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OPIUM DS PàTOT
btanc Brrurt.
mÊmam
En 1852, M. Granàvàl a constaté que l'extrait de pa?ot iodigèM» prépnré dans le vide, contient 15 •/<> de morphine. 25 centigr. de ool extrait équivalent à 5 centigr. d'opium exotique.
OMUM. 187
eh«ttx> éiani filtrée et érAporée, doit se prendre eu une masse
cristailiae, grenue, de chlorhydrate de morphine ; de plus, k solution aqueuse d'opium se mêle à ralcool, sans produire de dépôt.
Tels sont les caractères dont la constatation, sur un échantillon donné d'opium, constitue le mode d'essai proposé par BerthemoL
Usages. — L'opium entier est peu usité en médecine, mab il fait la base de nombreuses préparations ou médicaments énergiques employés journellement dans la pratique médicale. Ainsi il sert, sous forme d'eau distillée, d'extrait, de sirop, de teinture, de tablettes^, de vin, etc.
L'opium de Smyrne doit être employé spécialement pour l'extraction de la morphihe et pour les préparations pharmaceutiques. L'opium d'Egypte sert de préférence à celui de Smyme pour l'emploi en nature (*).
Falsifications. — L'opium, ayant une valeur intrinsèque assez considérable, a été de tout temps l'objet des recherches des falsificateurs, dans le but d'y mêler des substances étrangères, dont ils dissimuletit le mieux possible la présence (^).
Ce produit a été adultéré , en le recouvrant de $ub$t(unees végétaleSj formant quelquefois une couche de 6 à 7 millim. d'épaisseur. On Ta falsifié avec les extraits de chéhdoine, de laitue vireuse^ de réglisse (*) ; avec le cachou^ les huiles de sé-
(•) L'importaliOD de Topiuro dans le Rojaume-Uai va» toutes les années, ea s'augmentant. Cest surtout dans les cantons manuracluriers qu'on en fait un usage immodéré, et Ton accuse quelques Soclélés de tempérance de remplacer Teau-de-Tie et le genièvre par l'opium.
En tSi8« il a été importé 96S35 livres (anglaises] d'opium, dont 31204 livres ont été consommées en Angleterre, le reste a servi au commerce d'exportation. En 1849, il en a élé importé 196346 livres, et consommé 41671. Ce qui fait, dans une seule année, une augmentation de 100411 livres pour rimportation, et de 10i67 livres pour la consommation. En 1850, la consommation a été 42324 livres, et, en 1851» de 50368 livres.
(<} La falsiGcaiion de Topium n'est pas nouvelle. SchéHs a fait connaître que les Mahrates, eu préparant Topium, y ajoutent 1/3 et Jusqu'à moitié de son poids d'huile de lin ou de graine de sésame ; il dit que les teintures préparées avec cet opium sont troubles^ et qu'elles ne peavent être employées.
(^) M. Merck a signalé un opium falsitié avec le suc de réglisse. Il présentait à rcxlêricur les caractères d'un bon opium. Il était reconnais-
same ou de An, la^omine arabique et la gomme adragmUê^ a?ec le sabk, la bouse de vache y la terre^ le pfcmft et la fécide\^).
La falsification a été encore poussée plus loin : il a été Tenda dans le commerce, à Paris : l*" de Popium contenant Tun 20, Fautre 41 % de son poids de feuilles de pavot hachées (^) ; 2® un produit imitant Topium, et qui pour 500 gram. n^a fourni que 0 gr. 6 de morphine (*) ; un faux opium^ qui ne contenait pas d'alcaloïde (^).
sable à son odeur, à sa saveur, à la couleur rouge bruo foncé, preniue opaque, de sa dissolution dans Talcool faible.
(1) M. NesUêTj M. Pédroni fils ont eiaminé des échantillons d^opiom qui contenaient une quantité notable de fécule.
