‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 127 sur 251 · OU · texte numérisé non relu

OU

La pesanteur spécifique des monnaies, celle de Teau étant 1, varie, pour les pièces d'or, de 17,222 à 17,595; et, pour tes pièces d'argent, de 10,257 à 10,306.

La vérification de ces données, jointe aux caractères physiques (couleur, odeur, son, toucher, dureté), doit faire l'objet des premières recherches du chimiste chargé d'examiner si des pièces sont vraies ou fausses.

Monnaies d'or. — Les fausses monnaies d'or peuvent 6tre distinguées en deux espèces : 1° eelies qui contiennent moin$ (Tor et plus d'alliage que la loi ne le permet; 2° celles qui se composent presque entièrement dun métal étranger^ sur laquelle» on a appliqué une feuille dor.

L'examen des fausses monnaies de la première espèoe se réduit à la détermination de leurs titres, en procédant successivement à Vinquartation, à la coupellation et au départ; cas diverses opérations exigent, de la part de l'opérateur, des connaissances pratiques spéciales qui constituent Pari de l'essayeur : nous nous bornerons ici à les mentionner (').

avec les pièces de S fr. et de 1 fr., frappées depuis 1890, et qui sonl ca»* aeléessur tranche.

(t) La proportion entre Tor et Targeni on le rapport de la valeur de t kii . de monnaie d'or à celle de 1 kil. de monnaie d'argent, qui est dans notie système monéUiire de 15,5 à 1 , n'a pas parmis de donner aux pièces d'or un poids en nomlire» ronds ; mais 155 pièces de SO fr. équivalent à 1 kil.

(*) En 1840, à Berlin, un avis émané de la direetion de ia monnaie royale annonça qu*en faisant procéder è la fonte de vingt mille pièces d*or étrangères ( principalement françaises et anglaises ), on avait trouvé un déficit notable dans leur poids. On constata que ces

Le» (auttet monatiâs do la demièiiM» sgpèûe sont pfinaip«r tettiMt ld9 pièces d'Dr fourré» [^) d'argent ou de plalme. U refaite de la dififoenoe de (wix de ces trois mâtauK (^), que let faossairas trouvent de ravantage à fiibriquflaf des pièces d'ai^ gent ou de platine dorées. Tantôt les pièces sont doublée$, e'est-à-dire que les deux surfaces (effigie et revers) et le cor-* don d'une bonne pièce d'or sont sciés et reportés à Taidô de seudures sur un flan ( disque de même diamètre et de mém^ épaisseur) de platine (^) ou d^un alliage composé de fer, d'af^ gent et de platine^ d'ime pesanteur à près équivalente au poids légal de la pièce. Tantôt c'est un flan de platine préa« lablement recouvert d'une feuille à^, puis soumis à l'action te baliuicier.

L'etamen de la coupe de la pièce réputée fausse est le pre*

Mie» avaient ^é plongées dans une dissolution qui les rongeait ir^ UiAicmentf de manière à détacher de louic>< les parties dp leur surface une égale quantité de matière. Les individus qui avaient pratiqué cette opération ne retiraient les pièces de la dissolution que lorsque 10 à 15 Vo d*or environ s'en était délacbé, après quoi ils rsmetiaienl en circHlalies ees momiafes^qui ne préaenuiieiit à l*ail aucune altération, par suite de cette découverte, cent cinquante personnes, la plupart ouvriers bijoi^* tiers et orfèvres, furent mises en état d'arrestation.

(^) Cesl-à-dire qu'à Taîde d'instruments spéciaux, on retire une portion intérieure dn métal précieux que l'on remplaee par un métal étran* ger (quelquefois \efiomb). Cette altéraiioq se reeonnatt en examiBaM ^^nliveinent le cordon, piii Ton trouve toiMours, en pareil cas, un endroit fruste formant une sorte de tache.

(*) Le gramme d'or fin vaut 3 fr. 4i; le gramme d'argent Gn 0 fr. 22, et le gramme de platine pnr i fr., sanf les variations des cours.

