‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 12 sur 251 · ACIDE CHLORHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE CHLORHYDRIQUE

dé Taeide sulfhydrique, puis la liqueur prend une teinte brune en laissant déposer du sulfure d'étain(«). Ce procédé permet d'apprécier exactement 1/100 d'acide sulfureux (*). Mais si la proportion d'acide sulfureux est faible, si elle n'est, par exemple, que de 1/i °/o, la liqueur prendra une teinte jaune, elle ne se troublera pas. C'est pour obvier à cet inconvénient, que M. Heintz a apporté au procédé de M. Girardin une modification qui permet de reconnaître des quantités très-faibles d'acide sulfureux ; il suffit d'ajouter à la liqueur chaude un peu de sulfate de cuivre, qui donne lieu à un précipité brun de sulfure de cuivre dont la quantité est en rapport avec celle de l'acide sulfureux qui se trouve dans la liqueur acide.

MM. FordoÈ et Gétis ont proposé un autre procédé au moyen duquel on décèle la présence et on détermine la quantité d'acide sulfureux. Ces chimistes ont mis à profit la réaction qui se produit toutes les fois que l'acide sulfureux est mis en présence de l'hydrogène. On introduit dans un petit flacon quelques fragments de zinc pur, et on ajoute de l'eau et l'acide chlorhydrique à essayer, on recueille le gaz qui se dégage dans une dissolution de sous-acétate de plomb (extrait de Saturne des pharmacies) (') : si l'acide contient de l'acide sulfureux, il se forme de l'hydrogène sulfuré, et dès lors du sulfure de plomb qui se précipite dans la dissolution. Par ce procédé, on reconnaît la présence de l'acide sulfureux, lorsqu'il se trouve en très-petite quantité; mais s'il existe en dissolution conicentrée, un dépôt de soufre accompagne toujours le dégagement d'hydrogène sulfuré.

M. Lemàert emploie le moyen suivant pour déceler dans Tacide chlorhydrique les plus petites quantités d'acide sulfureux : il sature un peu de l'acide à essayer par du carbonate de potasse, il y ajoute une petite quantité d'une dissolution faible d'amidon, 1 ou 2 gouttes d'un iodate de potasse ou de

(') Diaprés Berzélius, ce précipité brun est ud composé de proto, de bisulfure d*éi&fn et de perchlorure insoluble , dans l'acide chlorhydrique.

(') Il est esseniii4 de mettre le sel d*étain en contact avec Taelde chlorhydrique avant d'y ajouter de Teau ; car si Ton commençait par étendre Tacide, l'addition du sel ne produirait aucune coloration.

(^) berzéUusnTéfèTe une dissolution d'oxyde de plomb dans la potasse f^idstiqu^.

ACIDK CRLORHYDRlQtJE. 23

soude, puta, par très-petites portioiw, de Tftdde sulAiriqtie concentré ; celui-ci met en présence l'acide sulfureux et Facide iodique, qui réagissent Tun sur l'autre ; Tiode est mis à DO, et la liqueur bleuit.

M. Larocque a aus», dans le même but, proposé un moyen basé sur une réaction observée par M. Whœkr : lorsqu'on fait bouillir de l'acide sulfurent arec de l'acide arsénique , on tie retrouve plus bientôt dans la liqueur que de l'acide sulfurique et de Tacide arsémeux. H faut donc doser préalablemeht Vadde sulfurique existant dans l'acide à essayer ; puis, au moyen de l'acide arsénique^ on transforme l'acide sulfureux en acide sulfurique, que l'on précipite par l'eau de baryte : la quantité de sulfate de baryte qui s'est formée fait connaître celle de l'acide sulfureux contentt dans l'acide chlorbydriqUe.

L'adde chlorbydrique contient quelquefois de l'acide nitrique proTenant de quelques nitrates qui se trourent mélangés avec le chlorure de sodium employé à sa préparation; On reconnaîtra sa présence, en saturant l'acide chlorbydrique par un alcali, et évaporant à siccité ; le résidu repris par l'eau sera additionné de quelques gouttes d'acide sulfurique et d'une p(N tite quantité de tournure de cuivre : il y aura alors dégageir.ont de vapeurs rutilantes qui bleuissent le papier* de gaîac (*), et formation de nitrate de cuivre bleu, si l'acide essayé contient de l'adde nitrique.

