‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 125 sur 251 · LITHARGE · texte numérisé non relu

LITHARGE

La UUiarge de Hambourg donne on emplâtre grenu coloré, dépourm du liant et de la consistance du précédent ; les oxydes étrangers et la silice se combinent mal, et restent interposés au milieu de la masse.

Pour constater la pureté de la litharge destinée à la préparation de rempMtre simple, le procédé le plus direct est de préparer une petite dose de ce dernier; s'il est blanc et de bonne consistance, la litharge peut être considérée comme suffisamment pure.

Le procédé chimique consiste à traiter la litharge par Tadde nitrique étendu de 7 à 8 fois son poids d'eau; on évapore la liqueur à siccité, afin de chasser Texcès d'acide ; on reprend par Feau; tout se dissout, sauf la silice qui est en résidu; on filtre la liqueur et on y verse du sulfate de soude, qui précipite le plomb à Tétat de sulfate ; une partie de la liqueur filtrée, traitée par un excès d'ammoniaque, donne un précipité brun jaunâtre^ indiquant la présence du fer, et prend une coloration bleue, s'il existe du cuivre. Le cyanure jaune, versé dans l'autre portion de liqueur, donne un précipité de bleu de Prusse s'il existe du fer, et une coloration ou un précipité bran chocolat s'il y a du cuivre; dans le cas de la présence simultanée de ces deux oxydes métalliques, le précipité est d'un vert bleuâtre, mais d'une teinte très- variable, suivant leurs proportions respectives. Le cuivre peut aussi être précipité à Fétat métallique, à l'aide d'une lame de fer bien décapée, que l'on plonge dans la liqueur, préalablement acidulée.

En recueillant et pesant le sulfaté de plomb, on en déduit le poids de l'oxyde ; on pèse l'oxyde de fer après l'avoir calciné. La couleur bleue plus ou moins foncée des liqueurs permet d'apprécier la quantité de cuivre.

M. Ledoyen a proposé de triturer tout simplement 2 gr. de litharge, en poudre très-fine, avec 32 gr. djacide sulfurique étendu de 11 à 12 fois son poids d'eau; on laisse déposer^ on décante et on soumet la liqueur à l'action des réactifs. L'inconvénient de ce procédé est de donner lieu à du sulfate de plomb, dont la formation peut empêcher le contact de l'acide avec les oxydes de fer et de cuivre, surtout s'ils sont contenus en très-faible proportion dans la litharge à essayer.

4} LUZERm (grtme de).

Pour déceler U pféveoca ^ Vutimoîna ckuu 1« litliwge, siffialée par Buelmerj m fait bouillir avç4ddra<]id«»iliif|ae une ofirtaine qmutiié de Uihaige réduite eu pondre Ane, jusqu'à ce que cet acide cesse de dissoudre ; le résidu bieD layéesl porté à rébuUilioA^ pendant quelques intlaiite» avec de Va* oide cUorhydrique faible, et dau» la liqueur filtrée en dirige un eouranl d'Hydrogène sulfuré : k préattace de Van^ timoine eai aceusée par uu pcéâpité rouge^muftéi de sol^ fure d'antimoine.

Pour apprécier la quantité d'^eide cartiMiîqme el» fw suite, eelle du oarbcinata de plomb que renferme uue UUiaive> le procédé de M. Herzog consiste ^ placer 15. gr. de la litharge à analyser, dans una fiole munie d'un tube à chloruie de oal^ cium et pesée à TaYanoe ; on y Yerse 30 gr, d'aohde nitriqu» étendu de son poids d'eau» puis on reme^ le tubc^ à ehlenm destiné à la condensation de l'eau qui, sans cette précautioiaf s'éehapperait avec Tacide carbonique ; quand la aaturatien est terminée, on pèse de nouveau : la différence de poids exprime celui de Tacide carbonique dégagé, et par suite celui du carbonate de plomb contenu daus la Utharge«

FÀiâmcATioNa. -^La litharge est quelquefois MUâMe a?ec un s^k roufeâtre mkaci^ de la irtfitf pilée^ du mifate de

En disaolYunt un peu de cet oqpde dans Vaoide nitrique QU radde aoétique faiUe> tout se dissout, sauf les subitanees étrangères qiii restent en résidu ; eeluHâ est eniuit^ Wh miné séparément, afin d'en connaître la nature.