(*) Ge précédé fut employé à Birmingham pour faire de fausses pièces de 40 fr. 11 s'est fabriqué dans cette ville, l'une des plus manufacturières d« l'Angleterre, une grande quantité de fausses monnaies, non-seulenent en imitation de celles du pays, mais encore de beaucoup de pays étrangers. Cette quantité a été telle que le gouvernement dépensa an^ nuellement 175 eoe fr. pour soutenir les procès auxquels ces fausses pièces donnaient lieu. (Chaudet.)

Il y a quelques années, le gouvernement anglais a été mis sur la voie d'une fabrication de faux «ouwratfw, à Birmingham. La découverte eut lieu dans une administration publique. Des soupçons s'éiant élevés sur une pièce ofifertc, elle fut brisée, et l'on s'aperçut que le centre était entièrement composé de métal inférieur, entouré d'or pur. Ces souverains avaient une valeur de 16 shillings; ils avaient donc perdu le 1/5 de le^r valeur légale, qui est de 20 shillings.

mier moyen à employer pour recomialtre la fraude ; oa s'aperçoit bientôt que la surface seule est en or, et Pon détermine aisément, par Tacide nitrique ou par Teau régale, si le métal étranger est de l'argent ou du platine. Si, pour diminuer la densité de celui-ci, on Tavait d'abord alUé avec un peu d'argent, on reconnaîtrait ce mélange ternaire en traitant, à Taide d'une douce chaleur, 1/2 gramme de la pièce par 2 gr. 5 d'eau régale (1 p. d'acide nitrique, 3 p. d'acido chlorhydrique et 1 p. d'eau distillée) : l'argent se précipite finalement à l'état de chlorure d'argent. Dans le cas contraire, la dissolution est complète, et, s'il y a du platine, elle est d'un rouge foncé, presque pourpre, au lieu d'être d'un jaune yerd&tre. La dissolution, rapprochée et débarrassée de son excès d'acide, est filtrée pour séparer le chlorure d'argent, puis mélangée avec du sulfate de protoxyde de fer pulvérisé, jusqu'à cessation de trouble ; l'or, très-divisé, se dépose; on le recueille sur un filtre , on le lave avec de l'eau acidulée par Tacide chlorhydrique, puis avec de l'eau chaude, et on le calcine jusqu'au rouge cerise, afin de lui donner la couleur de l'or mat. La dissolution restante est rapprochée par l'évaporation et traitée par une solution concentrée de chlorhydrate d'ammoniaque ; le précipité jaune de chlorure double ammoniacal est lavé, séché et calciné jusqu'au rouge, pour en retirer le platine en éponge (*).

Si des pièces d'argent avaient été dorées, leur apparence pourrait en imposer d'abosd ; mais le poids ne laisserait plus aucun doute. Il est d'ailleurs un signe physique qu'il peut être très-utile d'invoquer en pareil cas : Teffigie des pièces

(') En opérant de celle manière, M. Lauaignê, en 1835, a raconau que des faux doubles louis, au millésime de 178S. qui lui avaienl été remis par un changeur du Palais-Royal, étaient formés de :

Plalîne. lltr.,«00

Or l ,050

Argent 0 ,200

Poids de la pièce. 15cr.,i50

Le poids de ces faux louis était un peu plus fort que celui du double louis ordinaire, qui est 15vr-,850. Ils paraissaient avoir été fabriqués afec fine lame de platine plaquée d'or sur les deux faces, puis frappée. M.Iotsaigne fut porté à croire que la petite quantité d*argcnt contenue dus ces pièces y avait été introduite pour souder Tor au platine.

d'argent est toujours^ pour un même règne, tournée en sens inverse de celle des pièces d'or. Ainsi les pièces d'argent de Napoléon et de Louis-Philippe ont la face tournée à droite, celles d'or Tout à gauche ; les pièces d'argent de Louis XVIII, de Charles X, de la République de i848 et de Napoléon III, ont la face tournée à gauche ; les pièces d'or l'ont à droite.

Monnaies d'argent. — Les fausses monnaies d'argent peuvent également être distinguées en deux espèces : 1"* celles qui cofUiennent moins d'argent et plus de cuivre; 2^ celles qui sont fermées de métaux autres que l'argent.

