‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 141 sur 251 · OXYDE 0*0R · texte numérisé non relu

OXYDE 0*0R

sent le papier bleu de tournesol, bleuissent le papier de gaïac humecté.

FALSincATioNS. — L'oxyde rouge de mercure en poudre (*) est quelquefois mélangé frauduleusement avec du minium, dé la mine orange, avec de la brique pilée, avec ducolcothar, avec des poudres végétales de couleur rouge» En chauffant au rouge dans une cornue ou dans un creuset l'oxyde suspect, il se décompose, et finalement il ne reste plus pour résidu que les substances étrangères ; seulement, dans le cas où il se trouve du minium ou de la mine orange, on a du protoxyde de plomb, par suite d'une désoxygénation partielle.

Le résidu traité par Tacide nitrique laisse un précipité rouge si c'est de la brique, une poudre de couleur puce si c'est du minium ou de la mine orange ; on a une dissolution jaune rougefttre si on a affaire à du peroxyde de fer.

Lorsque Pon met une petite quantité de bioxyde dans un tube de verre fermé par un bout et que Ton chauffe graduellement, Toxyde de plomb, la brique ou le peroxyde de fer se retrouvent, après Vexpérience, au fond du tube ; les substances végétales^ s'il en existe, se reconnaissent h un dégagement d'acide carbonique (3), à une odeur particulière et à la coloration du tube en brun.

On peut d^ailleurs les séparer facilement, à cause de la plus grande densité de Toxyde rouge. En versant sur ce dernier une certaine quantité d'eau et agitant fortement, il se précipite au fond, et les matières végétales surnagent ; on décante rapidement le liquide qui entraîne celles-ci, et il suffit de répéter plusieurs fois cette manipulation pour en débarrasser l'oxyde.

lunrDB B'oa.

Cet oxyde, appelé aussi acide aurique^ peroxyde dor, a une couleur variable suivant le mode de préparation dont on s'est

(*) Uoxyde en morceaux ne peut être que difficilement adultéré: ce n*est que sous cette forme qu'il faut se le procurer.

(*] La présence de cet acide est rendue sensible en faisant passer les gaz dans une solution de chlorure de calciom.

§»fvi, #U» varie de Tolivo foncé a» jaimQ min et pu braa ocracé. Il se décompose à 2Ah^; il est insoluble dam Tew; il iBA oonïjain^ ^ox alcalin, mm na se eombios pas aux aisidaa. La lumière le réduit ayeQ uoa grande facilité, auaai fauiril le çpnserver dans deg flacons couverts de papier nirir 0t à Tabri de la lumière. Il donne ^vec Teau régale une dis^ solution d'un beau jaune,

UsA^GES. — Il est employé en médecine ; on Ta recommandé contre 1^ maladies scrofuleuses. On en fait des tablettes ou des pilules.

FALSiFicàTioNS. — L'oxyde d'or est quelquefois adultfeé par les oxydes d9 cuivre ou de fer. En le traitant par Taeide nitrique ou ^ulfurique» les deux acides ne l'attaquent point »i dissolvent seulement les oxydes étrangers, qu'il est facile de reconnaître à Taide des réactifs convenables.

OZTBB BB BXWO.

Connu des anciens sous les différents noms de pampholiXy nihil album, lana philosophicûy fleurs de zmCy cet oxyde est blanc, très-léger et floconneux lorsqu'il a été préparé par sublimation, n est insipide, inodore, insoluble dans Teau, solubie dans les acides, fixe, indécomposable par la chaleur. Ses dissolutions incolores ne sont pas précipitées par la noix de galle, ni par l'acide sulfhydrique, pour peu qu'elles soient acides, à moins que le sel (tel que l'acétate) ne soit formé par un acide organique.

Usages. — L'oxyde de zinc est employé en médecine comme antispasmodique, pour conibattre les afl^ections nerveuses; il entre dans la composition de plusieurs pommades antiophthalmiques.

