‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 155 sur 251 · SB,SI · texte numérisé non relu

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D résulte de ces recherches que la présence de la soude dans la potasse normale est nettement démontrée (').

En résumé, les potasses du commerce peuvent être considérées comme des mélanges, à proportions variables, de potasse caustique ou carbonatée, avec le sulfate de potasse, le chlorure de potassium et le carbonate de soude. Accessoirement, on y trouve : silicate et phosphate de potasse; carbonate, phosphate et silicate de chaux ; alumine ; oxydes do fer et de manganèse : ces oxydes colorent les potasses en rouge et en bleu dans les produits de qualité inférieure. On trouve, en outre, du sulfure, dû à la décomposition du sulfate par le feu en présence de matières organiques ; enlin, dans certaines

{') Produit préparé avec les cendres d'wlHeUe et Je colia.

(*} La coDsiaiallon de ce raiteiidas p1u« importantes pour la qneiifoii des falsitlcalions; car la présence de la soude aurait pu être considérée jusqu'alors comme l'indice d'une rraiide. Toaterola , la proportion de soade dans tes potasses ne dépasse guère 8 à S ■/>, et il faut avoir soin d'en constater la préseoce, lorsque lu carbonate de potasse, par exemple, est destiné à la préparation d'une llqtienr normale acidiioétiique.

220 POTASSES.

variétés, et surtout dans les potasses de betterave, on trouve du cyanure alcalin, produit par la calcination des matières azotées avec une base puissante (*).

Usages. — Les applications des potasses sont nombreuses : elles servent dans la verrerie (façon Bobéme), dans la cristallerie ; dans la fabrication de Talun, du salpêtre^ du chlorate et du chlorure de potasse, du prussiate de potasse, de la pierre à cautère, des savons mous ; dans le cbamoisage des peaux; dans la préparation des cordes harmoniques; enfin, on remploie, concurremment avec les soudes (*), dans le blanchiment des toiles etle blanchissage du linge, dans Paffînage de la batiste, le dégraissage des laines, l'épuration des eaux séléniteuses, etc.

En médecine, le carbonate de potasse pur est administré dans la pneumonie chronique; on remploie, en boisson plus ou moins étendue, pour dissoudre les calculs d'acide uhque, et contre quelques cas de dyssenterie ; on Ta préconisé contre le rachitisme.

Falsifications. — Les potasses du commerce subissent quelquefois des altérations ou des falsifications préjudiciables au consommateur. Ainsi on y a ajouté des matières insolubles, de la. brique, da sable, de la terre, dans le but d'accroître leur poids. Celui-ci peut aussi être augmenté par Thumidité de Tair, que les potasses, vu leur déliquescence, sont susceptibles d'absorber. Ces fraudes sont faciles à déceler, à l'aide d'une filtration dans le premier cas, d'une dessiccation dans le second.

Mais lorsque les potasses furent mélangées de soude, de sél marin, de sulfate de soude, il fallut avoir recours à d'autres moyens d'essai qui permissent de déterminer la proportion d'alcali contenue dans une potasse ou une soude : tel fut le principe du procédé de dosage par volume, donné d'abord, en 1804, par Descroizilles, et qui reçut le nom d* alcalimétrie.

Alcalimétrie. — Le procédé de Descroizilles consistait dans le mélange de Tacide nécessaire à la saturation de Talcali ; celle-ci était opérée au moyen d'une liqueur acide, dite /i-

(i) Les potasses de betterave contienneikt aussi, dans certaines localités, de riode. (Ch, Lamy.)

(>) Dans les usages communs à ces deux alcalis, la soude, tu son bas prix, tend cbaque jour à remplacer la potasse.