Les fausses monnaies de la première espèce sont soumises à des essais par voie sèche (coupellation) ou par voie humide {}). Celles de la deuxième espèce, qui sont de beaucoup les plus fréquentes et les plus nombreuses, sont fabriquées principalement avec les métaux et alliages suivants :

1® Étain seul ;

2^ Étain et antimoine;

Z^ Étain et bismuth ;

4« Étain et plomb ;

5® Étain et zinc;

6* Étain^ antimoine et plomb:

7« Plomb seul;

S"" Phmb et antimoine (^).

9« Phmb et zinc.

Dans quelques circonstances, on a fabriqué un alliage de 9 p. de cuivre et de 1 p. d'argent^ sur lequel on a appliqué une feuille d'argent : ces dernières pièces sont très-faciles à reconnaître par la coupe, qui est d'un jaune orangé.

On a aussi altéré des pièces de 5 £r. par les mêmes procédés que pour les pièces d'or : 1° par le fourrage, opération qui consiste a retirer une portion intérieure de Targent, pour y substituer du plomb. Cette altération se reconnaît en examinant avec soin le cordon, où se trouve toujours un point noir à l'endroit par lequel la pièce a été remplie. 2<» les deux surfaces ont été sciées et reportées sur un flany sur'lequel on

(1) Voy. Chaudel, ^Art d» VEssaymr, Paris, 1SS5.

('] On trouve aussi, dans ces alliages, des proportions minimes de cufDfv et de fer, qui proviennent plut6t accidentellement des autres métaux alUés, que d*ttne introduction volontaire.

}^ fuit e^bfit^r. C^Ue fcwd^ s^ traduit à uq «U ^«rc^ p^ la pr^seno^ de petites boursouflures proveuamt de l'adhérçno^, pro^que toujours imparfaite, des surfaces rapportées, qui soat minces conuue des feuilles de papier.

L'épreuve des caractères physiques offre uu premier moyeu de reconnaissance, qui ne donne, il est vrai, que des pré^ somptions sur Texistence de la fraude. S'il s^agit de déterminer la nature de Talliage, on a recours à l'analyse chimique.

Les fausses pièces ont ordinairement le diamètre des bonnes. Le poids peut servir à faire reconnaître une pièce fausse. Lorsqu'elle a été fabriquée avec des métaux moins denses que Targent, le manque de poids devient une preuve évidente de fausseté. Mais, de ce qu'une pièce possède le poids légal, il ne faut pourtant pas en conclure qu'elle est bonne; car on pourrait arriver à obtenir le poids des bonnes pièces, en combinant des métaux de densité différente dans des proportions convenables (»).

La densité des pièces est aussi un caractère à invoquer (^).

'(') Les densités des métaux employés dans les arts sont les stii- ▼aoles :

Platine laminé t2,oa

Platine it,59

Or forRé 19,36

Or fondu 19,26

Mertîiire , . 19,$$

Plomb tondu 11,35

Argent laminé 10,S5

Arisept fondu. ....,.«... 10,i7

Bismuth 9,88

Cuivre laminé ou forgé 8,9&

Cuivre foo«lu 8,85

Nickel forgé 8,«66

Niclcel fpndn 8,979

Fer 7,788

Elain T,â91

Fer fçndu 7,S00

ZIno 7,19

Antimoine. 6,780

(•) pn 184i, uQus avons PU à examiner ^vcc M. Lassaiyne jjcs piêc.s fausses de 5 fr., 8 fr. et 1 fr., à Teffigie de Louis-Pbilippe. et aux millésimes de 1841 et de 1843 : elles contenaient de Vétain, de Vandmoiw, de plomb, du (^ivre et des traces de fei-. La densité moyenne des fausses jiièces de 5 fr, était 7,293. La pièce de 5 fr. pesait 19 j,'r. 5; celle de 2 fr. 7 gr. 5; celle de l fr. I grammes.

UiCOHkitrgriie, tpme 4e 1» pi^9, le soo mat q\^'ifjn o^ti^l laraqu'oii la jette $ur le carreau, ou quand, apràs lavoir pl^* cée en équilibre sur Textrémité de l'index, on la frappe avec un autre corps métallique ; Vodeur métallique qu'elle exhale quand on la frotte entre les doigts ; la teinte qu'elle impriiQe à ces derniers, enfin son toucher gra$, peuvent servir d'indices quand elle ne renferme que de Tétain, du plomb, du zinc ou quelque alliage de ces métaux.

