‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 105 sur 251 · IODE · texte numérisé non relu

IODE

L'alcool bouillant, ou u«o solution de potasse faible, dissout entièrement Fiode et laisse pour résidu les substances étrangères. La solution alcaline que l'on emploie doit être étendue, car autrement Tiodate de potasse, peu soluble^ se dépose sous forme de poudre blanche.

On peut remplacer ayantageusemcnt Talcool par Féther; riode est dissous en très-peu de temps; on ajoute un peu d'eau à la solution, aussitôt Péther vient à la partie supérieure du liquide, tandis que Teau, qui occupe le fond, étant incolore, permet d'observer s'il existe quelque dépôt, mieux qu'avec l'alcool dont la teinte foncée, lorsqu'il a dissous riode, rend Tobservation plus difficile et plus douteuse {Acar).

On peut encore employer une dissolution concentrée d'acide sulfureux qui, dissolvant Tiode en donnant naissance à de l'acide sulfurique et à de l'acide iodhydrique, laisse pour résidu les substances étrangères , telles que la plombagine, l'ardoise pilée , le charbon en poudre, le sulfure de plomb (Lepage).

La falsification de l'iode par le chlorure de calcium, signalée par M. Giovanni Righini(^), se découvre en dissolvant la substance suspecte dans l'alcool ; la solution alcoolique donne avec le nitrate d'argent un précipité blanc de chlorure d'argent qui, fondu dans un creuset de porcelaine avec un peu de potasse à l'alcool, fournit un petit globule d'argent métallique ; une autre partie du soluté alcoolique donne un précipité blanc avec l'oxalate d'ammoniaque.

La présence du chlorure de magnésium dans Tiode, signalée par M. fferzog, est facile à constater on agitant le produit suspecté avec de l'eau distillée, et volatilisant Tiode par l'application de la chaleur ; la solution est ensuite soumise à l'action des réactifs (nitrate d'argent, phosphate de soude ammoniacal), pour déceler le chlore et la magnésie.

(*) Ga chimisle a trouvé 85 •/• de chlorure de calcium dans de Tlode de provenance anglaise, qu'il avait fait acheter à Milan. La substance qui lui fut expédiée sous ce nom n*avait que la couleur et Todeur de Viode, encore était-ce à un degré imparfait. Frappé d*un coup sec au moyen d'un corps dur, cet iode se brisait en morceaux qui aUiralent rhumidilédcrair.

lODURES DE MERCURE. 5S7

La falsification de l'iode par le bitartrate de potasse, signalée également par M. HtrxoQj est facilement reconnue par l'insolubilité de ce sel dans Talcool.

Souvent on livre au commerce de Tiode à l'état humide» contenant 10 à 12 o/o d'eau, et même plus(<). On pèse une certaine quantité d'iode, et on la comprime fortement entre des feuilles de papier non collé, préalablement séché. Le poids de l'iode, après la dessiccation, fait connaître la quantité d^eau contenue primitivement.

Un autre moyen consiste à triturer l'iode avec deux fois son poids de chlorure de calcium fondu; le mélange^ introduit dans une petite cornue de verre tubulée, est chauffé à 180« environ. L'iode se volatilise, le chlorure retient l'eau, et lorsque le résidu dans la cornue est entièrement décoloré, on arrête l'opération, et on pèse le chlorure : son augmentation de poids équivaut à la quantité d'eau abandonnée par l'iode. Il no faut pas trop chauffer, car alors on dégagerait tout ou partie de l'eau d'abord absorbée par le chlorure. Avant de procéder à la pesée du chlorure, il est bon de renouveler l'air dans l'intérieur de la cornue, au moyen d'un soufflet dont la douille est introduite par la tubulure de la cornue.

Il existe deux combinaisons d'iode et de mercure : \eproto* iodure et le U-'iodure de mercure.

Le proto-iodure est jaune verdàtre, il est volatil^ rougit quand on le sublime, et devient jaune par le refroidissement; il est insoluble dans l'eau et l'alcool.

Le bi-iodure est d'une belle couleur rouge-coquelicot ; au feu, il devient jaune, puis il fond, se sublime et se condense en belles lames rhomboïdales d'un jaune d'or, qui deviennent d'un rouge éclatant par le refroidissement. Il est insi-

(1) Robiquet a signalé la présence de 15 à 10 •/• d'eau dans de Tiode venu d*Ângleiorre.

H. Leroijy de Bruxelles, a (roayé, dans nn échantilloo, 15 Vo d*cau; ot M. TownsenârHarris^ professear de clilmie an conégc médical de New-York, jusqu'à 40 Vo d'cao.

S88 lODURK OE FOTASBIUII.

pide» insoluble dans Teaii, soluble dans raloooli pluak cbtttd qu'à froid.

Usages. — Les iodures de mercure sont employés» en médecine, tant à rintérieur qu'à Teziérieur, contre les maladies vénériennes et scrofuleuses.

En raison de sa belle couleur, le bi-iodure commence à être employé, comme matière tinctoriale, dans la fabrioatian des toiles peintes.

Falsifications. — Le proto-iodure a été falsifié avec le êulfate de baryte. Cette fraude se reconnaît facilement par l'application de la chaleur : le proto-iodure est seul volatil.

Le bi-iodure de mercure a été falsifié avec le cinabre^ le minium et le sulfate de baryte. Si on chauffe cet iodure ainsi altéré, il se sublime et laisse pour résidu les substances étrangères, y compris le cinabre, qui est moins volatil.

En outre, Tiodure mêlé de cinabre, chauffé au contact de Tair, brûle partiellement avec une flamme bleue et une odeur de soufre, ce qui n'a jamais lieu avec le bi-iodure à l'état de pureté.