Le fer qui se trouve dans l'acide chlorhydrique du commerce, à l'étal de perchlorure, et auquel on attribue sa Couleur ambrée ordinaire ) sera mis en évidence en évaporant l'acide et traitant le résidu par l'eau ; le cyanure jaune versé dans lesolutom aqueuiy produira un précipité de bleu de Prusse, sil'acide essayé contient du fer.

Pour s'assurer de la présence du plomb, à l'état de chlorure, on examinerÀ le résidu de l'évaporation d'une portion de l'adde. Le chlorure de plomb se présente en petites écailles blanches nacrées^ peu solubles dans l'eau froide, solubles dans l'eau bouillante. Cette solution donnera avec l'hydrogène sulfuré uti prédpité noir; avec l'iodure de potassium, le chro-

(0 Papier blanc sur lequel, à Taide d*an piDceaa, (M a étendu de la lelÉtofe iloMHqtta féeente, llite AVM la résine de galac.

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mate de potasse, un précipité jaune ; avec le sulfate de soude, un précipité blanc.

Quelquefois Facide chlorhydrique contient de Tétain, provenant du protochlorure de ce métal, employé à sa décoloration. On en décèlera la présence à Taide de. Thydrogène sulfuré, qui produit du sulfure d'étain brun jaunâtre, lequel, traité par Facide nitrique, donne lieu à de Facide stannique blanc et insoluble.

Si Facide chlorhydrique contenait du cuivre, on le reconnaîtrait à la coloration bleue produite par Fammoniaque, et à la coloration brun-chocolat obtenue par le cyanure jaune.

L'acide chlorhydrique renferme quelquefois de Farsenic provenant des cylindres de fonte qui servent dans sa préparation, mais surtout de Femploi d'un acide sulfurique arsenical. Cet arsenic se reconnaîtra en introduisant Facide suspecté dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc. L'examen chimique do Fanneau ou des taches obtenues suffira pour s'assurer de la présence ou de Fabsence de ce corps. MM. Wittstein et Buckner ont conseillé Femploi du mercure pour purifier Faeido chlorhydrique arsenical. Le mercure forme une combinaison insoluble avec Farsenic et le chlore; on abandonne Fadde à lui-même pendant quelque temps, afin de laisser précipiter la petite quantité de chlorure de mercure formée, et qui finit par être ramenée à l'état de proCochlorure insoluble. Dupasquier purifie Facide arsenical en le mêlant avec parties égales d'eau, et le traitant par un courant d'hydrogène sulfuré; on filUre ensuite l'acide au travers de Famiante, et on procède à sa distillation.

Si Facide chlorhydrique contient du sulfate de soude, on Fctend d'eau, et on précipite par le chlorure de baryum ; la liqueur filtrée et évaporée à siccité devra donner un résidu présentant toutes les propriétés du sel marin (chlorure de sodium); d'ailleurs Févaporation de Facide chlorhydrique à siccité donnera pour résidu le sulfate de soude, dont il sera facile ensuite de reconnaître la nature.

Si l'on a employé à la préparation de Facide chlorhydrique du sel marin renfermant des îodures (sels de warech, sels de salpêtre), il pourra contenir de l'iode à Fétat d'acide iodhydriquc dont la présence sera décelée par Feau amidonnée chlo- '

ACI1>£ GHLORHYOIUQUE. 25

rée. L'iode sera aussi décelé en opérant comme nous le disons à Farticle Acide nitrique { p. 33 ), en ayant soin de satnrer préalablement Tacide {Barreswil). Le sel pourra aussi contenir des bromures, et par suite Tacide retenir du brome à Fétat d adde bromhydrique ; il suffira alors , pour en constater la présence, de saturer par le carbonate de potasse un peu de Fadde suspect, et de traiter par le chlore, pour mettre à nu le brome qui sera ensuite repris par Féther.

L'acide chlorhydrique peut renfermer du chlore ; on le reconnaît facilement à sa propriété de décolorer Findigo.