Les pièces odorantes, privées de son, ou sourdes^ grasses au toucher, sont généralement beaucoup plus ductiles que les bonnes pièces : elles peuvent se laisser légèrement entamer par les dents. Mais si la pièce contient du bismuth, du (suivre ou du xinc, et surtout de Tantimoine, elle acquiert uj^e oartaine dureté, et par suite un peu de sonorité. Ajoutons que si une pièce sonore peut dtre fausse, une bonne pièce peut Atro 9aurde: il suffit d'une petite gergure, d'une couche mipcç de métal isolée, d'une légère oxydation de Palli^ge.

Il résulte de ce qui précède que les caractères physiqijie$ servent par leur manifestation plutôt de contrôle à Panalysç chimique que de moyen direct pour conclure à la f^usçeté d'une pièce de monnaie (^).

Les procédés d'analyse employés pour recQmia|tre les (afférents alliages ci-dessus mentionnés sont les aiiiyantç :

Pour reconnaître l'argent pur de l'argent faux, M. Ji^f^g^ a indiqué la couleur pourpre caractéristique que prend une pièce d'argent plopgée dans une dissolution cqmpQsée de ii p. d'eau, de 3 p. de chromate de potasse et de 4 p. d'acide sulfurique; la coloration est d'autant plus vive et plus intense que l'argent est plus pur; elle s'affaiblit et disparaît même, suivant la proportion de l'alliage. Pour faire l'essai, on entame les pièces, surtout sur la couronne, afin d'attein-

(') Vers la lin de 1853, un assez grand nombre de pièces faasses de S fr. furent mises en circulaiion à Valenciennes et aui environs. C<^:i pièces, parfaitement imitées, avaient la couleur et 1^ son dç l'argent, et pd^riaient djfférenu millésimes; elles étaient composées d'un alliage de ]^lomb et de zinc, argenté par les procédés électro-chimiques. Une peiiie taclie noire sur le côté où était posée la pièce au moment de Targenture, et décelant le métal dont elle était composée, fut le seul indice qui pdl, MM une inspoetioQ minutieuse, fliire r0conn9llre l9 fr^iMie-

dre le noyau et d'éviter Perreur dans laquelle on tomberait en opérant, par exemple, sur des pièces qui ne seraient recouvertes d'argent qu'à la superficie.

Viennent ensuite les caractères chimiques ordinaires des métaux entrant dans la composition de l'alliage , et ceux qu'ils présentent, d'après les observations de Chaudet, lorsqu'on les soumet à la coupellation, qu'ils soient seuls ou alliés entre eux.

Ètain, — Une pièce en étain pur est d'un blanc légèrement bleu; frottée entre les doigts , elle exhale l'odeur particulière à ce métal; par la coupellation, elle fournit un oxyde trèsblanc. Traitée par l'acide nitrique pur à 22* Baume et bouillant, elle donne de Tacide stannique. La liqueur nitrique n'est troublée par le sulfate de soude, ou colorée en bleu par l'ammoniaque, qu'autant que l'étain renfermerait un peu de plomb ou de cuivre. L'acide stannique, ou l'étain, donne avQc l'acide chlorhydrique, ou l'eau régale, une dissolution présentant tous les caractères des persels d'étain : précipité blanc avec les alcalis ; précipité jaune avec l'acide sulfhydrique.

Étain eê antimoine. — Cet alliage est blanc, brillant et un peu sonore; il donne, par la coupellation, un oxyde plus ou moins gris, parsemé de blanc. L'acide nitrique transforme les deux métaux qui le composent en acides stannique et antimonieux, insolubles, sous formuB de poudre blanchâtre; la présence de l'antimoine peut y être décelée lorsqu'on en introduit une partie dans un flacon, avec du zinc, de l'eau et de l'acide sulfurique : il se dégage un gaz qui, en brûlant, dépose sur la porcelaine de larges taches noirâtres d'antimoine métallique.

