‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 139 sur 251 · OUTREMER FACTICE · texte numérisé non relu

OUTREMER FACTICE

layée avec un peu d'eau et traitée par un acide, laissa dégager beaucoup d'hydrogène sulfuré.

Bouillie avec de Teau distillée, le liquide filtré donna, avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans Tacide nitrique.

Bouillie pendant quelque temps avec une solution de carbonate de soude» elle fut convertie en carbonate de chaux insoluble et eu sulfate de soude soluble, sels faciles à reconnattre.

OIITBBMB& rAOTXOB.

Cette belle couleur bleue, dont le mode de fabrication a été découvert presque en même temps par M. Guimet en France, et par Gmelin eh Allemagne , a pris son origine dans un travail analjrtique exécuté, en 1814, par Vauquelirij sur une matière bleue trouvée en démolissant la solo d'un four à soude de la fabrique de Saint-Gobain.

Vûuquelin reconnut que ce produit coloré avait une composition semblable à celle du lapis lazuli ou lazutùe, c'est-à-dire que c'était im silicate d'alumine et de soude sulfurée [*).

La fabrication de l'outremer artificiel s'est peu à peu naturalisée en France, grâce aux efforts incessants de la Société d'encouragement; c'est ainsi que MM. Ferrandy Robiquet^ Courtial, ZubeTj ont fabriqué ou fabriquent de l'outremer.

Usages. — L'outremer est employé , en peinture , pour l'azurage du papier, des tissus, des bougies, du savon, de l'amidon, du sucre ; dans l'impression sur étoffes et sur papier (^).

(^j Sa composition, d*aprës CUmml-Désormes^ est la suivante :

SiUce S5,8

Alumine 3i,$

Soude 93,a

Soufre 3,1

riurlx>nate de cliaux 3,1

100,0 (*) Avant la découverte de M. Guhnetj l'outremer naturel valait 900 fr. les 81 grammes ; aussi M. Thénard avait^il indiqué, pour suppléer oeua oouleur, le bleu qui porte son nom. Aujourd'hui, on peut avoir de i*ouireroer factice au prix de 19 fr. le Itilog.

141 OVTUIfBH FAetfCK:

fAtmvKktiom. -^ L'outremer «rtifiotal a êM fttsiflé pit lis cendres bleues (carbonate de cuivre) (*) et pètVamiém (•).

La première sophistication serait déoelée par Fammoniaque. Au contact de œt alcali, Poutremer pur ne se colore point ; s'il contient des cendres bleues, il prend, au contraire, une coloration bleue trèsHsensible, et d^autant plus foncée que la proportion du composé cuivreux ajouté est plus forte.

La fabiâeatioB par la fécule se reconnaît en traitant Fou* tremer par Teau chaude; on a une solution aqueuse qdi prend, au contact de Feau iodée, la coloration bleue caractéristique des matières amjlaeées.

M. Barreswil essaye comparativement Foutremer, et, en i;énéral, le$ poudres colorées» comme Fazur, par le procédé suivani : on place, dans deux mortiers, deux pesées de sulfate de baryte (*), de 20 gr. chacune, puis on tare, dans deux petites capsules, 0''*,50 à 1 gr. de chacun des deux échantillons d'outremer à essayer. Avec ime partie de Fun d'eux, on compose, dans le mortier, avec les 20 gr. de sulfate de baryte, une certaine teinte bleu clair, et^ avec une certaine quantité du seciond. échantillon, on compose une tmnte aussi rapprochée que possible de la précédente; on porte ensuite les deux capsules dans la balance ; la perte de poids de Fune et de Fautre donne, par comparaison, la valeur des outremers : s'il « a fallu, par exemple, deux ou trois fois plus d'un échantilloQ que de Fautre pour produire la mêo^e teinte, c'est que U reiK dément sera deux ou trois fois moindre.

Pour essayer Foutremer du commerce, M. le docteur -ffem» Atif» introduit dans des tubes contenant Foutremer un mélange d'acide sulfurique (60 gr.) et d*eau (600 gr.) ; on verse cet acide jusqu'à ce que la couleur bleue soit devenue rouge, et on apprécie la valeur relative des échantillon» par la quantité d'acide qu'il a été nécessaire d'employé

(*) M. Habert a eu à examiner un éclianlillon d'outremer fectice, destiné à colorier de» bonbons, qui coulenait 40 o/o de cendres bleues.