POTASSBS. 221

gueur i épreuve ou akoHmétrique , renfermant, par litre, 100 gr. d'adde snlfurique à 66^ Beanmé ; on la versait ensuite dans un tube gradué, dit akalimètre, de 0™ 25 de haut et de 0"^ 02 de diamètre, portant 72 divisions : chacune d*elles était égale à 0 gr.,5 de liqueur d'épreuve ou à 0 gr., 05 d'acide sulfurique à 66* ; et, comme la solution alcaUne à saturer représentait 5 gr. de potasse, chaque division de Falcalimètre renfermait en liqueur d'épreuve -7 de Talcali soumis à Fessai ou le 7^ en acide à 66® ; et si^ pour une saturation^ on avait employé, par exemple, la Uqueur contenue dans 50 divisions de l'alcalimètre, on en concluait que 100 de la substance alcaline essayée saturaient 50 d'acide sulfurique, et Ton disait que Talcali marquait 50 degrés.

Les procédés alcalimétriques de DescroiziUes furent modifiés par Gat/'LussaCy qui basa sa méthode sur ce fait : que 1 équiv. de potasse (ou de soude) doit se combiner avec 1 équiv. d'acide sulfurique pour former un sel neutre, ou, en d'autres termes, que 590 p. de potasse, ou 391 p. desoude, forment un sel neutre en s'unissant avec 501 p. d'acide sulfurique anhydre, ou bien avec 613p«,5 d'acide sulfurique hydraté.

Selon Gay^LuMoc, on emploie une liqueur dépreuve ou normale, formée d'acide sulfurique étendu d'eau, contenant, par litre, 100 gr. d'acide à 66®, ou 5 gr. par 50 centim. eu* bes ( 1/20 de litre) (*). Ces 5 gram. d'acide sont exactement neutralisés par 4 gr. , 807 de potasse pure. Il en résulte qu'une potasse quelconque, essayée sous le poids de 4sr*, 807, renferme au quintal métrique (100 kilog.) autant de kilog. de potasse pure qu'elle sature de centièmes d'acide, et ce nombre de kilog. exprime ce que l'on appelle le titre poth déral de la substance alcaline.

Pour obvier aux erreurs de pesée et avoir une quantité de matière à essayer qui en représente plus fidèlement l'état moyen, on prend, au lieu de 4«'«,807, le décuple 48r-,07. Cette quantité est ensuite dissoute dans l'eau, de manière à

{}) H. OUo a proposé de prendre de Tacide sulfurique étendu avec une quanlité inconnue d*eau, et de déterminer ensuite la quantité né» cessaire pour saturer un certain poids d*alcali.

Cette méthode permet d*employer de Tacide sulfurique du commeroe il n*imporie quel degré.

Stt P0TA8BB9.

fonner 1/2 litre de diaaoluiion ou 500 eentim. eubes (reprt» sentant 48<'',807) de la solution, que Ton colore par quel* ques gouttes de teinture de tournesol; puis on y verse goutte à goutte la liqueur normale, contenue dans une burette gra<duéeen 100 p. ou 1/2 eentim. cubes (Voy. planche III, fig. 18). Ces 100 divisions représentent donc, au total, 50 eentim. cubes de liqueur, ou 5 gr. d'acide à 66"^; la proportion d'alcalî contenue dans la substance à essayer est en raison directe de la quantité d'acide nécessaire pour opérer la saturation, et celle-ci est atteinte lorsque la teinture ou le papier de tournesol vire au rouge pelure doignon. Mais auparavant, il y a quelques précautions à observer. On ajoute d'abord assez d'acide d'essai pour faire passer la cpuleur bleue du tournesol au rouge lie de vin. Dès qu'on a atteint ce point-là, on n'ajoute plus d'acide qu'avec précaution, et par deux gouttes à la fois, c'est-à-dire par 1/4 de degré. Pour savoir si la coloration rouge de la teinture de tournesol vient de Ta* cide carbonique ou d^ l'acide sulfurique, on fait, après cha* que addition de deux gouttes d'acide, une petite trace sur un papier bleu de tournesol, avec une baguette de verre trem* pée dans le mélange. Dès que la coloration rouge est causée par un excès d'acide sulfurique, la trace faite sur le papier de tournesol ne s'efface plus quand on la dessèche. Si on 9vait dépassé le teïme en ajoutant par deux gouttes, il conviendrait de retrancher autant de 1/4 de degrés qu'il resterait sur le papier de marques rouges persistantes (^).