Le plomb et le cuivre qui se rencontrent parfois unis à rétain et à l'antimoine restent en dissolution dans l'acide nitrique. On sépare l'étain de l'antimoine, au moyen du procédé de Gay-Lussac. L'alliage d'étain et d'antimoine, chauffé avec l'acide chlorhydrique concentré et bouillant, additionné d'un peu d'acide nitrique, se dissout complètement ; si dans la dissolution étendue d'eau on plonge une lame d'étain, l'antimoine se précipite en flocons noirs qui sont recueillis, lavés à l'acide chlorhydrique très-faible, puis à l'eau bouillante^ desséchés à 120® et pesés. Si l'alliage renferme aussi

do cuivre et da plomb, ces métaux se précipitent avec l'antimoine, qui est traité par Tacide nitrique bouillant : le cuivre et le plomb sont dissous, et Tantimoine, transformé en acide antimonieux, se sépare sous forme de poudre blanche insoluble; son poids fait connaître par suite celui de Tantimoine*

La liqueur nitrique traitée par lacide sulfurique ou par un sulfate alcalin laisse précipiter le plomb à Tétat de sulfate insoluble : du poids de ce précipité, lavé et séché, on déduit celui du plomb. La liqueur surnageante, traitée par Tacide sulfhydhque, donne un précipité de sulfure de cuivre qui, recueilli, lavé et traité par Tacide nitrique, est transformé en sulfate dont on précipite le cuivre à Tétat d'hydrate do bioxyde de cuivre, à l'aide de la potasse ; du poids de cet oi^de recueilli sur un filtre, séché et lavé, on déduit celui du cuivre.

£tain et bismuth. — Il fournit sous le moufle un oxyde gris jaunâtre. Traité par l'acide nitrique, il donne un précipité d'acide stannique et une solution de nitrate de bismuth, qui, débarrassée de r.excès d'acide par Tévaporation, précipitera en blanc par Taddition de Teau; en noir, par l'hydrogène sulfuré; en blanc, par Tammoniaque, la potasse; en blanc, par le carbonate d'ammoniaque ; ce dernier précipité, recueiUi, lavé, et chauffé au rouge, donne de l'oxyde de bismuth, d'où l'on déduit le poids du métal.

£tain et plomb. — Cet alliage est entièrement soluble dans Tacide chlorhydriquë. Traité par l'acide nitrique, il se dissout en partie, et donne un précipité blanc d'acide stannique, qui, lavé, séché et calciné avec du charbon, fournit un bouton métallique dont la dissolution chlorhydriquë présente toutes les réactions des sels d'étain. La liqueur nitrique précipite en blanc par Tacide sulfurique ou un sulfate alcalin ; eil jaune par l'iodure de potassium, le chromate de potasse; en noir par l'hydrogène sulfuré. L'alliage de plomb et d'étain soumis à la coupellation donne un oxyde blanc mêlé de couleur de rouille et d'un peu de jaune.

É tain et ztnc.— Cet alliage est d'un blanc un peu bleuâtre; passé à la coupelle, il s'enflamme plus ou moins sous le moufle, donne un oxyde verdàtre au sortir du fourneau, et devient blanc par le refroidissement. Traité par l'acide nitri-*

9Ô MÔNNAtËd.

(pie bouillÀnt, il fournit un précipité d'acide stànDi<tUé qu'ôft peut doser comme on Ta déjà dit plus haut, et une solutiofl de tiitrate de £inc, donnant par l'ammoniaque, la potasse, un précipité blanc soluble dans uu excès de réactif; avec Thy*drogène sulfuré, un précipité blanc ; avec le cyanure jaune, un précipité blanc; avec le cyanure rouge, un précipité jaune brangé ; avec les carbonates alcalins^ un précipité de carbo* tiate de zinc qui, lavé, recueilli et calciné, est transformé eti oxyde, du poids duquel on déduit facilement celui du zine métallique.

Étain, antimoine et plomb, — Soumis à la coupelle, cet alliage donne un oxyde mêlé de gris noirâtre, de blanc et d« jaune. Traité par Facide nitrique , il donne une solution plombique, dans laquelle on distingue facilement la présence de ce métal, à l'aide des réactifs appropriés. On a un précipité d'acides stannique et antimonieux , dont on opère la séparation par le procédé de Gay-LussaCj indiqué plus haut.