(*) Il y a quelques aanèet, un blNrieaat m«s iwbU «a échaaiHIon é'MirwMr, qui oanteDalt 7 •/• ^ fteule.

(9) Ce wHIits Al bar3Fl6 Mt Ure prépaie «nljoktlfligni daa« ém liqueurs fortement acides, puis tof^ ateo sain et bleii

OXlTBES Dé IPM. iAi

osAitAm AQXum vm mmTamb.-- v. um »'«taiMm.

Le pmUxïïyét d'aDtimolne, eonnu autrefois sous le nom de fieura arf^tniiues ou neige d^antimoiney est cmtallisé en aiguil^ les longues, aplaties^ el d'un bnUant Haer^, ao en poudre blanehe^ dimorphe. On le désigne alors, d'aprèe son mode an prépuratkiQ^ aeus le nom à'aapyie éantim^mê paf^ préeifiittt^ lion. Il est insipide, inodore, sans aollon 9ii» là tetattirtf du Uiur^eeely insoluble dans Teau el fusible à la ohaleuF roilge s^s déeoinposiUon.

U&àG^. — Cet oxyde esi quelqueftxîa emfilejé» ed nM^ cillai ceimpe éméliquc) et sudorifique ; il sert à la ptéparatieii de Témétique ] en remploie aussi en peinture.

FâI<)ii^'|G4Tlo?(s. «^ Ûoxyde d antimoine a été falafûé aireo le Barioncite ^ chau^ (craie ou blane d'Espagne) {% avee I0 lulfate et le pho^/^hate de chau9.

L'einide ^itriquç étendu, versé sur l'atyde môléde oatbonutii de&litauxj donne lieu à une foiriQ efiérveacenee due à Tacide du carbonate ms^ eu liberté, iadis^lution aoide, étendue d'oany précipite en bl^O^e p^ Toxalate d'ammoniaque.

SiTo^yde est mêlé de sulfate eu de phosphate de chauty le liquide provenaqt du tfuiteu^eut par Vlicide nitrique danne^ dans le premier eas, avee le eblorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans l'aeide nitrique) dans le seoond^ un précipité \A'^s}Aj gélatineux avee Vammoniaque.

On a vendu quelquefois, en phi^rn^aeie, Xa^iée untmoniim^ pour 1 pxyd<) d'antimohie. Qette fraude se reconmit au inogren de Tacide chlorhydrique, qui dissout l'oxyde et tai»e peur résidu Tacide antimouieux.

OXTDB ÀB CALOXUM. — V. Obaox.

ognpiBS BB rim.

Farml les oxydes de fer, deux sont emplpyés en pharmacie, ce sont i^ oxyde noir et \e peroxyde.

(>} M. W. Hodgson a analysé uo oiyde d^antimoine du commerce qui reuferauiit 30 V« de carbonate de chaux.

144 QXT0ES DB Fia.

L'oxyde de fer noir, appelé aussi deutoxyde de fer^ éthiop» martial^ safran de mars de Lémery, oxyde ferrQSO-ferriqtte^ est une combinaison de proioxyde et de peroxyde. Il est d'un noùr pur, opaque, sans saveur, attirable à Taimant; fonda ayec le borax, il donne un vert coloré en vert-bouteille ; il forme, avec Tacide chlorhydrique concentré, une dissolution jaune verdâtre, qui précipite en brun, par Tammoniaque, la potasse et la soude. Ce précipité, mis en contact avec un excès de chlore en solution, passe au jaune rouille, et se transforme en hydrate de peroxyde.

Le peroxyde de fer, connu sous les noms d^oxyde rouge de fer, trito ou sesqui-oxyde de fer, colcothary safran de mars astrtngenty rouge d Angleterre ou de Prusse^ terre douce de rttriol, oxyde ferrique, se présente sous la forme d'une poudre rouge plus ou moins foncée^ dont la couleur varie (*) suivant rétat d'agrégation et le mode de préparation ; il est insipide, inodore^ non attirable à Faimant ; la chaleur seule ne peut le décomposer. Il donne^ avec l'acide chlorhydrique, une dissolution d'un beau jaune orangé ; la soude, la potasse, Tammoniaque y produisent un précipité couleur de rouille ; Finfiision de noix de galle y détermine un précipité noir bleuâtre, intense, pourvu que la solution ne soit pas trop acide.