Les graines de luzerne yieilleg out été qitelqvisfeis sQumws à des manipulations parti<»Uières, pour leur donner Tappalence de graines de bonne qualité.

Les graines de luzerne bkncke ont été légèrement humectées et passées à la vapeur de wifre ; elles étaient très^oides ; et leur eau de lavage accusait, avec Teau de baryte, le chlorure de baryum, la présence d'une ccarUiue quantité d'acide »ilfurique« en donmmt avec ces fé«cti(a m précipité bltno» insoluUo d4w r«flMla mtriquc

Le$i graioes de tuwine rouge ont été enfermées daua des sacs avec une petite quantité àUndigo en poudre, ou trempées dans une préparation liquide de campêche, additionnée d'un peu de œup&tosû bleue (sulfate de cuivre)» ou de vert-de-gris (sous-acétate de cuivre).

Les graines traitées par Tindigo, frottées sur du papier Uanc» lui communiquaient une couleur bleue.

JLes graines traitées par le campéche étaient rouges, passaient au violet par les alcalis^ au jaune par lea acides; ellea précipitaient en bleu avec le cyanure jaune.

Ces graines, ainsi travaillées, ayant été semées^ levèrent dans la proportion de 5 à 10 % tandis que les graines de bonne qualité lèvent dan& la proportion de 80 k 9Q °/« {Girard),

ATOOPOSB.

Le ly^opode est une poudre jauntoe, impalpable, fournie par le lycopodium çlavatum, plante cryptogame da la famille des lycopodiaeées. Il est insipide^ inodore^ très-léger, inaltérable ^ Vair sec ou bumide; il prend feu avec la rapi« dite de la poudre, lorsqu'on le projette à travers une flamme. Jeté dans Teau froide» il n'en est pas mouillé, et remonte immédiatement à la surface ; dans Teau bouillante, au contraire, les granule$i de lycopode se lai3sent pénétrer et tombent bient&i au fond du liquide,, tandis que l'e^u acquiert we légère teinte jaunâtre et une saveur fade.

D'après les rechercbes de M. Ducamy le lycopode est un corps Qzoié, formé d'une matière organisée particulière, qu'il a appelé ijfeopodine^ et qui eat comme imprégné d'une petite quantité de substance oléo-résineuse.

Le lycopode nous vient principalement de la Suisse et de TAllemagne.

Usages. — Le lycopode est employé, en pharmacie, pour rouler les pilules; on s'en sert pour prévenir les excoriations qui se forment sur les diverses parties du corps des enfants ou des personnes chargées d'embonpoint. On l'emploie aussi dans la pyrotechnie.

44 LYGOPODE.

Falsifications. — Le lycopode est souvent altéré par le tak ou craie de Briançon; la fécule; la sciure de bois; la fleur de soufre; le chromate de plomb ; les poudres de hryone et de buis ; les pollens des conifères, du noyer ^ du typha lati^ folia (*).

La falsification par le talc (^) se reconnaît en triturant une partie de la poudre suspecte avec de l'eau froide ; le lycopode surnage et le talc gagne le fond; il peut être recueilli par décantation, lavé, séché et pesé. Le même moyen est employé pour déceler la présence de la poudre de bryone, du chromate de plomb. On a recours aussi à la calcination pour reconnaître les substances minérales qui restent seules en résidu, après la destruction de la matière organique.

La présence de la fécule, signalée par M. Lebourdais, qui en trouva jusqu'à 30 et 40 7«> ©st rendue sensible en mettant dans un linge blanc (*) 8 à 10 gr. du lycopode suspect, de manière à en former un nouet que Pon fait bouillir, pendant 10 minutes, avec de Teau distillée, dans une capsule de porcelaine ; on le malaxe à plusieurs reprises sous Teau bouillante. Le liquide filtré se colore, par la teinture d'iode, en bleu ou bleu noirâtre, selon la quantité de fécule qui s'y trouve : rien de pareil ne se manifeste avec le lycopode pur {Legrip),

La poudre ou sciure de bois est décélée par un tamisage au tamis de soie le plus fin; le lycopode passe en raison de son extrême ténuité, et le bois reste sur le tamis ; tel est le moyen indiqué par M. Mouchon^ de Lyon, qui a, le premier, mentionné ce mélange fraudideux.