Pour évaluer les sulfates et chlorures, on sature un poids donné de potasse par l'acide nitrique pur, étendu d'eau, puis on verse du chlorure de baryum et du nitrate d'argent en solutions titrées (*).

Dans le conunerce, où Ton emploie encore la méthode de

(*) Quani aux autres déuiis pratiques du procédé, ces appareils présentant tieaucoup d'analogie avec ceux de la cblorométrie , nous renvoyons à ce que nous en avons dit tome l**^, p. 52i.

(') Si, par exemple, il a fallu 35 centièmes d'acide normal pour saturer la potasse, et li de chlorure de baryum pour précipiter le sulfate de potasse , on en conclura que TéchanUllon soumis à Fessai eontieal 47 centièmes de potasse, savoir : 35 à Tétai caustique ou carbonate, et 1t à l*éiat de sulbte.

De$croizille$, çn entend par titre ou degré a(calimé$rique la quantité de potasse qui sature 1 lil. d'aoide sulfurique concentré. Toute la différence avec le titre pondéral est d'opérer sur 4r'',807 de potasse, au lieu de 5 gr. Il est donc facile do ramener, par le calcul, le degré alcalimétrique au titre pondéral, et vice versa ; il suffit d'une proportion. Voici d'ailleurs une table qui donne ces transformations toutes faites pour un certain nombre de degrés :

TITRE

TITRE

TITRE

TITRE

PONDÉRAL.

ALCALIMBTBIQUB.

▲LCALIMBTRIQUB.

• PONDÉRAL.

to

so

Pour l'alcalimétrie^ M. Wititsein préfère à Tacide sulfurique Facide tartrique/)ur, cristallisé, pulvérisé et séché légèrement. La quantité à prendre de ce dernier est telle que le calcul rindique : pour saturer 5 gr. de carbonate alcalin sec ou cristallisé , on la fait dissoudre dans une quantité d'eau sufûsante pour remplir les 100 divisions d'un tube gradué; chaque division correspond donc à 0k''-,05 de carbonate (^).

(>) Nous ferons remarquer qu'il faul beaucoup de soin pour préparer Tadde tartrlque et en chasser exactemenl Teau de crislallisatioo sans enlever Teau de constitution.

Lorsqu'on n'a pas d^alcalimëtre à sa disposition, on peut opérer d8

224 POTASSES,

MM. Fré8éniu8 et Will déterminent la quantité de carbonate qui se trouve dans les potasses du commerce en dosant Pacide carbonique qu'elles contiennent par la perte de poids que produit l'expulsion de Tacide carbonique au moyen d'un acide énergique (acide sulfurique ou nitrique). Mais pour que ce procédé soit applicable, il faut que les alcalis du commerce soient à Fétat de carbonate neutre, et qu'ils ne contiennent pas d'autres carbonates que ceux de potasse ou de soude. Quand Talcali à essayer ne répond pas à ces conditions, on doit le préparer convenablement avant de le soumettre aux essais. On dose d'abord la quantité d'eau. On pèse avec exactitude dans un creuset de porcelaine ou de platine une certaine quantité de potasse, qui est ensuite chauffée doucement. La perte de poids, après l'opération, donne le poids de l'eau existant dans la potasse ; on procède ensuite au dosage de l'acide carbonique à l'aide d'un petit appareil semblable à celui que nous avons indiqué à l'art. Oxtde de manganèse ( Voy. planche III, fig. 19) (^). Si l'on prend 68r-,283 de potasse sèche, en divisant par 2 le nombre de centigrammes d'acide carbonique qu'on a obtenus, on sait de suite combien la potasse essayée contient de carbonate. Supposons que les

la manière suivante : si Ton a 10 grammes, par exemple, de carbonate de potasse pur, on sait que, pour trouver la quantité diacide sulfurique à employer, il Tant poser la proportion :

86 i (équiv. du c« de pot.): 500 (cquiv. de Tac. suif.) : : 10 :^;â;=:5,78.