Usages.— L'oxyde de fer noir est employé comme tonique, emménagogue et anthelminthique. 11 fait la base des pilules de fer de Swediaur; il s'administre en tablettes.

L'oxyde rouge est employé en peinture, pour polir les glaces et les métaux ; en médecine, on s'en sert comme astringent, tonique et emménagogue.

Altérations. — ^L'oxyde noir, ou éthiops, peut être mêlé de peroxyde de fer,

L'éthiops, mêlé de peroxyde, est moins attirable à Taimant ; sa couleur vire plus ou moins au brun roussâtre; sa dissolution dans l'acide chlorhydrique est jaune safranée.

Falsifications. — Le peroxyde de fer a été quelquefois fraudé avec la brique pilée. Pour le reconnaître, on en dissout un poids déterminé dans l'acide chlorhydrique. Si l'oxyde est pur, la dissolution est complète ; si, au contraire, il est mêlé

(^) Celte couleur vire quelquefois au violet.

OXYDE (per) DR MANÛÂNÈSE. 145

de brique en poudre, celle-ci reste en résidu : son poids, comparé au poids totale indique la proportion du mélange.

OZTDB (m) BB MAnaMkMtSB.

Cet oxyde, appelé aussi magnérie noire, bioxyde de manga" nèse, est très-abondamment répandu dans la nature, tantôt en masses amorphes, ternes, ûbreuses ou compactes, tantôt en aiguilles prismatiques, fines et rayonnantes. U est d'un, gris noir métalloïde; il est friable, insipide, inodore. Sa densité est 4,48 (Bùullay); il tache les doigts en noir. A l'aide de la chaleur, Tacide chlorhydrique donne du chlore avec cet oxyde (^}. Chauffé au rouge, il se décompose, dégage une partie de son oxygène, et se convertit en sesquioxyde. Il est fusible au chalumeauy et donne avec le borax un verre de couleur améthyste.

Le peroxyde de manganèse est formé de : numgan^, 69,7 ; oxygène, 30,3.

Dans le commerce, on distingue plusieurs variétés de manganèse : le manganèse (TAUemagney le manganèse de la Moma-^ nèehe, près Màcon, le manganèse de la Dordogne, les manga^ nèses du Cher y de la Bourgogne.

Le manganèse d'Allemagne est généralement en cristaux soyeux.

Le manganèse de laRomanèche est d'un gris plus ou moins noirâtre, d'un aspect terreux ; il est compacte, friable.

Le manganèse de la Dordogne est en rognons ou nodules^ d'aspect lithoïde, gris bleuâtre.

Ces différentes sortes de manganèse appartiennent aux espèces minérales appelées pyrolusitey acerdèse (Beudant), ou manganite (Brongniart) , et psilomélane ou manganèse oxydé àaryiifère. Cette dernière espèce est en dépôt très-considérable à la Romanèche, près Mâcon (Saône-et-Loire).

(^) Ce caractère peat servir à le distinguer du sulfure éPantimoim, avec lequel il offre quelque ressemblance par sa forme cristalline, sa couleur, son aspect. Le sulfure d*aniimoine est facilement fusible au chalumeau ; traité par racide clilorbydrique, il donne lieu à un dégagement d'hydrogène sulfuré.

140 oXTDE (per) m, «AifOAfirÈSË.

Ua^ofti. ^^ L'oxjde d« maiigaiièse t^\ employé daûs les arts, prineipAlemeDt à la fabrication dn chlore et des bypo^ chlorites. Il sert aussi dans la cristallerie, la verrerie et la poterie.

