‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 149 sur 251 · PAIN A CHANTER · texte numérisé non relu

PAIN A CHANTER

Quelques auteurs ont établi qu'on avait fait usage de substances toxiques pour colorer la pâte des pains à cacheter.

M. Malapertj de Poitiers, a fait connaître que, dans cette ville, on avait vendu des pains à cacheter colorés par le vert métù (arsénite de cuivre), et que ces pains à cacheter, du poids de 08r.,20, contenaient environ 30 àSô'^/o de cette substance vénéneuse.

En 1845, on a trouvé des pains à cacheter colorés par le vert de Schweinfurt (arsénite de cuivre) ; un seul de ces pains à cacheter aurait suffi pour empoisonner un enfant (i).

Les pains à cacheter en gélatine ont été aussi colorés par des substances minérales, telles que des mélanges de sulfate de cuivre et de fer.

Ces substances toxiques seraient décelées : l'arsenic, en carbonisant les pains à cacheter, à Taide de Tacide sulfurique, traitant ]e charbon par Teau, filtrant le liquide et Tintroduisant dans l'appareil de Marsh ; le fer et le cuivre, en incinérant les pains à cacheter, et en soumettant les cendres aux essais qui permettent d'y reconnaître la présence de ces métaux.

Le nom de pain à chanter, pain azyme (à privatif et i;u(i«, levain ; sans levain), a été donné à xme pâte analogue à celle des pains à cacheter, préparée avec la farine, et destinée à confectionner les hosties ou à masquer, en pharmacie, la saveur désagréable de certaines substances médicamenteuses.

M. ïahhéRouardde Card, directeur de la maîtrise, à Iàmoges, a signalé à ses confrères une fraude dans la confection de certaines hosties, qui consiste à substituer la fécule à la

(*) Il y a quelques années, les journaux publièrent qu'une jeune personne d*Arras, alteinle de la manie de manger des pains à cacheter, s*éuît empoisonnée en avalant le contenu d'une botte, mais que des se* <^onrs administrés à temps la ramenèrent à la vie.

farine, quand celle-ci est à un prix plus élevé. Voici, d'après M. Lassaigney les moyens de distinguer cette substitution : l'hostie de pure farine, plongée dans Feau froide, se gonfle et conserve sa blancheur et son opacité, même au bout de trente heures ; Fhostie de fécule, placée dans les mêmes conditions, devient transparente au bout de trente heures, et ressemble à un lambeau d'empois, qui perd peu à peu sa forme en se délayant et en se dissolvant dans Feau, pour la majeure partie.

Vue au microscope, l'hostie préparée avec la farine présente ime matière transparente, fortement striée, en différents points, par des filaments contournés ; Thostie faite en fécule offre, au milieu de sa masse, des granules allongés ou ovo'î* des de fécule, qu'une faible solution de potasse caustique gonfle et fait dilater.

Le tableau suivant indique les autres réactions qui distinguent les deux sortes d'hosties. [Lassaigne,)

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