La coloration jaune de Facide du commerce est due aussi à des matières organiques contenues dans le sel marin qui a servi à sa préparation, à quelques parcelles de liège qui seraient tombées dans Fadde, lors de sa rectification.

Purification de l'acide chlorhydrique. -— L'adde chlorhydrique pur s'obtient le plus souvent en distillant Facide impur du commerce ; le .gaz acide chlorhydrique qui se dégage est recueilli dans des flacons de Woulf contenant de Feau distillée. On verse préalablement dans Facide à distiller un peu de chlorure de baryum, et on agite, afin de précipiter Facide sulfuriqoe à Fétat de sulfate de baryte ; si Facide renferme de Facide sulfureux, on fait passer à travers la liqueur quelques bulles de chlore qui changent l'acide sulfureux en acide siilfurique.

Pour avoir Fadde chlorhydrique pur, M. William Gregory conseille Femploi du chlorure de sodium (1 équivalent ou 738 gr.) et de 2 équivalents ou 1825 gr. d'adde sulfurique étendu, jusqu'à ce que sa densité soit égale à 1 ,60 ; on les mélange dans un matras, et on chauffe doucement ; le gaz qui se dégage est recueilli dans un flacon entouré de neige ou d'eau glacée. Les 2/3 du gaz acide chlorhydrique qui passent à la distillation donnent un acide fumant d^xme densité 1,21 ; le dernier tiers a une densité d'environ 1,12. Si Fon emploie des substances pures, tout l'acide obtenu est incolore et chimiquement pur.

^ Falsifications. — Quoique d'un trè^bas prix, Fadde chlorhydrique est cependant sophistiqué dans le commerce. Ainsi, on y ajoute quelquefois des matières salines pour augmenter sa densité. L'évaporation à siccité de Facide suffira pour re-

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connaître cette fraude. L'acide pur doit laisser peu ou point de rendu; suivant quUl a été préparé avec de Peau ordinaire ou avec de l'eau distillée. L'examen chimique et le poids de ce résidu feront savoir auquel des deux cas il faut attribuer la présence de ces matières salines.

Enfin, teau qui aura pu être ajoutée à Tacide se reconnaîtra à Taide de Taréomètre, ou mieux, d'un essai acidîmétrique : 100 d acide réel doivent saturer 139 de carbonate de chaux, ou 147 de carbonate de soude sec et pur.

AOXIIB CITRXÇVB.

Cet acide, nommé aussi acide du citron, acide citrvnien, est solide, blanc, translucide, inaltérable à l'air, d'une saveur très-acide ; il cristallise en prismes rhomboïdaux terminés par 4 faces trapézoïdales ; sa densité est de 1,617. tl est soluble dans l'alcool, dans les 3/4 de son poids d'eau froide et la moitié de son poids d'eaU bouillante ; il se détruit entièrement par la chaleur. Toutefois , la destruction est beaucoup plus complète quand on ajoute à l'acide une petite quantité d'oxyde rouge de mercure.

tFsAotes. — L'acide citrique sort en teinture et dans la fabrication des toiles peintes, pour enlever les taches de rouille à la surface des tissus, pour aviver les couleurs rouges du carthame, etc. En médecine, on s'en sert pour composer des limonades sèches ou gazeuses ; en le mêlant avec du sucre aromatisé ou avec du bicarbonate de soude, du carbonate de magnésie.

ÂLtÉRATiONS. — Par suite de son mode de préparation, l'acide citrique a retenu quelquefois de ï acide sulfurique^ à^sseU de plutni (•). Le premier se reconnaîtra à Taide dU(;hlorure de baryum; de plus, l'acide citrique, dans ce cas, attire l'humi-

(1) En 1850, M. Pmnes a constaté la présence du plomb dans de Tacide ciirique provenant de trois maisons de commerce recommandables. Cet acide, d*ailleurs très-blanc, était destiné à préparer des limonades purgatives au citrate de magnésie !

En 185S, M. Brun, pharmacien à Montélimart, a constaté aussi la présence du plolbb dans sept échantillons d*acide citrique pris à différentes

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