Altérations. — Il résulte des origines diverses de l'oxyde de manganèse quïl n'est jamais pur dans le commerce. Il est la pluB souvent mélangé ou combiné arec de Vùxyde de fer, de le bêryU^ de Vargik, de la êiliee, àa quartz, du carbonate de chatuc, de la chaux fiuatée, etc. ; aussi, tu setf usages^ il est essentiel de pouvoir essayer cet oxyde sou« le rapport de \é quantité de chlore qu'il peut fournir, et qui est elle-même proportioniiée à la quantité de bioxyde de manganèse pur. On a [voposé plusieufs moyens pour arriver à ce but*

Le procédé de Gay^Lussac^ le plus généralement employé^ n'est qu'une application du procédé ohlorométrique. Il consiste à faire bouillir l^oxyde avec de Tacide chlorhydrique, el à mesurer le volmnc du chlore dégagé et recueilli dans mo» solution ^caline^

On emploie 3 gram. 98 d'oxyde réduit en pondre finê^ poids raconou suffisant pour donner^ aveo un ticès d'acide cUorbydriquef 4 litre de chlore sec à O^", et à la pression da 0»J6, ou 100 degrés chlorométriques. Ce» » gr. 98 d'otyde à essayer sont introduits dans un petit ballon, et on versa dessus 35 oentim. cubes d'acide chlorhydrique^ exempt d'acide sulfureux, ou son équivalent en poids. On adapte ao ballon un bouchon portant un tube^ dont l'extrémité, un peu courbe, s'engage dans une solution alcaline faible (potasse, soude, ou lait de ohaux), que contient un matras à long col. (Voy.;?/. II,/Î9.16.)

Le ballon est chauffé aveo quelques charbons; le chlore alors se dégage graduellementi et chasse l'air qui vient se réunir à la partie supérieure du matras ; on laisse sortir cet air à deux ou trois reprises, en redressant l'appareil, puis on agita pour favoriser l'absorption du gaz. L'opération est continuée jusqu'à ce que tout le chlore soit dégagé, ce que l'on reconnaît à réchauffement du tube éducteur par le passage de la vapeur d'eau qui pousse les dernières traces du chlore dans le matras. Le tube, jusque-là froid ou tiède, acquiert une température de 100»; c'est alors qu'on arrête l'opération. La sq-

cfxtm (per) im MANGAurÈiC. 447

lution alcaline est additionnée d'une quantité d^eau nécessaire four compléter un litre ; puis on détermine sa richesse en clilore par un des procédés chlorométriques déjà indiquée (voy. t. îy p. 521). Plus le volume de chlore contenu dans la liqueur à Tétat dliypochlorite alcalin est considérable^ plus Téchantillon d'oxyde essayé a de râleur.

Il faut un second essai pour connaître la quantité d'acidd chlorhydrique nécessaire au traitement de Foxyde, dont la taleur dépend aussi de la quantité d'acide qu'il exige pour être entièrement décomposé, quantité qui varie avec les différentes espèces de manganèse. On conçoit , en effet, qu'un oxyde de manganèse qui contient des carbonates^ de la ba-* ryte, de l'otydd de fer, exigera une plus forte proportion d'acide chlorhydrique que celui qui n'en contient que peu Otl point. Ces matières étrangères saturent Tacide en pure perte^ et occasionnent, en outre^ un dégagement diacide carbonique qui forme, arec Talcali, un carbonate indécomposable par le chlore. H est donc essentiel de connaître la quantité d*acide nécessaire relativement à celle du chlore. Pour dissoudre 3 gr. 98 de bloxyde de manganèse, et produire 1 litre de chlore, il faut une quantité d'acide chlorhydrique équivalente à 178» acidimétriques, que représentent 100° chlorométriqnes. Pour apprécier la quantité d'acide exigée par un échantillon de manganèse , on en traite donc 3 gram. 98 par 25 centim. cubes d'acide, représentant 250« acidimétriques ; cm en recueille le chlore, et on constate , par une saturation au carbonate de soude (jusqu^à ce que le précipité de cai*bonate de manganèse cesse de pouvoir se redissoudre) ce qui reste d'acide libre; ajoutant ces deux quantités, on voit ce qui manque pour égaler les 250* employés , et ce déficit indique ce qua le manganèse emploie d'acide en pure perte.

Le tableau suivant donne quelques résultats d'essais de c^ genre :

OXTDE (per) DE MANGANÈSE.

ACIDE CnLORBYDMQCE.

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