(*) Ce produit, tiré de Londres, avait été expédié de Hambourg. Le fait a été signalé par M. Merck ^ qui ne put extraire de cet opium que le/o de morphine; par M. NesUêr, en 18U; et, en 1849, par M. JmÊrdan^ pharmacien & Sainte-Marie-du-Mont (Manche).
(S) En 1838, 50 à 60 kilogr. d'opium falsifié furent livrés à la pharmacie centrale des hépitaux de Paris ; nous fûmes chargé, avec M. Gnihouirl, de faire opérer la saisie de cet opium chez trois droguistes qui en possédaient chacun une caisse. L'un de ces négociants était déjà en instance devant le tribunal de commerce pour faire annuler la vente de la caisse d*opium TalsiGé qui lui avait été livrée.
MM. GaiMer de Claubry, OUivier d'Angers et Labarraque furent nommés experts par le tribunal, pour examiner cet opium, qui avait la plus grande ressemlilance avec Topium de Smyme. Il était en pains seniorbiculaires, recouverts de feuilles; sa consistance était molle, sa couleur noir&tre, son odeur faible. Avec Peau, il donnait un liquide ressemblant assez à une émulsion. L*ammoniaque ne précipitait ni sa solution aqueuse ni sa solution alcoolique. Cet opium présentait dans sa Uanche des lames transparentes, agglutinées.
L'autorité crut devoir prévenir le commerce, la pharmacie et le public, en faisant paraître dans le Moniteur la note suivante :
'« On a cherché à introduire, dans le commerce de la pharmacie, de « l'opium qui avait été dépouillé^ par des opérations chimiques, de la « morphine, qui est, comme on sait, le principe auquel cette substance « doit ses propriétés médicinales.
c On a reconnu que cet opium falsifié, dont les caractères apparents « pourraient tromper même des yeux exercés, avait été envoyé d'An- « gleterre en France, particulièrement par la voie du Havre.
« L'administration ne saurait trop engager les droguistes et les pbarc maciens à se prémunir contre un genre de fraude qui pourrait end traîner de graves Inconvénients, puisqu'il aurait pour résultat de « substituer une substance inerte à Tun des médicaments les plus éner- < ghiuesque la médecine emploie.
« L'administration ne négligera aucun des moyens que la loi a mis à
M, Lmderer tient d'un Annénien, fabricant d'opium, que Ton falsifie cette sid>stance en la mélangeant, à Tétat mou et frais, arec du raisin bien écrasé et débarrassé des pépins; il paraîtrait même qu'il ne vient pas de l'Orient un seul pain d'opium sans avoir subi cette adultération.
« sa disposition pour empêcher que les produits altérés soient répan-- « dus dans le commerce ; mais les pharmaciens et les droguistes ont un « intérêt direct à s'assurer eux-mêmes, par des essais, de la qualité de <c Topium qu'ils peuvent être dans le cas d'acheter. »
Les conclusions du rapport é'OUivier â^ Angers, Làbarraquê et GtmUier de Claubry, furent les suivantes :
< i^ Tous les échantillons d'opium sur lesquels nous avons opéré ont
< été falsjliés.
(c 8^ La proportion de morphine que renferme le plus pur d'entre eux « est tellement inférieure à celle que fournissent les opiums du cornt merce , même ceux de qualité inférieure , qu'ils ne pourraient être « employés que pour l'extraction de cette base, et jamais pour la prépa-
< ration de médicaments; les faits observés prouvent que ces opiums
< ont déjà été traités, et même que Ton a extrait une grande partie de
< la narcotine qu'ils contenaient.
< 3« Les échantillons provenant des saisies faites chez MM. V., D., P.,
< et à la pharmacie centrale, de l'opium fourni par ces derniers, offrent
< les caractères de marcs d'opium d'Egypte, qui ont été empftiés avec a un extrait, peutr-ètre même avec celui que procureraient les eaux c mères provenant de la préparation de la morphine ; plusieurs ne sont 4t pas entièrement épuisés d'alcalis végétaux; peut-être renferment-ils
< une portion d'opium naturel, que l'on y a mélangé pour leur donner « plus facilement l'apparence du véritable opium; et ceci paraîtrait <t d'autant plus probable, que çà et là on rencontre, dans les échantil- « Ions, des portions qui présentent, d'une manière beaucoup plus mar- <( quée, les caractères des véritables opiums.
