‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 126 sur 251 · MIEL · texte numérisé non relu

MIEL

On peut épurer les miels en les mélangeant avec Akh^/^ée charbon animal , et en les battant avec de Teau et quelques blancs d'œuf, pour les clarifier; on les fait ensuite passer sur des filtres qui contiennent un mélange de charbon animal et de charbon végétal en grains, afin de les décolorer et de leur Ater le mauvais goût (»).

Falsifications. — Le miel est falsifié avec Yamidon^ la pulpe de châtaignes, la farine de haricots , ou d'autres farines crues on torréfiées: avec du sabk, de la gomme adragonte^ du sirop de dextrine , et surtout avec du sirop de fécule ou glucose (•).

L'amidon , la farine de haricots, le sable , la gonune, servent à donner de la densité au miel altéré et à augmenter son volume. Ces fraudes se reconnaissent par la chaleur sous rinfluence de laquelle le miel sophistiqué prend une trèsgrande consistance, s'épaissit beaucoup, tandis que, lorsqu'il est pur , il se liquéfie ; puis, si on le traite par Teau froide, celle-ci dissout les substances solubles, et laisse pour résidu

('} Nous devons ajouter que di?ers miels du Midi de l'Euro{ie offrent une qualiié plus ou moins enivrante, soit que ceile-ci résulte d*an commencement de fermentation alcoolique, soit qu'elle dépende des pro> prtélés excitantes et aromatiques des végétaux qui les fournissent.

Enfln^il y a des miels vénéneux ; on sait : i^ que Touruefort et M. Auguste Saint-Hilaire ont observé que les miels récoltés par les abeilles sur des apocffnées, sur Vazalea pontka (4>lante qui croit sur les montagnes a voisina ntTrébizonde, et sur les bords méridionaux de la mer Noire), sur le rhododendrum pon^'ctim, sont vénéneux ; 9« que H. Sering» a \ii, en Suisse, du miel recueilli sur les fleurs é'aconUum napettus et jxmficum, produire des effets dangereux sur les pfttres de ce pays.

(*) Nous avons vu du miel préparé avec du sirop de fécule, à la confection duquel nutte abeille n'avait travaillé. Il était devenu solide dans le baril, de façon que Tépicier, qui Tarait acheté pour du miel de bonne qualité, ne savait que faire d*un produit que ses caractères extérieurs rendaient invendable.

Le sieur U..., épicier à Paris, vendit à des négocianis en droguerie une forte partie de miel qu*il avait achetée du sieur v..., fabricant de cire Jaune. Ce miel ayant été reconnu comme mélangé de sucre de fécule, les sieurs H... et V... furent irduits, en 1846. devant le tribunal de police correctionnelle (6* chambre), qui les condamna chacun à un mois de prison, solidairement aux dépens, et ordonna la confiscation du miel saisi.

La falsification du miel par le sirop de dextrine a été signalée par If. Stanùlas MarUn.

lOEL. 57

les corps étraogéts, tels que le sable , qui se précipite, l'ami* don, qui bleuit au contact de Feau iodée.

Quant à la présence du sirop de fécule ou du sirop de dextrine, on la reconnaît d'abord par un examen attentif des caractères physiques du miel à essayer, tels que la consistance, la demi-transparence, la saveur, l'odeur, etc.

Comme presque toujours le sirop de fécule employé à cette fraude a été préparé par Tintermède de Tacide sulfurique, que Ton sature par la craie , il retient un peu de sulfate de chaux, dont la présence décèle le miel ainsi fraudé ; Tessai se borne donc à rechercher si le miel, dissous dans Peau distillée (^), se trouble par Foxalate d'ammoniaque, et surtout par le chlorure de baryum ou le nitrate de baryte (^;.