On peut enfin séparer le bi-iodure au moyen de l'alcool chaud, qui le dissout sans toucher aux substances qui servent à le falsifier.

L'iodure de potassium ou hydriodate^ iodhydrate de potasse, est un sel blanc, inodore, cristallisé en cubes (^), qui ne retiennent pas d'eau de cristallisation ; sa saveur est ftcre et piquante, il est déliquescent, très-soluble dans l'eau et l'alcool; fusible, altérable par l'oxygène de l'air qui déplace une portion de l'iode, et par suite lui communique une légère teinte jaunAtre ; il répand en même temps une odeur d'iode très-sensible. L'iodure de potassium doit donc être conservé dans des flacons bien secs, bouchés à l'émeri^ aûn de le mettre à l'abri du contact de l'air et de l'humidité qui viennent le modifier dans sa constitution.

(') M. KoM aotiservé de Tiodure de potassiam, cUimiquemeoi pur, cristallisé en lon^ prismes recUDgulaires ei iranspareats» termioés psr UD pointement à quatre faces ou par uae seule face.

lODUHE »e FOTAMMUH. Itt

L'kulurd solide^ chauffé avec un peu da bisuUtta de polassoy dans un tube fermé, donne lieu à un dégagemeat d'acide sulfureux et de vapeur d'iode.

L'iodure en solution est décomposé par le chlore, l'acide nitrique^ qui en séparent de Tiode.

L'iodure de potassium pur, distillé avec Facide nitrique» doit fournir 76 ^jo d'iode sec.

Usages. — Ce sel est très-employé, en médecine» pour le traitement des maladies serofuleuses ; on Tadministre sons forme de pommade, de solution, de bain, de collyre ; il sert à la préparation de divers iodures métalliques.

Falsifications. — La cherté de Fiodure de potassium (t) l'a fait souvent adultérer avec le cfdorure de potas$ium, le chlorure de iodium (>), le carbonate de potasêe^ le iromure de poiassium, Viodate de potane, le nitrate de eoude^ le euifàie de poioMse, Veau.

Les chlorures de potassium ou de sodium, dont la présence a été signalée, en premier lieu, par Robiquet^ se reccmnaissent à Taide de différents procédés.

Le procédé de RoUquet consiste à calciner isolément de riodure de potassium pur et de Fiodure suspect, afin de les obtenir parfaitement secs ; on en dissout ensuite des poids égaux dans des quantités égales et très-petites d'eau distillée. Les deux dissolutions introduites dans de petites cornues tttbulées, bouchées à Fémeri et munies d'un récipient, sont décomposées par des poids égaux d'acide nitrique pur. Les deux iodures, décomposés dans des conditions semblables, doivent donner le même poids d'iode sec. L'iodure essayé est considéré comme fraudé, lorsque la proportion d'iode qu'il fournit est inférieure à celle qM donne Fiodure type. Le résidu de l'opération, fortement calciné pour en séparer tout F.acide nitrique, puis dissous dans l'eau, ne doit pas être troublé par le nitrate d'argent, si Fiodure essayé est pur ; s'il contient des chlorures alcalins, on a un précipité blanc eailleboité, soluble dans l'ammoniaque caustique.

(!) Il a valu, il y a qvelqaes aonées, jasqu^à 150 fr. Je kilog. (>) M. ChrisUmm a tfouvé 10 Vo de clilorure de sediam daiw Tiodare de pousslom.

&40 lOOURfi DE POTASSIUM.

Un autre procédé, indiqué par SéruHos^ repose sur Finsolubilité de l'iodure d'argent dans l'ammoniaque, et sur la solubilité du chlorure d'argent dans le même réactif. On dissout dans l'eau distillée un poids connu d'iodure de potassium sec, et on verse dans la liqueur un léger excès de nitrate d'argent; il se forme un précipité qu'on traite par Tammoniaque liquide, on agite, et on laisse déposer ; on décante le liquide ammoniacal que Ton remplace par une nouvelle quantité d'ammoniaque, on réitère ce traitement jusqu'à ce que cet alcali ne donne plus de précipité par l'addition d'un excès d'acide nitrique; le résidu insoluble, exclusivement formé d'iodure d'argent, est recueilli, séché et pesé, et de sa quantité on déduit, par le calcul, le poids d'iodure de potassium correspondant, sachant que 100 p. de ce dernier sel, à l'état de pureté, doivent fournir 141 p. d'iodure d'argent. S'il y a une perte, celle-ci représente le poids du chlorure; d'ailleurs en réunissant les liqueurs ammoniacales et en les sursaturant par l'acide nitrique, le chlorure d'argent se dépose, et de son poids on déduit, par le calcul, celui du chlorure de sodium ou de potassium , dont l'iodure était mélangé ; sachant que 100 p. de chlorure d'argent représentent 40 p., 89 de chlorure de sodium et 27 p. ,28 de chlorure de potassium.

On constate encore, dans certains cas, la présence d'un chlorure alcalin dans l'iodure de potassium, en versant quelques gouttes de nitrate d'argent dans une solution d'iodure; si ce sel est exempt de chlorure, il se forme un précipité blanc jaunâtre ; s'il en renferme , le précipité prend , par l'exposition à la lumière du soleil, une teinte violette d'autant plus intense que la quantité de chlorure est plus forte.

La présence du carbonate do potasse dans l'iodure de potassium est plus fréquente que celle des chlorures alcalins (^},

(0 H. CArif/fSOfidil avoir trouvé des échantillons d^iodurecoulentnl 10, 15, ao et jnsqu*à90 Vo de carbonate de potasse.

