‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 166 sur 251 · CHLORURE DE FER · texte numérisé non relu

CHLORURE DE FER

Safran..

Caktuamk.

SOIIGI.

Parfaitement clair, d'an rouge foncé; odeur et saveur francliesde safran.

Assez clair, couleur Jaune bmnAtre ; odeur et navcur faiblement herbacées

Très -clair, couleur jaune-paille, presque inodore; saveur faiblement amère.

Pas de changement sensible.

Précipilé floconneux, brun, verdAlre; liqueur surnageante claire, Jaune vineux.

Précipité gris noir, volamineux;li(iueur surnageante claire.

Jaune vineux pAle.

Coloration brun-rooge foncé.

Coloration noir branAtre.

Précipité noir floconneux , peu abondant; liqueur surna^jeante , brun noirAtre.

Le safran mêlé de sable est agité sur un tanûs de crin à mailles larges, à travers lesquelles passe le sable, que Ton recueille sur une feuille de papier.

Le safran mêlé de ûbres do chair musculaire se reconnaît par un examen attentif : lorsqu'on le chauffe, les fibres de chair musculaire se contournent, se meuvent; ce que ne font jamais les stigmates du safran.

Un de nos confrères nous a fait connaître que l'on avait présenté du safran mêlé de carthame, qui était sali par de Vhuileei par d\i sulfate de chaux; ce prétendu safran, traité par Féther, puis par Peau, laissait déposer le sulfate de chaux^ qui pouvait être séparé, puis analysé (*).

M. Vandenbroucke, pharmacien à Bergues (Nord), qui nous a signalé cette fraude en 1845, reçut depuis, en 4846, de plusieurs maisons de drogueries du Nord , une partie de sa-

(1) Cesarran était exploité par des Espagnols, qui en avalent déjà vehilu 100 kilog. lorsqu'ils furent arrêtés. L'analyse fît connaître que ce produit contenait, sur 100 parties: safran, 25; caribanie, 75; lo tout fortement imprégné de 15 Vo d'une substance grasse et enduit de sulfaté ds

tn SAFRAN.

fran contenant de 10 à 12 ''/o de fleurons teints de souci (eolenékla officinaUs) ; une autre partie de safran renfermant 8 i 10 •jo de demi-fleurons, auxquels on avait donné une couleur rouge vineux, au moyen de la matière colorante du bois de Femamboue; ils donnent la même teinte à Tammoniaque, dans laquelle ou les immerge, tandis que le safran coomiUnique à cet alcali une couleur jaune.

M. Vandenbroucke pensa que les maisons de drogueries qui le fournissent, jouissant, à juste titre, d'une réputation de bonne foi, avaient été trompées, et comme elles avaient tiré leurs safrans du Gâtinais, on est porté à croire que c'est dans le Gâtinais même que se fait la fraude.

Ebermayer dit qu'on a mêlé le safran avec des fleurs de grenadier coupées longitudinalement. Nous n'avons jamais observé cette adultération.

On a signalé, dans le commerce, du safran falsifié par les fleurs de chardon des teinturiers. L'odeur de celles-ci est trèsfaible, et elles fournissent, par la macération dans l'eau ou dans Talcool, une teinture très-foncée en couleur.

Le safran est quelquefois réduit àTétat de poudre : le pharmacien ne doit jamais acheter le safran sous celte forme.

On a vendu pour poudre de safran "un mélange pulvérisé, formé de jaune dœufs cuits^ de carihame, d amandes et de safran [Ebermayer). On conçoit qu'une semblable poudre jetée dans Teau ne se comporte pas avec ce liquide comme la poudre de safran.

Suivant M. Guibourt, le safran a été quelquefois mêlé à du plomb? Il serait facile de constater celle falsification. En jetant une certaine quantité de safran dans Toau, le plomb, le sable et les matières analogues tombent au fond du liquide.

chaux. ïjes fraudeurs furent acquittés. Le procureur du roi, à qui cette affaire avait été déférée, déclara : « Qu'il n*y avait pas lieu à saisie, « attendu que les inculpés n*avaient pas tendu ce mélange dans la rille « tiù ils résidaient; » de sorte qtt*iU ont pu, dès le lenitemain, aller exercer leur coupable industrie dans la ville voisine.