M. Lassaigne a eu à examiner, en 1844, une livraison de 35 kilog. de prétendu miel de Bretagne, de qualité inférieure, qui n'était autre que du sirop de fécule solidifié en masse grenue. Ce produit, renfermé dans un petit baril de la contenance de ceux dans lesquels on expédie le miel dit de Bretagne, avait la consistance du miel commun solidifié, un aspect grenu et cristallin. Son odeur était celle d'un sirop trop cuit et un peu caramélisé. Sa saveur, d'abord faiblement sucrée, devenait ensuite un peu acre et amère ; il avait une grande tendance à se durcir par son exposition à Fair sec, à 16®. Délayé dans deux ou trois fois son volume d'eau froide , il a abandonné une matière grenue, qui^ après avoir été pressée entre plusieurs doubles de papier Joseph, était blanchâtre, composée de petits mamelons cristallins. Une môme quantité de ces cristaux et du sucre incristallisable du miel a été dissoute dans la plus petite quantité possible d'eau, et une

(') Il est bien entendu qu'on doit exclusivement employer Teau distillée dans toutes les réactions, et que quaud nous indiquons l*eau comme dissolvant, c*est de Veau distillée qu'il s'agit.

(*} D'après les expériences de M. H. Habert et Guibourt, les différents miels sont exempts de sel calcaire; touierois, il ne faudrait pas les filtrer an papier, à moins que celui-ci n'eût éié préalablement bien lavé à l'acide cblorbydrique. M. Guibouri a^ en effet, observé que l'action dissolvante du miel sur les sels calcaires était letle^ qu'il suffit de filtrer une solution du miel le plus pur à travers le meilleur papfer à filtre non lavé, pour que la liqueur accuse aussitôt des traces de cbaux par Toxalate d*amiDoniaqiie.

&8 MINRni.

goutte de ees d«iu $oluUaiis a été plaeé« si» wa mèm» Iwm de verre : par son exposition à Tair sec à iO'^y le sucre 4)9 i^iel n'a pas tardé à criâlaUiser en petits juamelons blancs, tandis que le sii^e de fécule a pris, au bout du même temfg, la forme d'une masse visqueuse et grenue (^).

ntzNraiÉ.

Le minium est un oxyde de plomb intermédiaire, composé de protoxyde et de bioxyde de plomb ou oxyde puce ; il est an poudre d'un beau rouge vif, insipide, inodore. Sa densité est de8,940. L'acide nitrique détruit le minium ens'emparant du protoxyde et mettant le bioxyde en liberté.

Le minium se distingue par les dénominations de minium h un, deux^ trois... feux, suivant qu'il a subi ce nombre de fois Taction de la chaleur.

La variété la plus pure de minium est la mine orange, que Ton obtient en soumettant la céruse à une calcination prolongée au contact de Tair. Elle conserve toujours une teinte orangée plus vive que celle du minium, teinte que Ton atattribue généralement à une ténuité plus grande de sa poussière cristalline. Mais cette différence de ton dans la nuance n'implique pas une variation marquée dans la composition des deux produits. La mine orange renferme 4u c^irbonate de plomb, perceptible au microscope.

Pour essayer le minium et le purifier, on le traite par Tacide nitrique, qui le convertit en protoxyde et en oxyde puce. Plus la proportion de ce dernier est considérable, plus le minium est pur. Cet oxyde puce étant recueilli, lavé avec soin, puis calciné, donne du minium pur. Le minium et la mine orange se purifient aussi par macération dans une solution d'acétate neutre de plomb, ou de potasse caustique pure et non carbonatée ; on achève les lavages avec de Teau bouillie, à peine aiguisée d'acide acétique, et on dessèche dans le vide.

Les miniums du commerce sont essentiellement composés ie : protoxyde de plomb, 34,9; bioxyde de plomb j 65,1. Ils

(') On a aussi vendu da miel blanc da Nord ou de i*Oaesl pour du miel du Midi, qui esi plus estimé. CeUe fraude se commet en coulant le miel de qualité inférieure sur du romarin, afln de lui donner le parfum qui eanciérise le miel du Midi : elle peut être décelée par la présence deb débris de romarin qui se trou veut quelquefois dans ce miel Mdfié.

rlhftMtent orébaii^ement J^isqu^à 50 '/^ d« mêKsicot on pro-^ to±pdè de pfombj ntfû comUné et visible «û micro^ope; !é pité par eà rettenl 5 i 6 »/o (i>ttwta5).