Sur trois échantiilODs d'iodure de potassium examinés par M. Townsend'HarriSf Tun d*eux renfermait 36 «/^ de chlorure do potassium; le second, 30 Vo de chlorure de potassium et do carbonate de potasse; le iroisièmc, 65 V« de chlorures de potassium et de sodium.

lODUlUS DE POTASBIUM. 541

mais ell6 n'est pas toujours une preuve de sophistication, car les iodures du commerce sont presque toujours plus ou moins alcalins^ le sel cristallise mieux et les cristaux ont une opacité qui est recherchée par les consommateurs. Ains», 1 à 5 7o'de carbonate dans Tiodure ne doivent pas être considérés comme le résultat d'un mélange frauduleux , mais plutôt d'une fabrication défectueuse.

Un excès de carbonate se reconnaît en décomposant la m» lution d'iodure par le chlorure de baryum^ qui fournit un précipité faisant effervescence au contact des acides ; par Teau de chaux, le chlorure de calcium, qui donnent un précipité blanc, soluble dans un acide avec effervescence ; par le sul« fate de protoxyde de fer, qui forme un précipité verdàtre^ passant au jaune rougefttre.

L'iodure mêlé de carbonate en quantité assez forte fait effervescence au contact des acides étendus \ il se présente sous forme de petits cristaux, promptement déliquescents au contact de Tair. Porté à Tébullition avec 3 ou 4 p. d'al* cool concentré, il laisse au fond du vase le carbonate sous forme d'une masse compacte ou d'un liquide très-draio.

Le bromure de potassium a été assez fréquenuaent m^ langé et même substitué entièrement à l'iodure (^), surtout lorsque le prix de ce dernier sel était très»élevé.

Suivant M. Guibourt^ le bichlorure de mercure fourmi un nftoyen facile pour découvrir cette fraude. Ce sel ne précipite pas le bromure de potassium, et donne un précipité rouge

(*} En 1SI5, ledenrG... fat tndait devant le tribunal de police correclionnel, pour avoir vendu à un droguiste de Paris 140 kil. dlodnre de poiaasiam, qui fui reconnu n'être que du hnmwm. Le sieur 6... ne contesta point la substitution, mais il allégua, pour sa défense, quVtonl mUmÊmeni convaincu qum les propriétés médicales du bromure de poUu^ sium étaient les mêmes que celles de Viodure, U avait voulu amener la science à discuter son opinion^ etqu*il n'avait pas trouvé, pour atteindre ce butj de moyen plus efficace que de vendre du bromure pour de fiodure 4 tu» iiéffodOÊU dont laplahUe, prévueet inévitable, devait avoirungrmnd retentissemêHtf à cams ^ la position considérable qvCU occupe dans k

Malgré ce singalier moyen de défense, le sieur G... fàl condamné k tfoia mois 4e priaon» 6% fr. d^amcnde et à la confiscation du bromure saisi. Ce Jugement fàt eonflnné par la CSonr royale.

avee Tiodure. Lotrsqu'on vene une dissolntion de biehlorani dans le mélange d'iodure et de bromure, on obtient, à cause de la présence du brome, un précipité jaune qui se redissout; mais si Ton continue à ajouter du réactif, le précipité persiste et prend la couleur de la litharge. L'iodure pur donnerait un précipité rouge (^).

Une autre méthode très-simple, indiquée par M. J. Per* nrnie, consiste dans remploi du sulfate de cuivre et de Taeide sulfureux (■). On mélange la dissolution d'iodure suspect arec un excès de sulfate de eviivre, et on y fait passer un courant d'acide sulfureux^ qui précipite tout Tiode àTétat de pfoto4odure de cuivre, tandis que le brome reste dissous. Le proto-iodure recueilli sur un filtre, lavé, séché et pesé, fait connaître le poids de Tiode. La liqueur filtrée, mélangea avec une nouvelle portion de sulfate de cuivre et diacide sulfureux, et portée ensuite à PébulBtion, donne un précipité de proto4>romure de cuivre, qui peut être dosé comme le proto-iodure. Quand on veut simplement se borner à oonsta-* ter la présence du brome, il suffit, après avoir séparé le proto*M«re de cuivre par le filtre, de mettre le liquide dans un tube, d'y verser un peu d'élher et d'eau chlorée, puis d'agiter : par le repos, Téther vient nager à la surface en entraînant tout le br5me , qui se colore en jaune roo* gesnpe»

Si Piodure était mAlé de brenmre m quantité netaMe, en fttanraîi le reoomiattre par le procédé de M. Almro kêymmt fondé sur la décomposition de Tacide iodhydrique ou bromhydrique par Teau oxygénée, sans avoir aucune action sur riode ou le brome mis en liberté. On met> dans un tube fenné par un bout, un morceau de bioxyde de baryum ; on ajoute de l'eau distillée, de l'acide chlorhydrique et un excès d'empois d'amidon et d^éther. L'iode se combine avec Famldon,

(M D-aprèf M. ËÊmromm^ t gr. dioéiire da potiMiam par, Amois ^•Mllitie ii*aaa distillée, néiaogé av«G0iiv,4tl delMilpniiedt neieare disious dam un Uire d'sae, ee dooM MMm ^réelpIMy qae les quantités d*iodure et de chlorure se trouvent dans les néceaiaifea poar famier des seh aalaÉlao,

(*) Cette néaeiioa« daeàll. Dm/km, avaiiéte d^è cr^lqaéa k la » cherche du chlorure de petaariaeidavs IHodme.

et le brAmê, se dissolvant dans Téther, vient à la surhce ; de manière qu'on a une coloration bleue en bas et une teinte jaune en haut.

