‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 129 sur 251 · MUSC · texte numérisé non relu

MUSC

M. Martiny (^) a décrit les caractères suivants offerts par des poches de musc artificiel, introduites dans le commerce. Ces poches avaient à peu près la grosseur et la forme d'une noix, mais elles étaient légèrement aplaties ; à l'intérieur, elles étaient couvertes de poils très-fins, à Texception d'une petite place nue à la surface aplatie. Les poils avaient de 0»,02ï à 0-,033 de long ; ils étaient très-fins , doux , d'un blanc grisâtre à la racine et d'un gris brunâtre à Textrémité. Ils étaient régulièrement couchés dans le même sens et couvraient uniformément la convexité de la poche ; ils étaient également coupés à l'extrémité supérieure ; le poil était aussi lisse et cassant que celui du musc officinal ; mais il n'en avait pas la courbure ondulée. Près de la surface plate, la peau avait plusieurs pUs, dont l'intérieur était également couvert de poils. Ces poches n'avaient pas [l'ouverture ordinaire des poches du musc, et ne portaient pas les restes du pénis. La poche ayant été tenue, pendant une nuit, enveloppée dans une étoffe mouillée, s'est ramollie; les plis qui se trouvaient près de la surface plate s'ouvrirent et laissèrent voir l'intérieur. La peau avait environ 0",002 d'épaisseur, le derme était transparent et ne présentait aucune trace de décomposition ; cependant les poils tombaient avec faciUté. 9

M. Martiny pense que cette peau avait été prise sur l'un des animaux du genre moschus, qu'on trouve dans les Indes orientales (moschus javanieus , kanchil, meminna, pygmus)y et qui sont dépourvus de poches à musc.

L'intérieur des poches était rempli d'une matière végétale solide, d'un brun clair, ayant une odeur faible et une forte saveur astringente ; elle n'était soluble ni dans Teau, ni dans réther ; mais elle se dissolvait en partie dans l'alcool et dans l'acide chlorhydrique. La solution alcoolique, d'un brun clair, devenait noire par l'addition du perchlorure de fer ; une solution de potasse caustique dissolvait ce faux musc et donnait une liqueur dont la coloration en rouge brunâtre foncé était détruite par une addition d'acide nitrique.

(•} ACAB, Traiié dês faUifleaUtms, Anven, 1849.

31 ini$(49E.

La muscade ou uoix muscade est 1q fruit du muscadier {myristica moschata officinalis)^ arbre de la famille des myiia* ticées, originaire des lies de Banda et d'Amboine, dans Parcbipel indien ; qui croît aux lies Moluques, aux lies de France et de Bourbon.

La muscade proprement dite est une amande onctueuse, à surface ridée, blanche extérieurement » jaunâtre et marbrée de rouge à Tintérieur. Elle est facile à couper; son odeur est forte et aromatique, sa saveur chaude et ftcre. Elle est recouverte d'une coque brune, dure, peu épaisse, reoouv^te d'une membrane fibreuse, odorante, d'un rouge écarlate, qui devient jaune et dure en vieillissant ; c'est Tanlle, connue dans le commerce sous le nom de maci». En dessus de cette peau est un brou charnu 0t filandreux.

La noix muscade est piriforme, marquée d^un sillon longitudinal ; elle ressembla à une pâcbe-brignon de grosseur moyenne. Dans le commerce, on distingue les muscades par l^ur forme et par le nom du pays d'où elles proviennent.

Les mu»cade$ de$ Alolmque$, qui sont les plus estimées, se divisent en muscades mâks ou iauvaget^ grosses et longues, légères, peu odorantes et se piquant avec facilité , peu employées ; et en muscades femelks ou cultivées^ rondes, d'une grosseur variable, mais n'excédant jamais celle d'une petite noix ; elles sont recouvertes d'une poussière grise.

Les muscades de Vile de France sont longue ou rondtSy légères.

Il y a aussi la muscade en coque (non mondée); mais ^Ue est moins fréquente dans le commerce , les museades étant généralement vendues dépouillées de leur macis.

La muscade contient : myrisitM^ oléine^ huile volatik^ acide indéterminé, fécule, gomme.

Usages. — On l'emploie dans Técononûe domestique connue aromate et conune condiment, et en médecine, comme excitant très-énergique.

Falsifications. — Les muscades sont quelquefois mêlées de noix piquées, rongées par des insectes et devenues friables ; les piqûres sont sJprf^ bou^héft» avec une espèce de m^tic

(pygïé de farim^ é^'hytik pt 4e p(^% df ^ Wf cfe. C^tte pâte 9 DOjJi^ç sorvi à f^riquer de /ot<^^5 pi4çes des fausses muscades , inodores et insipides. Des industriels de Marseille ep opt fait avec du son, de Vargik et de^ di^^riis cfe muscade. Ces muscades^ pises en contact avec Teau, se délayaient dans ce liquide (^),

Les muscades piquées sont également insipides et presque inodores ; parfois elles ont une odeur de moisi , lorsqu'elles oi^t été m^l conservées.

Q^^^i à la fraude qui consiste à vendre des muscades épuisées par takoQl et par Içl distillation, ou mélangées avec de^ fruits étrangers analogues , plie est reçpimpe par U cassure, Todeur, la saveur.

l^ myrrh^ est une gomme-résine qui découle d^ balsamor dendron myrrha, arbre de la famille des térébiQtli^cées, qui proît en Arabie, en Abyssinje, dans la Nubie.