ÇfeAO«». — Le tafiimum est employé dans la cristallerie, dans la fabWcatlon des émaux, dans la poterie ; il sert (pfindpalement la mine orange) à colorer les papiers de tenture, à fabriquer le strass, le ffint-glass ; à colorer les eires m^ks et à cacheter ; fl sert dans les peintures à Thuile et à la préparation de quelques mastics. En pharmacie, il entre dans certaines pommades ou emplâtres ; par eieftiple, dans Templâtre de Nuremberg.

AlTÉRATïONS. — Le minium renferme très-souvent du cuivre, dont la présence est nuisible quand on remploie dans U fabrication des cristaux ou des émaux, auxquels ce métal donne une teinte bleu-verdàtre. Le mode d'eàsai, dans les arts, consiste à placer dans un moufle un mélange de minium (3 p.) M de sable (1 p.); on forme un silicate de plomb qui a une teinte Verte, si le minium renferme du cuivre. Dans les laboratoires, on traite le minium par Tacide nitrique étendu^ qui dissout lé protoxyde de plomb, et le cuivre, s'il y en a dans le minium. Lk liqueur filtrée, pour séparer l'oxyde puce, et traitée par un petit excès d'ammoniaque, donne un précipité de protoxyde dte plomb, et le liquide surnageant est coloré en bleu, dont l'intensité est proportionnelle à la quantité de cuivre. On peut encore traiter la solution nitrique par l'acide sulfuriqùë, ou par un sulfate soluble qui précipite le plomb : le cuivre reste à l'état de sel dans la liqueur ; on évapore à siccîté, et le résidu est repris par l'eau distillée. On filtre, et, dans le liquide filtré, on verse de Tammoniaque en léger excès.

Si l'on veut se rendre compte, d'une manière relative, des quantités de cui\Te contenues dans plusieurs miniums, mais sans recourir au dosage de ce métal, il suffit de faire macérer 100 gr. de chaque minium dans 200 gr. d'eau ammoniacale (180 gr. d'eau et 20 gr. d'amoniaque pure); on agite quelques instants, puis au bout d'une heure on filtre, on neutralise les liqueurs par l'acide acétique et on y verse du cyanure jaune à très-faible dose : le volume du précipité permet d'appiM^ le de^ de puMé de ciiaque échantillon [Jaeç/UètaMj.

On j^ ëusffl, par èompirôison , de rabsencè 6«i ^ lil

présence da cuivre dans le minium, en {daçant dans le moufle d'un fourneau de coupelle une petite plaque de porcelaine biscuit recouverte d'ime certaine quantité (2à3gr.) de minium; celui-ci, par Tapplication de la chaleur, forme un vernis sur la plaque, et on en compare la couleur^ après le refroidissement , avec celle d'un échantillon fype : ce vernis est jaune clair ou jaune verd&tre, vert plus ou moins foncé, suivant que le minium ne contient pas ou contient une plus ou moins forte proportion de cuivre. Cet essai est surtout utile lorsqu'on emploie le minium dans la poterie.

Falsifications. — Souvent le minium est falsifié avec des matières terreuses rouges {poudre de briques ^ ocre rouge) ^ avec du coicothar, du sulfate de baryte. Cette fraude se reconnatt à Taide d'un traitement par une solution d'acétate de plomb neutre, qui s'empare du protoxyde, et qui, si le minium est pur, ne doit laisser pour résidu que de l'oxyde puce.

Un autre moyen, qui nous semble préférable, consiste à traiter le minium par l'acide chlorhydrique concentré ; celui-ci dissout le plomb, le fer, le cuivre, et laisse indissous la brique et le sulfate de baryte; la solution est évaporée à siccité, et on traite le résidu par ralcool|ou par l'éther additionné de ib^^'^* cool à 40o^ pour dissoudre les chlorures de fer et de cuivre.

En traitant le minium par Tacide nitrique étendu d'eau, auquel on ajoute un peu d'alcool, l'oxyde puce, d'abord formé, se transforme en protoxyde et se dissout ; les matières insolubles dans l'acide nitrique (brique, sulfate de baryte) restent en dépôt ; on en opère facilement la séparation par le filtre.

