substances, sauf l'eau, sont reconnues dans l'iode au moyen de la chaleur, de l'alcool bouillant ou de l'éther, d'une dissolution faible de potasse caustique.

L'iode pur, exposé à la chaleur, se sublime entièrement ; l'iode mélangé kdsse pour résidu, après sa sublimation^ toutes les substances précédentes, qui sont fixes et indécomposables par la .chaleur. Si Piodo, avant l'opération, a été pesé avec soin, le poids du résidu fait connaître la proportion du mélange frauduleux.

(') M. HBrI«r^«r a trouvé jusqa^à 51 Vode ptombagine dans un écbantillon d'iode qu'U eut à examiner.

(*) On a aussi prétendu que l'iode avait été falsiflé avec le sulfure d*arUimoine. Hais cette fraude n'est guère praiicabie, car, d'après les expériences de MM. 0. Henry et Garrot, l'iode et le sulfure d'antimoine réagissent Tun sur l'autre* même à la température ordinaire, et produisent une combinaison triple {sulfo^iodure d'an/tmoma), de couleur rouge, qui communiquerait au mélange frauduleux une teinte différenle de celle que présente cbacun de ses composants. On ne pourrait expliquer celte falsification que par l'ignorance du fraudeur, quelquefois poussée à un tel point, que l'on a eu l'exemple d'un vendeur ûg produits chimiques qui faillit s'aspbyxier en essayant de mêler de la UmaiUe de fer in ôq l'iode.

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