M. J. Ruspiniy de Bergame, a proposé un autre procédé pour découvrir cette falsification : on applique la poudre suspecte sur le côté plat d'un microscope à lentille continue, tel

(1) On a aussi falsiûé le lycopode avec la chaux et le carbonate de chaux ; mais les fraudeurs ont renoncé à l'emploi de ces substances, qui allèrent la couleur du lycopode.

(*) Ce mélange se fait ordinairement dans la proportion de 6 à 10 Vol on a trouvé des lycopodes qui renfermaient jusqu*à S5 Vo ^e talc.

(*) Il fauts*assurer, par une épreuve préalable^ que ce linge est exempt d'amidon.

LTOOPÛDE. 45

que le microscope de Stanhope (^) ou celui de M. Gandin (*) ; on voit que chaque molécule de la poudre est opaque et d'une forme parfaitement ronde ; on fait tomber ensuite sur cette poudre^ avec.lâ pointe d'une épingle, une goutte d'acide sulfurique ; les petits granules de lycopode, qui se trouvent peu à peu en contact avçc Tacide, se rompent en éclatant , il en sort une humeur visqueuse ; le tégument qui reste et conserve encore sa forme sphérique devient transparent. Par contre, aucun des grains de la poudre de bois, vu au microscope, n'a la forme sphérique et n'est rendu transparent par Faction de l'acide sulfurique.

La falsification du lycopode par la fleur de soufre, signalée d'abord par MM. Caventou et Rappeler, est aujourd'hui trèsrare (*) : elle se reconnaîtrait à l'odeur d'acide sulfureux exhalée par le lycopode projeté sur des charbons incandescents. Ce dernier, en outre, traité par une lessive de potasse ou de soude caustique^ donnerait un liquide possédant Todeur d'œufs pourris, et qui dégagerait de l'hydrogène sulfuré au contact des acides.

L'adultération du lycopode par le pollen d'autres plantes est contestée par M. Wichmanuy d'abord à cause de la difficulté de se procurer le pollen des autres végétaux à aussi bon compte que le lycopode. En outre, ce pharmacien a constaté que s*il se rencontre, dans le commerce^ du lycopode qui se laisse mouiller par l'eau et se précipite au fond de ce liquide, on devait attribuer cette particularité à ce que le lycopode avait été récolté avant le degré de maturité convenable. Il a reproduit, en effet, cette différence, en essayant, par l'eau, du lycopode ainsi récolté et partagé en deux portions : Tune s^

{}) Ce microscope consiste en une seule ienlille cylindrique, qui a une amplification de 80 diamètres ou 6400 fois en surface {Voy. Planche I, flg. 10).

(*) Cesl une petite lentille en cristal de roche ou en crown-glass fondu, ayant on grossissement variable depuis 50 jusqu'à 400 diamètres (2500 jusqu*à 160000 fois en surface {Voy, Planche I, fig. 11).

(*) Mous avons examiné un ccbaniillon de lycopode qui contenait 30 pour 100 de fleur de soufre ; sa couleur était d'un jaune plus intense que celle du lycopode non falsifié. Cette fraude peut produire des effets irritants, lorsqu'on applique le lycopode sur la peau, à cause de Vadà^ sulfurique que retient presque toujours la fleur de soufre du commorce.

46 MAGIfiSkiî CALCINÉE.

ché6 lentement à l'air^ et l'autre dessébhé^ mpidement à Tétuve. Cette dernière se comportait comme 1© lycopode sophistiqué, tandis que la première, qui avait acquis le degré de maturité convenable pendant la dessiccation lente^ ofirait toutes les qualités du lycopode pur (?).

Dans tous les cas, si on a Fhabitude du microscope, une observation attentive permet de distinguer les grains de pollen de certains végétaux, des granules de lycopode. Ceux-ci se présentent constamment sous forme de globules hérissés de papilles très-marquées, tandis que les grains de pollen du typha latifolia, par exemple, affectent une forme sphéroldale, avec des bords arrêtés et une surface complètement lisse ; les grains de pollen des conifères ont la forme d'un rein {Voy. PI. I, ng. 8 et 9).

WUMVÊTwBM MB BttMUTIi, ^ V. BaAM Mt VMI».

La magnésie calcinée ou oxt/de de magnésium^ magnésie ûaustiqne, est une poudre blanche, très-légère, inodore, d*une saveur un peu alcaline. Sa densité est 2, 3. Elle est infusible au feu de forge. Exposée à Pair, elle en attire peu à peu l'eau et l'acide carbonique ; c'est pourquoi il faulla conserver dans des flacons bien fermés.

