RHUBARBE
Suivant Panalyse de M. Homemann^ elle a la composition suivante :
nhobute Rhibirbe de Chine. TeDoe
par l'ADgleterre.
Amer de rhubarbe (thMibarbarin de
Pf€4f^ caghopicnu) lô,Oii Si,i75
Malière coloranie jaune 9,589 9,166
Extrait avec tannin li,687 16.854
Apothème avec tannin 1,458 1,849
Matière extraite par la potasse. . . 28,333 30,416
Acide oxalique (^) 1,049 0,833
Fibre 13,583 15,416
Humidité 3,333 3,195
En traitant les différentes rhubarbes par Tacide nitrique, M. Garot a obtenu une matière particulière qu'il a désignée sous le nom d'érytkrose (du grec tpuBpaivo, rougir); elle est jaune lorsqu'elle provient des rhubarbes indigènes, qm en fournissent 8 à 10 •/o, et de couleur orange pour les rhubarbes exotiques, qui en donnent 15 à 30 %. L'érythrose est presque entièrement soluble dans Talcool et Téther ; elle forme, avec les alcalis, des composés rouges ou amarantes {érythrosates)^ possédant une grande puissance colorante (^).
alcalis des dissolutions d*un beau rouge pourpre , de là son nom ; la résine Hta, ou phalHorétine, d*un jaune brun (de là son nom), soluble dans Talcool; elle donne avec les alcalis des dissolutions colorées en brini rouge; la résine gamma, ou apor^/me, brune, peu soluble dans Tean^ Talcool et Téther ; elle donne avec les alcalis des dissolutions brunes.
(*) Dans la rhubarbe de Chine ^ Toxalate de chaux forme le tiers du poids de la racine (Henry). La rhubarbe de Moscovie en contient un peu moins; la rhubarbe de France, tout au plus 10 Vo*
(*] L'érythrosate de potasse possède, suivant M. Garot, une puissance colorante aix fois plus forte que la cochenille. L^érythrosate d*ammo« niaque a une force colorante au moins quatre fois plus forte que celui de potasse. Ces composés seront susceptibles d*applicatioos aux arts, à la pharmacie.
Les érythrosates de potasse ou d^ammoniaque, des différentes rhubarbes^ doivent être classés dans l'ordre suivant, par rapport à leur force colorante : rhubarbe de Moscovie, de Chine, indigène.
La puissance colorante de Térythrose des rhubarbes exotiques est au moins trois fois plus forte que celle de Térythrose des rhubarbes indigènes : ce caractère pourrait permettre de reconnaître leur origine , si surtout on tient compte en même temps du produit en érythrose et de sa couleur.
STO RHinuam.
Pour diiiii^er leg rhubarbes du ùêmtiiBtQ^f M. JMn CoU
prépare des teintures de chaque sorte, introduit 8 grammes de chacune d'elles dans un petit tube à analyse, et y verse graduellement 4 grammes d'un mélange, à volumes égaux, d'acide nitrique et d'eau distillée^ en ayant soin d'agiter le tube pendant l'addition de ce mélange.
En moins de cinq minutes, la teinture de rhubarbe de rinde devient nébuleuse , et complètement trouble en un quart d'heure.
La teinture de rhubarbe de Moscovie ne commence à se troubler qu'au bout de trois ou quatre heures.
La teinture de rhubarbe indigène (anglaise) est trouble au bout d'une demi-heure, et on aperçoit dos flocons de précipité répandus dans l'intérieur de sa niasse.
Usages. — La rhubarbe est surtout employée comme tonique et purgatif, en poudre, tablettes, extrait, sirop, viUi teinture.
Altérations. — On trouve asse?; souvent, dans le commerce, de la rhubarbe qui a été mal dméçhée et qui est mire dans l'intérieur. Cette rhubarbe est d'une très-bcdle couleur jaune à l'extérieur, couleur que lui ont donnée les marchands» qui la roulent dans de la poudre de très-belle rhubarbe. On s'apergoit de la fraude en coupant les morceaux.