L'iodure de potassium est souvent mêlé d'iodate de potasse. La présence de ce sel provient le plus souvent du procédé mis en usage pour obtenir Fiodure ; elle est importante à constater, car non-seulement l'iodate de potasse ne possède pas les propriétés médicales de Tiodur^ de potassium, mais encore il paraîtrait que ce dernier, ainsi mélangé, peut constituer un médicament dangereux, et même, dans diverses dreonstances, donner lieu à des accidents graves (').

Le moyen proposé par M. Scanlan pour découvrir Tiodate de potasse dans Piodure de potassium consiste h dissoudre ce dernier et à y verser goutte k goutte une dissolution d*acide tartrique. Il se forme de la crème de tartre, et la liqueur renferme de l'acide iodhydrique libre quand on agit sur un iodure exempt diodate ; le liquide, incolore au premier moment, devient ensuite jaune par l'influence de l'air. Si IModu» renferme de l'iodate, il se forme, en outre, de Pacide iodique libre, qui est décomposé aussitôt par l'acide iodhydrique, et il se précipite de l'iode.

M. Leroy, de Bruxelles, a proposé de verser dans la solution aqueuse de Piodure suspect quelques gouttes d'un acide très-élendu (vinaigre distillé, acides sulfurique, nitrique OU ehlorhydrique étendus). Si Piodure renferme de Piodate de potasse, même des traces, il y a production d*acide iodhydrique et d'acide iodique libres; ces deux acides, mis en présence, réagissent l'un sur l'autre et mettent en liberté de Piode, qui donne au liquide une couleur fouge vineux, rouge foncé et même noire ; cette coloration est d'autant plus intense, que Piodate est plus abondant, et, dans ce dernier cas, il peut se former un précipité d'iode (*).

(1 H. Leroy^ de Bruxelles, a cité plusieurs exemples dus, suivant luf^ à rasage dModure de potassium mêlé d*iodate de potasse. Il attribue en partie à la présence do ce sel les notables différences que Ton remarque ÛÊm li nanlère d'être el Mgfr de riodnre de potassium.

(*) Ces colorations ne ressemblent nullement aux couleani iMiRe ev anbréesy que certains fodvres de pataasium, exempts (TlodMe, mais altéfés mm f tnllMiiee de VMr et rhvmidHé, penveni prendre ta contact des acides étendus.

544 lODURE DE POTASSIUM.

Si Ton expose à une haute température de Tiodure de potassium renfermant de Tiodate^ celui-ci se convertit en iodure, avec dégagement d'oxygène ; il en résulte que Texcès d'iodure confié par l'analyse, après l'opération, permet de détermi- Uer la quantité réelle d'iodate de potasse qui était contenue dans riodure avant l'essai (H, Bannewyn).

M. Leudet a signalé la présence du nitrate de soude dans un iodure de potassium du commerce. Les cristaux de nitrate, étant plus traïisparents, ont pu 6tre séparés à la main et soumis à l'action des réactifs caractéristiques des nitrates.

L'iodure de potassium contient souvent des traces de sulfate de potasse, dont la présence est due uniquement au mode de préparation; mais si ce sel a été ajouté par fraude, il est accusé par le précipité notable, insoluble dans l'acide nitrique, que la dissolution d'iodure ainsi altéré donne avec un sel de baryte.

Enfin , si l'iodure contient de l'eau, sa présence est indiquée par la différence de poids de l'iodure avant et après sa dessiccation.

Pour reconnaître la pureté des iodures de potassium du commerce, M. Berthet a proposé un procédé qui est basé sur la réaction que produit un iodate alcalin sur le mélange de la dissolution d'iodure avec l'acide sulfurique libre ; il y a décomposition des deux sels et précipitation de tout l'iode. . M. Berthet emploie une liqueur normale d'iodate de soude (*), qu'il verse, goutte à goutte, dans la dissolution d'iodure, jusqu'à ce que la liqueur, qui brunit d'abord et se trouble, ne se colore plus par l'addition d'une goutte d'iodate (•).

50 centim. cubes de liqueur normale d'iodate, ou 100 divisions de la burette alcalimétrique (divisée en 100 centimèt. cubes) détruisent complètement 100 centim. cubes de solution d'iodure de potassium contenant 1 gr. de ce sel. Par

(*) CeUe Uqaeor est préparée avec i f*, 780 d^lodate do soode trèipur, 15 gr. diacide sulfurique pur, cl une qoantilé d*eau dfsUUée sufliaante pour avoir un litre de liquide.

(*) La solulion d*iodore est introduite dans un petit ballon à laige col» et chauffée de lempa en temps, pendant fessai, poor cbasaerri libre.

IpéCACUANHA. 545

conséquent y chaque division de la burette, employée en moins, accuse 1 oj^ de matières étrangères, et chaque goutte sensiblemeût 2 niillièmes.

Les résultats obtenus n'éprouvent aucune variation sensible par des mélanges de sulfates, chlorures, bromures, môme dans des proportions de 30 à 40 y*.

Les sels sulfurés seuls nuisent à l'opération, mais on en reconnaît facilement la présence à l'apparition du trouble blanc laiteux que produit l'addition des premières gouttes de solution titrée d'iodate de soude (Berthet).

XPÉOAOITAIVBA.

