POIVRE
En 1845, nous ftkmes chargés, avec M. Btuty^ d'examiner dix-huit échantillons de poivre saisis chez divers épiciers ou droguistes de Paris. Les conclusions des analyses auxquelles nous nous sommes livrés furent les suivantes : 1<» quelquesuns de ces échantillons n'étaient qu'un composé de pellicules et de pédoncules de poivre réimis en poudre , n'ayant ni la même action ni la même valeur que le véritable poivre pulvérisé; par conséquent, cette substitution constituait une tromperie sur la nature de la marchandise; î" les poudres iruneSf grises ei jaunes t saisies, n'étaient que des manières amylacées, n'ayant ni les propriétés ni la valeur du poivre ; 3^ d'autres échantillons étaient allongés de substances étrangères; 4^ les grabeaux saisis et trouvés dans certains échantillons ne pouvaient être assimilés au poivre par leur action et leur valeur; le mélange avec ce dernier constituait donc une fraude.
Cet examen se fait comparativement avec du poivre pur ; on recherche la quantité de cendres fournies par l'incinération , ainsi que la quantité d'extrait alcoolique ; on essaye par l'eau iodée, qui ne communique aucune coloration marquée au poivre pur. Celui-ci fournit, par l'incinération, 4^/0965 de cendres, et donne 14 Vo d'extrait alcoolique.
Le poivre de Sumatra fournit 77^,5 de cendres.
Le poivre blanc a été aussi falsifié : il paraît que dans la banlieue de Paris, une fabrique avait été établie pour préparer avec le gluten altéré et Vamidon une imitation de poivre
des grabeaux de poivre^ ou poudre composée à^éfluchurts de poivre, de fé:ule grite^ de poivre en poudre (0 %) et de sable; inculpée aussi de vente de café-cliicorée falsifié, fut traduite devant la 7* Chambre, qui la condamna, pour les deux délits, à 150 fr. d'amende.
L^avocat de la dame B. . . a fait connaître au tribunal Tusage auquel est desUnée la poudre dite grabeaux àe poivre, a Elle n*est pas, dit-il, c vendue pour la consommation ; c*est ce qu*on appelle du poivre postic ehe. Les traiteurs des barrières l^acbètent pour figurer^ comme ornec ment^ sur les tables de leurs établissements ; il trompe les yeux, mais c non pas le nez. Le dimanche et le lundi, les poivrières sontgénéralec ment renversées par messieurs les consommateurs. Or, comme le c poivre ordinaire est fort cher, le bénéfice du restaurateur disparaît ; c voilà pourquoi on met sur les Ubles du poivre posUcbe, qu*on livre c d'avance aux inconvenances de ces messieurs. 9
f 14 POLYGALA DE VIRGINIE.
blanc, qui, après dessiccation, était livrée au commerce au prix de 30 firancs les 100 kilog.
Cette fraude se reconnaîtrait par les mcjens indiqués cidessus.
Quelques auteurs ont prétendu qu'en Hollande on avait cherché à donner du poids au poivre blanc en recouvrant sa surface d'un mucilage contenant de la céruse» Cette falsificar tion, à laquelle nous avions peine à croire, nous est maintenant démontrée : elle est très-facilement décelée au moyen de l'acide sulfhydrique ou des sulfhydrates alcalins; le grain ainsi adultéré prend immédiatement une couleur noire.
La racine du polygala de Virginie (polygala senega), de la famille des polygalées , est petite, tortueuse, à rugosités annulaires rapprochées, à épiderme gris, à parenchyme blanchâtre, devenant fragile par la dessiccation ; à odeur faible, à saveur d'abord fade, puis acre et nauséeuse. . D'après l'analyse de M. Quevenne^ elle contient:
h Acide polygalique (sénéguine de Gehlen), acide virginéique,
acide pectiqucy acide tannique, matière colorante jaune^ amère^ gomme, albumine, cérine^ huile fixe, quelques sels.
L'acide polygalique est la matière la plus importante et la plus active de cette racine.
Usages. — La racine de polygala s'emploie sous forme de tisane, potion, sirop, extrait, teinture.
Falsifications. — M. Oswald, pharmacien àEisenach, a signalé une falsification du polygala par IVo environ de racine dellébore blanc (•).
Ces deux racines sont pourtant très-distinctes par leurs caractères (F. 1. 1, p. 299).