SAGAPÉHIIH. 279

hB sagapénum est le suc gommo-résinaBx d'une oiQbellifère que WUldenow croit être le ferula persiea. Celui qui nous est apporté des contrées orientales est en niasses amorphes composées de fragments mous et adhérents, demi* transparents, rouge-jaune extérieurement, brunissant à Tair. Nous avons souvent vu ces masses parsemées de larmes brillantes. Le sagapénum a une consistance cireuse et cas*' santé; il est môle d'impuretés et de petits fruits plus ou moins brisés, que Ton reconnaît pour des akènes d'ombellifères.

L'odeur du sagapénum a quelque chose d'alliacé ; elle est plus marquée que celle du galbanum, et moins sensible qœ celle de Vam fœtida.

Le sagapénum s'amollit sous les doigts et devient tenace ; il brûle avec une flamme blanche, en produisant beaucoup de fumée et laissant pour résidu un charbon lég^ et spon-« gieux.

D'après Brandes^ le sagapénum est formé de : résine^ 60,29; huile valatikf 9,73 j gqmmeeiBels, 32,10; mucilage (bassoriney Pelletier), 4,48; corps étrangère^ 4,3; eap^ 4^6; nitrate^ sul^ fate et pJmpAate de chaux*

Usages. — Le sagapénum entre dans plusieurs prépaifations pharmaceutiques; en médecine, il sert quelquefois comme fondant, emménagogue, etc.

Falsifications. -^ Cette gomme-résine est souvent falsifiée par d^autres de qualité inférieure : le sagapénum est alors en masse utiifoirme, c'est-à-dire que Ton remarque dans les idasses ou pains Tabsence des larmes caractéristiques du sagapénum. Cela tient à ce que cette substance a été mélangée avec des matières étrangères et que pour les y bien incorporer on a fait fondre le tout ensemble, afin de lui donner une consistance homogène. Ainsi l'absence de ces larmes blanches dans le sagapénum peut indiquer le mélange de gommes-résines étrangères; de plus, Todeur et la saveur sont beaucoup plus faibles.

280 SAOou.

D'autrèâ fois on compose, dans le commerce, une sorte de sagapénum qui n^a que l'apparence du véritable. C'est un mélange d'asa fœtida^ de galbanum et de gommes-résines de mauvaise qualité.

On peut s'assurer de cette fraude par la cassure des morceaux. Le véritable sagapénum est jaunâtre à l'intérieur, tandis que le mélange de matières gommo-résineuses qu'on lut substitue est brun foncé à l'intérieur. La.saveur et lodeur ont également des caractères totalement différents. Quelquefois, pour donner à ce mélange la couleur naturelle jaune intérieure du sagapénum, on mêle au composé une certaine quantité de colophane, qui est facilement reconnaissable : car, lorsque Ton projette quelques fragments de ce mélange sur des chai'bons ardents, Todeur particulière de la colophane décèle la fraude; l'odeur d'ail, au contraire, est ime preuve de sa bonne qualité.

Le bdellium est quelquefois substitué au sagapénum, mais il est très-facile de le reconnaître ; car le bdellium se réduit en poudre lorsqu'on le mftche , de plus, il ne colore pas la salive ; le sagapénum, au contraire, se dissout dans la salive et la colore en blanc. Lorsqu'on brûle du bdellium, il répand une odeur balsamique très-agréable, tandis que la principale odeur du sagapénum est celle de l'ail. Le bdellium est moins soluble dans l'eau que le sagapénum ; celyi-ci, étant trituré dans l'eau, fournit une dissolution jaune, bien différente de celle du bdellium.

SACMm.

Le sagou est une fécule qui se présente sous la forme de grains arrondis; elle est préparée aux îles Moluques avec la moelle d'une espèce de palmier (cycascircinalis)^ nommé, par Rumphj sagus farinaria.

Il est sous la forme de sphéroïdes plus ou moins gros, plus ou moins réguliers, blanchâtres, roses ou brunâtres, trèsdurs, élastiques, demi-transparents, difficiles à écraser sous la dent ou à pulvériser, sans odeur, d'une saveur fade et douceâtre.

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