La racine d'ipécacuanha (ou ipéca) est produite par différentes plantes des genres cephœlis , psychotria , richardsonia, de la famille des rubiacées. Elle doit ses propriétés à Vémétine, alcaloïde qui se trouve principalement dans l'écorce (Pelktier),

On connaît, dans le commerce, trois sortes principales d'ipécacuanha : Vanneléy le strié ou ipécacuanha noir, Vondulé ou ipécacuanha blanc,

L'ipécacuanha annelénous vient du Brésil ; il est en racmes de la grosseur d'une plume à écrire, allongées, irrégulièjes, rugueuses, contournées et coudées, simples ou rameuses, formant de petits anneaux saillants, inégaux, très-rapprochés et d'envh'on 0",002 de hauteur, séparés par des enfoncements circulaires moins larges. Ces racines sont pourvues d'un axe ligneux grêle, d'une couche corticale très-volumineuse, dont la cassure est très-résineuse et de couleur brune-grise ourougeâtre; leur saveur est herbacée, acre, un peu amère; leur odeur nauséabonde; leur écorce contient environ 10 •/© d'émétine (*). Cet ipécacuanha comprend trois variétés : Yannelé àrun, annelé mineur ou officinal, Vannelé gris ou annelé majeur, Vannelé rouge; dénominations dues à la couleur de l'épiderme.

L'ipécacuanha strié ou noir est en racines cylindriques,

(>) LMpécacuanha choisi du comnierce fournit, en moyenne,Cà7 % d*émétinepure {Leprai),

54b ipécAcuApmA.

grosses de 0«,0y2 à 0«",0a7 ou 0«,009, longues de 0«,087 à

0",108, légèrement sinueuses, striées longitudinalement, non rugueuses, offrant aussi des espèces d'étranglements CircillàireS. Sa cassure est d'un brun foncé ou noirâtre, moilïs féèineuse que celle de l'espèce précédente ; son odeur est presque nulle; sa saveur fade, sans amertume ni âcreté. Il paraît ne contenir que 8 **/o d'émétine environ. L'épiderme est d'un gris rdugeâtre sale et devient noir par la vétusté, surtout dans l'intérieur; de là le nom d'ipécacuanha noir, que lui ont donné quelques auteurs.

L'ipécacuanha ondulé, ou blanc^ est gris blanchâtre extérieurement, blanc et farineux intérieurement. Au lieu de présenter des anneaux circulaires, il n'offre que des parties convexes ou concaves, qui lui donnent un aspect ondulé. Cette sorte est bien moins active que les précédentes, et ne renferme environ que 6 7» d'émétine. Elle a une odeur de moisi et contient une proportion considérable de fécule, que l'on peut apercevoir en exposant entre Toeil et la lumière un morceau de cette racine fraîchement cassé. D'après les analyses de MM. Pelletier et Magendie, Richard et Barruel, la racine d'ipécacuanha contient : émétine; gomme; amidon; cire végétale; ligneux; matière grasse huileuse ; matière extractive; l'ipécacuanha annelé brun renferme, en outre, des traces d'acide gallique.

Usages. — L'ipécacuanha annelé mineur est la seule sorte employée, en France, dans la médecine; il agit le plus souvent comme vomitif; on l'administre sous forme de poudre, de tablettes, de sirop, d'extrait, de teinture, etc., contre quelques cas de dyssenterie, pour faciliter l'expectoration dans les catarrhes anciens et à la fm des rhumes.

Altérations. — La racine d'ipécacuanha est mélangée quelquefois, ou remplacée entièrement par des racines analogues ou faux ipécacuanhaÈy qui n'ont pas la même puissance. Parmi ceux-ci, nous citerons : Vipécacuanha faux de r Amérique septentrionale, celui du Brésil, de Cayeixne, de Vile Bourbon,

Le premier, ou euphorbia ipéca, n'est autre qu*uûë tige souterraine munie de tubercules, et garnie de longues radicules ; sa grosseur est celle d'une forte plume à écrire, son

mid DE FtORBNCl. 547

épiderme est gris rougeÂtre, sa texture est spongieuse^ sa saveur amère et sod odeur presque nulle.

Le second, ou viola ipéca, est eu racines longues de O'^^IG à 0°*,20, de la grosseur d'une plume, un peu tortueuses^ et présentant, do distance en distance, des fentes demi-circu^ laireS) qui le font ressembler à Tipécacuanha ondulé. Son écorce est d'un gris jaunâtre clair, ridée longitudinalement. Sa cassure récente, vue à la loupe, parait criblée de petits trous, comme la tige d'un jonc ; son odeur et Ka saveur sont nulles. Il ne contient pas d'amidon.

Le troisième, ou viola itouboa^ assez semblable au précé* dent, est moins long, beaucoup plus tortueux, plus foncé ex-* tàrieurement, plus blanc à Pintérieur.

L'ipéeacuanha faux de Tile Bourbon (ipéca blanc de Lé^ mery) est blanc, ligneux, gros comme le petit doigt, muni de radicules filiformes et cylindriques ; son odeur se rapproche de celle du séné de la Palthe; sa saveur, d'abord nulle, de* vient, au bout de quelque temps, très-Âcre et irritante (^).

Il faut choisir la racine d'ipécacuanha avec le moins possible de chevelu, de tiges, de menu et de poussière; elle doit avoir une odeur nauséeuse et non de moisi ; sa cassure doit être nette et demi-transparente, et non blanchâtre et farineuse.

L'ipécacuanha vrai, réduit en poudre, a une couleur d^nn gris fauve, une odeur nauséabonde, désagréable, une saveur ftcre et amère qui s'attache à la gorge. Cette poudre est plus active que la racine, à cause de la séparation du méditullium. La difficulté de reconnaître un mélange dans la poudre d'ipécacuanha est telle, que les pharmaciens doivent toujours la préparer eux-mêmes.