Falsifications (*). — Les vers attaquent souvent la rhubarbe; pour cacher cette altération, les marchands bouchent les trous avec une pâte de poudre de rhubarbe^ de gomme et dVâu, ou simplement de l'ocre jaune, et en roulent les morecaux dans de la poudre de rhubarbe de belle qualité. Pour découvrir cette supercherie, on frotte la surface de la raciae sur un drap qui enlève toute la poudre, et laisse ap^cevoir les piqûres; ou bien on soumet la racine à un lavage.
Il faut aussi casser quelques morceatix pour s*assurer s'ils ne sont pas noirs à l'intérieur.
Souvent aussi on masque avec du curcuma les défauts extérieurs de la rhubarbe. On reconnaît cette fraude au moyen de l'acide borique, qui n'attaque point la couleur
(A) La doutne des Ëuis-Unis s conliiqaé, ob use leule anses, SISSO U-
vres de rhubarbe aduUérée ou détériorée.
aofov* 171
naiurdlle 4e lu rbabiurbei Uindis qu'il hrimU ikn eostmîi^i I9
curcuma.
En 1846, ou a oultiyéi dans la baoUenetle Pma, de la rhubarbe qui était ensuite vendue comme rhubarbe exotlt que(^). n parait qu'une partie de cette rhubarbe étaii expédiée en proviiice à des pharmaeiens^ et que l'autre partie» réduite eu poudroi était mêlée à de la poudre de rhubarbe de C3iine.
On mélange mm Id rhubarbe eteo la rmne de rhapmtic [rheum rhapontiçum), dont la ooulèur, Todeur et la sayeur sont analogues, quoique plus faibles. Le rhapontic est presque toujours en morceau]^ longs, minces^ cylindriques, moins jaunes extérieurement ^t plus rougea à Tintérieur que la vraie rhubarbe.
Cette racine a des stries qui partent, soua forme de rayons, du centre h la circonférence, Sou infusion est plus pâle; sa saveur est plus acre, plus astringente et moins amère; enfin, lorsqu'on la mâche, eUe est plus mucilaginettse» plus coriaoe» et ne croque p$ta sou3 la dent.
Le rocou s'extrait des fruits du Aûfo orelhna (Liliacées) ; il est connu aussi sous le ttoni de ruka, uruka, omotto, attah^ terra orkana, etc.
Cette mati^e se trouve, dans le commerce, en pâte molle, de consistance butyreuse, en gâteaux aplatis, allongés ou carrés, de 5 à 8 kil. environ, enveloppés de feuilles de balisier, de bananier ou de roseau. Le rocou a im toucher onctueux et non terreux, une saveur à peine sensible ; son odeur rappelle celle de l'urine en putréfaction.
Le rocou est soluble dans Teau, plus à chaud qu'à froid ; la dissolution est d'un rouge brunâtre. Il est soluble dana l'alcool et l'éther, dans les huiles essentielles, dans les liqueur^ alcaUnesi la dissolution est jaune orange ; les acides, l'alun, le sulfate de fer, y produisent un précipité orange. Traité
(1) Nous avons trouvé de la poudre de cette rhubarbe chas an herboriste, qui la veodait comme exotiqoei elle était insipide et iaodoK.
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par Tacide sulfbriqae, le rocou devieiit d'un bleu-indigo magnifique.
Les rocous du commerce renferment, en moyenne, 68 Vo d'eau (Ckevreul).
Le rocou renferme, d'après M. John : matière» œbrantei et réêineuseSf 28; gluten végétal, 26,5; ligneux, 20; matière colorante extractive, 20 ; matières semblables au gluten et extractif, 4; matière ligneuse et acide, 1,5.
n nous vient, en grande partie, de TÂmérique espagnole, du Brésil et des Lides orientales.
Usages. — Le rocou est très-employé dans la teinture sur lin, laine, coton, et surtout sur la soie; il sert à préparer quelques couleurs à l'eau et à Phuile ; à colorer les vernis, les huiles, le beurre, le fromage. En pharmacie, on l'emploie pour colorer certains onguents et emplâtres.