On doit employer iv-js d*acide sulfurique pour décomposer 10 gr. de carbonate, par conséquent lfr.,i56 ou I15r*,6 diacide pour décomposer 8 gr. ou SOO gr. de carbonate. On prend donc cette dernière quantité, et on la dissout dans 500 grammes environ d'eau distillée; on sature goutte ù goutte par Tacide sulfurique, jusqu'à ce que le li« quide soit sans action sur le papier bleu et rouge de tournesol. Plus on emploie d'acide sulfurique, plus le carbonate contient d*alcaU, et réciproquement. Si, par exemple, les 115vr*,06 d'acide équivalent à 100 degrés, chacun d'eux on lfr*,56 vaut 1 degré.

{}) A défaut de cet appareil, on peut se servir d'un verre à boire, i bords très^élevés, recouvert d'une lame de verre; le tout étant placé sur le plateau d'une balance, on introduit dans le verre la potasse calcinée avec une ou deux fois son poids d'eau distillée, on verse ensuite l'acide destiné à décomposer le carbonate, et on ramène Téquilibre au moyen de poids, dont la quotité fait connaître la perte produite par l'expulsion de racid<» carbonique.

POTASSES. 225

6 gr.,283 de potasse aient éprouvé une perte de 1 gr.,5Q, représentant Tacide carbonique dégagé ; ce nombre , divisé par if ou 75, indique que la potasse essayée contient 75yo'de carbonate (*).

Dans le cas où la potasse à analyser renferme de Talcali caustique ou du sulfure de potassium, on modifie le procédé de la manière suivante : la potasse, préalablement de^chée, est broyée avec environ le tiers de son poids de carbonate d'ammoniaque pur ; on humecte la masse avec de Tammoniaque caustique {^), puis on chauffe. Le résidu ne contient plus trace de carbonate d'ammoniaque.

Quand la masse est froide, on la soumet au procédé d'essai ordinaire. Pour doser Falcali caustique^ on fait 2 essais, Tun sur 6,283 de résidu pris directement, l'autre sur 6,283 de résidu préalablement traité par le carbonate d'ammoniaque. La différence entre les résultats obtenus, multipliée par 0^6817, exprime la quantité d'alcali caustique.

Pour reconnaître les potasses falsifiées par la soude , plusieurs procédés ont été proposés successivement par M. E. F. Antkon, par M. Pesier^ et par M. 0. Henry.

M. Anthon s'est basé sur la propriété que possède le bitartrate de potasse d'être insoluble, tandis que le bitartrate de soude est soluble. Il prend un tube fermé par un bout, bien égal en diamètre, de 1 m. de long et de 0"',025 de diamètre intérieur. On y verse rapidement une solution de bitartrate de potasse, faite à chaud, avec 38r-,41 de ce sel et

(*] En effet, 100 de carbon. de potasse renfermant 31,8 diacide carix)-

niqac et 68,8 de polasse ; ce carbonate ne peut donc perdre en acide

carboniqnc au delà da 31Vo,8 de son poids, soit p la perte éprourée

par un certain poids de carbonate du commerce , la proportion sui->

100: p vante : 100 : 31,8 :: û5 : p ou £c = —-—^ , donne la quantité en cen-

tièmes de carbonate pur. On peut éviter ce calcul en prenant une quantité telle que lorsqu'elle est transformée en carbonate, il s'en dégage exactement par les acides, 100 p. d'acide carbonique ; 3U est ceUe quantité; si Ton prend, par exem|)le, 31i centigr. de potasse^ chaque centigr. diacide carlioniquc dégagé correspond à 1 % de carbonaio pur. Si Ton n'a pas une balance très-sensible, on prend le double de SU ou 628 (6 gr. 28), et on divise le résultat par S.

n Cette addition d'alcali n'est nécessaire qu'autant que la potas.sc renferme du sulfure; dans le ca» conirairOf on humecte avec de l'eau.