Dans cette opération, il faut rejeter la partie ligneuse et ne conserver que la couche corticale, qui possède seule les propriétés actives de l'ipéca.

La racine d'iris de Florence (iris florentina] est grosse comme le pouce, genouillée, très-compacte cl pesante, blanche, et

(*) M. PAIront fils a 6ti Toocasion d'examiner un ipéca composé d^ipé* caciianlia faux de Tile Bourbon et de radoe iMkN

548 jAUip (racine de).

parsemée de points brunâtres. Elle a une saveur acre et amère, et une odeur de violette très-prononcée.

Viris ftoreniina présente, d'après Vogeiy la composition suivante : gomme: extrait brun; amidon; huik grasse, trèsâcreei très-amère; huik volatile; ligneux; silice.

Cette racine nous vient d'Italie et de Provence {*). On doit la choisir grosse^ sèche, mondée, bien blanche- à l'extérieur et à rintérieur. Elle est parfois piquée de vers; c'est pourquoi il faut en brosser fortement plusieurs morc^eaux, ou mieux, la plonger, pendant quelques minutes, dans de Teau bouillante ; afin de s'assurer si les trous n'auraient pas été masqués au moyen de la poudre d'iris et d'un mucilage de gomme.

Usages. — La racine d'iris est employée comme médicament; à faible dose, elle agit comme un léger stimulant sur le poumon^ et facilite Texpectoration à la fin des catarrhes chroniques. Elle sert principalement à la préparation de pois sphériques destinés à faciliter la suppuration des cautères. On l'emploie aussi dans la parfumerie.

Falsifications. — L'iris de Florence est quelquefois mélangé ou totalement remplacé par la racine de Ciris bleu {iris nostras ou germanica), avec laquelle il a beaucoup de ressemblance; on l'aromatise avec la poudre d'iris de Florence.

Pour s'assurer de cette fraude, on brosse fortement la racine suspecte et on la lave; lorsqu'elle est séchée, on la concasse, et on la compare à l'iris de Florence vrai et de bonne qualité.

Viris germanica a une faible odeur de violette, plutôt vireuse, et une saveur très-&cre.

On connaît, dans le commerce, deux espèces de vrai jalap : le jalap tubéreux (convolvulus officinalis) et \e jalap fusi forme

(I) Depuis une doazaine d'années, on la cultive en grand dans les dépai'lemenls de TAin ei du Var.

JALAP (racine de). 549

ou jûlap mâk, jalap léger (amvolvulus oryzabensis) , de la famille des convolvulacées.

La racine de jalap officinal est en tubercules qui ont la forme de poire ou de navet; souvent il en sort latéralement des tubercules plus petits, en guise de cornes. Elle est entière, ou plus généralement coupée en quartiers, marquée de fortes incisions pratiquées pour en faciliter la dessiccation ; sa surface est rugueuse, d'un gris veiné de noir; son intérieur est d'un gris sale ou d'un rose marbré de blanc ; sa cassure compacte, ondulée et à points brillants formés de résine. Sa pesanteur est considérable , son odeur nauséabonde , sa saveur acre et strangulante.

Le jalap léger a une racine grosse, cylindrique, fusiforme, ramifiée inférieurement. Son extérieur est jaune ; son intérieur blanc sale et lactescent. D est ordinairement en tronçons ou eu rouelles, de 0",054 à 0*", 108 de diamètre, portant des zones ou lignes concentriques. Sa surface est très-rugueuse et d'un gris assez uniforme; à Tintérieur, il est fibreux; sa texture est compacte ; son odeur et sa saveur sont à peu près les mêmes que celles du jalap officinal.

Diaprés l'analyse de M. Gerber, la racine de jalap contient : résine dure; résine moUe; extractif un peu acre ; extrait gommeux; matière colorante; sucre tneristalUsable ; gomme; mucilage végétal; albumine végétale; amidon; ligneux.

2 gr. de jalap vrai, mis en macération pendant 24 heures, à la température de 15oc, ^^vec 64 gr. d'eau distillée, fournissent une liqueur jaune brun&tre, d'une saveur qui rappelle celle de la racine, ne précipitant pas par Toxalate d'ammoniaque et le bichlorure de mercure, et donnant avec le sous-acétate de plomb un précipité gris jaunâtre; avec les sels de fer, un précipité gris verdàtre ; avec la teinture d'iode, une couleur bleue, qui passe rapidement au vert.

Usages. — La racine de jalap est employée, en médecine, comme purgatif drastique, sous forme de poudre, d'extrait, de teinture, etc. On s'en sert aussi dans la médecine vétérinaire. Altérations. — Le jalap est très-sujet aux pitres de vers; comme ces insectes laissent la résine intacte, on ne doit employer les racines ainsi altérées que pour l'extraction de la résine.

SftO JALAP (rMine d^.

Pour fiÛK la poudre et les préparations de jalap, on doit choisir cette racine saine, non piquée, en morceaux assez gros, noirâtres, compactes, lourds et sans poussière, marqués d'nnB miiltitude de points brillants ; d^une odeur nauséeuse, d'und saveur acre et d'une belle cassure résineuse. Il faut en laver et hrcsser quelques-uns, afin de s'assurer si los piqûres d'insectes n'ont pas été masquées^ comme cela se pratique quelquefois, au moyen de poudre de jalap et d'un mucilage de gomme arabique ou de colle de pâte. De plus, la fraude se reconnaît à la légèreté de la racine, et à la cassure dans laquelle on aperçoit Tinsecte ou la partie creuse dans laquelle il a séjourné. Le jalap mal desséché est noir à l'intérieur.