<c i° Les échantillons saisis au Havre sont beaucoup plus impurs; ils
< soiit formés de marcs d'opium d'Egypte, et peut-être d'une certaine « quantité d'opium naturel, mêlés d'une substance inerte, en poudre c grossière, et d'un extrait qui parait être d'une nature analogue à celui « qui empâte les précédents.
50 Aucun de ces opiums ne peut être employé pour la préparation « de produits pharmaceutiques dont l'opium fait la base. « 60 La proportion de morphine que renferment les échantillons les
< moins épuisés ne permettrait pas même de les faire servir à la prépa- « ration de cet alcaloïde, puisque, pour le plus riche, la quantité de € morphine n'équivaut qu'au sixième de celle que fournit l'échantillon « d'opium d'Egypte, examiné comparativement, et qui déjà offrirait peu « d'avantages pour les fabricants qui le traiteraient.
c 70 Les altérations qu'on fait subir à un médicament sont d'autant
130 (muM.
Und fttttre fraude, qu'on dit aussi être généralo^ aoiskta à mêler ropium à uoe quautité assez considérable de êokp en poudre^ dans le but de le durcir, de lui donner plus de paids e| de hiter sa dessiccation. M. Landerer observa Gette adultes ration en préparant du vin d'opium arcouatique : après quelques heures de macération, la teinture prit un aspect gluant
« plus dangereuses, que ce dernier, dans son état nulurel, jouil de pro- « priéiés plus aclives, que ses effets sont plus constants el plus éner- « gigues : tel est Topiura. Or, il est des maladies fort graves, dont la « guérison ne peut être obtenue sans remploi de ce moyen thérapeuc lique. Les malades sont voués le plus ordinairement à une mort oer- « laine si Topium n'est pas administré pour arrêter les progrès du mal. « Nous citerons ici le tétanos^ et surtout le délire nerveux, qui compli- (( quent assez souvent les fractures des membres , el qu*on voit quela quefois apparaître endémiquement dans les bêpitaux. 11 est évident a qu^en administrant de ropiuiu dénaturé comme celui que nous avons
< analysé, la maladie, loin d'être arrêtée dans sa marche par un médi- « camenl aussi inerte, s'aggravera rapidement, et le médecin verra suc- « comber des malades qui eussent été sauvés s'ils eussent pris du bon
< opium dans les proportions prescrites. L'altération que nous avons
< constatée dans le médicament saisi Ta donc tellement dénaturé» c qu*elle a transformé une substance éminemment active et douée d'une « efficacité incontestable en une matière sans action, dont la prescrip- « lion pourrait avoir les plus déplorables résultats.
«t 80 Nous ne pouvons donc que conclure à la destruction de toutes les « variétés saisies ; mais comme la fraude, eu s'cxorçant sur un médica- « ment dont les propriétés médicales sont si importantes, avait, nous ne
< dirons pas atteint la perfection, mais obtenu des pn)duiis dont les ca-
< ractères extérieurs étaient dans le cas de tromper beaucoup de perc sonnes qui se livrent au commerce de cette substance, nous pensons « qu'il serait utile de faire prélever des échantillons qui seraient dépoa ses dans les collections des écoles de pharmacie et des courtiers de « commerce, aGo de procurer à tous ceux qu'intéresse cette question a les moyens de reconnaître celte coupable fraude. »
(*] £n 1846, M. de Smedl, pharmacien à fiorgerhort, reçut un opium dont les caractères apparents étaient ceux de l'opium de bonne qualité, mais dans lequel il ne put constater la présence de la morphine. Coupé par morceaux^ cet opium présentait des taches dues à une substance semblable à de la p&le de jujubes coupées en tranches; les morceaux n'avaient qu'un faible goût d'opium , et s'attachaient aux dents lorsqu'on les soumettait à la mastication; traités par l'eau, ils se gonOaienl comme le fait la gomme de fiassora, et formaient une espèce de mucilage qui empêchait la (iltration. Essayé par les divers réactifs, ce faux opium Q*a doni\é aucui^ des cara^ctères (^ui distinguci^t le véritable.
c^iuiii. 131
M nniMlK^ileùf , et il d^TÎrit impossible de \û fuite f^otixT du fitcon.