On décèlerait aussi les falsifications du minium , à l'aide de l'essai par voie sèche , indiqué plus haut : les ocres et le colcothar donnent un vernis brun ou brun rougefttre; le sulfate de baryte empêche totalement la formation de ce vernis, à moins qu'il ne soit dans une proportion inférieure à 2 % (Ch. Lamy). On reconnaît d'ailleurs facilement , par voie humide, la présence de ce sel.

MOHHAZBS.

En France, l'unité monétaire est le franc, composé de 9 p . d'argent pur allié avec 1 p. de cuivre, le tout pesant 5 gr. L'alliage est dit au titre de neuf-dixièmes de fin ou de 900 millièmes.

n existe trois espèces de monnaies : 1^ les monnaies d'or de 40 fr., de 20 fir., de 10 fir. et de 5 fr. (i); i"" les monnaies d'argent de 5 fr., de 2 fr., de 1 &., de 1/2 fr. ou 50 c, de 1/4 de fr. ou 25 c. {•), et de 1/5 de fr. ou 20 c. i?) ; 3o les monnaies de cuivre de 1 décime ou 10 centimes, de 5 centimes, de 2 centimes et de 1 centime (^).

Nous ne nous occuperons ici que des monnaies d'or et d'argent, qui seules sont sujettes à des altérations graves, et dont l'imitation, plus ou moins exacte, a de tout temps exercé Thabileté des faux monnayeurs.

Les monnaies d'or et d'argent sont, au titre mathématique, de 900 millièmes, c'est-à-dire qu'elles contiennent 9 dixièmes de métal pur et un dixième d'alliage; avec une tolérance, pour l'or, de 2 millièmes par gramme, soit en dessus, soit en dessous, et une tolérance, pour l'argent^ de 3 millièmes par gramme, en dessus ou en dessous du titre exact (').

Ces monnaies ont, en outre, un poids, un diamètre ou module déterminés, qui sont indiqués dans le tableau suivant (*) :

(1) La fabrication des pièces d*or de 10 Fr. a été autorisée par le décret du 3 mai 1848; celle des pièces d*or de 5 ft. , par un décret du ii janvier 1854. La pièce de 40 fr., qui n*est pas décimale, ne se fabrique plus.

(*) Les pièces d'argent de 35 centimes ont été retirées de la circulation et démonétisées, en vertu du décret du 30 avril 1S5S. Le cours forcé de ces pièces a cessé le !•' octobre 185S.

{}) La fabrication des pièces d'argent de SO cent, a été autorisée par le décret du 3 mai 1848.

(*) Notre monnaie de cuivre, imparfaite sous le rapport de Part, avait rincouvénieni d*être de toutes sortes de diamètre, poids, type et alliage. Une loi en date du 10 avril 1859, promulguée le 6 mai suivant, en a ordonné la refonte e( le remplacement pour une valeur égale à celle retirée de la circulation, par une monnaie de bronze composée de 05 p. de cuivre, 4 p. d*étain et l p. de zinc.

(*} Depuis le !•' janvier 1850, la tolérance du titre pour les pièces d'argent n'est plus également que de 9 millièmes en dessus ou en dessous du titre exact.

D*un autre cAté, pour les pièces de 5 fr. frappées depuis Tan 111 jusqu'à Tan X de la première république» la tolérance était de 14 millièmes, 7 en dessus et 7 en dessous.

(<) Le poids et le diamètre des pièces d'argent ayant été éubli en nombres ronds, elli^s peuvent servir de poids et de mesures de longueur usuels. Ainsi 40 pièces de 5 fr. font le kilogramn^; 90 pièces de 1 fr. et 90 pièces de 9 fr. donnent exactement le mètre, si les lettres de la léfende sur traucbe sont gravées en creui ; celte mesure est moins exacte

aiamàiBs.

POIDS

mÉRASCB

POIDS

DIAMftTilJ

en

ÀT«C LÀ T0LBRÀ9CI

Ott J

UOaUiAlES.

■ XACT.

nilUémts

moamM 1

du

Page 1