Elle est très-peu soluble dans l'eau, et verdit le sirop de violettes. Peu à peu elle combine avec Teau, et se change en hydrate. Elle se dissout sans effervescence dans les acides étendus.

Sous le nom de magnésie anglaise, magnésie de Benry^ on vend, dans le commerce, une magnésie très-dense, possédant une grande cohésion^ qui la rend insoluble à froid dans les acides étendus.

, Usages. — La magnésie est employée en médecine, comme

MAGNÉStft tàLaNÉE. 4T

piwg altv^y «))mrbm6> ei oô&M lés èS^rlîUnd'e^mat. Ëlte M% It bftte d« i^kEsiftun |Mrfip«âtaltsoits ))h«urmace'atiq*aes« Délayée éênê IVm, ^le sert comme «ntidote de Tacide aifté* nieux (•).

ALtiSauivoNd^ ^^ La mag^é^^ provenant d'un carbonate tonragiMux peut oonienir un peu de fett, dont la présence se ^gnale plor te pn^cipité Manc jaunAtre qu'une solution acide de cette magnésie done ârec l'amn^eniaque.

La mugnésie ^rtpaiée dans des vases de fer acquiert une belle dMifeur rose ; une ^solution de cette magnésie accuse la présence du fer lorsqu'on y verse du cyanure jaune.

La magnésie est quelquefois mélangée avec de la silice^ de Valuminef de la chaux^ dt C»4^Ha/e et du sulfate de magnésie (8).

En disMlvaat k magnésie dans Taoîde clilorhydriiiue> la silioe«e dé^^e sous forme de poudré bleoche iasoluUe; Palumiae est fvécîpitée , puis redissouto par un eicès «le potasse ; te U^eur filtrée et saturée par en acide donne m précipité d'alumine. La edlutioii acide forme, avec k ehle-^ rure de baryum , «n précipité blanc de sulfate de batyte, inselubk dans Tacide iii(rique,.8i la magnésie contient du sulfate. Si eUe est incomplètement décarbonatée, elle fiiit effervesoeoee au conotaot des arides^ «t dégage de Tadde «carbonique.

La cbaiia provemant ée k caloinalton d'un carbonate de magnésie naékfligée de (eaibooato de chaux est décelée par le précipité jauaAtre que le bichlorure de mercure forme, dans k dissekticm de la magnésie à essayer ; Toxakte d'ammoniaque y produit un précipité blanc d'uxalate de ctiaux. On peut simpkoieBt triturer k magnésie avec im peu de sublimé eor^^

(^) t1 ttftït, dans ce cas, que la magnésie soit faiblement calcinée, soumise seulement à une chatenr snttsat)Ve pont débarrasser le carbonate de son eau et de son acide carbonique; car la magnésie fortement caloivée, telle que la mmffnéslêâê Henry, n'absorbe Tat^e arsénienx qu'avec «ne esueme leatevr {Busey).

(■) Ces wbAanoes étrangères, qui rendent la magnésie Impropre à Tnsage médical, proviennent d'nn manque de soins dans la préparation du carboeate de magnésie, et dans le choix des matières qui servent à Tobtenir.

48 MAiiraB.

rosif ; si elle contient de la chaux, la masse prend ime coaleur jaunâtre ; en outre^ la magnésie, mélangée de chaux, s'échauffe considérablement lorsqu'on la délaye avec de Teau, ce qui n'a jamais lieu avec la magnésie pure.

Falsifications. — Souvent la magnésie est hydratée, afin d'en augmenter le poids; la quantité d'eau qu'on fait ainsi absorber par la magnésie peut s'élever de 12 à 20 et même à 40 V°- Cette fraude, signalée d'abord par M. £*. Dubaii, se constate par la perte que la caldnation au rouge fait éprouver à un poids déterminé de magnésie (10 grammes, par exemple) (*).

La manne est un produit solide, d'une saveur fade, douce et sucrée, qui découle par incision ou naturellement de plusieurs espèces de frênes, et principalement des fraxmus ornus et rotundifolia (Jasminées), qui croissent surtout dans la partie méridionale de l'Italie et de la Sicile.