Un« autre falsification consiste à piler d&ns un mortier Tépiderme de la capsule et celui des tiges du pavot avec du ètanr (tcmfj et à incorporer ce mélange, en certaines proportions, dans Topium.
M. Batka, de Prague, a donné la description d'un opium fabriqué de toutes pièces sans la moindre trace de morphine ni d'acide méconique, et ne contenant pas même une parcelle d'opium.
TI se composait de morceaux semblables à ceux de Topium de Smyrne ; il était œurert de fleurs de rumex^ sans être enveloppé de feuilles ; il était brillant comme Fopium d'Bgyptè^ mais d'une oouleur plus foncée. L'action de l'air le rendait presque inodore et le durcissait. Il ne se ramollissait pas paf la ehaleur de la main ; il craquait sous la dent comme dti sâUe et avait une légère amertume ; sa cassure était bril« lante et parsemée de plusieurs points clairs^ comme la résiné eàragne. Exposé à la flamme, il se carbonisait sans se fondre, en répandant une odeur d'encens; cette même odettr se Misait sentir lorsqu'on le triturait ou qu'on le faisait dissoudre. 11 ne développait point d'électrioité par le frottement, et se réduisait facilement en une poudre brunâtre et sèche, tandis que le véritable opium devient plus ou moins onctueux souà le pilon . Sa solution aqueuse firoide moussiat fortement cofnmef une solution gommeuse, et était sans aetidn sur le tournesol ; il eq était de même de la solution chaude, qui était de couleur brune par réflexion et rougeâtre par transmission. L'alcool la préci^tait abondamment ; évaporée, elle donnait de la gomme qui se réduisait en cendres ; pendant la combustion du résidu réniMnix, eelui-€i se boursoufflait, brûlait avec une flammé fiiàigmeuae et une odeur de résine, et hllssidt un ebatbOn qui, pendant son inciliération, répandait line odour désagréable, aamUahle à oell^ de la gélatine.
L'aïudfstt de m pvétendu opimn donna les fésuFtats suivaiils :
132 o9Um.
Matières iosolubles dans l'eau et dans Talcool, OMoqioséfla d«
substances combustibles contenant du car- \
bone, de Tazote "^ \ 25
Matières incombustibles ( sable, traces de fer, de L
chaux, de plomb) 1^ /
Matières insolubles dans Feau. gomme 64
Matières solubles dans Takool, résine 9
Perte 2
En 1848, M. Legrip reçut d'une maison de Paris de l'opium en pains de diverses formes et grosseurs, du poids de 50 à 100 grammes. Ces pains avaient été roulés dans des débris de rumex, feuilles et sommités, et étaient recouverts d'une feuille de pavot. Leur odeur forte et nauséeuse rappelait assez celle de Topium de bonne qualité ; leur tranche offrait un aspect terne, grumeleux etgris jaunâtre; il était trèsglutineux au toucher ; sa saveur, un peu ftcre et amère, était, à un faible degré, celle du bon opium.
Employé à la préparation d'un œnolé, il fut évaporé à la vapeur et réduit à Tétat d'extrait, brun clair, d'une saveur amère, à la fois acerbe et piquante ; Todeur qu'il répandit pendant Tévaporation fut bien, au commencement, celle du pavot, mais bientôt ce ne fut plus que celle d'une marmelade de fruits acerbes (poires ou prunes sauvages) qui aurait été exposée à un trop grand feu. La couche supérieure de l'extrait refroidi était brune et de consistance pilulaire ; la couche inférieure, d'une couleur jaunâtre, était sèche, presque pulvérulente, et exhalait une odeur mixte de poires et de raves cuites. Ces deux parties de l'extrait attiraient également un peu l'humidité de l'air, sans que pour cela la partie inférieure cessât d'être grenue. Cet extrait, jeté sur des charbons ardents, fondait, se gonflait, et répandait, en brûlant, une odeur qui rappelait en même temps celle du pain et du sucre brûlés.