M. Oswatddi fait seulement observer que les racines d'ellébore blanc qu'il a trouvées dans le polygala différaient de
(*) Ceue falsiflcatioD , qui pouvait avoir les suites les plus funestes, prouve de nouveau combien il est nécessaire d*exaoiiner avec soin les dragues que l*on achète dans le commerce.
MTâSSES. fis
eelles que l'on trouve ordinairemefit daiis le oonlmeri^ en ce qu'elles étaient plus petites et pourvues enoort de leurs longues filirilles blanches.
FOTA88B8.
Sous le nom de potasse (^), on comprend généralement deux sortes de produits très-diiïérents quant à leur oompo*sition^ savoir : les potasses du commerce et les potassés Cùusti^ ques à la chaux ou à takooL
l^ POTASSES DU COMMERCE.
Les potasses du commerce sont des produits complexes^ des carbonates de potasse plus ou moins impurs, contenant des sels étrangers (sulfate de potasse, chlorure de potassium, carbonate et phosphate de chaux], de la silice, de Talumine, des oxydes de fer et de manganèse.
Le carbonate de potasse a été appelé autrefois alcali fix^ végétal, alcali fixe aéré, sous-^arbonate de potasse, sel d'alh sinthe, sel de tartre, alcali dulcifié, nitre fixé par le charbon^ nitre fixé par le tartre. Lorsqu'il est pur, il est blanc, déli«quescent, inodore, d'une saveur acre; il verdit le sirop dé violettes, rougit le curcuma. Chauffé, il fond sans décomposition j il est très-soluble dans l'eau et cristallise en tables rhomboïdales.
La potasse se retire du lessivage des cendres des divers vé^ gétaux (*) ; le résidu d'évaporation des lessives, appelé salin^ est calciné au rouge dans des fours à réverbère, et expédié
(1) Dérivé deB mots anglais po( (pot, creuset) et ashes (cendres).
(*) Il résnlle des expériences faites oi publiées en 1797, par Pertuis, que les herbes donnent, en général, 4 ou 5, et les arbustes i ou S fofs autant de potasse que les arbres ; il en résulte de plus la confirmatloD des faits déjà constatés par Bernard PaUssy, et que les travaux ulté^ rieurs d'autres chimistes n*ont fait aussi que corroborer, à savoir» que Iflfi diverses parties d'un même végétal ne fournissent pas les mêmes proportions de cendres; les feuilles et l'écorce en donnent plus que les branches, celles-ci plas que le tronc^ Taubier plus que le bois. Les vé-
216 POTASSES.
SOUS le nom de potasse, auquel on qoute celui du pays dans lequel se fail son extraction. C'est ainsi que, dans le corn* merce, on connaît les potasses d^ Amérique^ de Suède (^), de Finlande, d'IUyrie, de Russie ond Odessa ou de Kazan, de P<h hgnsj dAllemangne ou du Rhin, de Trêves, de Cologne, de DanUiek, de Toscane, des Vosges, etc. Ces potasses varient
gétaux brûlés verts produisenl plus de cendres que lorsquMls sout brû« lés secs.
Les quantités de cendres et de potasse varient aussi selon Tespèca botanique du végétal, suivant son état d*accrois8ement, suivant les caractères du sol dans lequel il a poussé.
Voici, d*après ces mêmes ezpériencesi on tableau indiquant les quantités de cendres et de potasse contenues dans 100 p. do divers végétaai:
TfiGÉTÀL.
Sapin. . . , Peuplier.
Charme. , Hélre. . .
Chéne. . .
Pin
COULEtJR
da
SAUII.
Saule
Orme
Jonc à plomasseao.
Chardon commun..
Fougère des bois
Chardon des vaches. .....
Grand Jonc de rivière. . . .
Glaïeul é lar|;e8 feuilles. .
Glaïeul à feuilles étroites.
Branches de vigne
Tiges de maïs
Grand soleil • . . . .
Ortie commune
Absinthe
Fameterre
Fanes de pommes de terre.
narrons d'Inde
Trèfle
Buis.
Erable
Paille de blé
Branch. etficorce de chéne
Lin
Paille d'orge
Êcorce de nélre
Fèves
yesces
Noir peu foncé. .
Noir foncé
Blanc grIsAtre. . .
Café au lait
Gris de lin
Mine de plomb
brillante
Gris de lin tendre
Gris vineux
Gris blanc
Couleur cendrée.
PRODUIT en
CENDBBS.
employée
en