Falsifications. — Le rocou (') est souvent fraudé par Vocre rougCj le colcothar, le bol (F Arménie, la brique pilée. Ces falsifications ont été constatées par M. Girardin , de Rouen, qui a indiqué en même temps les procédés pour les reconnaître (*).
H On commence par calciner, après dessiccation, 5 grammes de rocou dans un creuset de platine ou de porcelaine^ taré à l'avance. La matière se décompose^ répand des vapeurs empyreumatiques très-fortes et fuligineuses ; elle noircit, puis s'enflamme, au contact de l'air. Lorsque la calcinatîon est opérée complètement, on pèse le creuset refroidi ; la différence de poids (déduction faite de la tare] donne celui des cendres.
Les bons rocous donnent de 8 à 13 ®/o de cendres; tout rocou qui donne plus de 13 <^/o est fraudé (^j. Ces cendres
(*) Le rocou vaut de 6 à 8 fr. le kilog.
(*) M. Dtsier a examiné un rocou contenant 34% d*M«, tt «/o t]*oxyd» ^fer, 85o/o de saltM et des traces de chaux. Ce rocou falsifié a fourni 88 Vo de cendres rouges ; il avait la consistance de la terre glaise, une couleur rouge terne, un toucher sablonneux et une faible odeur unneuse.
(S) H. Girardin a examiné des rocous qui ont donné de 98 k iO «/o de cendres, accusant la présence de 9 à S7 «/o de matières terreuses étrangères.
M. GoisfMy en a reçu, en 1859, qui ont donné 8i Vo de cendres; ce qui représente environ 70 ù 7i V* de matières étrangères.
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sont grisfttres ou jaunâtres, lorsque la substance est pure ; dans le cas contraire, elles ont une couleur rouge-brique.
On apprécie ensuitie la richesse tinctoriale du rocou, au moyen d'une opération de teinture et du colorimètre de M. jffoutou'Labillardière.
On monte deux bains avec le rocou type et le rocou à essayer, dans les proportions suivantes : rocou desséché, 5 gr. ; sel de tartre (carbonate de potasse), 10 gr. ; eau pure, 400 gr. On porte ces bains à Tébullition, et on y plonge des écheveaux de coton bien blanchis, du poids de 12 grammes ; on retire le feu, et on laisse tremper pendant une heure, en les lissant le plus souvent possible. Au bout de ce temps, les écheveaux sont relevés, tordus, lavés à grande eau, et séchés à l'ombre.
Ou compare alors la hauteur des nuances ; puis on passe les écheveaux dans Teau légèrement acidulée par du vinaigre ou par du jus de citron, qui vire la nuance aurore à l'orangé, et on examine ces nouvejles nuances.
Comme moyen de contrôle, on a recours au colorimètre {Voyez art. Garance, 1. 1, p. 444). On fait des dissolutions alcooliques avec O^-jb. de rocou desséché à 100® et 50' gr. d'alcool. Après douze heures de contact, on décante la liqueur fortement colorée, et on la remplace par une égale quantité d'alcool, qu'on laisse en contact pendant le même temps. H faut 350 grammes d'alcool pour épuiser un rocou. On compare alors les liqueurs alcooliques des rocous types et à essayer; on ajoute de l'alcool à là plus colorée, jusqu'à ce que les deux tubes du colorimètre paraissent de la'même nuance. En C()^parant les deux longueurs des colonnes liquides, les rocous sont entre eux comme ces longueurs. Si, par exemple, il faut ajouter à la liqueur type 30 p. d'alcool pour arriver à l'égaUté de nuance, le rapport 130 : 100 représente la richesse tinctoriale du rocou essayé.
Le rocou est fraudé par l'introduction d'une grande quantité de feuiiles de roseau dans les barils qui le renferment. Les bons rocous ne doivent pas contenir plus de 6 */o de feuilles (Girardin).
ST4 SABIlfB.
8ABZH8.