M. Legrip dit avoir constaté dans le faux opium la présence de VinuUne et de la fungine, et il conclut de ses expériences que c'était un mélange de résidus d'opium de Constwtinople» épuisé avec un décocté de plantes ou racines cuites, telles que de^itiôercuka d hélianthe om de dahlia^ des bulbet de colchique^ de la racine cFaunée, ou bien quelques espèces de champignons.
opnm. 133
StÈ 1851, M. E. Barruely chargé d^analyser des opiums qui étaient à Pentrepôt de Marseille, leur trouva les caractères suivants : Ik ne contenaient pas de morphine. Certains morceaux étaient durs et secs comme de la croûte de pain de sei* gle de mauvaise qualité ; ils étaient légers et se réduisaient en poudre sous les doigts ; ils n'avaient presque pas d'odeur Tireuse. Quelques*uns de ces mcm^aux étaient recouverts d'une moisissure bleuâtre, comme cela arrive pour le marc d'opium mal séché. D'autres morceaux avaient une consistance mollO; presque poisseuse, s'écrasaient sous le couteau et n'avaient que faiblement l'odeur vireuse.
Il résulte de tout ce que nous venons de dire qu'à l'aide dHm examen attentif et comparatif, on peut, dans beaucoup de cas, distinguer un faux opium du véritable. Ajoutons que l'opium falsifié par la fécule a une cassure grumeleuse; traité sucoessivement par Peau froide et par l'alcool, il laisse pour résidu une poussière grisâtre abondante, qui, chauffée avec l'eau et additionnée d'iode, donne la coloration bleue caractéristique, et une gelée analogue à celle du lichen d'Islande ou de l'empois (^).
(^) En 1853, quatre caisses d'opium furent expédiées par le sieur M..., commissionnaire en marchandises, an sieur G..., conimis$ioontire en marchandises, k Paris.
La qualité deeet opium ayant été suspectée, les quatre caisses furent soumises à l*examen d*un chimiste expert. 11 résulta de ses recherches que Topium mis en vente renfermait une proportion considérable de fécule, ajoutée frauduleusement dans le but d*en augmenter le poids. Cet opium était en pains orbScnlatres aplatis» de 0«,05 à 0",06 de dia* mètre, en moyenne, dont le poids variait de 30 à 85 gr. Quelques mor* oeaux, par suite de leur mollesse, avaient changé de forme, et présenlaient celle du cube; d*autres, très-humides contenaient beancoop dVau. se ployaient, s^étiraient avec une grande facilité. Leur intérieur n^éiait pas homogène, ce qui porta à penser que l'opium était formé de deux snbslances de consistance différente, mêlées d^une manière inégale. Dans le centre de Tun des pains d^opium, on trouva même un de ces clous à grosse tête, dits caboche, des fragments de bois, etc. Plusieurs pains étaient altérés et présentaient des moisissures noires, blanches et jaunes.
Nons avons été chargé aussi d'essayer ces opiums ; et, ponr déterminer leur richesse en morphine, nous avons employé les divers procédés proposés, en agissant toujours comparativement à des opiums de bonne qualité. La proportion de morphine varia de i à 5 Vo* Ces opiums étaient donc de qualité inférieure. Ils contenaient nne trop faible proportion d*alca-
1S4 OMIM.
ComaM cêsi pria(àp«lemeai à la morphine que V%f^ «ttribue l'action thérapoutique de ropium, U déteniiiMtip9 Ai lu quantité de eei «ilealoïde doit foriuer la base du mod^ ^'^imù des opiums. Oukns oelui de B^éhimôt^ que nous avons indiqué ci-^essuSy plu8ieuc9 autres ont été proposés.