QQgr.^TB fie i^oli^tipp raturée, à la i^mpérfttKT^d ordwii|re. On bouphe \g, i]j\bQ, op agite, et on plonge dans Teau frpide pour refroidir plus rapidement. La poudre cristaUine, représentant Osr-,75 de carbonate pur, est réunie dans le plus petit espace possible, e^ frappant à coups pressés sur le tube. Lorsqu'elle a été tassée, on marque le niveau. L'espace sous le trait est divisé en 25 parties égales , .et oi^ continue ei^ dessus jusqu'à \0Q parties. On g):adue de 5 en 5 4e ba^en haut; le tube est coupé àQ",054 enyirpn Qu-dessus de l'endrpit marqué 100 , puis oï\ unit les bords. Chaque degré représente 3^,05 d^ carbonate de potasse pur. 1^. A^flian a dpnné à ce tube le npo^ àetube-^prouvette on tube-mesure. (Voy. planche lU, fig. 20.)

On pèse deux fois 5;gr . de la potage à examiner. Les premiei:» 5 gr. sont essayés pa^ }e pirocédé prdinairo d'alcalimétrie. On cherche d^sup piemie^ tableau, dressé par M. Anthon (<), I4 quantité de Facide d'essai pmployé, et on note la quantité correspondante de carbonatp de potasse. Puis on fait dissoudre les 5 autres grammes dan$ 8 à IQ fois leur poids d'une solution de bitartrate de potasse cqmplétement saturée à la température ordinaire. La dissolution est ûltrée dans un flacon de 500 granunes de cap^pité, et le filtre est lavé avec la solution de bitartrate saturée à froid; puis on ajoute de Tacide tartrique en poudre fine,;en quantité déterminée par un second tableau (*), et qui se rapporte au degré alcalimétrique de la potasse que l'on essaye. On verse ensuite dans le flacon une quantité de dissolution de bitartrate saturée à la température connue, de manière à former un total de 361 grammes de liquide; le niveau qu'il atteint est marqué une fois pour toutes.

On bouche le flacon, on le place dans un lieu chaud, ou on le chauffe, et on le refroidit dans Teau, en agitant fort^ ment» On remplace ensuite le bouchon qui ferme le flacon par un autre dans lequel est solidement emboîtée Textrémilé ouverte du tube-mesure : on renverse alors le flacon , et on fait tomber, en le secouant, toute la poussière de bitartrate de potasse dans le tube ; puis on retire le flacon, et on frappe

(*) Yoy. JourwU de Pharm. et de Chim., 3» série, t. V, p. 169-187.

(<) Dans ce tableau, les quantités diacide tartrique à ajouter sont ei-> pâmées en grains, qu'il est facile de réduire en centigrammes, sachant que 1 grain vaut 0f*,05.

POTASSES. S91

le tube ppur Uufser la poudre. Lorsqu'elle pst bien pissée, po lit sur réchelle le nombre de centièmes de carbôna^ de potasse pur contenu dans la potasse examinée.

On cherche alors la différence qui existe entra le degré de l'alcalimètre ordinaire et le degré donné par le tube-me^ sure ; un troisième tableau dispense de tout calcul, et fait 4^^ suite connaître la proportion de soude eu centièmes, corjrespondant à la différence que Ton a trouvée.

Nous n'insisterons pas davantage sur ce procédé, qui est 4'unc manipulation compliquée et entachée d'inexactitude] car on n'y tient aucun compte du chlorure et du sulfate do potasse contenus dans les potasses du commerce.

Le procédé de M. Pester, pharmacien à Yalenciennes^ pa* ratt, au contraire, plus exact, plus simple ; aussi est-il adopté par les industriels du Nord (^). La méthode d'essai de ce chimiste repose sur l'accroissement de densité que le sulfate de soude occasionne dans une solution saturée de sulfate de potasse pur, accroissement qui peut être apprécié par un aréomètre particulier , auquel il a donné 1q nom de natromètre (de natrouj ancien nom du carbonate de soude, et de (AtTpov, mesure).