Psurmi les médicaments employés en pharmi^cie, on compte la mbine {junîperui sabina), de la famille des Conifèrest Les feuilles de sabine sont très-petites, squamiformes, rapprochées, imbriquées sur la tige, opposées^, ovales, ai^ës, ou épineuses ; les chatons des fleurs sont portés sur de petits pédoncules recourbés et écailleux. Les fruits ont la forme de petits pois un peu ovoïdes ; ils sont charnus, d'un bleu noiritre, et contiennent un ou deux noyaux.
Les feuilles ont une odeur forte, aromatique, térébinthaoée, une saveur acre et amère. Elles doivent ces qualités à une huile volatile, très-aboiidante.
Usages. — La sabine est employée en médecine ; ses feuilles jouissent de propriétés stimulantes,' énei^iques ; leur action a lieu spécialement sur Tutérus, et elles favorisent le travail de la menstruation {^) . On l'applique quelquefois sur les plaies, pour ronger des productions charnues, ou pour déterger les vieux ulcères; elle entre dans des conserves, des poudres» bols, pilules, cérats, emplâtres, pommades» savons; on l'emploie pour préparer des extraits, des infusions, décoctions, teintures, etc. (^).
Falsifications. — On a souvent substitué aux feuilles Ao sabine les feuilles du genévrier de$ Bermudes (juniperui Ber^ mudiana) , ou celles du genévrier de Virginie (juniperue Virginiana): mais les différences qui existent dans ces feuillesi dont les rameaux sont couverts d'une écorce jaune, brunâtre, Todeur différente de ces feuilles et de celles de salpne font facilement découvrir cette substitution (£bermayer).
(>) Données en poudre à une dose élevée, elles déiermineot de tr軫graves accidenis et peuvent occasionner un empoisonnement par inflamuialion de l'estomac.
(*) La sabine a été souvent employée dans des vues criminelles pour produire Tavortement, et les femmes qui en ont fait usage ont été, dans divers cas, victimes de cette tentative.
sxnum. tBk
Le safran^ originairQ de VAsie, est formé paï le^stigoMte» de la fleiur du crocus mtivua (Iridées). Defmis longtemps culûré en Espagne et en France> le safran a été analysé paf BouiUon-Lagrangey qui y a trouvé : extrait uni 4 une matière colorante, 65; huile volatik, en quantité non déterminée; cire végétale, 0,50; gomme, 6, bO; albumine, 0,50; eauy 10 > débris végétaux, 10; seb à base de potasse, de chaux et de magnésie, 2,50. Ce principe colorant, appelé /w/ycArofte par BouiUonr Lagrange et Vogelf a été plus tard obtenu pur par Benrjf père. La poudre de safran est d'un rouge écarlate; elle colore la salive en jaune; elle est très-peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau chaude, Talcool^ les huiles fixes ou volatiles , moins soluble dans Téther. L'acide sulfurique fait passer sa couleur au bleu, puis au lilas ; Tacide citrique la colore en vert-pré ; ces colorations disparaissent si l'on étend les dissolutions.
On divise la safran w trois espèces, dont voici les cari^t^es principaux :
r Le safran du Gâtinais est en filaments longs, larges et épais ; son odeur est aromatique, sa saveur légèrement amère;. sa couleur est d'un beau rouge. L'extrémité de» filaments est jaune p&le assez ordinairement. Il est toujours un peu humide. C'est la sorte la plus estimée.
2"" Le safran du Camtat et dAng^Ume a des filets maigres et allongés, d'un rouge sombre, mêlés de nombreux filets jnunâtres.
i^ Le safran i Espagne est peu différent de celui du G&tinais; seulement il est plus sec, plus rouge, et contient moins de filets jaunes.
Usages. — On emploie le safran soit comme médicament tonique, stomachique, excitant, soit comme parfum etcomme couleur, dans la pharmacie, dans l'art du confiseur, dans la teinture, et dans les usages domestiques.
Altérations. — Sous le nom de safran du Levant, de Macédoine, d: Egypte, de Perse, il nous vient du Levant du sa-