Le procédé indiqué par M. Thiboumery ccmsiste à diriser r^piuna (1 kil.) à l^aide d un couteau à racines, à le traiter k quatre i^prises par 500 gram. d'eau bouillante employée en infusion. On filtre les infusés, on les évaporp en conwtanoe d-extrait, on délaye le produit dans un litre d'eau froide, et on complète Tépuisement du résidu par de petites quantités d'eau également froide, jusqu'à ce que eelle-ci ne se colore plus; on réunit les liqueurs, on les eonc^tee k 10^ B^-, et on les précipite bouillantes par un léger excès d'ammonieque ; on laisse refroidir, et on jette sur un filtre qu'on la?e k Teau froide, puis à i'alcopl à li^; on sèche au baio-marie» et on dissout dans Telcool à 36^ La solution est portée à l'ébullition avec un peu da charbon animal en poudre, puis filtrée et mise à cristalliser ; enfin on épuise le charbon de toute la n^orphine qu'il a retenue. On opère de même pour les liqi^eurs ammoniacales. Lps alcools de lavage et les eaux mères de la t morphine sont à leur tour évaporés à siccité, le résidu est traité
] par Teau aiguisée d'acide chlorhydrique ; la solution acide
i qui en résulte est précipitée par l'ammoniaque, et ainsi de
suite. La somme des produits que Ton obtient pour résultat tinal représente la proportion de morphine contenue dans Topium soumis à l'essai; lestrajces de narcotine qui Taccompa- ' gnent peuvent être négligées.
Par le procédé dressai de MM. Payen et Couerhey on pèse 25 gram. d'opium divisé en tranches très-minces, puis on les laisse macérer dans 150 gram. d'eau pure ; après vingt-quatre heures de contact, on triture dans un mortier, jusqu'à ce que
loîdes, ils éiaionl mélangés^ allongés de fécule; ils formèrenl avec Peau distillée un Jécocluni qui prii une couleur bleue avec Teau iodée.
En raison de ces faits, les sieurs C. • . et Sf. . . furent cités devant lo tribunal correctionnel, qui condamna le sieur C. . . à un mois de prison «l se fr. d'amende ; et le sieur M. . ., par défaut, à six mois de prison ei ie Tr. d*amende. Eu outre, le tribunal ordonna la confiscation des ^u^M'e cais^c> >ai»icj».
U 4MtWB hyératée aoii ea -bouiilie «lain ( yiiis oû déeahtè miÊ na filMies parties les plus divisées qae le liquide tieM ^ SttSj^lIlisioti ; on ajoute de Teau au résidu, qu'on trituré âè BOttveau, et qu'on décante sur le même filtre ; on lave a¥ée de Teau distillée, jusqu'à ce que le liquide passe inaolor^^ 0H tjouta à la solution filtrée un excès de ehaux bien fcjriiraté(i^(*). On perte le mélange à l'ébullition pendant eit^ auiitties enriron ; on filtre et on acidulé la aolution filtrée avec de l'acide ohlorhydrique qui sature la chaux et s^unU k la «orphifiB* On précipite la morphine par TammoniAqUè, doat on chasse l'excès par l'ébullition. On recueille la nio#* pimie sur un filtra^ on la lave aveo de Teau alGOolisée, puis on la fait dissoudre avec de Talcool à 33« bouillant; elle oHm tallisB p«r refiroidissement i il suffit alors de la lavel* à Téther, pour éliminer la narcotine ; on la fait dessécher^ et on en eenstate le poids.