Le meilleur procédé pour reconnaître la valeur d'un Jalap consiste à en extraire la résine. Un jalap de bonne qualité doit donn^ de 8 à 13 **/o de résine ; le jalap sain en donne 9^/o,6; le jalap léger, 12 ^o ; et le jalap piqué, 14*'/o,4 (Henry).

Falsifications {*). — La racine de jalap est souvent mélangée avec d'autres racines analogues, telles que la racine de mirabilis jalapa, une racine appartenant, selon M. Guibourt^ au genre smilax, les racines de brytme et de belle^de-nuit.

La racine de mirabilis jalapa est à peu près cylindrique, épaisse de 0^,027 à 0»,054, coupée en tronçons; elle est d'un gris livide, plus foncé à l'extérieur, plus pâle à l'intérieur. Les surfaces transversales sont marquées d'un grand nombre de cercles concentriques, très-serrés et légèrement proéminents, se remarquant aussi sur la section qui est presque noire. Cette racine est dure, compacte, très-pesante^ son odeur faible et nauséeuse; sa saveur douceâtre, mêlée d'un peu d'âcreté.

La seconde racine est sous forme de tubercule arrondi, coupé en quartiers contournés par la dessiccation. La surface extérieure est d'un gris brunâtre ou noirâtre, profondément rugueuse. L'intérieur offre des stries concentriques très-irrégulières , il est d'un rouge rosé ou couleur de chair. Cette ra-

(*) Ea eiéeution d'on décret dti g^nvernement des Etals-Unis^ ayant |K)ur but d*enipêcber riroportalioii dçs drogues, préparations chimiques et médicales adullérées eu détériorées^ la douane de ce pays a confisqué, en une seule année, 11^707 livres de racine de jalap, comme impropre à l'usage médical.

KâÏNÇA. hil

eine eei spongieuse sous la dent et insipide ; avec Falcool» elle donne une liqueur colorée en jaune foncé.

Quant aux racines de bryone et de belle-de-nuit, leurs caraetères extérieurs les différencient nettement de la racine de jalap officinal. La racine de bryone est {tes légère, plus eas^ SABte etosoins foncée en couleur.

â grammes de faux jalap, macérés pendant 24 heuies, à 15®^, avec 64 grammes d'eau distillée, donnent un liquidi d'une couleur rosée ou rouge que les acides affaiblissent sensiblement, ayant une odeur nauséabonde particulière, n'offrant aucune coloration avec la teinture d'iode, et formant avec le sous^cétate de plomb un précipité blanc rosé ; avec les sels de fer, un précipité vert foncé ou vert noirâtre ; avec Toxalate d'ammoniaque, un dépôt grenu ; avec le bichlorure de mercure, un précipité blanc grisâtre.

Quelques fraudeurs ont vendu, comme vrai jalap, cette racine, préalablement privée de sa résine au moyen de Talcool ; mais ce traitement rend le jalap plus léger, lui enlève presque toute son odeur : la sophistication devient dès lors facile à reconnaître.

JAUira BB OBAOISB. — V. Oiuiphatb ob ri.piiB.

La racine de kaïnça ou caïnça [chiococca racemosa), qui nous arrive du Brésil, est rameuse, formée de radicules cylindriques, longues de 0",30 environ. Sa grosseur varie entre celle d'une plume et celle du doigt ; son écorce est brune, peu épaisse et offre, à sa surface, des nervures longitudinales. Sa cassure présente une multitude de petites cavités, visibles à la loupe; elle possède une odeur analogue à celle du jalap, une saveur amère, acre, très-désagréable.

La racine de kaïnça, analysée par MM. Pelleiier et Caventou, contient : matière grasse verte ^ d odeur vireuse; acide

552 KERUÈS MINÉRAL.

catncique; matière jaune extracttve et amère; matière colorante visqueuse.

Usages. — Cette racine est employée, en médecine^ contre les hydropisies^ et principalement contre Tascite. On l'administre sous forme d'extrait, de sirop, de teinture, etc.

Falsifications. — On vendsourent, à la place du kaïnça, une racine du même genre, venant de la Guadeloupe. Elle a un épiderme jaunâtre, une écorce d'un jaune orangé.

M. Guibourt a observé une racine, dite de kaînça, inodore, à écorce plus mince, plus noire que le kaïnça du Brésil, et d'une saveur analogue à celle de ce dernier : il ignore si cette racme est une variété ou une substitution du véritable kaïnça.

Le kermès minéral, appelé aussi sulfhydrate ou hydrosulfate ^ sous'hydrosulfate d'antimoine , oxysulfure d antimoine hydraté, oxyde d'antimoine hydrosulfuré brun, a été découvert par Glauber, C'est une poudre légère, d'un brun marron foncé (*), offrant un aspect velouté ; elle est insipide, inodore. Le kermès est inaltérable par Teau ; les solutions alcalines bouillantes le dissolvent, en le décomposant. Il s'altère par l'action de la lumière (*), prend une teinte blanc jaunâtre, un aspect farineux, et renferme alors du soufre libre. C'est surtout lorsqu'il est humide, qu'il subit cette altération.

La nature chimique du kermès a été le sujet de nombreuses recherches, desquelles on peut conclure, quant à présent, que cette substance est un oxysulfure ^antimoine hydraté, contenant des proportions variables d'oxyde d'antimoine; il retient aussi du sulfure de potassium ou de sodium, que das lavages à Teau, même très-multipliés, ne peuvent entièrement séparer.