Depuis quelques années déjà, on commence à l'employer dans les arts, sous le nom de blanc de zinc (*), comme succédané de la céruse dans ses différentes applications, particu-

(() On a aasfi appelé quelquefois Uanc êe wms le carbonate de ce

métal.

MfPI PI «KO. lU

Ji>l»jWiiBt 4aB4 U pemittie et dami k pfépuyilioii 4m «ou-

Ai^^TiOiifS. f-* L'oxyde de zinc peut être altéré par U pnisenee d'uBe certaine quantité d'oxyde de fer^ surtout lorsqu'on Fobtient par voie humide.

En disflokant un peu d'pxyde dans Taeide nitrique ou sulfurique» et versant dans la solution un excès d'ammoniaque, Toxyde de ûm^ d'abord précipité, est rediesoua, et il ne reste que le précipité de peroxyde de fer.

Falsifi€4TI0iîs. -^ L'oxyde do zinc peut êlre mAlé de $a0r bonate (*) et de sulfate de stnc^ de carbonate de chaux^ d'amt* don ou de farine , de sulfate de baryte (^).

Si Ton dissout dans Tacide nitrique une petite quantité d'oxyde, il y a effervescence dans le cas où il est mélangé de carbonate de zinc ou de chaux ; 1^ liqueur précipite en blanc arec Toxalate d'ammoniaque si on a affaire au carbonate de filiaux ; en jaune par le cyanure rouge, en blane par le cyanure jaune, s'il s'agit de carbonate de zinc.

Le ^ulfote de zinc est reconnu en traitant Toxyde par l'eau, filtrant et essayant le liquide filtré par le chtorure de baryum.

Ls ftdsificatioo de Toxyde de zinc par Tamidon ou la fa-

{}) V}àéQ d'emplojer Toxyde de zioc dans la peioture remonta à t7S0. Dès cette époque, Courtois présenta du blanc de zinc à rAcadémîe de Dijon. En 1783, Gut/ton-Morveau publia, dans les Mémoires de cette Académie, une dissertation sur le blanc de %inc et sur les expériences avxqnélles il loomf t cette matière^ ainsi que pinsieurs autres oxydes et préparations blanches. Conté 6*oceapa aussi de cette peinture au zinc.

£n n9^,Atkinson, fabricant de couleurs à Harrington, près Liverpool, prit uoe patente pour Tapplication du blanc de zinc comme succédané du blanc de plomb. Vers 1808^ il fut fabriqué en grand dans rétablissement de MolUrat, Depuis cette époque, la peinture au blanc de aine n*avait pas eu d'application suivie en France, lorsque M. lecUUre 8*oc-» capade nouveau de cette question, et fabriqua, le premier, sur une grande échelle, du blanc de zinc et diverses couleurs à base de zinc, des^ tinées à être appliquées à la peinture artistique et à la peinture en bâtiments.

En 1S53, la fikbrication du blanc de zinc s^est élevée, dit-oa, A 3,500,000 kil.

(*) On a importé d'Angleterre du carbonate de zinc pour Toxyde de ce métal .

(>) On a trouvé de la peinture au blanc de zinc qui eontenait se Vf de sulfate de baryte.

156 OXTDE DE ZINC.

rine, signalée par H. L. Sckaffner^ phannaden à Meîsenheim, se décèle en chauffant le produit sur une lame de platine; il noircit et éprouve un boursouflement. Traité par l'eau bouillante, il donne \m mucUage plus ou moins léger, qu'on essaye ensuite par Peau iodée.

Depuis Tapplication du blanc de zinc à la peinture en bâtiments, on a eu quelquefois Toccasion de remarquer de l'oxyde de zinc qui contenait de la céruse, ou de la peinture au blanc de zinc renfermant du blanc de plomb. Il peut être important aussi de reconnaître si une toile ou du papier ont été enduits de blanc de zinc ou de blanc de plomb, ou d'un mélange de blanc de zinc et de blanc de plomb.

Les moyens à mettre en pratique sont faciles et susceptibles d'être exécutés partout en peu de temps.