Plomb. --Une pièce en plomb est grise, sans sonorité; elle tache les doigts; sa tranche, d'un gris bleuâtre, se ternit facilement à Vair. Soumise à la coupellation, elle produit un oxyde jaunâtre entièrement absorbé par la coupelle. Elle se dissout entièrement dans Tacide nitrique ; la solution donne toutes les réactions caractéristiques du plomb.

Plomb et antimoine. — Cet alliage donne avec l'acide nitrique une dissolution présentant les caractères du plomb, et un précipité d'acide antimonieux qui, chauffé avec un peu de flux noir, fournit un bouton métallique, sur lequel on constate facilement les caractères de l'antimoine. Soumis à la coupellation, cet alliage donne un oxyde jaunâtre entièrement absorbé par la coupelle, tandis que l'antimoine est complètement vaporisé.

Plomb et zinc. — Cet alliage donne avec Tacide nitriqno une dissolution dont on sépare le plomb par l'acide sulftlrique ou par un sulfate soluble; le précipité de sulfate de plomb est recueilli sur un filtre ; la liqueur filtrée contient le ïint, que Ton précipite par le carbonate de soude ou de potasse. Ou bien Ton fait passer dans la dissolution nitrique utt ftoutant dé ga2 hydre)gène Sulfuté qui précij^ltô èetdement »

MORMtmÉ. 1\

plomb. On filtre pour séparer le stitftlre de plomb i on chaafM là liqueur afin de chasse^ Tetcès de gaz sulfhydrique, et an précipite le zinc comme à l'ordinaire.

Enfin , le pùckfung (ou packfong) , connu aussi sous léi noms à'ùrgentan, de cuivre blanc A^ Allemagne, demaillechort, est un alliage presque aussi blanc que Targent et comporté de cuivre, de nickel, de zinc et souvent i'étain et de fer. Traité par Pacide nitrique, on obtient un précipité d'acide stanniquè et une solution de cuivre, de nickel, de zinc et de fer. Si Ton fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans la liqueur, le cuivre seul est précipité à l'état de sulfure et se dose à Fétat de bioxyde, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Le fer, s'il y en a, ramené au maximum d'oxydation, est précipité par l'ammoniaque et dosé à Tétat de sesquioxyde. Restent le nickel et le zinc, qu'on précipite, l'un et l'autre, à l'état de carbonate, à l'aide d'un carbonate alcalin. Le précipité est dissous dans un excès d'acide acétique, et l'on fait passer dans la dissolution un courant d'hydrogène sulfuré qui précipite le zinc à l'état de sulfure, tandis que le nickel reste en dissolution. Le précipité de sulfure de zinc est recueilli, lavé et dissous dans l'acide nitrique; à l'aide du carbonate éh potasse ou de soude, il est précipité à l'état dé carbonate éi dosé à l'état d'oxyde.

Quant à Tacétate de nickel, il est précipité par lÀ pota^ caustique en excès, et chauffé au rouge. Le poids du prbtoxyde de nickel ainsi obtenu fait connaître celui du nickel.

MORPHXKII.

La morphine, découverte en 1816 par Sertuemer, est Ttih des alcaloïdes de Topium. Elle cristallise, soit en prismes rectangulaires terminés par un biseau , soit en octaèdres. Ces cristaux sont blancs, brillants, inodores, inaltérables à l'ait ; leur saveur est amère et persistante ; ils contiennent 2 équivill. ou 5 yo,73 d'eau, qu'ils perdent à 120® ; ils deviennent opaques et fondent à une température plus élevée en un liquide jaune.

La morphine est insoluble dans l'eau froide et très*pea «ohible dans Téther. L'eaa boaiUanie en diffioat i/t2 de Mil

72 MOEPHINE.

poids. Elle est soluble dans 40 p. d*alcool anhydre froid et dans 30 p. d'alcool ordinaire bouillant; elle se dissout dans les huiles grasses et volatiles. Les dissolutions de morphine ramènent au bleu le papier de tournesol rougi, verdissent le sirop de violette et rougissent le papier de curcuma.