Usages. — Le kernàès est très-employé, en médecine,

(>) La nuance varie d'ailleurs beaucoup, suivant le procédé de préparation.

(*) On doit conserver le kermès dans des flacons entourés de papier noir, ou mieux encore, dans des lieux obscurs.

KERMÈS BUNÉRAL. 553

comme expectorant dans les catairhes dsroniques et sur la fin des pneumonies ; il est aussi purgatif et vomitif. On Padministre sous forme de tablettes, de potions ou de pilules. On remploie aussi en très-grande quantité dans la médecine vétérinaire.

Falsifications. — Le prix élevé du kermès le fait souvent falsifier, et quelquefois remplacer en totalité par le peroxyde de fer[^)'\ on l'a falsifié aussi avec des terres argileuses et ferrugineuses, telles que Voere rouge (•), la sanguine^ \si terre sigillée^ le bol d Arménie; avec la brique pilée très-divisée, le soufre doré d^antimoine ; enûn avec des poudres végétales, telles que le santal rouge.

L'oxyde de fer et les argiles ferrugineuses se reconnaissent à, la couleur jaune rougeâtre de la dissolution du kermès dans Tacide chlorhydrique concentré et bouillant; on a pour résidu insoluble la partie terreuse et argileuse des oxydes de fer signalés ci-dessus; le noir de fumée, la brique pilée, s'ils ont servi à la fraude.

On introduit 1^^ de kermès dans un tube bouché, avec 5 ou 6 centim. cub. d'acide chlorhydrique pur et concentré, et on chauffe; le kermès, lorsqu'il est pur, bq dissout avecim

(*] Quelquefois, comme Font observé MM. Lassaignê el Lacassin, l'oiyde de fer est additionné d^une petite quantité de noir de fumée, afin de rembrunir sa couleur rouge et de la faire ressembler davantage à celle du kermès bien préparé.

La falsification du kermès par le peronyde de fer est assez fréquente; en 1S49, on a saisi, chez six pliarmaciens droguistes de Paris, une trèsgrande quantité de ce faux kermès. Ces pharmaciens, ainsi que le sieur P..., auquel ils l'avaient acheté, furent cités devant la 7« chambre; P... fut renvoyé des fins de ia poursuite, attendu qu'il n'était pas suffisamment établi qu'il eût connaissance de la falsification du kermès Hvré par lui aux droguistes. Ceux-ci furent condamnés chacun à 100 fr. d'amende et aux dépens; le tribunal ordonna, en outre, la confiscation et la destruction des préparations saisies.

En 1852, ledit sieur P..., prévenu d'être le véritable falsificateur du kermès livré au commerce de Paris , fut traduit devant le tribunal correctionnel, qui le condamna à un mois de prison et 50 fr. d'amende.

(*) En 1850, on repêcha dans la Seine el dans le canal Saint-Martin deux barils et plusieurs paquets de 500 gr. de kermès que l'on reconnut, par l'analyse chimique^ contenir 70 % d'ocre rouge. Une instruction fit connaître que c'était le sieur P..., effrayé par les premières saisies, qui avait fait jeter à l'eau ces produits falsifiés.

gttp\d dégageoi&ai d'hydrogèue sulfuré ; \^ liqiuwr M Uitfiu$e et laisse déposer \m peu 4p aaufre ; on porte à i'ébuUition et Ton filtre; U liqueur doit passer incolore. Si le kermès contient de l'oxyde de fer, le dégagement d'hydrogène sulfuré est moins considérable et quelquefois à peine sensible; le dépôt de soufre est très-abondant et la liqueur filtrée est d'un jaune plus ou moins foncé. Dans tous les cas, on étend la liqueur filtrée de 4 à 5 fois sop volume d'eau; mais avant cette addition , qui déterminerait la formi^tion lie poudre d'Algaroth, on ajoute un peu d'acide tartrique en dissolution concentrée, qui s'oppose à la précipitation de Tantimoine. On verse alors du cyanure jaime, qui produit instantanément un précipité de bleu de Prusse, bien dtiîérent de la teinte bleue faible que donne, dans les mêmes circonstances, le kermès non falsifié, m^is préparé avec le sulfure d'antimoine du commerce, qui souvent contient du fer. Si le précipité est d'un blanc légèrement bleuâtre, c'est qu'on n'a pas ajouté assez d'acide tartrique, car le précipité dû à Tantimoine se dissout dans un excès d'acide tartrique.

On peut également avoir recours à la calcination, qui ramène le kermès à l'état d'oxyde gris jaunâtre, et laisse l'oxyde de fer avec sa couleur rougeâtrc. Ou bien on triture dans un mortier de verre 1 gr. du kermès suspecté avec 2 ou 3 gr. de potasse caustique, en ajoutant peu à peu 13 à 15 gr» d'eau. Le kermès pur est décoloré, décomposé et en partie dissous par la potasse; il ne laisse qu'un précipité blanc jaunâtre d'oxyde et de soufre; s'il est raôlé à de l'oxyde de fer, celui-ci reste intact avec sa couleur caractéristique (Duroy),

Pour s'assurer do la présence du soufre doré, on projette une pincée du kermès suspect sur des charbons ardents; s'il contient du soufre doré, il brûle avec une flamme vive, ce qui n'arrive pas avec le kermès pur. On peut, dans le même but, employer Tun des procédés suivants, proposés par M. Voffel : !• traiter à chaud le kermès par 8 fois environ son poids d'essence de térébenthine, et filtrer ; s'il est pur, il ne cède rien à l'essence, qui est à peine colorée ; s'il est mélangé de soufre doré, il colore l'essi^Bce en jaune orangé, et

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