Une petite quantité d'oxyde de zinc pur, réduite en poudre, traitée par quelques gouttes d'acide nitrique étendu, et additionnée d'iodure de potassium en solution, ne donne pas de coloration sensible. Le même oxyde, mélangé de 1/10 de carbonate de plomb, et soumis au même traitement, donne une coloration en jaune citron.

L'oxyde de zinc pur, trituré avec du sulfure de sodium ou agité avec du sulfhydrate d'ammoniaque, ne se colore pas . sensiblement; s'il est mêlé de céruse, il présente une coloration variable du violet au noir, suivant les proportions de carbonate do plomb ajoutées.

Un peu de peinture au blanc de zinc, triturée dans un mortier avec de l'eau aiguisée d'acide nitrique, ne fait pas effervescence, et la liqueur, étendue d'eau, ne précipite pas en jaune citron par l'iodure de potassium, et ne donne pas de précipité noir par l'hydrogène sulfuré (gazeux ou en solution dans l'eau) ou par im sulfure alcaUn.

Si> au contraire, la peinture contient du blanc de céruse, il y a effervescence, et la liqueur, étendue d'eau, donne avec l'iodure de potassium un précipité d'iodure de plomb d'une belle couleur jaune, et un précipité noirâtre avec l'hydrogène sulfuré ou un sulfure alcalin (*).

(i) Lorsqu*on a à examiner du blanc de zinc ou du blanc de plomb broyé à rhuile, il esl préférable d'enlever préalablement l*buile au moyen de rélher dans un appareil à déplacement. (Voy. planche H, lig. 14 et 15.)

Dans le cas oil la peinture est appliquée sur un mur, on en enlève une certaine quantité , soit par le grattage, soit par la chaleur, en faisant cloquer la peinture, et Pincinérant pour examiner la nature du résidu que Ton soumet au traitement par Teau aiguisée d'acide nitrique, ainsi que nous venons de l'indiquer.

Si la peinture est appliquée sur toile ou sur papier, on Tonlève par le grattage, ou bien on passe à sa surface un linge imprégné d'acide nitrique étendu ; le liquide provenant de ce lavage est ensuite essayé par les réactifs indiqués ci-dessus (<).

Pour rechercher le sulfate de baryte dans la peinture, on calcine les grattages; les cendres sont traitées par Tacide nitrique étendu, dans la partie insoluble se trouve le sulfate, qui est recueilli sur un filtre> lavé, séché et pesé. On constate sa nature en le chauffant au rouge avec un peu de charbon; si Ton a affaire à du sulfate de baryte, le résidu do la calcinalion dégage, au contact de Facide chlorhydrique étendu, de Thydrogène sulfuré, sensible à Todorat et au papier imprégné d'acétate de plomb. Un autre moyen consiste à traiter les grattages par Téther pour enlever Thuile, comme nous venons de rindiiiuer plus haut, le résidu est ensuite traité par l'acide nitrique étendu, etc.

Le pain, cet aliment si précieux de Tenfantet du vieillard, du riche et du pauvre, du convalescent et de Fhomme valide, résulte de la cuisson d'une pAte faite avec la farine de blé et une certaine quantité d'eau (50 à 60 Yo en poids), additionnée de levain qui y détermine une fermentation appelée autrefois fermentation panaircy mais qui n'est autre, en définitive,-

(*) On peut, par le même procédé, distinguer le carton glacé au blanc de zinc du carton glacé au blanc de plomb, dit carte -porcelaine. Un caractère distinciif et d*nne manifestation rapide est la combustion, à la flamme d'une bougie, d'un fragment de carte-porcelaine. Si elle est glacée avec la céruse, les bords deviennent, après l'incandescence, d*uD jaune citrin et la surface est parsemée d'une mullilude de petits points ou de globules brillants : c'est du massicot en partie réduit par le charbon et recouvert de [(lobules de plomb. Rien de pareil ne se présente avec les cartes-porcelaines glacées au blanc de linc.

Page 1