La morphine est soluble dans la soude ou la potasse caustiques et un peu soluble dans Tammoniaque ; elle se dissout dans Tacide nitrique, qui la colore en rouge de sang.

Projetée dans une dissolution concentrée et peu acide d'un sel de peroxyde de fer, elle se colore en bleu foncé. Elle décompose l'acide iodique; l'iode, mis à nu, colore l'empois en bleu.

La morphine renferme : carbone^ 7i2,2 ; hydrogène, 6,â ; azote, 4,9; oxygène, 16,7.

Usages. — Les sels de morphine font la base de quelques préparations pharmaceutiques (sirops d'acétate, de chlorhydrate, de sulfale de morphine).

Falsifications. — La morphine contient quelquefois du phosphate de chaux (*), de la matière colorante de l opium, de la narcotine, soit que cette dernière substance qui l'accompagnait dans l'opium en ait été incomplètement séparée, soit qu'on l'y ait frauduleusement mélangée (^),

La matière colorante se reconnaît à la couleur moins blanche de la morphine.

La narcotine est décelée et séparée de la morphine par plusieurs moyens : soit par Téther, qui dissout à froid la narcotine et ne dissout pas la morphine (Robiquet) ; soit par Tacide acétique faible, qui dissout à froid la morphine, sans attaquer sensiblement la narcotine [Pelletier)-, soit par une solution de potasse à 20« Baume, qui dissout la morphine à l'exclusion de la narcotine [Liebig).

La narcotine, en outre, n'est pas colorée en rouge par Tacide nitrique ; elle est sans action sur l'acide iodique et les sels de peroxyde de fer.

(*) On a livré au commerce de la morphine qui renfermait 30 o'o de phosphate de chaux. (Cftea:.)

{•) Il y a quelques années, on a trouvé 17 «/o de narcotine dans de la morphine provenant d*Alleroagne, et jusqu*à 50 Vo de ce même alcaloïde dans de la morphine qui arrivait d*Angleierre.

Husc. 73

Dans le cas où des alcalis fixes^ des sels minéraiix, auraient été mélangés à la morphine, l'incinération les laisserait pour résidu.

De même que Thuttre, la moule ordinaire {mytilus eduS$) est un mollusque acéphale testacé, de la famille des mytilacées.

Il y a de nombreuses espèces de moules, divisées en deux grandes classes: 1® moules de mer; 2® moules deau douce. Celles de nos marchés appartiennent à cette dernière catégorie.

Les accidents causés par les moules ont été, comme pour les huîtres, attribués à des causes très-diverses ; toutefois, on a reconnu quïls sont plus nombreux lorsque les moules sont mangées à l'époque du frai , ou bien lorsqu'elles sont trop avancées.

On y a trouvé aussi des composés cuivreux ^ provenant de la même cause que celle qui en imprègne les huîtres. La présence de ces composés se constate par les procédés indiqués à Tarticle HurrRES.

Le musc est une matière sécrétée dans une sorte de poche ou bourse située en avant du prépuce d'une espèce de chevrotain (moschus moschiferus], de Tordre des ruminants, qui vit au Tonquin^ au Bengale, dans le Thibet, la Daourie et la Tartarie.

C'est une substance solide, onctueuse, granuleuse, d'un brun jaunâtre terne, d'une saveur ftcre, légèrement amère, d'une odeur très-forte et extrêmement diffusible. Soumis à Faction de la chaleur, le musc fond, s'enflamme, et ne laisse que fort peu de charbon ; la potasse, la chaux en font dégager de l'ammoniaque. Il ne donne que 4 à 6 •/> de cendres grises.

D'après l'analyse de MM. Guibouri et Blondeau, le musc contient :

74 nusc.