Le commerce fournit trois espèces différentes de manne :

La manne en larmes y la plus estimée, se présente en morceaux allongés, légers, irréguliers, rugueux, friables, souvent convexes d'un côté et concaves de l'autre, d'un blanc légèrement jaun&tre, d'une saveur douce, sucrée, un peu fade.

La manne en sorte est en petites larmes ou fragments agglutinés, adhérents à des parties molles , visqueuses , amorphes, d'une couleur rousse, qu'on appelle marrons.

La manne grasse ^ nommée aussi manne capacy^ est en masses molles, poisseuses, jaun&tres ou d'un brun rougefttre, contenant beaucoup d'impuretés, telles que des débris végétaux, de la terre, du bois, du sable, etc.^ elle vient de la Calabre.

D'après les analyses de M. Leuchtwetss, les mannes du commerce ont la composition suivante :

(•) Une fois, dit-on, on a lrou?é de ia magnésie calcinée, mélangée de farine. Une porlion de ceUe magnésie» traitée par l*acide sulfarique étendu, laissa un résidu indissous; calcinée dans un creuset, elle donna une matière charbonneuse. Une autre porlion prit une couleur bleue avec l'eau iodée : formée en pâle avec Teau, et malaxée, elle fournit une petite quantité de gluten.

MANICB. 48

uaniie «a Miniie «■ Maine

larmef. sorte. grasse.

Eau 11,6 13,0 11,1

Matières insolubles 0,4 0,9 s,3

Sucre 9,1 10,3 15,0

Mannile ii,6 37,6 81,0

Substance mucilagioeuse. . . \

Résine, acide organique. . . l iO,0 40,8 is,i

Matières azotées )

Cendres 1,8 1,9 1,9

Usages. — La manne est employée comme purgatif doux. Elle fait partie de plusieurs préparations pharmaceutiques ; elle sert à l'extraction de la mannite.

Falsifications. — La manne est falsifiée avec la ^/ucose ou sucre de fécule, avec le sucre et Y amidon (*) ; on l'a fabriquée de toutes pièces. Ainsi, la manne en larmes a été imitée avec un peu de mannCy de la farine, du miel et une poudre purgative ; le tout était bouilli, rapproché en consistance sirupeuse, et moulé en forme de larmes ; on en a fabriqué aussi avec de la manne de qualité inférieure , de Vamidon , du sulfate de soude et de la moseouade. On Ta imitée quelquefois avec la manne en sorte, chauffée, et clarifiée par le charbon.

En 1842, Ménier a signalé l'emploi du sticre de fécule pour la préparation d'une fausse manne qui avait quelque ressemblance physique avec les débris de la vraie manne en larmes.

On a fabriqué de la manne en sorte avec un mélange de vieille manne, de miel ou de sirop , de cassonade, de farine et de substances purgatives.

On a imité la manne grasse avec im mélange de sucre et de miel, additionné d'ime petite quantité de scammmée et de résine dejalap.

Ces mannes factices sont dépourvues des cristaux que Pon observe constanunent dans la vraie manne ; elles peuvent se reconnaître au goût, à Pabsence totale ou à la proportion plus faible de mannite obtenue à Taide d'un traitement par l'alcool ^36*^ bouillant. Ce dernier dissout aussi les résines purgatives

(M Cette.falsiflcatlon n*est pas nouvelle. En effet, dès Pannée U86, un pharmacien espagnol fut condamné à une amende de 9,000 ducats et à la prîYation des droits civiques pendant une année^ pour avoir adultéré de la manne avec du sucre et de Tamidon.

M MjteSOACAN. '

dont la présence se manifeste par la fumée noire plus ou moins forte , produite lorsqu'on fait brûler cet alcool. En traitant ces fausses mannes par Teau froide, le miel se dissout, 1 amidon se dépose ; on le fait bouillir avec de Teau, et on y verse de Peau iodée qui développe la coloration bleue, caractéristique delà fécule.

