NOIX DE GALLE
peu saillantes; elles oifireat à leur centre une espèce de germe.
Les galles d'Istrie sont petites, légères, de couleur jaune pâle ; elles prennent une couleur jaune, rouge «t brune, en vieillissant^ non épineuses, mais présentant dos rides profondes et multipliées; facilement cassantes. Au centre se trouve la cavité où logeait Pinsecte.
Les galles de France, dites légères^ sont sous forme de boules parfaitement rondes, très-légères, unies à la surface, sans aspérités ni proéminences. Elles sont d'un jaune p&ld ou couleur de bois; quelques-unes sont noirâtres et difformes. Presque toutes, elles sont percées, faciles à briser, offrent un intérieur compacte , d'une texture fine , d'un jaune fauve, plus foncé qu'à la surface. Au centre est la cavité où séjournait Tinsecte.
La noix de galle est composée, d'après H. GuHourtf de : tannin (acide tannique ou quercitannique, colorant en bleu les persels de fer), 65 ; acide gallique^ 8 ; ae. eUagique^ oc. im* téogallique (principe colorant jaune), 2 ; chhrophylk et huHt valatikfQyl; matière exiractive brune, 2,5; gamme,i,b\ amidon,^; Ugntux^ 10,5 ; sucre liquide 9 albumine^ sulfate depo^ tasse^ chlorure de potassium^ gallate de potasse et de chaHx^ oxalate et phosphate de chaux, 1,3; eau^ 11,5.
BerzéUus acUnet, en outre, un peu à' acide peeiique oombiné au tannin.
Une décoction de 1 p. de noix de galle dans 10 p. d'eau a une couleur jaune rougeâtre, une saveur astringente et amère. Les acides y forment un précipité ; les alcalis , un précipité soluble dans un excès ; la chaux y développe une couleur brune; les sels d'alumine y produisent un précipité jaune brunâtre; les sels de protoxyde de fer, un précipité se formant par le contact de Tair ; les sels de peroxyde de fer, un précipité bleu foncé ; les proto et les persels d'étain, un précipité jaunâtre; les sels de plomb, un précipité blanc sale ; les sels de cuivre, un précipité brun ; les proto et les persels de mercure, un précipité jaune.
Usages. — La noix de galle est astringente à un assez haut degré; en médecine, on 1 emploie contre les diarrhées; ea inûision aqueuse, comme gargarisme pour arrêter les salivations provenant d'un traitement mercuriel ; en teinture com-
NOIX OK GAhiM^ 116
pOsJë, en injeetion, centre les hëmorrhagies (lassives, les gonorrhées, les leucorrhées, les blennorrhées ; elle fait la base de la pommade antihémorrhoidak de Gullen. Dans les arts, elle sert à la préparation de l'encre ; on remploie dans la teintute en noir. — La noix de galle sert en place de tannin^ comme oontre-poison des alcalis organiques ^ des prépara*^ tions d'opium, etc.
Falsifications. — Les noix de galle sont fraudées quelquefois dans le commerce , tantôt en mélangeant des galkê de qualité inférieure à d'autres de bonne qualité, tantôt en veiH dlini pour galles d'Alep des galles pt^tiées dont les trous ont été bouchés avec de la oire, ou des galles légères que Ton a colorées artificiellement, en les arrosant arec une solutioti da sulfate de fer (ritiiol vert).
Si Ton fait bouillir avec de Feau ces galles sophistiquées» la cire servant à boucher les piqûres entre oh fusion^ se détache et laisse paraître les trous. L'eau, on outre, dissout le sulfate de fer, appréciable par les réactifs appropriés (chlorurv de baryum, cyanure jaune).
Une fraude que nous devons signaler, quoique nous peusiens qu'elle ne s'est pas renouvelée, a consisté dans la vente» pour nuit de galle, de terre gloase façonnée et coiorée (eorame cela se ppratique pour les galles vidllies et blanchies) avee une solution de sulfate de fer.
Ces fausses galles ont une cassure qui ne ressemble en rien à eelle des véritables. Placées dans l'eau, elles se dilatent; bouillies avec ce liquide, le dernier donne des réactions carac* téristiques du sulfate de fer avec le cyanure jaune, Fammo* niaque, le chlorure de baryum.
Le meilleur moyen de recimnattre la bonté d'une noix de galle est de rechercher sa richesse en tannin. On pulvérise grossièrement un échantillon moyen sur lequel on prélève 100 gr. que l'on traite par Téther, dans l'appareil à déplacement de Robiquety modifié par M. Payen (V. PI. II, fîg. 14 et 15). On épuise par ce véhicule. Le fécipient contient deux couches : Tune dense, un peu brunâtre, oléagineuse; l'autre, très^uide, verdfttre, que l'on décante. La couche dense est évaporée k siccilé. La masse restant*» est du tannin pur, doitt on dMermine le poids.
116 noix TOMIQUE.
La noix de galle d^Alep, de bonne qualité, donne 38 à 45 »/• de tannin.
Un autre mode d'essai consiste dans remploi du tannomètre de M. Pédroni fils. Cet instrument, ainsi que son nom indique, a pour but de mesurer la quantité de tannin contenue dans une substance quelconque. Il est fondé sur la propriété que possèdent les sels solubles d'antimoine de former, avec le tannin, un précipité de tannate insoluble, sans se combiner avec les autres substances (matières colorantes, gommes, etc.).
La liqueur d'épreuve se forme en dissolvant l«f«,402 d'émétique dans 1 litre d'eau distillée. Cette liqueur sature exactement 2 gr. de tannin.
On pèse exactement 2 gr. prélevés sur un échantillon de la substance dont on veut apprécier la richesse en tannin ; on les traite à chaud, à plusieurs reprises, par 200 gr. d'eau distillée. Ces liqueurs réunies et refroidies, on complète le volume d'un litre, et on verse dans un vase à précipitation (semblable à celui du chloromètre ou de l'alcalimètre) 50 centimètres cubes de ce liquide. On verse ensuite goutte à goutte la liqueur d*épreuve contenue dans une burette ordinaire, ou tannomètre, jaugeant 50 centim. cubes et divisée en 100 parties ou degrés. On arrive ainsi à une saturation complète, qui se manifeste à l'absence de trouble dans le liquide tannifère, lorsqu'on y verse une goutte de solution normale d'émétique. Parvenu à ce point, on lit sur la burette le degré auquel s'est arrêté le liquide d'épreuve, et comme chaque degré représente 0,01 de tannin, le nombre de ces degrés lus sur la burette indique la quantité pour 100 de tannin renfermée dans la substance que l'on essaye.
Si, par exemple, on trouve que le degré est le quarantième, cela signifie que la substance contient 40 "^/o de tannin ; et ainsi de suite.
MOXZ VOHIÇUB.
La noix vomique est la semence du sttycknos nnx vamka (strychnées), arbre qui croit dans les Indes orientales, dans nie de Ceylan, etc. Elle est ronde, aplatie comme un bouton,