M. Merek prescrit, pour Tessai de l'opium, d'en faire bouillir 16 gram. avec 350 gram. d'alcool ordinaire, de filtrer, ot de reprendre le résidu par 125 gram. de nouvel alcool. On évapore les extraits à sicoité, après avoir ajouté une petite quantité de carbonate de soude ; on délaye la masse dans l'eatl froide, puis on la décante dans une éprouvette à pied ; (m lAve le résidu avec un peu d'eau, et on le laisse an oontaot pen-^ dant une heure avec 30 gram. d'alcool froid à 0,85 (alcoom. centésimal } ; puis on porte sur uq filtre, on lave avec de l'alcool, on sèche le précipité, et on le dissout dans 16 gram. de vinaigre distillé et étendu de son poids d'eau. Cette solution est filtrée, puis précipitée par un léger excès d'ammoniaque ; au bout de douze heures, la morphine précipitée est recuillie sur un filtre, séchée et pesée.
M. Guilliermond a proposé la méthode suivante pour remplacer celles que nous venons d'indiquer. On prend 15 gram. d'opium, après l'avoir coupé sur différents points; on le délaye dans un mortier avec 60 gram. d*alcool à 0,71, et on le reçoit sur un linge pour en séparer la teinture : on exprime le
;') FoQr hycJraicr coinplctemenl la ch;éus, ou versd sur 1 p. de ebauK vive to p. d^eau distillée bouillante : eu quelques iostaou l'astiaoïloii est parfaite, même lorsqu'on agit sur une peUie quantité.
136 opnm.
marc, on le reprend avec 40 gram. de nouyei alcool au même degré, et on réunit les teintures dans un flacon à large ouverlure^ dans lequel on a eu soin de peser 4 gr. d'ammoniaque ; douze heures après, la morphine s'est éliminée d'elle-même, accompagnée d'une quantité plus ou moins grande de narcotine ; la morphine tapisse les parois intérieures du récipient de cristaux colorés, assez gros et d'un toucher graveleux ; la narcotine se trouve cristallisée en petites aiguilles nacrées, blanches et fort légères. On lave les cristaux sur un filtre ou sur un linge avec de l'eau distillée, afin de les débarrasser du méconate d'ammoniaque qu'ils renferment ; puis on peut séparer la narcotine de la morphine par la décantation dans Peau, qui n'enlève que la narcotine, plus légère (^}.
D serait à désirer que tous les pharmaciens titrassent, par l'un ou l'autre de ces procédés (^), Topium qu'ils achètent : ils pourraient ofMraux médecins des médicaments moins variables dans leurs effets ; ils concourraient à détruire des fraudes, qui cesseraient alors d'être profitables à leurs auteurs, et qui sont parfois si préjudiciables aux intérêts de la médecine.
En outre, nous pensons que des mesures devraient être prises :
\o Pour que l'opium ait opium choisi, prescrit par le Codex, fût Topium de Smyrne exclusivement;
(1) M. MiaUie a modiflé ce mode de séparation, el il prérèrc recourir à remploi de cinq ou six lavages avec i à 5 gram. d'*éther. Ce lavage, pnliqué par trituralion sur les crisunx préalablement pulvéri< ses, met en liberté la morphine, quil faut ensuite sécher et peser.
M. de Vry a proposé aussi de modifier de la manière suivante le procédé de M. GtiilUermond : le mélange de morphine et de narcotine obtenu de la précipitation des teintures alcooliques par Tammoninque est lavé, chauffé avec de Teau pure additionnée d*un léger excès de sulfate de ouivre. La morphine décompose ce sel en acide sulfunque, qui se combine avec elle^ et en sulfate de cuivre tribasique, insoluble, tandis que la narcotine est saus action sur le sulfate de cuivre. On a donc une solution de sulfafe de morphine contenant un petit excès de sulfate de cuivre, tandis que la narcotine reste indissoute avec le sous-sutfale métallique. La liqueur filtrée est traitée par Thydrogène sulfuré qui sépare le cuivre, et la morphine est précipitée par l'ammoniaque.
Suivant M. de Vry, le procédé de M. GutUtermond, ainsi modifié, peut servir à préparer la morphine pure.
(*) Le procédé de M. GuiUwnwmd nous paraît le melllenr de tous ceux qui ont été propoi^és jusqn^id, pour déterminer la quantité de mèrphine.