La manne falsifiée, et quelquefois remplacée entièrement par la glucose, est plus dure, et ne présente ni la saveur, ni la cristallisation de la manne véritable ; elle a une cassure gîrcnue , une surface luisante , et craque sous la dent. Elle adhère légèrement aux doigts, possède une odeur particulière et une saveur de sucre caramélisé. Lorsqu'on l'expose à la flamme d'une bougie, elle ne s'enflamme pas comme le fait la manne pure, mais elle devient noire , et il en tombe des gouttelettes qui se solidiGent promptement. Elle attire fortement l'humidité de l'air, et donne une solution aqueuse trèsclaire, tandis que la solution de la manne en larmes a une teinte blanchâtre. En outre, la solution aqueuse de cette fausse tnanne précipite en blanc par l'oxalate d'ammoniaque et par te chlorure de baryum , et accuse de cette manière la présence du sulfate de chaux, dont le sucre de fécule retient tou- JOUÎB une certaine proportion.

1IIA88XCM>T. — IT. XmttAmftK.

BSASTXC. — V. RisMB mastic.

MiSOHOAOAar.

R&cine du convolvulus mechoacan ? Elle nous arrive d'une province du Mexique, d'où elle tire son nom, et se trouve Coupée en rouelles assez grosses ou en morceaux allongés , blancs et mondés de leur écorce.

Elle est inodore, farineuse à l'intérieur, d'une savetif légèfèment acre.

UftAOES. — On l'emploie quelquefois en poudre , comme purgative.

Falsifications. — On falsifie quelquefois cette racine avec eaUe de bryoM , qui est moins blanche , d'une odeur désagréable , d'une saveur amère, acre et môme caustique.

Le meffite de toses rouges, ou miel rosat, est un sirop préparé arec les pétales secs de roses rouges ou roses de Provins, du miel blanc et de Veau bouillante.

n aune odeur semblable à celle des roses qui entrent dans sa composition.

Usages. — Il est usité en médecine comme astringent ; on remploie surtout sous forme de gargarisme.

Falsifications. — Le miel rosat est quelquefois préparé àtec de Veau de roses colorée artificiellement, au lieu de l'être avec rinfusîon de roses rouges. Cette fraude se reconnaît non-seulement à l'odeur du mellite , mais encore en ce que îes sels de peroxyde de fer n'affectent pas sa couleur , tandis que le contraire a lieu pour le mellite préparé suivant le Codex ; ce mellite, en outre, n*est pçis altéré par le carbonate ie potasse, qui modifie, au contraire, forteaient le mellite préparé avec des matières colorantes.

MfiliOllHB.

Is mercure est le seul mftal qai «rit liquide à la tempip m^\a^ ordÎQwé j il est A'wbl hhm d'aigent^ à snrfae^ iwlifty |M»Me «B éelat très-vif; de là seo nom vidgwe de mf^ lir«««/, Lemereureaesolidîâek-^4(y^;M demitéi eit 4i 12^ 53 à 13,61. Il bout à 3i6^, poisse wlatilise. La ÛBâsm ^ Si yaiiewp est 6,876 (Duvm).

UsAâts. — Le mercure est tite-employé en médectee : û M% la base d'ua grand iKHobt e de préparatms phamiaeeiitiques ; il est d'un usage très^énéral contre les aaalaâias ^yfiliilitiques. Dans les arts, il sert à Textraetion de l'argent, ^ rétamage des glaees, à la coslectioa ée beauoeap d'app% mh de plo^iqvie, tels que baromètres» thermoiaiètres, maBomètres, ete. En ohimie^ il est d'un emplei très^iréqvent pour recueillir et opérer sur les gaz solubles dans l'eau.

Altérations. — Le mercure est quelquefois sali par des corps étrangers qui ne s'y trouvent qu'à l'état de suspension ; |K>ur Ven débarrasser, il suffit de le passer a\L travers d'une peau de chamois.

ht MBRCUftE.

S'il est sali par des matières grasses^ on le met en contact, pendant quelques heures^ avec une solution faible de potasse ou de soude caustique ; puis on le lave avec de Teau, que l'on enlève en promenant à la surface du bain métallique quelques doubles de papier Joseph.