On prend 50 grammes d'un échantillon moyea des potas-

0) Peu de temps après M. Pesier, un chimsite allemand, M. Pagenstecher, a proposé un procédé basé sur la propriété que possède une solution saturée de sulfate de potasse de dissoudre une grande quantité de sulfate de soude. On neutralise un poids déterminé de potasse par l'acide sulfurique en excès et on calcine; le résidu pulvérisé e%^ ensuite agité avec 6 fois son poids d'une dissolution concentrée de suUate de potasse. Si la potasse à examiner renferme de la soude, le poids diminue, et celui du sulfate de potasse augmente successivement ; les différences se compensant sensiblement, on peut en déduire la quantité de carbonate de soude contenue dans la potasse. Si on représente par x cette quantité et par j) la perte de poids éprouvée par le résidu^ on a, d'après )es équivalents du sulfate et du carbonate de soude :

„ , p. 662 - 887 : 662 :: p : a? d'où a; = .

Il faut remarquer toutefois qu'on emploie pour la falsiflcaiion de la |Hitasse une sonde contenant environ 20 % de sulfate de soude. Il sera donc bon d'essayer la densité du sulfate de potasse après la filtration: si cette densité est la même que celle de la solution primitive, celle-ci n'a rien dissous; la densité se trouve^ au contraire^ augmentée si cette solution s'est chargée de sulfate de soude.

238 POTASSES.

ses à essayer; on les dissout dans 200 gr. environ d'eau distillée; la solution, neutralisé par l'acide sulfurique, est refroidie jusqu'à la température de Talmosphère, puis filtrée, après agitation, dans une éprouvette à pied, et lavée avec une solution saturée de sulfate de potasse pur, qui sert en même temps à compléter le volume de 300 centim. cubes, indiqué par un trait sur l'éprouvette. Après avoir mêlé les différentes couches de liquide, on y plonge le natromètre.

Cet instrument (voy. planche III , fig. 21 et 22) porte 2 échelles contiguès, dont les zéros coïncident : l'une, celle des températures, teintée de rose, indique, pour chaque degré du thermomètre centigrade , les points d'affleurement dans une solution saturée de sulfate de potasse pur ; l'autre représente des centièmes de soude (oxyde de sodium) , c'est l'échelle sodique.

Si la potasse essayée est pure, l'instrument affleure au degré de température auquel on a fait l'expérience ; si elle contient de la soude, on trouvera quelques degrés en sus, dont le nombre, mis en regard de l'échelle sodique, qui est contiguë, se transforme de l'autre côté en centièmes de soude. Par exemple, un essai fait à -f- 12o« donne une solution qui marque 25 degrés au natromètre (*) : il y a un excédant de 13 degrés, en regard desquels on lit sur Péchelle sodique le nombre 4 ; c'est-à-dire que la potasse essayée contient 4 centièmes de soude.

La table suivante, dressée par M. Pesier^ indique combien cette quantité représente de carbonate, de chlorure, ou de sulfate. Ainsi, 4/100 de soude font 6^,28 à l'alcalimètre, et proviennent de 6,83 de carb. de soude sec, ou de 7,50 de chlorure de sodium, ou de 9,13 de sulfate de soude; c'est-àdire que la matière essayée contient cette proportion de l'un ou l'autre de ces sels pour 100 parties. Si l'alcali avait un titre de 60 degrés, par exemple, on retrancherait 6,28 des 60 degrés trouvés, et on aurait 53° 72, qui correspondent, comme l'indique une deuxième table,'à 75, 77 de carbonate de potasse.

(^) On peut négliger, sans grande erreur, les fractions de degré do natromètre, puisque 3 degrés de Técbelle des tenopératures n*occupent qu'un espace h peu près égal à un centième de soude.

POTASSES.

SULFATE de

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