Il y a deux sortes de myrrhe : la myrrhe en larmes çt la O^yrrhe en sorte,

L^ myrrhe en larmes se présente eu larmes pe$aute9» d'up volume très-variable , ro^geâtres , irrégulières , pomme efflorescentes à le^r surface , grosse? au toucher , demi-tramparentes, fragiles, à cassure vitreuse, brillante çt offrant quelques stiri(^ blanchâtres. Elle a ime saveur acre et résineuse, ^ne odeur faible, aromatique, et répand une odeur bal^&mique lorsqu'on Fexpose à la chaleur ; elle ne fppd pas et brïUe avec une flamme claire et brillante ; elle est peu soluble dans Talcool.

la myrrhe contient, d'après l'analyse de grandes : huile volatile très-fluide; résine insipide; résine molle; gomme: adragantine ; sels minéraux.

La myrrhe en sorte contient de la myrrhe comnjunp» beaucoup de menus et de poussière, souvent du bdellium, de la gomme et des marrons.

(^) U y a (quelques années, un qavjre ^oglais esl arrivé do Canlop atac une cargaison de noix muscades ch lioU i^qc, p»rfaUumant imiftéai. [Jobard, de Bruxelles.)

80 IITERHE.

Usages. — La myrrhe est employé, à l'intérieur, comme tonique et excitant ; on s'en sert aussi pour faire des fumigations excitantes.

FALSincATiONS. — On a falsifié la myrrhe avec diverses sortes de bdellium (myrrhe de Flnde^ bdellium opaque), avec la gomme du paySy la gomme arabique, et diverses autres gommes ou résines, qu'on a fait infuser préalablement dans de la teinture de myrrhe (•).

La myrrhe de VIndej qui n'est qu'une espèce de bdellium, se distingue de la véritable myrrhe par sa couleur rouge noirâtre ; elle est peu transparente sur les bords, se ramollit par la chaleur de la main^ ^t peu odorante ; elle a une cassure inégale, résineuse, molle et collante par places ; sa saveur est très-amère et térébinthacée. Quelques gouttes d'acide nitrique, versées dans ime solution alcoolique de cette matière, donnent un précipité jaunâtre ; le môme acide forme, dans la teinture de myrrhe, un précipité rose, passant au rouge et finalement à la couleur lie de vin {Bonastré).

Le bdellium opaque est cireux, d'une saveur amère, un peu gommeuse, nullement acre à la gorge. . La gomme se distingue par sa ductilité sous la dent, son insolubilité dans l'alcool, par Podeur empyreumatique et nullement balsamique qu'elle répand lorsqu'on l'expose à la chaleur. En outre, sa poudre est d'une couleur beaucoup plus p&le que celle de la bonne myrrhe.

Pour reconnaître si la myrrhe est pure ou altérée par le mélange d'autres gommes-résines, M. Giovanni Righini a pro« posé le moyen suivant : on réduit en poudre très-fine 4 gr. de myrrhe et une égale quantité de chlorhydrate d'ammoniaque très-pur, puis on mélange les deux poudres par la trituration, et on y ajoute peu à peu 60 à 100 gr. d'eau. Si le mélange se dissout promptement dans ce liquide, c'est un indice assuré que la myrrhe ne contient point de substances étrangères.

(*) Eo 1847, M. M, Hartung-Schtoarxkopf ti reçu une partie de myrrhe qui ooQteiiait 6 «/• euviron de gomme du Cap, à laquelle ou a?ait doaiié l*odear et la saveur de myrrhe eo l^humeciant à plusieurs reprises avec la teinture de cette goauue-résiue.

xNAPHTI. ël

Le naphte ou bitume naphte^ huile de naphte, est on bitume ou cait)ure d'hydrogène liquide, que Ton rencontre dans les formations récentes (neptuniennes) de plusieurs localités. L'espèce la plus pure existe, en grande quantité, en Perse, sur la côte nord-est de la mer Caspienne, à Baku; on la rencontre dans des marnes argileuses, et on peut la recueillir en creusant des puits de 10 mètres de profondeur.

On en a recueilli à Carthagène, dans PAmérique méridionftle. On en trouve aussi en Europe, dans les duchés de Parme, de Modène et de Plaisance, où Thuile sort avec Teau du sein de la terre. On rencontre aussi du naphte en Grèce, en Bavière, dans les environs de Neufchfttel près de Travers, dans les départements de TAin et du Bas-Rhin.

On réserve le nom de naphte à Tespèce la plus pure, et on appelle pétrole ou huile de pétrole (oleum petrœ , huile de pierre), celle qui est plus ou moins souillée de matières étrangères.

L'huile de naphte est incolore ou légèrement jaun&tre, d'une odeur pénétrante particulière; sa densité est 0,758 à \9^. Distillée avecTeau, elle laisse un faible résidu ; elle bout à 85' 5.

L'huile de pétrole est d*un rouge brunâtre, d'une densité de 0,83 k 0,88 (^). Elle n'est pas si fluide que l'huile de naphte, et quand on la distille avec de l'eau, elle laisse une grande quantité d'une substance brunâtre, molle et visqueuse, comme le bitume. Quand on distille le naphte sans eau, il s'en résinifie toujours une certaine quantité.

Les huiles de pétrole et de naphte contiennent les mêmes principes, mais en proportions différentes.

Le naphte renferme une huile bouillant à 95^, une autre

(*) Le pétrole de Perse beat à liOM. {He$ê, de Sainl-Pélersboung.)

Page 1