Fausifications. — Le mercure du commerce contient souvent des métaux étrangers avec lesquels il s'allie facilement^ tels que le plomb, Yétain, le zinc, le bismuth. Le mercure perd alors son aspect brillant, il se recouvre d'une pellicule mince, terne et grisâtre, est plus adhérent au verre et aux doigts, et laisse à la surface des corps avec lesquels on le met en contact une couche mince métallique, noirâtre. Il fait la queue ^ c'est-à-dire qu'au lieu de couler en gouttelettes rondes, chaque goutte de métal s'allonge en arrière en forme de poire, et se couvre d'une pellicule qui , après avoir été enlevée , se reforme avec rapidité. Ces caractères physiques ne sufGsent pas, car ils sont reproduits par le mercure pur, mais humide, ou qui a subi à l'air un commencement d'oxydation , et par le mercure qu'on a laissé, pendant quelques instants, au contact des matières grasses. Le procédé ordinaire consiste à distiller avec précaution une quantité déterminée de mercure dans une cornue de verre, ou mieux de fer, au col de laquelle on adapte un nouet de linge plongeant dans l'eau ('). Les mé» taux étrangers restent dans la cornue. Le mercure distillé est agité, pendant deux ou trois jours, avec de l'eau acidulée par 1/20 d'acide nitrique, puis il est séché.

Mais on ne l'obtient pas toujours ainsi parfaitement pur, car certains amalgames, comme ceux de zinc, de bismuth, sont un peu volatils et peuvent passer à la distillation. Il faut alors recourir à d'autres moyens de purification.

Suivant le procédé de BerziliuSy on agite fortement, et à plusieurs reprises, le mercure chauffé à 40®, avec une solution assez concentrée de nitrate acide de mercure. En quelques jours, les métaux étrangers sont oxydés et dissous; on dé-

(*} Oo peut opérer cette distillation dans une de ces bouteilles en fer épais qui ont servi à contenir et à transporter le mercure. On la munii alors (1*un tube de fer fileté entrant ft vis dans remboucbure taraudée delà bouteille : un peu de pMtre gâché, qu*on engage en vissant le tube, rend la joncdou hermétique.

XERGURE. &3

ctnte la dissolution et on lave le mercure avec de Teau distillée, on le £ut sécher, et on le passe dans un entonnoir à douille mince, afin de le débarrasser d'une petite quantité d'oxyde et de sous-nitrate non dissous, qui S9 trouvent à sa surface.

Le procédé de M. àHllon consiste à agiter 100 p. de mercure avec 5 p. d'acide nitrique étendu du double de son volume d'eau, pour enlever d'abord peu à peu les métaux qui sont plus oxydables que le mercure; on décante et on lave, puis on dissout le mercure à chaud dans l'acide nitrique pur, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que 1/10 du poids du mercure primitif, qui retient les métaux moins oxydables que le mercure pouvait contenir. On évapore la dissolution à siccité, on chauffe le sel sec jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de l'oxyde rouge, dont on extrait le mercure par la distillation : ce dernier renfermant de l'oxygène ne tarde pas à se recouvrir d'oxyde, dont on se débarrasse par une forte agitation du métal avec un peu d'acide sulfurîque.

Pour séparer l'étain du mercure, M. Vackenroder a conseillé de traiter ce dernier à une doace chaleur par un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide sulfureux; on agite fréquemment jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'hydrogène sulfuré, on élève la températxu'e à SO*" pendant une couple dlieures, puis on lave le mercure.

Le procédé proposé par M. Ulex , de Hambourg, pour la purification du mercure, consiste dans l'emploi du perchlorare de fer : la solution de ce sel possède la propriété de pénétrer dans la masse du mercure, de diviser le métal à l'infini, et, par conséquent, de pouvoir être mis en contact avec lui sur tous les points. Les métaux étrangers sont attaqués par le chlorure plus facilement que le merciire, et se dissolvent dans le liquide , ou se séparent sous forme de poudre. L'opération s'effectue de la manière suivante : on broie pendant dix minutes, dans im mortier de porcelaine, 1 000 p. de mercure avec 15 p. d'une solution de perchlorure de fer, d^une densitéde 1 ,48, étendue de 1 5 p. d'eau ; on lave avec de Teau, on décante le liquide et on sèche le mercure à une douce chaleur; il reste une poussière grise retenant encore du mercure, que l'on peut convertir en calomel; en la négligeant,

U «aab.

w ne perd que 4 «/o de aiercare enmeii. Véflé»êtàbû eM li^i» pétée 'uae seconde fois, si le mercure renfsrtne plut de 1 •f^ de métaux étrangers.

Le «neilleiir moyen d'avoir du mercure très-pur ooBMtA à distiller dans une cornue de grès, ou mieux dans une ooffMiè de €er , un mélange de 2 p. de cinabre arec l p. de limiulle de fer ou de chaux vive.