Bœîraii pdr Vithêr : gfafsse ; eholestértne ; acides ghts muré» par rammoDla(tae ; huile volatile 1S,60

Eoitraitalœolique : cholestérîDe ; acides gras saturés par rammoniaqiie; huile volatile; chlorures de potassium, de sodium, de calcium ; sel ammoniac; acide indéterminé, combiné avec les mêmes bases. . . . 6,00

Extrait aqwux : les chlorures précédents; acide indéterminé ; gélatine; matière charbon née, solublodans Peau 19,00

Extrait par l'ammoniaque : albumine; phosphate de chaux IS.OO

Tissa fibreux ; carbonate et phosphate de chaux ; poils et sable *..... i,75

Ammoniaque, volatilisée pendant la dessiccation. . . 0,3S

Èau i6,93

Suivant une analyse plus récente de MM. Geiger et Beimann^ les parties constituantes du musc seraient les suivantes :

Graisse non saponifiée 1,1

CltolestéHne, contenant de la graisse précédente. . . 4,0

Résine amère particolière 5^0

Extrait alcoolique; acide lactique libre et sels 7,S

Extrait aqueux, sels solu blés dans Teau 36,5

Résidu sableux insoluble 0,4

Eau et ammoniaque dégagée de Tacide lactique. . . . 45,5

Dans le commerce, on connatt trois ^tte» principale» de musc:

Le musc de la Chine ou mtisc Tonquin, le plus estimé, est en vessies , ou poches rondes cachetées , enveloppées de papier de soie ; leur grosseur est variable, elles sont plateé d'un côté , presque toujours dépourvues de poils ; et de Tautre, convexes et garnies de poils fauves, assez longs, con* vergeant vers le centre. Le musc Tonquin est brun foncé, visqueux, grumeleux au toucher; il possède une odeur forte et persistante, un peu ammoniacale, qui devient agréable en ^affaiblissant.

Le musc du Bengale est en vessies, généralement moins bien ftfff mées que les précédentes ; elles sont souvent recousues, humides ; le poil qui en recouvre la peau est moine lonf.

«Ust. 7$

l6dhi et ftièlé. Son odfeut est tooitis fine ijuè celle du musé Tônqttin.

Le musc de Russie OU de Sibérie^ de Tartarie, nommé aussi musc Kabardin, est en tessies plates, îièches, allongées, et kjant de 25 à 55 millimètres de diamètre ; recouvertes, à la partie supérieure, de poil tas d'un gris blanchâtre ; Ta*pect de la partie inférieure est d'un gris sale. Le musc que ces vessies contiennent est compacte, moins foncé en couleur que le musc Tonquin, d'une consistance comme fibreuse; soft odeur est peu pénétrante, moins agréable, et se dissipe facilement.

On doit conserver le musc bien sec.

Usages. — Le musc est employé dans la parfumerie. En médecine, on l'emploie sous forme de pilules, de potions. (Test un médicament très-énergique, excitant, dont on fait Surtout usage pour combattre les maladies nerveuses, dans les fièvres typhoïdes, le tétanos, les convulsions, la coqueluche, l'hystérie, etc.

Falsifications. — Le prix très-élevé de cette substance, ainsi que l'extrême difTusibilité de son odeur, l'ont fait sou- Vent adultérer, soit en introduisant dans les poches des corps pesants, comme le plomb y le fer, soit en y remplaçant une portion de la matière extraite par du sang desséché, de la chair musculaire (*) , des membranes , de la gélatine , de la cotte de peau dtâne (•), des poils, de la fiente ^oiseaux, de la cire, de tasphatte, du benjoin, du styrax^ du sable, du tabac et autres substances analogues (»).

On carbonise d'abord une petite quantité de musc, et on

• (') M. Hubner, de WiUenhaiisen, a trouvé de la chair musculaire sécbce dans une poche de musc, provenant d*une maison de commerce assez en renom. Il remarqua dans ceue poche un fil brun, de CfOi de longueur» qui avait probablement servi à enfiler les morceaux de chair.

(>) Cette falsiûcalion a été reconnue par M. Guibourt : une partie de la peau de:» poches de musc avait été dédoublée, et dans la cavité Torroée par le dédoublement on avait introduit la rolle de pt^au d^Sine.

(') En 1847, la Cour royale de Douai annula un contrat de vente il*un€ caisse naufragée, pabllquemeot adjoKée en douane, moyennant S 000 fr., portant l'indlcatioa de fnmc^ et ne contenant que des peaux ou espèces de parchemins inodores, qui n*avaient du musc que le nom porté sur réiiquette de la caisse.

Page 1