O0IUi HOUX. — V. emwBmmm (Vselo-^ vm

Le miel est produit dans nos contrées (*) par Tabeille (a^û meîUfica) (^) , insecte de l'ordre des hyménoptères, famUle des mellifères y genre des apiaires sociales.

On connaît plusieurs qualités de miel dans le commerce :

Le miel de Narbonne, de la vallée de Charrumny^ est blanc , grenu, odoriférant; son goût est aromatique.

Le miel du Gâtinais, que Pon substitue quelquefois au pré* cèdent, a les mômes caractères, mais il est moins aromatique.

Le miel de Bretagne est d'un jaune plus ou moins rouge ; son odeur est forte , son goût particulier ; il est de médiocca et parfois de très-mauvaise qualité.

Il y a encore le jniel de Bayonne (^).

bans toutes ces sortes, le meilleur et le plus pur est le miei vierge pu de premier écoulement, recueilli par un simple égouttage des rayons.

Le miel» diaprés les recherches de M. Soubeiran, est ua mélange, en proportions très-variables , de glucose ou su(sre

{}) En France, un ne relire encore des quinze cent mille ruches qui &^y trouvent que 7 millions de Ici!, de miel et 1 500 000 kil. de cire, représentant ensemble une valeur de 1S millions de francs. Ce sont les d«fiftrle«eiits les plus pauvres (Morbihan, Landes, Gorrè^e) qui possèdent le plus grand nombre de ruches.

(<) Les ubservaiions de fJuberj de Genève, ont appris que Pespèce d^abeilte influe sur la nature m^me du miel. Ainsi c'est à Vapis fasciàta qu*on rapporte les miels estimés de NarbOUne et du Gàtinais^ et de qoet • <|ites antres contrées, ftolt<ie riuilie. soit en Orient, en tgffUR, jisqs^n ▲byssinîo. Cette e^H^èca d*abei11e préfère les fleurs des labiées odorastes aux fleurs C0nii)osées.

(>) La couleur des miels de diverses contrée^ parait dépendre surtout d^ prlncfpi» cn^lohintt dts t*intes.

ftOBL. U

s^ide (^) cristallisable , de sucre qui dévie yen la droite les rayons de la lumière polarisée et qui est intervertible par les acides, et de tucre liquide incristallisable, déviant à gauche la lumière polarisée , et se détruisant facilement sous Tinfluenee des alcalis ('); il contient, en outre, un peu de mail* nite, un ou plusieurs acides organiques, des principeê ttromeftiques et colorants qui ont une grande influence sur sa qualité, des substances grasses et des principes azotés,

La cristallisation du miel s'opère avec une expansion telle que les vases où elle s'opère seraient brisés , si on ne lem laissait les moyens de se dilater librement. L'intervention de Tair est indispensable à cette cristallisation.

Usages. — Le miel est employé dans Téconomie dôme»* lique ; on Tutilise dans la confection de pains d'épices spé^ daux, offrant un arôme qui rappelle celui du miel. Il sert à préparer les hydromels, les liqueurs de Dantzick, le mara»» quin, et autres liqueurs de table. On s'en est servi avec avantage pour remplacer les autres matières sucrées dans la tk* brication de la bière.

En pharmacie, il sert comme émollient, laxatif et rafraîchissant : on s'en sert pour édulcorer certaines tisanes, et pour préparer les mellites ou sirops dans lesquels le sucre est remplacé par le miel.

Altérations. — Souvent les miels, surtout ceux qui spîJl obtenus par la chaleur ou par la pression des gâteaux, coatiennent un peu de cire, ou sont mêlés à» couvains^ de débris d^ insectes, restés dans les cellules céreuses, et exprimés en même temps que le miel. Ces matières rendent les miels susceptibles de fermenter et de devenir écumeux. Parfois ils ont contracté une coloration plus foncée et une saveur désagréable. Ces miels doivent être rejetés deTemploi pharmaceutique. La cire se laisse apercevoir lorsqu'on dissout une petite quantité de ce miel dans de Teau distillée.

(1) Les miels, suivant leur consistance et la température à laquelle on Oftère, fournissent iO à 30 p. o/o de glucose par la pression.

(*) Les miels du commerce récemment récoltés renferment des proportions variables de sucre de canne, qui eiisie exclusivement dans la partie liquide. Ce sacre disparaît avec le temps, sons rinfluence da ferment naturel contenu dans ces produits. (Dti6run/tef.)

Page 1